Vite, vite, saisissez les dernières places pour aller voir Mugison à La Maroquinerie à Paris, dimanche soir. Ce déjanté de 33 ans, avec sa barbe de bucheron, manie l’acoustique (avec beaucoup de violons et violoncelles), une voix tantôt punk, tantôt mélancolique avec brio.
Mugison sera en concert avec les Américains de Tune Yards et les Anglais Mumford&Sons.
Entrée à partir de 19h30, à la Maroquinerie (23, rue Boyer, Paris 20e). Réservation ici.
J’avais d’abord pensé par commencer avec une super blague sur Benni Hemm Hemm et Pony Pony Run Run, mais les Angevins-Nantais ont complètement cassé ma blague en ayant la bonne idée d’ajouter une syllabe de trop…
Alors, je préfère laisser tomber.
ça y est, me voici donc sortie de ma période d’hibernage…je suis impardonnable car je ne vous ai pas non plus souhaité tous mes meilleurs voeux musicaux pour 2010. Mais, je me rattrape ! J’arrive avec tout plein de nouveautés, pour tous les goûts.
A commencer par Bonni Hemm Hemm et son EP (Retaliate), qui devrait sortir en avril. C’est un peu tôt vous me direz pour en parler, mais la date de la sortie de l’album vient d’être annoncée alors je tenais à vous mettre au courant.
Quand j’ai lu pour la première fois le nom à haute voix, j’ai tout de suite pensé au “hum, hum” que j’utilise quand je doute ou que je suis sceptique à propos d’une histoire.
Je ne me suis pas arrêtée à cet a priori et en quelques secondes, le garçon m’a saisie !
J’ai pensé que cette photo vous donnerait envie d’en connaître un peu plus sur le personnage :
Benni Hemm Hemm est-il un artiste terrifiant ?
D’accord, je l’ai assimilé à un gnark, gnark de douce vengeance, ceux dont les pensées seront moins perfides pourront très bien imaginer un fou rire. Bon, pour ne pas lui coller une mauvaise image, quand je regarde son visage en entier, je trouve qu’il ressemble à Daniel Brühl, l’acteur principal de Good Bye Lenin.
En tout cas, si on se fie aux bruits qui courent sur ce dernier EP, Retaliate, 3e du nom, on devrait entendre parler de talibans sûrs d’eux, de paresseurs pionniers, des histoires de concierge et des vampires assoiffés de sang…
Plus sérieusement, l’EP sera composé de cinq morceaux, avec des paroles en anglais seulement, contrairement aux précédents. Cette option du tout anglais s’accompagne d’un changement de cap dans son style de musique.
Quand Benni Hemm Hemm, pour les moins intimes Benedikt H. Hermannsson, a commencé à tourner dans le monde, en 2005, après la sortie de son album éponyme, il pouvait parfois rassembler jusqu’à 40 musiciens sur scène. Avec beaucoup de cuivres et de percussions pour accompagner les cordes de base. Un brass band, un peu à la Beirut avec de l’islandais et la guitare à la place du ukulélé.
Après il a franchi une étape en se voyant ouvrir les portes du studio d’enregistrement de Sigur Ros en Islande, pour fabriquer son deuxième album : “Kajak”.
L’Islandais semble ici avoir mis de côté ses racines pour utiliser ses influences anglaises. Du moins, celle d’Ecosse et d’Edinburgh, où il a entièrement confectionné “Retaliate”. Le changement, d’après le premier morceau diffusé sur myspace, s’illustre par une plongée dans le registre folk, avec beaucoup de guitare. ‘Retaliate’, le premier extrait de l’EP est extrêmement reposant, comme si Benni Hemm Hemm venait nous murmurer les mots à l’oreille. La partie musicale me fait beaucoup penser à la BO de Into the Wild, à une musique que tu as envie d’écouter en fermant les yeux, ou dans un grand espace où tu surplombes le paysage. Pour moi, le Benni Hemm Hemm qui chante en anglais est cette fois beaucoup plus proche de José Gonzales que de Zach Condon. Le ton calme de la chanson tranche bien avec le titre (Retaliate = réagir, se venger). La musique ne transmet pas tellement l’envie de secouer la personne à laquelle le chanteur s’adresse. Quant aux paroles, et c’est là que je lève un carton jaune à Benni Hemm Hemm, elles sont difficilement compréhensibles. Peut-être est-ce à cause de mes lacunes en anglais, ou parce que Benni Hemm Hemm n’articule pas beaucoup mais je n’ai réussi à capter que quelques morceaux de phrases qui rappellent l’idée de vengeance : “it’s time to fight back”, “please be a part of this”. Je pense que le fait que deux voix soient superposées ne m’aident pas non plus. Enfin, je lui ai envoyé un mail pour récupérer les paroles. Je vous éclairerai plus si j’ai une réponse.
Toujours est-il que cette fois, il n’aura pas fait appel à 40 personnes car il a joué la plupart des instruments. Il a juste sollicité des musiciens pour la contrebasse, la trompette et le cor. Une production qui s’annonce plus intimiste.
Il ne me reste plus qu’à attendre le jour où l’EP sortira pour vérifier si cette ambiance aussi intimiste perdure ! Bonne écoute