Des « Rattrapages de l’actu » un peu plus longs en raison de mon absence de la semaine dernière. Vous trouverez donc un résume de l’actualité des deux dernières semaines. Bonne lecture !



On manifestait dans les rues de France, cette semaine, avec un dénominateur commun : plus de moyens. Qu’il s’agisse du monde judiciaire, de la petite enfance et des enseignants des collèges et lycées, tous protestaient contre les réformes en cours. Nicolas Sarkozy a justement annoncé cette semaine une pause dans ses réformes… en 2011. Peut-être un moyen d’adoucir l’électorat à quelques jours des élections régionales où l’on prévoit une large victoire de la gauche

L’échéance électorale n’empêche pas de parler Gérard Longuet. Le patron des sénateurs UMP a déclenché une polémique en déclarant que Malek Boutih (PS) n’était « pas le bon personnage » pour présider la Halde car il faudrait quelqu’un « issu du corps français traditionnel ». Si Yazid Sabeg, commissaire à la diversité a pris la défense de Longuet, Eric Besson s’est dit « en complet désaccord » et la droite a pris ses distances.

La tempête Xynthia est maintenant elle aussi à distance mais aura laissé beaucoup de traces derrière elle (photos), notamment en Vendée où tout particulièrement deux communes (L’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-mer) ont été presque totalement inondées par la mer. Au total, plus de 50 personnes ont été tuées, principalement noyées par la montée soudaine des eaux. Dans les jours qui ont suivi, une polémique a éclaté sur l’urbanisation galopante des côtes vendéennes.


Retour sur la tempête Xynthia
envoyé par BFM. – L’info internationale vidéo.

Vent debout, Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des prisons, l’est contre la situation dans les nouvelles prisons, à lesquelles il a consacré une partie de son rapport annuel rendu mercredi. Censées être les « prisons de demain, moderne et dignes » (Rachida Dati), la sécurité a pris le pas sur le reste et l’on arrive à des établissements « déshumanisés ».

Déshumanisés, comme la politique d’immigration, peut-être. Lors de la journée internationale des femmes, le 8 mars, nombre de cortèges ont défendu la cause de Najlae Lhimer. En février, cette jeune Marocaine, scolarisée dans un lycée d’Olivet (Loiret), avait porté plainte contre son frère qui la battait… et placée en garde à vue puis expulsée dans la foulée faute de papiers français. Cette semaine, Nicolas Sarkozy l’a autorisé à revenir en France, ce qu’elle a fait dès ce matin.

Agathe Habyarimana, elle, n’est peut-être plus en France pour longtemps. Le 2 mars dernier, la veuve de l’ancien président rwandais assassiné en 1994 a été arrêtée dans l’Essonne puis placée sous contrôle judiciaire. Elle est accusée d’avoir participé à la préparation du génocide qui fit 800 000 morts, principalement tutsis, en 1994. Cette arrestation est intervenue cinq jours après la visite de Nicolas Sarkozy au Rwanda, où il a affirmé sa volonté de voir « tous les responsables du génocide retrouvés et punis (…) où qu’ils se trouvent ».

Un colon israélien (à droite) et un Palestinien se disputent lors d'une protestation contre les colonies illégales, à Hébron. Photo AFP

Un colon israélien (à droite) et un Palestinien se disputent lors d'une protestation contre les colonies illégales, à Hébron. Photo AFP



Israël a approuvé mardi la construction de 1 600 logements en Cisjordanie pour des colons juifs, dans un territoire occupé depuis 1967 à Jérusalem-est, ce qui a évidemment fait bondir les Palestiniens. Cette annonce est intervenue alors que le vice-président américain Joe Biden était au Proche-Orient pour relancer le processus de paixHillary Clinton a dénoncé un « signal profondément négatif ». Israël a regretté cette « annonce malheureuse »… sans pour autant renoncer à la colonisation.

Histoire de religions toujours, dans ce qu’elles peuvent engendrer de pire. Des violences interreligieuses auraient fait plusieurs centaines de morts à Jos, au centre du Nigeria. Les victimes sont principalement des femmes et des enfants chrétiens. La police nigériane a elle fourni un bilan de 109 tués.

On a malheureusement beaucoup parlé de bilan ces dernières semaines à l’occasion des tremblements de terre. Celui du 27 février au Chili a tué plus de 700 personnes au total. Le Pacifique a été en état d’alerte tsunami mais il n’y a finalement pas eu de raz-de-marée important. Plus fort que celui qui avait ravagé Haïti le 12 janvier, le séisme chilien de magnitude 8,8 sur l’échelle de Richter aurait accéléré de manière irréversible la rotation de la Terre

Lundi, c’est dans l’est de la Turquie que la terre a tremblé. Les constructions faites de pisé n’ont pas résisté longtemps, et le bilan est de 51 morts.

