Mokons-nous (un peu)

1st juin
2009
written by fredsays

Un quinquennat, c’est comme une bonne dissertation. Il faut bien commencer –c’est l’introduction et finir de belle manière, la conclusion.

La belle « introduction » de Sarkozy 2007-2012, ce fut l’ouverture. Ah ! Rappelez-vous cette période de l’été 2007, un casting de rêve, Fadela Amara et Bernard Kouchner qui rejoignent le candidat de droite, désormais président de tous les Français. La gauche et la droite enfin rassemblées pour porter un projet, finies les guerres de chapelles…

La « conclusion », ce sera au moment de la rentrée 2011. Avec, si possible, la fin de la crise, l’économie qui redémarre et le chômage qui retombe au niveau de 2007. De quoi préparer une réélection pour cinq ans supplémentaires.

Mais entre l’introduction et la conclusion (soit la première et la dernière impression donnée), il y a le développement. C’est là qu’on rentre dans le dur, qu’on façonne le concret. Et pour le quinquennat de Sarko, on est en plein dedans. Eté 2009 : pile à égale distance entre l’ « Etat de grâce », il y a deux ans, et la prochaine campagne, dans deux ans. Pour l’Elysée, c’est maintenant qu’il faut taper. Et ça tape, et ça sape les contre-pouvoirs. Histoire d’être sans gêneurs en 2012.

Les événements, pris un par un au fil de l’actualité, n’ont l’air que de petits épiphénomènes. Mais rassemblés, il ne reste guère de doute sur la régression que nous sommes en train de vivre. Citons-les :

-Suppression du juge d’instruction –le magistrat indépendant du pouvoir qui instruit les affaires politiques et financières sensibles. Désormais, ce sera le parquet (soit la filiale du ministère de la Justice) qui s’acquittera de la tâche.

-Placement de fidèles à la tête d’entreprises privées - ce qui est on ne peut plus contraire aux principes de la libre-entreprise dont Nicolas Sarkozy se faisait le héraut. Stéphane Richard, qui passe du cabinet de Lagarde à la présidence d’Orange. Mais aussi, souvenez-vous, François Pérol, conseiller élyséen devenu PDG de la Caisse d’épargne-Banque populaire.

De Bercy à Orange : Stéphane Richard.

De Bercy à Orange : Stéphane Richard.

-Main basse sur l’audiovisuel (l’expression n’est pas trop forte) : PDG de la télé publique et de radio France nommés directement par un seul homme, comme chez Poutine. PDG qui se verront répondre, en cas d’insoumission : « qui t’a fait roi ? ». Déjà, est-ce un hasard, les programmes les plus politiques sont menacés. Serge Moati a appris aujourd’hui que son émission Ripostes serait tout bonnement… supprimée à la rentrée !

-Tenue en laisse de la presse écrite. L’accord passé entre l’Etat et les journaux est généreux : il octroie des fonds à un secteur en grave détresse financière. Seul problème, cet accord s’arrête en 2011. Soit en pleine pré-campagne électorale. On imagine mal les journaux jouer l’insolence et l’insoumission d’une main, et remplir le formulaire de demande de subvention de l’autre. Ils devront choisir entre la prébende et la véhémence.

-Et comme si cela n’était pas suffisant, Jean-Pierre Raffarin a plaidé il y a deux semaines pour une élection présidentielle « à un tour ». Ce qui veut dire le bipartisme assuré, comme aux Etats-Unis, et la suppression d’un deuxième tour au cours duquel Bayrou pouvait être menaçant.

Le temps présent est donc un temps de régression démocratique. Cela marche, parce que le combat pour les institutions, l’équilibre des pouvoirs, c’est un “combat de riches”. Et qu’en temps de crise, les médias et l’opposition préfèrent criticailler les petites avancées sarkoziennes (type RSA) plutôt que de dénoncer les grands reculs. Au risque de faire, comme dans les dissertations, un hors-sujet…

27th février
2009
written by fredsays

DEPUIS TOULOUSE, par MARC DE BONI
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« Je suis là par solidarité et pour que la vérité jaillisse », lance sans sourciller Jean-Luc Moudenc, maire (UMP) de Toulouse de 2004 à 2007, et actuel chef de l’opposition municipale. “Il ne faut pas politiser cette affaire comme tente de le faire M. Cohen (maire actuel, PS) en inscrivant la ville au rang des parties civiles“, ajoute le successeur de Douste-Blazy. La pique est lancée, en toute hypocrisie.

Car en fait d’instrumentalisation, le donneur de leçons aux airs pincés de playmobil n’est guère crédible.

Jean-Luc Moudenc, en 2006.

Jean-Luc Moudenc, en 2006.

