Les militants et élus de l’UMP ont dû faire le dos rond cette semaine. D’abord du côté de l’Ile-de-France où le maire UMP de Franconville (Val-d’Oise), Francis Delattre, a qualifié la semaine dernière Ali Soumaré (la tête de liste PS dans le Val-d’Oise) de « délinquant multirécidiviste chevronné », présentant un extrait de casier judiciaire où apparaissent plusieurs condamnations, dont deux avec de la prison ferme. Sauf que : si Ali Soumaré a reconnu certaines « erreurs de jeunesse », la procureur de Pontoise a annoncé que certaines affaires concernaient un homonyme, ce qui a conduit Valérie Pécresse à condamner l’initiative de Francis Delattre. Ce dernier a présenté ses excuses pour l’erreur d’homonymie mais le feu n’est pas éteint : l’affaire sème le trouble à l’UMP et certains se demandent comment Francis Delattre est parvenu à avoir ces informations


Nicolas Sarkozy n’a pas abandonné son idée d’ouverture : il a nommé cette semaine deux socialistes à deux postes prestigieux. Tout d’abord, le député socialiste Didier Migaud qui va prendre la présidence de la Cour des comptes après le décès de Philippe Séguin. Il a aussitôt annoncé son retrait de la politique pour garder « neutralité » et « impartialité ». Puis le sénateur socialiste Michel Charasse, nommé au Conseil constitutionnel. Ces nominations ont fait grincer des dents à l’UMP


Sarkozy au Rwanda


Le président de la République était mercredi au Rwanda pour une visite historique, puisque c’était la première d’un chef d’Etat français depuis celle de Mitterrand en 1984, et surtout depuis le génocide de 1994. Sans présenter d’excuses, Nicolas Sarkozy a reconnu les « graves erreurs » de la France au Rwanda. Au cœur du contentieux diplomatique entre les deux pays figure l’attentat du 6 avril 1994 qui avait tué le président rwandais Juvénal Habyarimana.


Avant de se rendre au Rwanda, Nicolas Sarkozy a fait une escale au Mali où l’otage français Pierre Camatte retenu depuis le 26 novembre 2009 par Al-Qaida a été libéré mardi. Il a décrit son « épouvantable » détention et ses ravisseurs comme des « fanatiques ». Cette libération aurait été permise par le relâchement de quatre prisonniers islamistes. Et il semblerait que Pierre Camatte n’ait pas été un otage comme les autres, puisqu’il serait, selon Bakchich, un agent du renseignement français.


Otage du tabac, esclave sexuel, même combat ? La campagne de communication de l’association « Droits des non-fumeurs » (DNF) a réussi son objectif : elle a fait parler d’elle. En cause, les affiches qui font un parallèle direct entre dépendance du tabac et esclavage du sexe. La polémique a été telle que DNF a stoppé sa communication. Comme le dit France Info, « La campagne contre la clope casse sa pipe ». Le spot vidéo réalisé par Yvan Attal est, lui, nettement plus percutant :


Yvan Attal pour DNF et BDDP & Fils
envoyé par BDDPetFils. – L’info video en direct.

Le « Chatroulette », lui, ne fait pas un tabac auprès de tout le monde non plus. L’association e-Enfance a mis en garde contre les dérives pornographiques de ce site où les utilisateurs se retrouvent connectés en « face à face » via leur webcam avec quelqu’un dans le monde, choisi de manière aléatoire. Nadine Morano en a profité pour demander à l’ONU de « réguler Internet ».


Alors que les Etats-Unis viennent de perdre leur 1 000ème soldat en Afghanistan, les forces de l’Otan en bavent face aux talibans… et commettent des bavures. Dernière en date : un raid aérien destiné à « éliminer » des insurgés qui a finalement tué 27 civils.


Côté sports, si le ski alpin et le patinage artistique ne réussissent pas aux Français lors des JO de Vancouver, heureusement que le biathlon est là, avec 6 médailles sur 10 ! Cette semaine, la discipline a apporté deux nouvelles médailles d’argent grâce à Martin Fourcade et au relais 4×6 km femmes. La délégation française a d’ores-et-déjà dépassé sa performance de Turin (9 médailles), et est proche d’égaler le record de Salt Lake City (11 médailles) !


Canada_hockey

Le Canada, pays organisateur, est lui à fond derrière son équipe de hockey sur glace (le sport national là-bas), alors que l’objectif initial d’être 1ers au tableau des médailles a d’ores-et-déjà été abandonné. L’équipe à la feuille d’érable affrontera les Etats-Unis en finale du tournoi.


Le XV de France est en marche vers le Grand Chelem dans le Tournoi des 6 Nations de rugby. Les Tricolores ont battu hier le Pays de Galles (26-20) au Millenium Stadium de Cardiff. Ils rencontreront l’Italie dimanche 14 mars au Stade de France.

Les Coupes d’Europe de football ont encore réussi aux clubs français cette semaine. En Ligue des Champions, les Girondins de Bordeaux se sont imposés (1-0) chez le club grec Olympiakos, en huitième de finale aller. En Ligue Europa, l’Olympique de Marseille et Lille se sont qualifiés pour les huitièmes de finale aux dépens respectivement de Copenhague (3-1) et Fenerbahçe (1-1). Les Lillois iront défier Liverpool, alors que les Marseillais affronteront les Portugais de Benfica.




EN BREF


En France…

- Plus de peur que de mal pour les automobilistes français : ils peuvent finalement faire le plein de carburant sans craintes. Certains s’étaient rués sur les stations-services (parfois en pénurie) alors que la grève dans les raffineries Total continuait. Nicolas Sarkozy s’est mêlé du conflit en recevant mardi à l’Elysée Christophe de Margerie, le patron du groupe. Peu à peu, les raffineries ont repris la production.