Jacques Audiard (réalisateur) et Tahar Rahim (acteur). Photo Sipa

Jacques Audiard (réalisateur) et Tahar Rahim (acteur). Photo Sipa



Bilan plus que positif cette fois pour « Un Prophète » après la cérémonie des Césars du samedi 27 février. Le film de Jacques Audiard a remporté neuf récompenses dont le meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario ou encore meilleur acteur.

Les récompenses sont tombées en série dernièrement puisqu’il y avait aussi les Oscars 2010, où « Démineurs » a littéralement explosé « Avatar ». Nominés 9 fois chacun, le premier a remporté six statuettes dont le meilleur film, meilleur scénario et meilleure réalisation avec Kathryn Bigelow, la première femme à recevoir cet Oscar. Le film de son ex-mari James Cameron, qui a coûté 150 fois plus, n’a lui empoché que trois statuettes, essentiellement techniques.

Aux Victoires de la Musique, samedi dernier, Benjamin Biolay a été récompensé par deux fois. Le chanteur français a remporté les trophées de chanteur et de l’album de l’année avec « La Superbe ». Olivia Ruiz a également fait un doublé avec artiste féminine et vidéoclip de l’année pour « Elle panique ».


Olivia Ruiz – Elle Panique
envoyé par Olivia-Ruiz. – Regardez la dernière sélection musicale.

Du côté des sports, les clubs français de football ont réalisé de grandes performances cette semaine. D’abord avec l’exploit de l’Olympique lyonnais, en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Les Gones ont éliminé le grand Real Madrid en faisant match nul (1-1) en Espagne, après avoir gagné 1-0 à l’aller. Une revanche après les déclarations prétentieuses des Espagnols avant le match…

Jeudi, en huitièmes de finale aller de la Ligue Europa, les Lillois ont battu Liverpool (1-0). L’Olympique de Marseille a lui arraché le match nul (1-1) chez le Benfica Lisbonne.

Le Paris Saint-Germain est loin des Coupes d’Europe mais a de toute façon d’autres préoccupations en ce moment. Ses supporters sont au cœur d’une polémique après de violents incidents qui ont éclaté en marge de PSG-OM, le 28 février (0-3). Les fans marseillais n’ayant pas fait le chemin jusqu’à Paris… les Parisiens se sont battus entre eux et ont affronté les forces de l’ordre. Un supporter a été laissé dans un état très grave après avoir été frappé. Suite à cela, le président du club Robin Leproux a suspendu jusqu’à nouvel ordre la vente de billets aux supporters parisiens pour tout déplacement.

Les supporters de l’équipe de France feront le déplacement dans quelques mois en Afrique du Sud pour la Coupe du monde, mais sont inquiets du niveau des Bleus. La France a été battue par l’Espagne (0-2) au Stade de France le 3 mars, une véritable « leçon de football » dixit Thierry Henry lui-même. Plus que le résultat, c’est les lacunes des Bleus qui inquiètent.

Il y aura aussi un France-Espagne en juillet… mais en tennis, pour une « finale avant l’heure ». L’équipe de Guy Forget s’est en effet qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe Davis en battant l’Allemagne (4-1).


Leslie Djhone (Photo Getty Images)

Leslie Djhone (Photo Getty Images)



Les athlètes français sont eux aussi en forme. Lors des championnats de France Elite en salle qui se sont déroulés à Paris Bercy fin février, ils ont enchaîné les bonnes performances. Sur 400 mètres, Leslie Djhone a ainsi pulvérisé avec 45″85 le record de France de Stéphane Diagana (46″02), vieux de 18 ans. En saut en longueur, Salim Sdiri et Kafétien Gomis ont réalisés les première et deuxième meilleures performances mondiales avec des bonds à 8,24 et 8,21 mètres.

Rien ne va plus au Stade français. Après avoir été humilié chez lui samedi 6 mars par le Stade toulousain (0-29), le club de rugby de la capitale a perdu hier à Brive (14-26). Le « SF » est désormais 8ème dans un classement dominé par Castres.




EN BREF




En France…

- De nombreux croyants affluent à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) depuis le 12 février. Une icône orthodoxe de la Vierge Marie suinterait… des larmes d’huile. Certains parlent déjà de « miracle ».

