Ah là là, quand deux artistes islandais ne se produisent pas au même moment dans deux endroits différents, ils jouent quand je ne suis pas à Paris. Bref, mais vous, les fans du pays où les volcans arrivent à bloquer le ciel européen, je vous donne rendez-vous mercredi 28 avril au Café de la danse !
Au programme de cette soirée organisée par l’association Nunavut, un cocktail concocté par le label islandais Bedroom community. C’est la première fois que ce label programme ses artistes en France.
A l’initiative de cette tournée européenne, The Whale watching tour, on retrouve le fameux Valgeir Sigurdsson (qui compte Björk, Mùm, Camille, Cocorosie,parmi ses collaborations). Il a vite été rejoint par les Américains Nico Muhly, Sam Amidon, Ben Frost.
Je pense que cette soirée va être géniale car ces garçons viennent d’horizons différents. Ben Frost est plutôt plongé dans l’expérimental teinté de noise, black métal. Ben Frost m’a bluffé avec sa voix classique-électro androgyne, parfois semblable à celle de l’enfant qui chante snowman (et qui n’a alors que 13 ans). Quant à Sam Amidon, un doux chanteur folk. Même dans leur projet solo plane la patte de Valgeir Sigurdsson, l’adepte du xylophone-violon électronisé…difficile de rêver d’un plus beau mariage.
Mercredi soir, toutes ces influences devraient magnifiquement se mélanger sur scène : pour aller du folk vahiné à l’électro épileptique. Ce qui promet, d’autant qu’ils seront accompagnés d’un quartet composé d’un alto, d’un violon, d’une contrebasse et d’un trombone.
J’attends un maximum de commentaires pour que vous me racontiez comment c’était !
Rendez-vous donc au
Café de la danse,
5 Passage Louis-Philippe, Paris 11e
Métro Bastille
A partir de 19h30. 22 euros en préventes / 25 sur place
Vous avez pu remarquer la beauté et le sourire d’Ólöf Arnalds sur les photos que j’ai postées il y a quelques jours, après le passage de l’Islandaise à Paris, dans le cadre du festival Les femmes s’en mêlent. Je vous propose de découvrir sa spontanéité à travers cette vidéo, surtout lorsqu’elle parle de sa famille. Moi aussi je garde quelques secrets (surtout faute de place dans le montage), mais je peux malheureusement vous annoncer qu’aucune prochaine collaboration avec Mùm n’est à l’ordre du jour et que contrairement à ce que pourrait le laisser entendre certains des titres de son dernier album, la demoiselle ne va pas arrêter de chanter en islandais !
En attendant que je peaufine la vidéo de l’interview d’Olof Arnalds, je vous invite à découvrir les quelques photos prises pendant notre rencontre au café du Théâtre de la Cité internationale. Impossible de résister au charme si naturel de l’Islandaise.
Eh oui, pour une fois que la scène musicale islandaise débarque à Paris, il faut que ce soit le même jour, au même moment ! Du grand n’importe quoi ! Et c’est dommage car les deux concerts doivent être fabuleux ! Alors comme je vous le disais il y a quelques jours, Ólöf Arnalds se produira, dimanche, à 17h30, au théâtre de la cité internationale. Si vous êtes du genre Speedy gonzales, vous pouvez prendre vos jambes à votre cou pour être à la flèche d’or, dans le XXe, à 18h30.
La première est violoniste, et à 28 ans, elle a déjà joué avec Stórsveit Nix Noltes, Animal Collective et Múm(comme sa compatriote Ólöf). Elle a aussi collaboré à des projets plutôt puissants, comme Pan Sonic. Loin de ce groupe d’électro, à Paris, elle jouera parce qu’elle fait beaucoup de superpositions, notamment avec des sons de cloche (comme sur Komdu heim excerpt). A chaque fois, c’est une musique grave, dramatique. Autant dire que je suis sous le charme, mais je me suis engagée pour Ólöf Arnalds…
Le second intervenant sera donc : Valgeir Sigurdsson.
C’est l’ordre du concert que j’utilise pour présenter les artistes, et je n’établis aucune hiérarchie entre ces musiciens, car j’ai découvert que Valgeir Sigurdsson avait un sacré CV. Avec, entre autres, le titre de : ingénieur du son sur certains albums de Björk (Vespertine, Medulla et Drawing Restraint 9), ainsi que sur le dernier album de Cocorosie.