Dans le monde…

- Deux puissants séismes ont eu lieu dans le Pacifique dans la nuit de vendredi à samedi, au Japon d’abord, au Chili quelques heures plus tard (faisant au moins 78 morts). Ce dernier aurait déclenché un tsunami, le Pacifique est actuellement en état d’alerte.


- Des pluies diluviennes ont entraîné de graves inondations le week-end dernier à Madère (île portugaise dans l’Océan atlantique). La catastrophe a fait au moins 43 morts et une centaine de blessés. Le bétonnage de l’île pour accueillir les touristes aurait favorisé l’inondation.


- Un acte de malveillance serait à l’origine de la marée noire sur le fleuve Pô, en Italie. Les quelque 5 000 tonnes de pétrole déversés ont entraîné une catastrophe écologique sans précédent. Des vannes d’un dépôt d’hydrocarbures près de Monza auraient été ouvertes intentionnellement.


- L’Ours d’or de la 60ème Berlinale a récompensé le film turc « Miel », de Semih Kaplanoglu. Roman Polanski, absent lors de la remise des prix, a reçu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur pour « Ghost Writer ».




Note : en raison d’un séjour à l’étranger la semaine prochaine, je ne serai pas en mesure de vous présenter les Rattrapages de l’actu du 6 mars. Merci de votre compréhension, rendez-vous le 13 mars !




Pour ceux qui le souhaitent, possibilité de recevoir les “Rattrapages de l’actu” par mail. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article en renseignant votre adresse e-mail (qui ne sera pas publiée) en vous disant intéressé(e) !

Vous pouvez maintenant accéder au blog en tapant www.verso-recto.fr dans votre navigateur !




Pour me contacter, vous pouvez m’envoyer un mail à alexandre@verso-recto.fr.




Merci de votre fidélité !

Le service de location de véhicules pour une courte durée connaît en France un retard important de développement face à certains pays voisins. La faute à l’Histoire, à la relation viscérale avec l’automobile ou encore à un manque de communication. Malgré tous ces freins, ce mode de déplacement écologique et économique pourrait prendre une place réelle dans les choix de transports urbains.

Un retard à l’allumage. Voilà ce que traîne comme un boulet l’autopartage français –un comble pour des acteurs du secteur automobile. Cela fait plus de vingt ans que l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas, souvent cités en modèle, ont lancé des services de location courte durée, alors que la France a connu son précurseur avec « Caisse commune » à Paris en 1999.

Aujourd’hui, nos voisins européens, Allemagne et Suisse en tête, ont dépassé les 70 000 utilisateurs chacun, quand la France atteint péniblement la barre des 15 000 pour dix-sept sociétés (voir carte ci-dessous). « L’autopartage reste complètement marginal, confirme Vincent Dupray, directeur développement du département Automobile à TNS Sofres. En 2008, seuls 0,14 % des Français y ont eu recours. »


Afficher 17 sociétés pour 15 000 “autopartageurs” en France sur une carte plus grande

Le système a pourtant beaucoup d’atouts à faire valoir auprès de ses utilisateurs. Si les non-clients évoquent souvent « le prix prohibitif » du service, c’est en raison de la « méconnaissance du coût de la voiture », selon Sébastien Rabuel, président de l’association La Voiture Autrement. L’aspect économique de l’autopartage est ainsi mis en avant par les différents acteurs. « Une voiture de type citadine coûte en moyenne 4 500 euros par an, en comptant le carburant, l’entretien, l’assurance, le parking et la dépréciation de son prix, explique Nicolas Guenro, directeur d’Autocool (Bordeaux). Avec l’automobile partagée, ce coût est divisé par deux ! » « En-dessous de 10 000 kilomètres par an, l’autopartage est nettement plus avantageux », assure François Gindre, directeur de Lyon Parc Auto, la société qui gère Autolib’ à Lyon. Un chiffre également cité par ses confrères.

Le côté pratique de l’autopartage joue également, les adhérents n’ayant pas à se soucier de l’entretien et du stationnement. Un  avantage certain pour les citadins, à qui le service est essentiellement destiné. En effet, les zones rurales et périurbaines sont trop peu denses et géographiquement éclatées pour que le service puisse s’installer.

Mais pourquoi l’autopartage ne décolle-t-il pas dans les grandes villes ? L’argument du retard au démarrage est valable, mais n’est pas l’unique raison. « On ne perd jamais une occasion de railler les Etats-Unis pour leur dépendance à la voiture, mais ils ont davantage développé l’autopartage », glisse Nicolas Guenro. Outre-Atlantique, la société d’autopartage Zipcar a été créée en 2000… et compte maintenant plus de 325 000 utilisateurs.


Communication

Un des critères de bon développement de l’autopartage est un réseau de transports publics dense et efficace. Et dans ce domaine, la France a longtemps eu un retard important. « Nous payons aujourd’hui les choix d’urbanisme d’avant : on reconstruit le tramway après l’avoir démoli dans les années 50, ce que n’ont pas fait l’Allemagne et la Suisse, constate Jean-Baptiste Schmider, directeur d’Auto’trement (Strasbourg) et gérant du réseau France AutoPartage, qui regroupe dix sociétés. Aujourd’hui en Suisse, 30 % des gens font leur trajet domicile-travail en transports en commun. Cela facilite le passage à l’autopartage. » Ce dernier « est complémentaire des autres modes de déplacement, explique Robert Clavel, chargé de projet sur les transports innovants au Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu). L’autopartage est un des modes de transport alternatifs qui vont jouer un rôle, avec le vélo et le covoiturage. »

