nov 16 2009
La cousine cachée de Björk
“Il vous arrive parfois d’attendre un album tellement longtemps que vous l’idéalisez et que …quand vous le recevez vous êtes finalement un peu déçus.” Eh bien non, cette fois, mon discours va être tout autre. Oubliez le 6/10 de l’album de Riceboy Sleeps, l’album dont je vais parler ci-dessous mérite au moins 9, 98 / 10 (oui je pinaille mais après tout, personne ne m’a jamais défini la perfection).
Alors voilà tout a commencé un beau soir d’août 2009, sur l’île Tatihou dans la Manche. Avec ma plus proche famille (ne manquait que mon frère, qui pourra partager l’aventure en lisant ces lignes !), nous venions de traverser les quelques bancs de sable qui séparent Saint-Vaast-la-Hougue de l’île. Le festival des Musiques du large est devenu un pélerinage et me permet de découvrir chaque année un artiste d’un des cinq continents. Baignée dans la musique celtique depuis ma tendre enfance, je n’ai bien sûr pu manquer la venue des Dubliners ou encore la formation des Voix de la terre, par Dan Ar Braz, juste pour le festival. Un festival que je recommande donc à chacun.
Mais cette année, plus que la magie de la mer pour horizon, c’est le groupe Valravn et plus précisément sa chanteuse venue des îles Féroé qui m’a entraînée dans un autre monde. A peine un son était-il sorti de la bouche de cette grande demoiselle brune, que j’ai vibré en croyant entendre l’écho de Bjork. Pendant plus d’une heure (car la marée allait remonter après), Anna Katrin Egilstrød et ses musiciens venus du Danemark m’ont bluffée avec leur mélange de musique folkorique scandinave et d’électro.
Valravn – Spot Festival 2009 from Juan Pino on Vimeo.
Si j’ai pu acheter le premier album éponyme à la sortie du concert (”Valravn”), il m’a fallu attendre plus de deux mois pour trouver le deuxième album qui alors venait de sortir mais n’était pas encore à la vente en Europe. Pour l’anecdote, j’ai commandé le Cd sur le site de Westpark, leur label allemand, et je n’ai eu à payer qu’après réception. Bref, tout comme pour Jonsi and Alex, je languissais à l’idée de recevoir le dernier album de Valravn, dont j’avais pu entendre quelques morceaux à Tatihou. Et là, ô miracle, j’ai été transportée au septième ciel.
Le lien avec l’Islande, c’est surtout la voix aérienne d’Anna Katrin Egilstrød, qui fait penser à celle de Bjork. En fait sur le premier album, ce n’est pas flagrant mais sur le deuxième, le rapprochement est plus justifié.
La première piste donne un bel aperçu de cette similitude :
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Cependant la voix de la chanteuse de Valravn me semble plus sauvage, plus lointaine, comme si elle sortait d’une forêt, ce qui la rend plus grave parfois :
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Pour en revenir à l’album “Koder på snor”, plus généralement, il trouve son inspiration dans la Superstrings theory (traduit littéralement : “La théorie des supercordes“). En gros, cette théorie essaie d’expliquer l’existence de toutes les particules et forces fondamentales de la nature, en les modélisant comme les vibrations de minuscules cordes supersymétriques. D’où le titre de l’album : ” Des codes sur une corde”.
Je laisse aux lecteurs scientifiques le plaisir de nous en dire plus. Moi je m’en tiens au point de vue musical. Même loin de la scène de Tatihou, j’ai retrouvé ici la même énergie et surtout le même équilibre entre partie instruments traditionnels et partie électro. Contrairement au premier album qui reprenait des morceaux traditionnels en ajoutant une touche électro, ici les morceaux sont l’oeuvre du groupe. Alors les rythmes sont parfois répétitifs mais dans le bon sens, en devenant hypnotiques, flirtant parfois avec une danse tribale. Sur ce morceau, Anna Katrin Egilstrød est accompagnée de la Norvégienne Maria Franz.
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Les bruitages vocaux sur Lysabild apportent aussi cette touche sauvage.
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Au-delà de la richesse du contenu musical de cet album, je salue également la photographie. La couverture nous avertit que si on ouvre l’album, on se heurtera certainement à des fées sorties d’un monde féroce. Et puis il y a ces magnifiques photos du livret avec des corbeaux qui rappellent que dans la mythologie nordique, un “Valravn” est un homme qui a été ensorcelé et transformé en corbeau. Et le seul moyen de briser le sort c’est de boire du sang humain.
Et grand bravo à l’ingéniosité du groupe : la traduction anglaise des paroles. On apprend alors dans Fuglar (ma préférée, je ne vous le cache pas) que “là-bas très loin, dans ce qu’on appelle le bout du monde, les oiseaux volent et poussent le cri d’une symphonie pour la vie…”
Sachant que leur premier album a été nominé dans trois catégories aux Danish Music Awards, j’espère que cet album, plus travaillé et créatif, leur rapportera autant voire plus de succès.
Myspace : http://www.myspace.com/valravn
Blog : http://blog.valravn.net/#home
1 commentaire

Je ne suis pas certain d’avoir compris la “superstring theory” et la notion de “supersymétrique” mais on ne peut qu’être séduit par ton cri d’amour pour cet album!
Il faudra que je le réécoute complètement car lors du concert il m’avait semblé que les chansons se ressemblaient.
Si tu peux décrocher une interview de la chanteuse ce sera super!
xxx
Ps : flolklorique (juste avant la vidéo bleue)