Et dimanche, Valgeir sortira de l’ombre pour exposer ses créations électroniques mélancoliques et magnifiques avant tout.
Voilà encore une preuve que l’Islande a des dons exceptionnels pour procréer des musiciens inédits. Avec son deuxième album, We built a fire, Seabear s’inscrit dans la cour des grands geysers de musique et surtout dans mes coups de coeur de début d’année.
Trois ans après la sortie de leur premier album, The ghost that carried us away, les membres de Seabear ont indéniablement mûri. Non pas que leur premier opus est immature. Au contraire, je trouve qu’il comporte une fraîcheur plus que positive. La légéreté du rythme me donne l’impression qu’ils ont enregistré dans les champs, pour donner un côté bucolique à leur musique. Summer Bird Diamond est à mon goût excellente. La douceur du xylophone qui accompagne le sifflement des oiseaux met forcément de bonne humeur. Bien des fois en l’écoutant le matin, j’ai gardé l’air toute la journée.
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We built a fire est nettement moins naïf. Derrière cette évolution se cache peut-être la marque de l’expérience qu’a acquise Sindri Már Sigfússon, auteur de cette joyeuse bande de folk-minimaliste. Après le succès de son album solo, sous le pseudo de Sin Fang Bous, le musicien islandais revient donc auprès de sa formation d’origine avec plus de gravité. Sa voix est plus discrète que sur le premier album et l’ambiance générale s’en retrouve plus planante.
Dès la première piste (Lion face boy), l’oreille se régale : pour la première fois, le groupe utilise des cuivres et un accordéon.
Avec I’ll build you a fire, Seabear inscrit son deuxième album dans une pop plus douce, surtout avec l’omniprésence de la guitare électrique et de la batterie. Seul le violon vient casser un peu le rythme.
Un clip qui me fait tantôt penser au projet Blair witch, tantôt aux pochettes de Nouvelle vague, et surtout à la pochette d’un des albums de Marissa Nadler, où l’Américaine se ballade au milieu des morts et des vivants.
Mais pour moi, la richesse de cet album réside avant tout dans la rythmique, et la rupture de rythme toujours finement amenée. Dans Fire dies down, par exemple, quelques arpèges de piano dans les aigüs, les glissés de doigts sur les cordes de guitare et la mélancolie du violon font petit à petite place à une rythmique plus pop-folk.
J’ai écouté le cd pour la première fois d’une traite, et contrairement au premier, peu de mélodies me sont restées en tête. Je vous recommande d’écouter et de réécouter l’album pour plutôt disséquer la richesse des voix d’instruments.
Vous pouvez déjà remplir la case du 20 mai de votre calendrier. Seabear sera en concert au Point Ephémère (Paris).
Voici la tracklist de We built a fire, dont les deux pochettes font assez penser celle d’Arab strap (je ne manquerai pas de leur demander d’où ils tirent ce dessin, si je peux les rencontrer sur Paris !):
01. Lion Face Boy
02. Fire Dies Down
03. I´ll Build You A Fire
04. Cold Summer
05. Wooden Teeth
06. Leafmask
07. Softship
08. We Fell Of The Roof 09. Warm Blood
10. In Winters Eyes
11. Wolfboy
Vite, vite, saisissez les dernières places pour aller voir Mugison à La Maroquinerie à Paris, dimanche soir. Ce déjanté de 33 ans, avec sa barbe de bucheron, manie l’acoustique (avec beaucoup de violons et violoncelles), une voix tantôt punk, tantôt mélancolique avec brio.
Mugison sera en concert avec les Américains de Tune Yards et les Anglais Mumford&Sons.
Entrée à partir de 19h30, à la Maroquinerie (23, rue Boyer, Paris 20e). Réservation ici.
J’avais d’abord pensé par commencer avec une super blague sur Benni Hemm Hemm et Pony Pony Run Run, mais les Angevins-Nantais ont complètement cassé ma blague en ayant la bonne idée d’ajouter une syllabe de trop…
Alors, je préfère laisser tomber.