L'Autopartage, vu par Cled'12

L'Autopartage, vu par Cled'12



Reste que malgré des efforts unanimement reconnus en matière de transports publics, le passage à l’automobile partagée est difficile en France. Les mentalités sont, entres autres, pointées du doigt. « Il faut changer les comportements, explique Olivier Debroissia, gérant de Modulauto (Montpellier et Nîmes). C’est un processus lent. » La faute à un attachement viscéral à la possession de « sa » voiture. Résultat : 83 % des foyers français ont au moins un véhicule, selon TNS Sofres. « Le rapport à l’automobile individuelle est encore très fort, souligne Robert Clavel. C’est la poursuite de l’espace personnel. »

Pour d’autres, la conversion à l’autopartage peut aussi être moins une question de culture de l’automobile qu’un problème de communication. « Le concept est encore trop mal connu, regrette François Gindre, de LPA à Lyon. Il y a encore une confusion avec le covoiturage (voir encadré ci-dessous). » Les structures proposant de l’autopartage en France sont encore trop petites pour déployer d’importants budgets de communication. « Nous comptons beaucoup sur le bouche à oreille, le web et les médias », témoigne Martin Lesage, directeur général d’Alpes Autopartage (Grenoble et Chambéry). Pour preuve l’explosion des visites sur les sites Internet des structures après la diffusion d’un reportage sur l’autopartage dans « Capital », le 17 janvier dernier sur M6.


1 = 8

Les acteurs de l’automobile partagée fondent beaucoup d’espoir sur le soutien de leurs collectivités, avec des fortunes diverses. « Pour l’instant, nous sommes déçus car on nous promettait plus, déplore Céline Soulié, directrice de Mobilib’ (Toulouse). Il y a un manque de communication et de soutien financier, même si nous sommes conscients qu’il est difficile pour une structure publique de faire de la publicité pour une société privée. Il faut plutôt promouvoir l’autopartage sans citer de nom. »

Les villes auraient pourtant beaucoup à gagner au développement de l’autopartage : les études montrent qu’une voiture partagée remplace huit voitures en circulation et permet de gagner deux fois plus de places de stationnement. De plus, le service est rentable et s’autogère financièrement une fois lancé –hormis les frais de communication.

Malgré tous les freins, les acteurs du secteur de l’autopartage français sont optimistes pour l’avenir. « Nous sommes partis plus tard que nos voisins mais nous suivons la même courbe de progression, avec 10 ans de retard », explique Jean-Baptiste Schmider. Les mentalités françaises sur la possession automobile pourraient-elles être bouleversées ? Nous n’en sommes pas là, mais un changement est en train de s’opérer dans la vision du véhicule. « En France comme en Italie ou en Espagne, la voiture était vue comme l’affirmation de sa situation sociale,  affirme Sylvain Marty, directeur du syndicat mixte Autolib’ Paris. Mais elle est de plus en plus considérée comme un objet qui coûte cher, notamment en raison du prix du pétrole. »  Un espoir pour les opposants au « tout-voiture », dans un pays qui compte trois constructeurs automobiles.

Alexandre Pouchard




dessin_autopartage




Encadré 1 : L’autopartage, mode d’emploi

- L’autopartage est un service de location de véhicules pour une courte durée, d’une demi-heure à plusieurs jours, à l’image des locations de vélos comme Vélo’v, Vélib’. La plupart des sociétés demandent un abonnement mensuel, qui se situe généralement autour de 10 euros.

- Le principe phare de l’autopartage est que l’adhérent paye uniquement en fonction de son utilisation. La location est ainsi facturée à l’heure et au kilomètre (respectivement souvent autour de 2 et 0,30 euros). Le carburant, l’assurance et l’entretien sont à la charge de la société.

- L’utilisateur peut réserver une voiture à tout moment et accéder à toutes les stations du réseau. Grâce à un badge automatisé, il peut ouvrir et conduire le véhicule sans intermédiaires.

- Si la société d’autopartage est membre du réseau France AutoPartage*, l’adhérent peut librement réserver et utiliser un véhicule dans une autre ville du réseau.

*qui comprend les sociétés de Bordeaux, Grenoble/Chambéry, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier/Nîmes, Poitiers, Rennes, Strasbourg et Toulouse





Encadré 2 : Autolib’ Paris, ou comment le libre-service se démarque

Autolib' Paris

La mairie de Paris lancera en septembre 2011 Autolib’, son système de voitures en libre-service. Un  projet  énorme  qui  prévoit  3 000  voitures  électriques réparties dans plus de 1 000 stations dans Paris et sa proche banlieue, pour un budget initial de plus de 35 millions d’euros. A titre de comparaison, Caisse commune, aujourd’hui la première société d’autopartage de France, met à disposition 160 véhicules dans 54 stations… Mais Sylvain Marty, directeur du syndicat mixte d’Autolib’, admet qu’« Autolib’ n’est pas complètement de l’autopartage car l’utilisateur ne ramènera pas le véhicule au point de départ. »

Ce point fait l’unanimité… contre lui, chez les élus Verts de Paris comme dans le petit monde de l’autopartage. « Aller d’un point A à un point B, c’est le rôle des transports en commun, juge Muriel Lapeyronnie, responsable commerciale de Marguerite à Nantes. Et s’il faut payer des camions pour rapatrier les véhicules dans certaines zones, cela promet d’être un gouffre financier ! » Autolib’ « arrive peut-être trop tôt », avance quant à lui Jean-Baptiste Schmider, directeur d’Auto’trement (Strasbourg) et gérant du réseau France AutoPartage. « Ce sera peut-être intéressant dans 15 ou 20 ans », quand les villes auront engagé de fortes politiques restrictives envers les voitures.

Sylvain Marty réfute ces critiques et assure qu’Autolib’ permettra de « diminuer le nombre de véhicules en circulation. Prenons l’exemple d’une personne qui a un rendez-vous qui se termine tard, alors qu’il n’y a plus de transports. Avec de l’autopartage, elle devra faire l’aller et le retour en voiture. Avec Autolib’, elle fera l’aller en transports en commun et reviendra en voiture. » Rendez-vous en 2012 pour un premier bilan.

