mar 17 2010
Seabear réchauffe les choeurs
Voilà encore une preuve que l’Islande a des dons exceptionnels pour procréer des musiciens inédits. Avec son deuxième album, We built a fire, Seabear s’inscrit dans la cour des grands geysers de musique et surtout dans mes coups de coeur de début d’année.
Trois ans après la sortie de leur premier album, The ghost that carried us away, les membres de Seabear ont indéniablement mûri. Non pas que leur premier opus est immature. Au contraire, je trouve qu’il comporte une fraîcheur plus que positive. La légéreté du rythme me donne l’impression qu’ils ont enregistré dans les champs, pour donner un côté bucolique à leur musique. Summer Bird Diamond est à mon goût excellente. La douceur du xylophone qui accompagne le sifflement des oiseaux met forcément de bonne humeur. Bien des fois en l’écoutant le matin, j’ai gardé l’air toute la journée.
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We built a fire est nettement moins naïf. Derrière cette évolution se cache peut-être la marque de l’expérience qu’a acquise Sindri Már Sigfússon, auteur de cette joyeuse bande de folk-minimaliste. Après le succès de son album solo, sous le pseudo de Sin Fang Bous, le musicien islandais revient donc auprès de sa formation d’origine avec plus de gravité. Sa voix est plus discrète que sur le premier album et l’ambiance générale s’en retrouve plus planante.
Dès la première piste (Lion face boy), l’oreille se régale : pour la première fois, le groupe utilise des cuivres et un accordéon.
Avec I’ll build you a fire, Seabear inscrit son deuxième album dans une pop plus douce, surtout avec l’omniprésence de la guitare électrique et de la batterie. Seul le violon vient casser un peu le rythme.
Un clip qui me fait tantôt penser au projet Blair witch, tantôt aux pochettes de Nouvelle vague, et surtout à la pochette d’un des albums de Marissa Nadler, où l’Américaine se ballade au milieu des morts et des vivants.
Mais pour moi, la richesse de cet album réside avant tout dans la rythmique, et la rupture de rythme toujours finement amenée. Dans Fire dies down, par exemple, quelques arpèges de piano dans les aigüs, les glissés de doigts sur les cordes de guitare et la mélancolie du violon font petit à petite place à une rythmique plus pop-folk.
J’ai écouté le cd pour la première fois d’une traite, et contrairement au premier, peu de mélodies me sont restées en tête. Je vous recommande d’écouter et de réécouter l’album pour plutôt disséquer la richesse des voix d’instruments.
Vous pouvez déjà remplir la case du 20 mai de votre calendrier. Seabear sera en concert au Point Ephémère (Paris).
Voici la tracklist de We built a fire, dont les deux pochettes font assez penser celle d’Arab strap (je ne manquerai pas de leur demander d’où ils tirent ce dessin, si je peux les rencontrer sur Paris !):
01. Lion Face Boy
02. Fire Dies Down
03. I´ll Build You A Fire
04. Cold Summer
05. Wooden Teeth
06. Leafmask
07. Softship
08. We Fell Of The Roof
09. Warm Blood
10. In Winters Eyes
11. Wolfboy