ça y est, me voici donc sortie de ma période d’hibernage…je suis impardonnable car je ne vous ai pas non plus souhaité tous mes meilleurs voeux musicaux pour 2010. Mais, je me rattrape ! J’arrive avec tout plein de nouveautés, pour tous les goûts.
A commencer par Bonni Hemm Hemm et son EP (Retaliate), qui devrait sortir en avril. C’est un peu tôt vous me direz pour en parler, mais la date de la sortie de l’album vient d’être annoncée alors je tenais à vous mettre au courant.
Quand j’ai lu pour la première fois le nom à haute voix, j’ai tout de suite pensé au « hum, hum » que j’utilise quand je doute ou que je suis sceptique à propos d’une histoire.
Je ne me suis pas arrêtée à cet a priori et en quelques secondes, le garçon m’a saisie !
J’ai pensé que cette photo vous donnerait envie d’en connaître un peu plus sur le personnage :
Benni Hemm Hemm est-il un artiste terrifiant ?
D’accord, je l’ai assimilé à un gnark, gnark de douce vengeance, ceux dont les pensées seront moins perfides pourront très bien imaginer un fou rire. Bon, pour ne pas lui coller une mauvaise image, quand je regarde son visage en entier, je trouve qu’il ressemble à Daniel Brühl, l’acteur principal de Good Bye Lenin.
En tout cas, si on se fie aux bruits qui courent sur ce dernier EP, Retaliate, 3e du nom, on devrait entendre parler de talibans sûrs d’eux, de paresseurs pionniers, des histoires de concierge et des vampires assoiffés de sang…
Plus sérieusement, l’EP sera composé de cinq morceaux, avec des paroles en anglais seulement, contrairement aux précédents. Cette option du tout anglais s’accompagne d’un changement de cap dans son style de musique.
Quand Benni Hemm Hemm, pour les moins intimes Benedikt H. Hermannsson, a commencé à tourner dans le monde, en 2005, après la sortie de son album éponyme, il pouvait parfois rassembler jusqu’à 40 musiciens sur scène. Avec beaucoup de cuivres et de percussions pour accompagner les cordes de base. Un brass band, un peu à la Beirut avec de l’islandais et la guitare à la place du ukulélé.
Après il a franchi une étape en se voyant ouvrir les portes du studio d’enregistrement de Sigur Ros en Islande, pour fabriquer son deuxième album : « Kajak ».
L’Islandais semble ici avoir mis de côté ses racines pour utiliser ses influences anglaises. Du moins, celle d’Ecosse et d’Edinburgh, où il a entièrement confectionné « Retaliate ». Le changement, d’après le premier morceau diffusé sur myspace, s’illustre par une plongée dans le registre folk, avec beaucoup de guitare. ‘Retaliate’, le premier extrait de l’EP est extrêmement reposant, comme si Benni Hemm Hemm venait nous murmurer les mots à l’oreille. La partie musicale me fait beaucoup penser à la BO de Into the Wild, à une musique que tu as envie d’écouter en fermant les yeux, ou dans un grand espace où tu surplombes le paysage. Pour moi, le Benni Hemm Hemm qui chante en anglais est cette fois beaucoup plus proche de José Gonzales que de Zach Condon. Le ton calme de la chanson tranche bien avec le titre (Retaliate = réagir, se venger). La musique ne transmet pas tellement l’envie de secouer la personne à laquelle le chanteur s’adresse. Quant aux paroles, et c’est là que je lève un carton jaune à Benni Hemm Hemm, elles sont difficilement compréhensibles. Peut-être est-ce à cause de mes lacunes en anglais, ou parce que Benni Hemm Hemm n’articule pas beaucoup mais je n’ai réussi à capter que quelques morceaux de phrases qui rappellent l’idée de vengeance : « it’s time to fight back », « please be a part of this ». Je pense que le fait que deux voix soient superposées ne m’aident pas non plus. Enfin, je lui ai envoyé un mail pour récupérer les paroles. Je vous éclairerai plus si j’ai une réponse.
Toujours est-il que cette fois, il n’aura pas fait appel à 40 personnes car il a joué la plupart des instruments. Il a juste sollicité des musiciens pour la contrebasse, la trompette et le cor. Une production qui s’annonce plus intimiste.