Education, social, polémiques… Sale temps pour le gouvernement cette semaine. Du côté des lycées, d’abord. Cette semaine était la 3ème semaine de droit de retrait des professeurs du lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), invoqué en raison des violences répétées dans l’établissement (dont une agression le 2 février) et de l’inaction de leur ministère de tutelle face à cette situation. Un droit de retrait également invoqué au lycée Guillaume-Apollinaire de Thiais (Val-de-Marne) après une agression au cutter mercredi. Face à cette situation en déliquescence, Luc Chatel, ministre de l’Education, a promis des « Etats généraux de la sécurité à l’école »… mais considère comme une grève le droit de retrait des profs.


D’autres grèves ont également secoué le privé cette semaine. D’abord chez Ikea où les salariés demandent des augmentations de salaires. Chez Total également, où la raffinerie des Flandres à Dunkerque est menacée de fermeture. La mobilisation de ses employés fait véritablement tâche d’huile dans les autres raffineries, et la question des difficultés de réapprovisionnement du carburant commence à être posée. Chez Sanofi-Aventis, aussi, où l’on proteste contre la suppression de 3 000 postes. Il faut dire que ces deux dernières sociétés sont dans le besoin : elles sont les deux entreprises françaises qui ont fait les plus gros bénéfices en 2009


Total


Les bénéfices de son discours en Guadeloupe, eux, se font tarder pour Marie-Luce Penchard. La ministre de l’Outre-mer, en déplacement sur l’île où elle est candidate aux régionales, a déclaré ne servir « qu’une population, la guadeloupéenne ». Polémique énorme en métropole, où certains (à gauche comme à droite) réclament désormais sa démission même si elle est soutenue par l’exécutif.


L’exécutif, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, était mercredi à Haïti, un mois après le séisme du 12 janvier qui a fait au moins 200 000 morts. Il s’agissait de la toute première visite d’un chef d’Etat français dans l’ancienne colonie –une visite de 4 heures seulement. Le président de la République a annoncé un plan d’aide massif dont une enveloppe de 326 millions d’euros (comprenant l’annulation de la dette de 56 millions d’euros).


Le commandant militaire des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, a été arrêté lors d’une opération secrète des services de renseignement américains et pakistanais, a révélé mardi le New York Times. Cette « prise », considérée comme la plus importante depuis la chute du régime taliban en 2001, a été suivie par l’arrestation de deux autres chefs talibans au Pakistan, qui montre là sa volonté de coopération.


Toutankhamon


L’ADN de Toutankhamon a lui aussi coopéré : des chercheurs égyptiens ont étudié le patrimoine génétique du jeune pharaon, mort à 19 ans il y a plus de 3 000 ans. On a donc appris que son père était bien Akhenaton mais sa mère n’était pas la reine Néfertiti. Fils d’une relation incestueuse entre frère et sœur, il serait mort du paludisme et d’une maladie osseuse. Mais l’identité de sa mère est encore inconnue… quelques mystères demeurent !


Côté sports, la France a été en forme olympique à Vancouver les premiers jours… avant que cela ne retombe par la suite. Une semaine après l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, les Tricolores totalisent 7 médailles. Jason Lamy-Chappuis en combiné nordique et Vincent Jay en biathlon ont ouvert la voie dimanche dernier avec deux belles médailles d’or. Certains réussissent… d’autres pas, comme Brian Joubert qui est (encore) tombé lors du programme court de patinage artistique. Du coup, le président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet, en a profité pour glisser que Joubert « était un formidable compétiteur, il ne l’est plus ».


La « star » américaine de la descente, Lindsey Vonn, a vaincu la malédiction en s’imposant mercredi. En revanche, la discipline n’a pas réussi au ski féminin français, avec notamment une chute de Marion Rolland après… 3 mètres de course. Blessée, sa saison est terminée.



60" : Déchausser, Dézinguer, Dévier
envoyé par lemondefr. – L’info video en direct.



EN BREF


En France…


- Jean-Pierre Treiber s’est suicidé dans la nuit de vendredi à samedi. Unique accusé d’un double assassinat en 2004, il avait fait la Une des médias après son évasion en septembre dernier, avant d’être arrêté en novembre.


- Un rapport confidentiel, révélé par Le Parisien, explique comment l’armée française a utilisé ses soldats comme « cobayes » lors des premiers essais atomiques dans le Sahara au début des années 1960, en étant exposés aux radiations. Un scoop… qui n’en est en fait pas réellement un, explique Ouest-France.


- Carton plein pour les clubs français engagés dans les coupes d’Europe de football. L’Olympique lyonnais a réalisé l’exploit mardi soir en battant le Real Madrid en huitièmes de finale allers de la Ligue des champions (1-0). Le retour aura lieu le 10 mars prochain. L’Olympique de Marseille et Lille ont respectivement battu le FC Copenhague (1-3) et Fenerbahçe (2-1) en seizièmes de finale allers de la Ligue Europa.



Dans le monde…

- Deux trains de voyageurs sont entrés en collision lundi matin à Hal, près de Bruxelles. La catastrophe, une de plus meurtrières de Belgique, a fait 19 morts et 125 blessés. Peut-être causée par le non respect d’un feu rouge, elle relance le débat sur la sécurité des trains dans le « plat pays ».


- Benoît XVI a reçu en début de semaine les évêques irlandais après les scandales qui ont agité l’Irlande ces derniers mois. Le pape a condamné très clairement la pédophilie, dénonçant un « crime atroce ».