- La direction de Total a confirmé lundi la fin du raffinage à Dunkerque mais a garanti le maintien des 370 emplois du site à travers une reconversion industrielle. Les syndicats ont rejeté cette solution et promettent une nouvelle grève.

- Depuis le 1er mars, tout citoyen peut saisir le Conseil constitutionnel à l’occasion d’un procès pour abroger une loi. Un fonctionnement qui ressemble à celui de la Cour suprême aux Etats-Unis. Toutefois, des garde-fous sont prévus pour éviter les abus : un premier filtre est assuré par la justice, qui ne gardera que certaines affaires –qui doivent concerner les droits fondamentaux du plaignant- selon leur « caractère sérieux » ou leur « nouveauté ».

- Cette semaine s’est déroulé à Saint-Omer le procès de Philippe Cousin. Cet ancien cadre de La Poste a été condamné à 18 ans de prison ferme pour avoir décapité au couteau sa femme qui se refusait à lui depuis plus de vingt ans alors que lui voulait avoir des enfants.

- L’un des présentateurs emblématiques du JT de TF1 (1975-1981), Roger Gicquel, est mort le 6 mars dernier d’un infarctus, à 77 ans. Il était notamment connu pour une ouverture du journal en 1976 : « La France a peur. ».




Dans le monde…

- En grave difficulté financière, la Grèce a annoncé des mesures de stricte austérité : réduction des primes aux salariés, gel général des retraites, augmentation de deux points de la TVA… Si l’Union européenne a salué ce plan, la population grecque a largement manifesté son mécontentement, avec notamment de nombreuses grèves et des affrontements avec la police.

- Malgré les attentats, les Irakiens ont été nombreux à aller voter dimanche dernier pour élire leurs 325 députés.





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Alors que l’Olympique lyonnais masculin était parti réaliser son exploit en se qualifiant pour les quarts de finale de la Ligue des champions aux dépens du Real Madrid, l’OL féminin disputait lui aussi un match européen. Les filles de Farid Benstiti se sont imposées 3-0 au stade de Gerland face aux Italiennes de Torres, en quart de finale aller de la Ligue des champions féminine.

Une victoire qui, comme toutes les autres, passe complètement inaperçue. L’occasion de se pencher un peu sur le football féminin, sur lequel j’ai réalisé une enquête au mois de décembre 2009, initialement publiée dans L’Ecornifleur, le journal de Sciences Po Lyon.



En France, quand on pense au football, c’est Zinédine Zidane, Thierry Henry… uniquement des hommes. Les femmes ont du mal à exister dans ce milieu très masculin. Malgré des progrès, le football féminin français accuse un retard conséquent face à certains de ses voisins.

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Première journée de championnat de France, l’Olympique lyonnais gagne 6-0 sous les yeux de… 200 spectateurs. À peine. Cette situation est inimaginable pour les joueurs de Ligue 1. C’est pourtant ce qui arrive à chaque match aux joueuses de l’OL féminin, pourtant en Division 1.

Le football féminin ne bénéficie pas encore de l’aura de son homologue masculin, premier sport de France avec 2 000 000 de pratiquants. Avec 60 000 licenciées, la France est loin derrière des pays comme l’Allemagne (1 000 000 de joueuses), l’Angleterre (130 000) ou encore la Norvège (107 000). En France, le football serait un « bastion fermé » réservé aux hommes, selon Catherine Tracol, présidente de la commission féminine de la Ligue Rhône-Alpes. « Il y a une forte influence des habitudes latines, notamment des inclinaisons machistes, concernant la place de la femme dans la société. » Un constat confirmé par le nombre de licenciées dans les autres pays latins : 22 000 en Italie, 16 000 en Espagne et… 1 200 au Portugal.


Le foot, « créé par et pour les hommes »

Le bilan français n’est pas contesté par Elisabeth Bougeard, chef de projet sur le développement du football féminin au sein de la Fédération française. « Il y a encore des relents de machisme, mais il sévit de moins en moins. Il ne faut pas oublier que le football a d’abord été conçu par et pour les hommes. Mais les filles trouvent une place : on est passé de 15 000 à 60 000 joueuses en une quinzaine d’années. »

