nov 30 2009
Une soirée passée à traquer Orri Pall Dyrason
Un membre de Sigur ros à Paris : WOOOOOOOOOOOW ! Bien sûr ce fut ma réaction : c’est géant, il ne faut surtout pas rater ça! Sauf que ça donne quoi quand le dit-porte-parole du groupe le temps d’une soirée parisienne est tout sauf bavard ? Une légère dose de frustration… heureusement que Dean DeBlois était là !
Tout a commencé un certain 11 novembre, lorsque je découvre que le batteur de Sigur ros sera à Paris pour une soirée cinéma deux semaines plus tard. Ni une, ni deux, je saute sur le téléphone et demande une interview de Orri Pall Dyrason et de Dean DeBlois, le réalisateur de Heima. La gentille Peggy me répond que personne n’a encore demandé d’interview donc ça ne devrait pas poser de problème. Seule mise en garde : “ils arriveront certainement jeudi ou vendredi, donc si vous pouvez être libre à ce moment…” Pas de problème, lui répondis-je. Que ne ferais-je pas pour décrocher l’exclusivité…
Que nenni, deux semaines, puis jeudi, vendredi passent et le jour j arrive. Toujours pas d’horaire fixé pour la rencontre avec l’invité-vedette. Je décide donc de me présenter un quart d’heure avant le début des festivités. A 18h45, je retrouve Peggy, chef d’orchestre de la soirée. Moment de terreur : “Nous avons eu tellement de demandes d’interviews que nous les avons toutes refusées“…mais ouf “vous êtes la seule dont on a traité la demande, en plus vous étiez la première“. Chouette !!
Je m’installe donc dans l’entrée du cinéma l’Elysées Biarritz, attendant l’élu. Vers 19h30, j’entends les premiers mots en anglais. Peggy me présente John Best, le manager de Sigur ros, et Dean DeBlois. Je commence à discuter avec Dean. Bien sûr le Canadien accepte avec un grand sourire l’idée de l’interview. Bien qu’il vive aujourd’hui aux Etats-Unis, Dean a gardé quelques souvenirs du français, avec l’accent québecois. Il m’informe que Orri est “le plus timide mais que le contact s’est fait très vite”, contrairement à Jonsi (le chanteur), qui est “distrusting“, autrement dit qui ne fait pas confiance facilement. Mais “aujourd’hui, nous sommes très proches“.
Je ne sais pas si Dean a lu de l’inquiétude sur mon visage mais il me propose d’envoyer un texto à Orri. Réponse : “il est d’accord pour faire l’interview“. Dean DeBlois ajoute : “Je préfère vous dire qu’il n’aime pas trop qu’on parle des mots, le hopelandic et tout ça. Dans le documentaire, c’est quand même celui qui parle le moins. En plus, il n’est pas très sûr de son anglais“.
Quelques secondes plus tard, c’est avec John Best, le manager au look des années 70, que j’échange. Confirmation : “Orri est le plus timide” mais infirmation : “Je viens de l’avoir au téléphone, il n’a pas envie de faire d’interview”. Pas du tout ? “Pas du tout”.
Je reste néanmoins sur le qui vive, espérant qu’il accepte de me parler en même temps que Dean DeBlois afin qu’il se sente plus à l’aise. Bref les coups de 20h sonnent, la séance est sur le point de commencer. Comme Dean et John décident d’aller manger, je me dis qu’il vaut mieux que je profite de la projection sur grand écran de Heima. J’avais pourtant regardé le documentaire mardi soir pour préparer les questions, mais impossible de me lasser, à chaque montée en puissance de la batterie je vibre.
Mais pourquoi Orri Pall Dyrason n’est-il pas aussi explosif au contact des autres que devant sa batterie ?? Au milieu du film, je sens en moi l’intuition qu’il est arrivé. Je sors de la salle ; effectivement, il est là. Il s’est coupé les cheveux. Il a troqué son tee-shirt “pas de panique” contre un ensemble noir, on ne peut plus sobre. Je le sens plutôt tendu, le tigre floqué sur son tee-shirt noir se met à rugir. Et Peggy qui essaie dans un anglais désespéré de le rassurer : « mais pourtant j’avais demandé les deux versions ». Discrètement elle me raconte que Orri n’est pas content : « on est en train de diffuser une version DVD de Heima alors qu’il voulait la version Bêta. Heureusement les autres vidéos seront diffusées en version bêta. » Eh bien, quel accueil ! Aussitôt Orri va juger de la qualité dans la salle de projection. Honnêtement, même si je ne suis pas une experte en format d’images, je trouve les images diffusées fantastiques et je pense que la plupart des personnes sont venues pour voir le film sur grand écran et entendre un des membres de Sigur ros parler du groupe.
Peggy me dit qu’ils vont aller boire un pot pour détendre l’atmosphère. Je prends néanmoins l’initiative de me présenter. Je le rassure en précisant qu’il ne s’agit que deux-trois questions, informelles et que l’on peut le faire avec Dean, ce sera aussi sympa. Sa réponse me laisse pensive : “Hum, yeah, hum, maybe, maybe”.