- Malgré les protestations de la Chine, Barack Obama a reçu jeudi le dalaï-lama à la Maison blanche et lui a exprimé son soutien.


- Coup d’Etat au Niger : les militaires ont arrêté jeudi le président Mamadou Tandja et suspendu la Constitution. Ils promettent de rétablir la démocratie prochainement


- Pas de coup d’Etat au Pays-Bas, mais une démission du gouvernement. Le Premier ministre et son vice-Premier ministre s’affrontaient sur la question de retirer ou non les troupes hollandaises d’Afghanistan.

- Au moins 40 personnes sont mortes vendredi dans l’effondrement d’un minaret au Maroc.


- Avis de tempête sur le Mossad : les services secrets israéliens sont fortement soupçonnés d’avoir assassiné un cadre du Hamas en janvier à Dubaï. Pour cela, ils auraient utilisé des faux passeports britanniques, français, irlandais et allemands de citoyens israéliens à double nationalité… Les différents pays concernés ont officiellement convoqué les ambassadeurs d’Israël pour des explications.






Pour ceux qui le souhaitent, possibilité de recevoir les “Rattrapages de l’actu” par mail. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article en renseignant votre adresse e-mail (qui ne sera pas publiée) en vous disant intéressé(e) !

Vous avez dit « débat sur l’identité nationale » ? François Fillon a convoqué lundi son gouvernement pour un « séminaire d’étape » censé faire émerger des idées concrètes sur ce sujet, débattu depuis trois mois. L’étape s’est muée en arrêt net du débat, le Premier ministre décidant la fin des réunions publiques qui avaient lieu dans les préfectures. Il a présenté 14 propositions (que beaucoup appellent des « mesurettes »), allant du « carnet du jeune citoyen » au drapeau tricolore sur chaque fronton d’école.

Une constante de cette « identité nationale française » pourrait être… la sécurité. Un sujet sur lequel les hommes et femmes politiques sont prolixes, car les électeurs y seraient très attentifs. Du coup, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a joué gros lorsqu’il présenté mardi son projet de loi sur la sécurité intérieure (la Loppsiun sigle que les députés eux-mêmes ont du mal à décrypter). Le texte prévoit notamment de renforcer les sanctions contre les mineurs délinquants, avec un couvre-feu qui pourra être imposé à tout jeune de moins de 13 ans (une mesure déjà testée par Christian Estrosi à Nice depuis le 4 décembre).

Quotas de garde à vue

En attendant la nouvelle loi sécuritaire, la police fait du zèle. En plein débat sur le nombre important de gardes à vue, trois adolescentes de 14 ans ont été emmenées, menottées et retenues pendant huit heures pour… une bagarre dans son collège. Une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale des services (IGS), la « police des polices ».

La Cour des Comptes, elle, fait office de police budgétaire de l’Etat. Et il y en a grand besoin… Dans son rapport annuel rendu public mardi, elle dénonce de nombreuses irrégularités dans le fonctionnement des services publics. Elle déplore ainsi des inégalités dans les contrôles fiscaux. Moins surprenant, l’institution que présidait Philippe Séguin avant sa mort s’inquiète également des proportions que prend la dette en France.

Les finances publiques de la Grèce, mal en point, inquiètent elles aussi toujours autant l’Union européenne. C’est pourquoi l’Europe a accepté jeudi la possibilité de lui venir en aide… mais seulement s’il fait davantage d’efforts au niveau budgétaire. Le Premier ministre grec a regretté le manque d’un engagement fort et les dissensions au sein de l’UE.

Crise financière en Grèce

Cette même UE peut voir l’élection de Victor Ianoukovitch comme président de l’Ukraine comme une perte d’influence. Ouvertement pro-russe, il a remporté dimanche l’élection présidentielle avec 48,35 % des voix, contre 46,02 % pour sa rivale Ioulia Timochenko. Les observateurs internationaux ont salué un scrutin « transparent et honnête », loin des fraudes qui avaient entraîné la « Révolution orange » en 2004.

La « Révolution verte », elle, n’a pas eu lieu en Iran. Alors que le pouvoir exécute les opposants politiques, le président Mahmoud Ahmadinejad s’est permis d’adresser un nouveau pied-de-nez aux Occidentaux dimanche dernier en ordonnant le démarrage de la production d’uranium enrichi, qui constitue une nouvelle étape vers la fabrication d’armes nucléaires. Cette décision a même été officialisée auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lundi. La France et les Etats-Unis ont annoncé travailler à de nouvelles sanctions contre l’Iran.

France et Etats-Unis collaborent également dans l’opération Mushtarak (« Ensemble »), une grande offensive lancée aujourd’hui contre les talibans dans le sud de l’Afghanistan. Mobilisant 15 000 soldats, l’opération est décrite comme la plus massive depuis le début de la guerre en 2001.

Bien que très montagneux, l’Afghanistan n’est pas représentée aux Jeux olympiques d’hiver, XXIe édition, qui se sont ouverts vendredi à Vancouver, au Canada. Les athlètes provenant de 82 pays vont s’affronter jusqu’au 28 février. Des JO déjà endeuillés en raison de la mort vendredi de Nodar Kumaritashvili, un lugeur géorgien de 21 ans, lors d’un entraînement.

Nodar Kumaritashvili, lugeur géorgien de 21 ans décédé à Vancouver

En rugby, le XV de France a bien commencé son Tournoi des 6 Nations dimanche dernier, en allant s’imposer en Ecosse sur le score de 18 à 9. Et les tricolores ont remis ça aujourd’hui en battant le tenant du titre irlandais au Stade de France (33-10).

L’équipe de France de football, elle, a été relativement épargnée par le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro, qui aura lieu en Ukraine et en Pologne en 2012. Les Bleus affronteront la Roumanie (qu’ils avaient déjà croisé pendant les qualifications pour le Mondial 2010), la Bosnie-Herzégovine, la Biélorussie, l’Albanie et le Luxembourg.