Trouver une place où jouer est une mission encore difficile pour les filles intéressées par le ballon rond. « J’ai commencé le football à 8 ans et ça a été la galère pour trouver un club, témoigne Alix Chosson, 22 ans, étudiante en master à Sciences Po Bordeaux. J’ai souffert de recevoir comme unique réponse : ‘on ne prend pas les filles’. J’ai fini par être acceptée à Aussonne, à côté de Toulouse, et j’ai été bien intégrée, même si j’étais seule parmi les mecs. » D’autres n’ont pas eu cette chance, comme Florence Baro, 22 ans, étudiante en droit du sport à l’université Aix-Marseille III. « Quand j’étais à l’école primaire à Joigny, dans l’Yonne, j’ai cherché un club dans le département, en vain. Même à Auxerre ! (où réside un club professionnel masculin) Je n’ai finalement joué dans un club qu’en 2007-2008, pendant une année à l’étranger, au Danemark. Là-bas, il y a des installations de fous, et une réelle différence de traitement. »


Des mentalités qui évoluent difficilement

Cette différence de traitement est « culturelle », selon la plupart des interlocuteurs. Et dans ce domaine, les mentalités lourdement ancrées évoluent difficilement. « Il y a encore des freins, dans le milieu du football comme du côté des parents, explique Sébastien Duret, webmaster du site footofeminin.fr. Dans les esprits, cela reste un sport de garçon. »

Il est vrai que dès que l’on parle de football féminin, la comparaison avec son homologue masculin ne tarde pas : « le jeu est plus lent », « c’est moins physique », autant d’arguments qui reviennent régulièrement. Les connaisseurs, comme Jean-Michel Aulas, président de l’OL, rétorquent que « le jeu est plus délié, tactique et technique ». Mais faire cette comparaison, c’est déjà rentrer dans une logique de supériorité et d’infériorité. « On ne devrait pas comparer footballs masculin et féminin, ce sont deux jeux complètement différents », assure Ingvild Stensland, joueuse norvégienne de Lyon. « Il y a une différence de morphologie qui est présente dans tous les sports, c’est inévitable », explique Florence Baro. « Voilà quelques années, le tennis féminin subissait lui aussi ces reproches, indique quant à elle Marie-Christine Terroni, présidente du club féminin de Juvisy, dans l’Essonne, qui évolue en Division 1. Il est aujourd’hui très populaire, alors que le jeu reste différent. »

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Comment rendre le football féminin plus populaire ? Bon nombre d’acteurs soulignent le rôle des médias, qui pour l’instant se font très peu l’écho de la discipline. Exemple symptomatique : lors de l’Euro féminin qui s’est déroulé à l’été 2009 en Finlande, 43 journalistes allemands étaient accrédités, quand il y avait… zéro Français. « L’équipe de France est certes retransmise, auparavant sur Canal+, désormais sur Direct8, mais cela reste des chaînes encore trop confidentielles », regrette Catherine Tracol.

Sur Internet, seuls deux sites permettent de suivre l’actualité du football féminin français : celui de la FFF et Footofeminin.fr. Ce dernier est totalement bénévole, avec une seule personne pour gérer la mise en ligne. « J’y passe 20 à 30 heures par semaine, explique Sébastien Duret, le webmaster. Des journalistes avaient essayé de tenir un site d’information sur le football féminin, il y a quelques années. Mais ils se sont vite rendus compte qu’ils ne pourraient pas gagner leur vie avec ! »


Des audiences confidentielles

Pour les médias, l’explication de cette quasi-absence est très simple : « C’est encore un sport en devenir, qui n’est pas assez réputé et sans lisibilité, selon Christophe Bureau, journaliste à Eurosport. Les audiences ne sont pas exceptionnelles, il n’y a pas photo face à un match de football masculin, même de Ligue 2. » L’audience, ou les ventes pour la presse écrite, voilà ce qui déterminerait le contenu. « Les médias n’ont pas comme vision de promouvoir un sport, ils ne prennent pas de risques », constate Sébastien Duret. Car si prise de risque il y a, les retombées doivent être significatives, ce qui n’est pas – encore ? – le cas pour le football féminin. « Sans médias, pas de partenaire, et donc pas d’argent pour les clubs », résume Aline Riera, consultante pour Canal Plus. Le cercle vicieux est depuis longtemps enclenché.