Il ne me reste plus qu’à attendre le jour où l’EP sortira pour vérifier si cette ambiance aussi intimiste perdure ! Bonne écoute
Si je me suis un peu éloignée de mon ordinateur pendant les fêtes de fin d’année, j’en ai profité pour me réfugier dans les salles obscures. Au programme : Les Chats persans. Je ne vais pas dédier ce post à une critique du film car je serais hors propos.
Negar et Askan, accompagnés de leurs musiciens
Je mentionne ici ce film, qui a été tourné clandestinement avant les émeutes post-électorales, car Askan, le chanteur et claviste du groupe de rock protagoniste, alors qu’il sait secrètement qu’il n’aura pas ce visa, raconte à ses copains que si un jour il arrive à partir, il veut voyager jusqu’en Islande pour voir sur scène son groupe cultissime, Sigur Ros. Pour lui, c’est un rêve, et moi qui me suis trouvée en face du batteur, je n’ai pas réussi à défendre mon bout de gras jusqu’au bout. Je ne sais pas ce que j’aurais répondu à Askan si de son vivant, il m’avait annoncé son rêve, moi qui étais restée sur ma faim, lorsque j’avais vu Sigur ros à Paris, il y a deux ans.
Je vous encourage cependant à aller voir le film car le réalisateur nous offre une réalité qui ne nous est pas souvent racontée dans les médias même si je n’arrive pas trop à déceler sa finalité. Est-ce que Bahman Ghobadi veut répertorier les groupes de musique underground ou veut-il se concentrer exclusivement sur le groupe de rock protagoniste, formé par Negar et Askan, qui doit se procurer une autorisation de quitter le territoire. Le film regroupe les deux aspects mais les fait se chevaucher d’une manière bancale à mon goût.
Je ne veux pas paraître trop sévère, sachant que le film a été tourné en 17 jours seulement, le plus discrètement possible, ce qui explique parfois les cadrages flous, les mises au point maladroites par moment.
Mais c’est clair que ces jeunes iraniens partagent la même passion que moi pour la musique underground et la musique indépendante, sauf qu’ils sont obligés de le faire dans la clandestinité la plus stricte, ce qui les rend d’autant plus méritants.
En tout cas, le jour où Sigur Ros pourra se produire librement en Iran, ça voudra dire que le pays aura fait un grand pas en avant. Un pas qui paraît loin, si on en croit un certain diplomate américain de l’ambassade américaine à Paris. James Niller, que j’ai rencontré aujourd’hui, craint que les manifestations n’empirent encore plus la position du gouvernement dans sa course à l’armement nucléaire.
Après la trêve hivernale de Noël, je reviens vers vous avec une vidéo en guise d’étrenne pour cette année 2010 qui approche. Voici donc la suite de la soirée consacrée au cinéma de Sigur ros à Paris en novembre dernier. J’ai donc rencontré le réalisateur du documentaire Heima, Dean DeBlois, qui raconte quelques anecdotes sur le groupe, la première fois qu’ils se sont vus, la façon dont ils travaillent…Avec son humour de Canadien, il commente quelques images du film et leur signification pour le groupe.
Je vous prie de m’excuser pour le temps qu’il m’a fallu pour mettre en ligne cette vidéo, mais je cherchais à améliorer le son, sachant que je ne suis pas du tout experte en la matière. J’espère que vous en profiterez tout de même.
« La vie est un miracle », comme dirait Emir Kusturica. Eh bien c’est le cas pour moi ce soir ! Après deux semaines de combat pour exporter ma vidéo, je peux enfin la mettre sur mon blog. Je ne vais pas retracer tous les obstacles mais il faut croire que mon ordi n’est vraiment pas performant. Du coup, de développeur web en expert de la vidéo sur Internet, c’est l’ingénieur son d’Altermusica qui m’a sauvé la vie, mon ange Gabriel…
Bref les problèmes techniques étant résolus, je vous laisse profiter, ou découvrir pour d’autres, les interventions de Orri Pall Dyrason, John Best et Dean DeBlois en personne !
Comme je n’ai pas retenu toutes les interventions je compléterai cet article de main. La vidéo de l’interview de Dean DeBlois devrait suivre bientôt avec plein de petites anecdotes sur le groupe.