Toujours en football, les Girondins de Bordeaux ont attrapé un sérieux rhume. Bien qu’ils sont toujours leaders de la Ligue 1, les joueurs de Laurent Blanc ont nettement marqué le pas dernièrement. Largement battus à Rennes samedi dernier (4-2) après avoir été accrochés à domicile par… Boulogne-sur-mer (0-0) le 30 janvier, les Bordelais se sont faits enrhumer par l’AS Monaco (0-2) dès les huitièmes de finale de la Coupe de France, mercredi dans leur stade Chaban-Delmas. Avec le deuxième du classement (Montpellier) qui ne compte plus que trois points d’écart et la Ligue des Champions qui reprend la semaine prochaine, la pression monte du côté de la Gironde…




EN BREF


En France…

- La honte pour Bernard Henri-Lévy ! L’auteur français a publié mercredi son dernier livre, « De la guerre en philosophie ». Rien d’anormal jusque-là… Sauf qu’au détour d’une page, alors qu’il démonte Emmanuel Kant, « BHL » cite un certain Jean-Baptiste Botul. Sauf que ce dernier n’existe pas ! Il s’agit en réalité d’un écrivain fictif créé par Frédéric Pagès, un journaliste du Canard enchaîné. Bernard Henri-Lévy a reconnu son erreur et préfère en rire.

- Au Parti socialiste, le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, sonne la charge contre la hiérarchie du parti alors que tous les sondages le donnent gagnant avant les élections régionales de mars prochain. En « tournée » à Paris, il a taclé Martine Aubry, « l’élue de la fraude ».

- Le Téléthon a attaqué Pierre Bergé en justice jeudi pour diffamation. L’homme d’affaires avait déclaré en novembre 2009 que le Téléthon « parasite » la générosité des Français et qu’il spécule dans l’immobilier grâce aux fonds récoltés. Il a rajouté une couche en janvier dans L’Express en affirmant que « quelqu’un qui croit donner un euro au Téléthon donne, en réalité, un euro aux banques ! »


Dans le monde…

- Le médecin de Michael Jackson, Conrad Murray, a été inculpé lundi d’homicide involontaire. Le rapport d’autopsie, dévoilé mercredi, est accablant pour le praticien, qui aurait violé toutes les procédures médicales au cours des heures précédant la mort du « roi de la pop ».





Pour ceux qui le souhaitent, possibilité de recevoir les “Rattrapages de l’actu” par mail. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article en renseignant votre adresse e-mail (qui ne sera pas publiée) en vous disant intéressé(e) !

Je suis absolument certain qu’il y aura un accord solide sur le climat d’ici à deux ans“. Cette phrase est de Jacques Weber, anthropologue, économiste et directeur de recherche au Cirad. Il était reçu mercredi 10 février au CFJ dans le cadre du séminaire “Ecologie – Développement durable” que je suis cette semaine.


Changement climatique

Jacques Weber s’inscrit donc à rebrousse-poil de tous les discours que nous avons pu entendre après la conférence sur le climat de Copenhague, qui a eu lieu du 7 au 18 décembre 2009. Aux termes “échec” et “déception“, qui ont été les plus présents dans les médias à l’annonce de l’accord minimal trouvé entre tous les Etats participants (on aurait “perdu deux ans de négociations”, disait le 19 décembre l’envoyé spécial du Monde à Copenhague), l’anthropologue et économiste oppose celui d’ “optimisme“.


Plusieurs aspects positifs seraient selon lui à retenir de la conférence :


- le fait que tout le monde se soit mis autour d’une table pour discuter de ce sujet


- un objectif minimal commun a malgré tout été adopté (la hausse de température ne doit pas excéder +2 °C).

- surtout, les désaccords sont maintenant clairement cartographiés, ce qui est une pré-condition à un accord futur. Selon Jacques Weber, la principale opposition n’a pas eu lieu entre les Etats-Unis et la Chine, mais entre cette dernière et l’Union européenne. Les Européens seraient arrivés trop sûrs d’eux et de leurs mesures à Copenhague. Ils sont restés intangibles sur la question de la diminution des émissions de CO2 comme principe de base, alors que la Chine a mis sur la table la question de l’amélioration de l’efficacité énergétique du PIB comme fondement d’un éventuel accord.

Le chercheur du Cirad a semblé très enthousiasmé par cette nouveauté. L’amélioration de l’efficacité énergétique serait une question majeur dans les enjeux du changement climatique. Pour faire simple, la question n’est pas tant la quantité de CO2 rejetée que la quantité d’énergie nécessaire pour produire une marchandise (et de manière plus générale pour faire grimper le PIB).

L’idée est peut-être bonne, mais l’étendue des divergences étalées à Copenhague me rendent beaucoup moins optimiste que Jacques Werber. Un futur accord sur le climat oui, mais aussi rapidement que dans les deux ans à venir… J’espère qu’il a raison, pour le bien de tout le monde. Mais tant d’intérêts particuliers bloquent le processus, j’ai peur qu’on ne gravisse l’escalier que centimètre par centimètre… Si mes craintes se confirment, et qu’un accord solide n’est pas trouvé dans les deux ans, alors Jacques Weber s’est dit prêt à revenir au CFJ pour s’ “auto-flageller” en avouant qu’il avait tort en février 2010.

Et vous, êtes-vous optimiste pour la suite ? Avons-nous les conditions pour un accord solide sur le climat dans les deux ans à venir ?

Les Américains n’ont pas été à la fête cette semaine. D’abord à cause de la Chine, qui a grondé après une vente d’armes des Etats-Unis à Taïwan et qui a menacé pour la première fois de représailles commerciales. Un danger pour le pays de l’oncle Sam, dont beaucoup d’entreprises sont implantées en Chine.