Bref, je laisse passer la tempête et l’interview publique où Orri ne prononce que quelques mots. Je sens que le traducteur est gêné par la longueur des réponses. L’aveu de la préparation du nouvel album tombe mais on n’en saura pas plus. Si Amiina rejouera avec eux ? Il ne sait pas, en tout cas, pas sur le prochain album. Morgan, un des fans venus pour voir ces magnifiques paysages sur grand écran, m’a confié à la sortie de l’interview publique : “il était terrorisé“. Comme me l’avaient annoncé Dean et John, le garçon est plus que timide. Pendant l’échange avec le public, ses mains resteront serrées bien fort. John Best nous apprend quand même que Jonsi vient de finir son album solo la nuit passée.
A la sortie je retente ma chance mais il est déjà parti manger. Me fuirait-il ? Le manager, lui, plus expansif, me propose de procéder à une interview écrite ultérieurement. Je me résigne donc à les laisser profiter de leur passage à Paris, avec leurs femmes et enfants, car Orri a quand même annoncé qu’il allait être papa en janvier.
Je n’ai pas oublié Dean qui est toujours aussi partant pour l’interview. Dean, qui pourtant possède à son palmarès de sacrées aventures, comme la co-réalisation de Lilo&Stitch, s’est livré à moi spontanément, m’a raconté quelques anecdotes très drôles sur le groupe. En avant-goût, je peux vous dire qu’après un concert de Sigur Ros, Dean s’est retrouvé dans une boîte gay avec Jonsi et celui-ci, bien éméché, a bien marqué la foule.
La vidéo de l’interview publique devrait arriver très prochainement, comme celle de l’interview de Dean DeBlois.
7 commentaires



J’y étais aussi, beaucoup aimé Heima en grand bien sûr, je me demande quelle différence il pouvait y avoir avec cette autre version… peut-être une meilleure définition d’image, là en grand et assez près on pouvait voir les pixels. Merci aussi pour la confirmation au sujet de l’album solo de Jónsi, cette partie de la réponse ayant été zappée par le traducteur, dépassé.
Je suis restée sur ma fin au sujet de la date de sortie du prochain album de Sigur Rós, car en mai dernier Orri avait déclaré qu’il était déjà “presque fini” sur un quotidien islandais ! Il avait même donné quelques indications précieuses sur le style musical du futur opus…
Evidemment pas d’indications sur la prochaine tournée, probablement pas pour 2010
Je n’ai pas entendu de date de sortie du DVD de la dernière tournée (concerts Londres novembre 2008) dont nous avons pu voir les belles images en exclu.
Dommage que tu n’aies pas pu obtenir une interview, timide OK devant le public, mais en tête à tête cela aurait dû être plus facile.
J’espère lire très bientôt la suite ainsi que les anecdotes croustillantes ! Merci.
Oui, merci d’évoquer les images exclusives de leur prochain DVD. John Best nous avait apporté une vidéo de quelques minutes d’un concert qu’ils ont filmé à Londres l’année dernière. John Best nous a informés que le documentaire était en cours de montage. J’aime beaucoup les couleurs grises. L’extrait s’est ouvert avec des faux éclairs, des sortes de décharge électrique, puis Jonsi commence à chanter. La caméra fait un gros plan sur son visage, le contour de ses yeux est décoré d’un dessin de paillettes. Ils ont opté pour le tout gris et blanc. Je trouve ça magnifique et ça fait penser à Heima quand ils filment une terre de cratères grise qui n’arrête pas de craqueler.
Super article!
Ah ce cher Orrí… Pourtant, un de mes amis à réussi à papoter avec lui et à avoir un autographe… Si timide que cela…
Très bonne soirée, en effet : quel bonheur de voir Heima sur grand écran, avec un son digne d’un concert ! Dommage par contre que la qualité de l’image était assez moyenne…
Par contre, je suis resté sur ma faim avec l’interview publique : d’une part, parce qu’Orrí semblait vraiment terrorisé, limite tremblant lorsqu’il devait prendre le micro, et parce que je trouve que la traduction n’a pas été top : des fois, ça coupait vraiment le rythme, et en plus, des infos étaient passées à la trappe… Et le traducteur n’avait pas l’air d’avoir préparé énormément de questions : il devait pas s’attendre à ce qu’Orrí ne fasse que répondre : “Hum… maybe.”
Pour l’extrait diffusé, j’ai aussi été un peu déçu : on aurait dit que ça a été filmé par Done and Dusted, avec des plans assez étrange (genre des moitiés de visage).
Mais malgré ces critiques, ce fut une très bonne soirée, et une bonne idée de mettre à l’honneur un groupe sur un soir, comme ça.
J’ai découvert ton blog via le facebook de Sigur Ros. C’est un vrai plaisir de lire un autre article consacré à cette merveilleuse soirée.
C’est dommage au final, il aurait juste fallut que tu l’abordes naturellement, après avoir diné, Orri est revenu et j’ai eu la chance de discuter un peu avec lui et lui poser qql questions. Malgré le fait qu’il soit extrêmement timide, il préfère la spontanéité au côté “conventionnel” de l’interview.
Je t’avouerai que j’ai été un peu jalouse au début de ton écrit croyant que tu avais eu une “vraie” interview, je n’avais même pas osé en demander une.
Maintenant il n’y a plus qu’à attendre le prochain concert !
Du coup je ne sais pas si tu as jeté un coup d’oeil ici : http://www.discordance.fr/Le-cinema-de-Sigur-Ros,1399.html
Bonne soirée !
J’imagine qu’Orri n’est pas si timide que ça en privé. Je crois que ce qui a joué en ma défaveur est la caméra, et puis il était en famille, je crois qu’il n’avait pas prévu de se poser pour répondre à quelques questions ciblée. Mais je retenterai ma chance !