Il n’avait pas hésité, deux jours plus tôt, à rejoindre la petite “marche pour le souvenir“, organisée à l’appel de cinq associations de sinistrés. La cinquantaine de marcheurs, quelque peu déçus de la faible affluence, ont compensé leur peine en passant abondance de pommade dans le dos du bon Moudenc. Des “Bonjour monsieur le maire“, et autres “merci d’être venu monsieur le maire” fusent parmi les marcheurs –essentiellement des retraités, ravis d’avoir une demi célébrité locale en tête de cortège. Echange de bons procédés : Jean-Luc Moudenc, patient, écoute leurs plaintes et lèche leurs plaies – avec une belle langue de bois. Le public est conquis.

Le paysan ratisse

Peut-être est-ce pour cela que José Bové a préféré ne pas rejoindre la marche. Sa présence, aux relents de récupération « gauchiste », ne plaît guère aux marcheurs. Le trublion de Millau, tête de liste pour “Europe écologie” dans le sud-ouest aux prochaines européennes, tenait simultanément une conférence de presse, au bar “Le Bijou”, en bordure du parcours des sinistrés.

Le faucheur volontaire n’a pas hésité, lui, à mettre les pieds dans le plat politique : “Le procès AZF, qui s’ouvre au moment où le salon de l’agriculture se tient à Paris, pose des questions de choix de société de grande ampleur“. En bon paysan AOC, il critique le recours aux fertilisants chimiques, comme ceux qui étaient produits à AZF, et pointe les carences de la politique industrielle comme de l’aménagement du territoire.

Comme le prouve l’incident de Londres en 2005, l’Europe compte des centaines d’AZF potentiels. Il faut mener une réflexion de fond sur nos modèles industriels”, conclut le moustachu pour lancer sa campagne. Mission accomplie. Et oui, dès qu’il y a des caméras, les zoon politkon ne sont pas loin. Sans qu’on puisse démêler la part d’opportunisme obscène là-dedans. Avec José, on sait jamais si c’est du Larzac ou du cochon…

17th février
2009
written by fredsays
Ce matin, sur France Inter. L’humoriste Guillon allume DSK sur sa tendance à tâter tout ce qui bouge…
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Mais Guillon prend, dans la foulée, un bon retour de flamme.
DSK aurait pu faire comme la majorité des “allumés”, laisser filer l’affront -et ne pas piper mot…-, mais c’est pas son genre : visiblement, il a peu apprécié le numéro .
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Dominique Strauss-Kahn, (celui-là même qui disait de Ségolène Royal qu’”elle ferait mieux de lire ses fiches-cuisine“) en victime de la méchanceté humaine ?
Il y a de quoi demander un “bis” à Guillon…
29th janvier
2009
written by fredsays

Relevé, ce matin dans Libé, ces deux passages, à une page d’intervalle :

  • p.15 : Sur le procès de Jean-Marie Garcia, coupable d’avoir tué un homme d’origine maghrébine en 2006 :

« Bernard-Henri Lévy, cité à témoigner, a replacé tout cela, hier, dans une perspective générale (…). [BHL a] eu le sentiment que ‘cet homme n’aurait pas tué’ si sa victime ‘ne s’était pas appelé Monsieur Zéhaf, s’il n’avait pas ses origines-là’. Alors, coupable, forcément coupable, Jean-Marie Garcia ? Bernard-Henri Lévy répond que pour la société française, il importe en tout cas que la question soit posée, et que les jurés y répondent ». (autant tu serais pas venu, ils auraient hésité, autant maintenant ça va mieux)

  • p. 16 : Sur l’affaire Siné, caricaturiste poursuivi pour sa critique de Jean Sarkozy et de son éventuelle conversion au judaïsme :

« Alain Jakubowicz [avocat de la Licra], s’appuyant sur la ‘démonstration’ de l’écrivain Bernard-Henri Lévy, venu longuement la veille s’exprimer à la barre, a expliqué pourquoi, selon lui, les propos de Siné étaient antisémites ».

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D’où deux questions :

1) Pourquoi Libé nous serine-t-il les moindres gesticulations de l’un de ses actionnaires, BHL (d’autant que ses grandes tirades ne révolutionnent que moyennement la pensée philosophique moderne) ?


2) Surtout, comment se fait-ce (oui, je l’aime bien celui-là), comment se fait-ce, donc, que ce « Béhachelle » soit omniprésent dans les procès, « cité à témoigner » aussi bien pour des affaires de liberté d’expression que de faits divers –en attendant les litiges de voisinage ou les procédures de divorce ? Quelle légitimité a-t-il pour avoir un avis d’intérêt public sur ces questions ? Et au fait, il fait quoi dans la vie ce bonhomme ?

28th janvier
2009
written by fredsays

Pas bien dur de se faire mousser ! Vous l’aviez constaté dans un précédent post, pour transformer une femme politique en superwoman, il suffit de quelques images, une bonne musique bien mélodramatique et deux-trois effets de zoom.

Pour mémoire :

Et oui, c’est ça qu’est beau ! On peut rendre terriblement attachant, sympathique, charismatique à peu près n’importe qui… Vraiment n’importe qui ! La preuve en image (montez le son) :

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A suivre bientôt -et pourquoi pas- les versions BHL, Philippe de Villiers ou Bernard Montiel et autres : j’attends vos suggestions !