A Haïti, ensuite, où dix Américains membres du « Refuge pour une nouvelle vie des enfants », une association caritative chrétienne, ont été inculpés d’« enlèvement de mineurs ». Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’enlever 33 enfants. Cette affaire rappelle celle de « L’Arche de Zoé », avec l’arrestation de six Français au Tchad.


Enfin, Barack Obama n’a pas la cote en ce moment du côté des Européens, qui n’en reviennent toujours pas : le président américain a annoncé qu’il ne participera pas au traditionnel sommet Etats-Unis – Union européenne (UE) qui se tiendra à Madrid en mai. Une manière de taper du poing sur la table puisque le Traité de Lisbonne, ajoutant au président de la Commission européenne un Président et un haut-représentant international pour les affaires étrangères, a brouillé un peu plus la voix de l’UE. La phrase d’Henry Kissinger (ancien secrétaire d’Etat américain) prononcée dans les années 1970 « L’Europe, quel numéro ? » est toujours d’actualité…

Les bourses européennes ont chuté

Aucun lien a priori, mais la finance européenne a pris un coup sur la tête cette semaine. Les bourses du Vieux continent ont plongé, inquiètes de l’ampleur que prend la dette publique dans plusieurs Etats. La Grèce, qui inquiète tout le monde depuis début décembre avec ses 300 milliards d’euros de dette, a présenté un plan d’austérité à la Commission européenne. Le Portugal est également en mauvaise posture.

Tout ne roule donc pas en Europe… mais chez Toyota non plus en ce moment. Après avoir rappelé plus de 8 millions de véhicules pour un problème avec la pédale d’accélérateur (qui risque de rester enfoncée, plutôt gênant donc), le constructeur automobile japonais a enregistré plus d’une dizaine de plaintes concernant le frein de sa voiture hybride Prius.

Le Concorde, lui, ne roule et ne vole plus depuis le 25 juillet 2000, date de son crash sur un hôtel à Gonesse (Val d’Oise), faisant 113 victimes. Le procès de cette catastrophe s’est ouvert mardi devant le tribunal de Pontoise. Des responsables du Concorde et de Continental Airlines sont sur le banc des accusés. Un procès où règne un certain malaise, les victimes étant peu représentées. Bon nombre de familles ont déjà été indemnisées par Air France. La compagnie se défend d’avoir « acheté » leur silence.

Les fonctionnaires, eux, ont peur de ne plus être payés par l’Etat, car on assiste peut-être à la fin de l’emploi à vie pour les salariés de l’Etat… C’est en tout cas sur ce chemin que s’inscrit un décret qui devrait paraître le 11 février prochain. Il prévoit qu’un fonctionnaire refusant trois mutations pourra être « mis en disponibilité » et perdre ainsi son traitement. Cela pourra concerner plusieurs milliers (voire plusieurs dizaines de milliers, selon les syndicats) de personnes.

Burqa et nationalite francaise

Eric Besson a fait savoir mardi qu’il avait refusé par décret la nationalité française à un Marocain qui « imposait le port de la burqa à sa femme ». Une décision qui prend compte de la jurisprudence du Conseil d’Etat, qui avait refusé en 2008 de naturaliser une Marocaine portant la burqa.

Le voile, sujet en débat au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Le parti présente en effet une candidate voilée sur sa liste dans la région Provence Alpes Côtes d’Azur. Olivier Besancenot assure qu’une militante trotskiste peut être « féministe, laïque et voilée ».

Bisbilles entre Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie. Le ministre de l’Intérieur a d’abord annoncé vouloir aggraver les sanctions pénales contres les agresseurs de personnes âgées après le meurtre sanglant d’un couple de septuagénaires dans l’Oise. La ministre de la Justice lui a rappelé que les propositions en matière pénale sont le seul fait du ministère de la Justice ou des parlementaires. S’en est suivi un échange de courriers assez tendus qui ont rapidement « fuité » dans la presse, la bataille se déplaçant sur l’inaction à propos des hooligans dans les stades de foot.

Des supporters, notamment ceux de l’OGN Nice, sont dans le collimateur de la Ligue de football professionnel (LFP) et de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Sports. Samedi dernier à Monaco, ils s’en sont pris violemment aux supporters monégasques et aux forces de l’ordre.

)

Loin de cette violence, dimanche 31 janvier a été le théâtre de trois victoires inédites, chacune en leur genre. L’équipe de France de handball a remporté le Championnat d’Europe face aux Croates (25-21) après sa victoire aux Jeux olympiques en 2008 et aux championnats du monde en 2009, un triplé qu’aucune Nation n’avait réussi auparavant. En tennis, le Suisse Roger Federer gagne son 16ème Grand Chelem, un record, de même que l’Egypte qui a remporté sa 3ème Coupe d’Afrique des Nations consécutive face au Ghana (1-0).

Toujours en football, le mercato d’hiver (période où les recrutements sont autorisés) de football, qui s’est terminé lundi soir, aura finalement été très calme en France. Le seul « gros » transfert est à mettre à l’actif de l’Olympique lyonnais, qui a enregistré la venue du défenseur croate Dejan Lovren pour 8 millions d’euros. L’international portugais Ricardo Costa a quant à lui été prêté à Lille.

Pendant ce temps-là, au Canada, Vancouver tremble… de peur. La ville, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’hiver du 12 au 28 février, enregistre des températures anormalement douces et manque donc de neige… Résultat : l’organisation a entamé un balai incessant de camions pour acheminer de la neige sur les stations les plus basses.




EN BREF


En France…

- L’Alsace est devenue mercredi la première région à basculer définitivement dans la télévision numérique. Les émetteurs analogiques ont été éteints.

