Chi is back !
Ah ! Quelle joie de retrouver Jacquot, notre Jacquot, ce matin sur Europe 1, invité d’Elkabbach pour faire la pub de ses « mémoires ». Une interview fleuve –pas question des «dix minutes, douche comprise » cette fois-, un Chirac en pleine forme, frais comme un gardon, mais muet comme une carpe. 45 minutes de silence sonore. Pour ne rien dire tout en le disant, il a encore progressé depuis son retrait.

C’est simple, pour mesurer le degré de langue de bois dans les interventions de Jacquot, il suffit de prendre son boulier et de calculer le nombre de « naturellement » prononcés. Plus c’est « naturel », plus c’est creux. Et ce matin, on a sans doute frisé le record mondial.
Sa convocation devant les juges ? « J’irai naturellement moi-même devant le tribunal »
Les emplois dits fictifs ? « Naturellement, ils travaillaient au service des Parisiens ». Et naturellement ceci, et naturellement cela…
A l’autre micro, on perçoit Elkabbach qui bout intérieurement face à ce mutisme : le “Chi” est en train de lui bousiller son exclu !
Du coup, perdu pour perdu, le génial intervieweur va au charbon : « votre première expérience avec les femmes, c’était à la Casbah d’Alger ? ». Et rien à faire, Jacquot, ton posé et voix grave, aligne une réponse incolore, entrecoupé d’un joli… naturellement.
Le seul moment digne d’intérêt, finalement, c’est quand il parle de Giscard. Là, on sent bien que tous les briefings, toutes les fiches, tous les médias-trainings ne peuvent le retenir : il faut qu’il défouraille. « Où était Valéry Giscard d’Estaing pendant que Simone Veil défendait son texte sur l’avortement à l’Assemblée ? » demande le sieur Elkabbach. – En Afrique, sans doute, répond Chirac. Un temps, puis : A la chasse sûrement. »
Instant de grâce dans cette interview sans saveur : Chirac nous épingle son vieil ennemi, faisant son safari au beau milieu des plaines africaines. Mais ne dit pas « naturellement ». C’est bête, c’est le seul endroit de l’émission où ça convenait.
Sujet : Politikon avec un petit "p" | Tags : aucun
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6 novembre 2009 à 23:14
Excellent ton billet Fred !