- La France a annoncé mercredi soutenir l’interdiction du commercial international de thon rouge, une espèce menacée. La position française pourrait faire basculer l’Europe, qui fera entendre sa voix lors de la prochaine Convention sur les espèces menacées (Cites) en mars prochain à Doha. Les pêcheurs ont protesté contre cette décision.

- Plus de peur que de mal, pour le moment, à Tahiti où le cyclone Oli est passé jeudi. Plus de 4 000 personnes avaient été évacuées pour éviter des vents atteignant jusqu’à 260 km/h. Les conditions difficiles ont tout de même entraîné la mort d’au moins une personne.

- 5 journalistes se sont enfermés cette semaine dans un gîte du Périgord, pour un « Huis clos sur le net ». Leur mission : utiliser exclusivement Facebook et Twitter pour s’informer, et rien d’autre. Une expérience qui fait beaucoup parler sur le net, et notamment sur Twitter…

- La France en réussite aux Grammy Awards : le DJ David Guetta et le groupe versaillais Phoenix ont respectivement remporté le prix du meilleur remix de l’année (pour le tube « When love takes over ») et celui du meilleur album de musique alternative (pour « Wolfgang Amadeus Phoenix »).

- Mort de Pierre Vaneck, comédien popularisé par la série « Les Cœurs brûlés » et la pièce de théâtre « Art ».




Dans le monde…

- Angela Merkel a autorisé son gouvernement à se procurer une liste de 1 500 noms de fraudeurs fiscaux réfugiés en Suisse, que propose un mystérieux informateur pour la coquette somme de 2,5 millions d’euros. L’annonce a provoqué un effet de panique chez des ressortissants allemands, certains se dénonçant spontanément dans l’espoir d’alléger leurs pénalités.

- La fusion nucléaire se rapproche. L’inconvénient majeur de cette source d’énergie propre et presqu’illimitée est qu’elle nécessite des températures supérieures à 100 millions de degrés Celsius. Une équipe américaine a annoncé avoir franchi la barre record de 111 millions de degrés Celsius.

- Le Monde a publié, dans son édition du 4 février 2010, des témoignages sur les méthodes de l’armée israélienne lors de l’offensive à Gaza, en janvier 2009. Rien de bien neuf après les différents rapports (de l’ONU, d’Amnesty international) mais une nouvelle accablant pour « Tsahal ».





Pour ceux qui le souhaitent, possibilité de recevoir les “Rattrapages de l’actu” par mail. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article en renseignant votre adresse e-mail (qui ne sera pas publiée) en vous disant intéressé(e) !

En quatre jours, le 25 et le 29 janvier, le Conseil d’Etat et la Commission européenne ont tous deux infligé une claque au gouvernement français à propos de la réforme de France Télévisions. Le premier a dénoncé “l’ingérence” du pouvoir dans le travail du législateur pendant le processus de suppression de la publicité sur les chaînes publiques. La seconde a retoqué la taxe de 0,9 % du chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications qui devait compenser le manque à gagner de France Télévisions…

Rapide rappel : le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy formule le vœu de supprimer la publicité sur France Télévisions (d’abord après 20h, ensuite totalement). Un projet de loi est présenté à l’Assemblé en novembre de la même année avec l’objectif avoué d’avoir terminé le débat avant le 1er janvier 2009, date à laquelle la suppression de la pub doit être effective. Sauf que l’opposition a le malheur de jouer son rôle et ralentit considérablement le processus.

Sarkozy supprime la pub

La ministre de la Culture, Christine Albanel, écrit alors au président de France Télévisions (Patrick de Carolis) pour lui demander de supprimer lui-même la publicité sur les chaînes de son groupe, “conformément à l’esprit et à la lettre de la réforme législative en cours”. Ce dernier accepte, et la publicité est supprimée après 20h dès le 1er janvier 2009… alors que la loi n’a pas encore été discutée au Sénat. Elle sera finalement promulguée le 5 mars 2009.

C’est suite à l’ingérence d’Albanel, faisant fi du travail parlementaire, que les sénateurs communistes ont déposé un recours devant le Conseil d’État. Le rapporteur de ce dernier vient de leur donner raison et laisse entendre que la demande d’annulation de la suppression de la pub sur France Télévisions pourrait être acceptée !

Ajoutons à cela la décision de la Commission européenne du jeudi 29 janvier refusant la taxe sur les opérateurs de télécommunications car elle serait “incompatible avec les règles européennes” et qu’elle viendrait “frapper un secteur qui est aujourd’hui un des principaux moteurs de la croissance économique”. Alors que cela devait compenser le manque à gagner de France Télévisions, ce dernier ainsi que le ministère des Finances doivent à l’heure actuelle s’arracher les cheveux. Pour bien enfoncer le clou, la Commission va ouvrir une procédure officielle d’infraction contre la France, qui pourrait conduire celle-ci devant la Cour européenne de justice.

La télé publique manipulée

Si cela n’était pas aussi sérieux car de nombreux emplois sont en jeu (et accessoirement, une certaine idée de la démocratie), on rigolerait de tout ça. Mais cette affaire est selon moi un nouvel exemple des ratages du rythme législatif effréné imposé par Nicolas Sarkozy. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent aujourd’hui pour appeler à ralentir ce rythme car les textes votés au Parlement sont de plus en plus bâclés, inapplicables… et s’exposent à des sanctions comme celles de l’affaire France Télévisions. La précipitation voulue par le président de la République pousse ses propres ministres à s’affranchir des règles démocratiques tant que la volonté du chef de l’État est respectée. Heureusement qu’il y a encore des institutions indépendantes en France…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Le gouvernement a-t-il eu raison de précéder le vote de la loi, qui allait de toute façon très probablement conduire au même résultat ?