Une façon de sortir de l’impasse peut être l’impulsion des clubs professionnels masculins. L’OL a ainsi massivement investi dans
le football féminin ces dernières années, tout en lui garantissant une certaine autonomie. Si Jean-Michel Aulas est le PDG du groupe OL, Paul Piemontese est président de l’OL féminin, ex-FC Lyon, intégré à l’OL en 2004. « C’était dans la ligne des choses, et également une demande de la municipalité en raisons des difficultés financières du FC Lyon », explique Jean-Michel Aulas. D’autres clubs professionnels, comme le Toulouse FC, le Montpellier HSC ou encore le Paris Saint-
Germain
empruntent la même voie. Le PSG a d’ailleurs organisé, pour la première fois, un match de Division 1 féminine au Parc des Princes, le 18 octobre dernier, rassemblant alors plus de 5 800 spectateurs. Mais de nombreux acteurs de ce sport regrettent que ces matches ne constituent pas des levers de rideaux avant un match de Ligue 1, ce qui permettrait d’avoir beaucoup plus de spectateurs. « Peut-être ont-ils peur qu’on abîme le terrain ? », ironise Marie-Christine Terroni. Son club, Juvisy, est le plus titré de France, mais souffre de la rude concurrence imposée par les clubs professionnels. « Je suis une présidente bénévole, notre budget est de 215 000 euros par an quand celui du PSG ou de l’OL est largement supérieur. Pour nous, il n’y a pas de clubs professionnels à proximité, donc pour l’instant c’est SOS on se débrouille tout seuls ! »


Comment briser le cercle vicieux ?

Deux visions s’affrontent pour enclencher un début de médiatisation, qui donnerait une bouffée d’air frais bienvenue au football féminin français. Pour certains, c’est par le haut, et notamment un bon résultat de l’équipe de France, que la machine pourrait être lancée. « Ce fut le cas pour le handball, qui a été un des premiers sports collectifs féminins français à être médiatisé après, notamment, une finale courageuse avec une médiatisation énorme (aux championnats du monde 1999) », explique Catherine Tracol. La présidente de la commission féminine de la Ligue Rhône-Alpes s’est beaucoup impliquée dans l’organisation du match France-Islande (2-0) du 24 octobre au stade de Gerland à Lyon. Elle a également été parmi les instigateurs du match France-Angleterre (1-0) de novembre 2002 qui a réuni 23 000 personnes à Saint-Étienne, une première. Les Françaises aimeraient suivre l’exemple de la Suède, où il y a eu un « boom après notre 2e place à la Coupe du Monde 2003 », raconte Lotta Schelin, joueuse suédoise évoluant sous les couleurs de Lyon depuis août 2008.

Pour d’autres, en revanche, c’est en favorisant la pratique par les jeunes filles que l’on développera la popularité du sport. « Il faut plus d’animations, de découvertes du football féminin sous l’angle du plaisir », affirment Florence Baro et Alix Chosson. Une tendance que semble adopter la Fédération. « Avant, nous nous focalisions sur l’équipe de France et la Division 1 », explique Elisabeth Bougeard. L’aboutissement de cette politique a été la création, en 2009, d’un statut fédéral semi-professionnel des joueuses de haut niveau, une vraie reconnaissance. « Mais, maintenant, nous tâchons de faire la part belle aux enfants, en développant l’école de foot au féminin. » Si cette stratégie parvient à atteindre son but, peut-être les années à venir verront-elles l’éclosion d’un sport trop longtemps oublié, et qui créera « une légende », comme le souhaite Paul Piemontese. Pour que le football se conjugue définitivement au féminin aussi bien qu’au masculin.

Texte et photos : Alexandre Pouchard

Les militants et élus de l’UMP ont dû faire le dos rond cette semaine. D’abord du côté de l’Ile-de-France où le maire UMP de Franconville (Val-d’Oise), Francis Delattre, a qualifié la semaine dernière Ali Soumaré (la tête de liste PS dans le Val-d’Oise) de « délinquant multirécidiviste chevronné », présentant un extrait de casier judiciaire où apparaissent plusieurs condamnations, dont deux avec de la prison ferme. Sauf que : si Ali Soumaré a reconnu certaines « erreurs de jeunesse », la procureur de Pontoise a annoncé que certaines affaires concernaient un homonyme, ce qui a conduit Valérie Pécresse à condamner l’initiative de Francis Delattre. Ce dernier a présenté ses excuses pour l’erreur d’homonymie mais le feu n’est pas éteint : l’affaire sème le trouble à l’UMP et certains se demandent comment Francis Delattre est parvenu à avoir ces informations


Nicolas Sarkozy n’a pas abandonné son idée d’ouverture : il a nommé cette semaine deux socialistes à deux postes prestigieux. Tout d’abord, le député socialiste Didier Migaud qui va prendre la présidence de la Cour des comptes après le décès de Philippe Séguin. Il a aussitôt annoncé son retrait de la politique pour garder « neutralité » et « impartialité ». Puis le sénateur socialiste Michel Charasse, nommé au Conseil constitutionnel. Ces nominations ont fait grincer des dents à l’UMP


Sarkozy au Rwanda


Le président de la République était mercredi au Rwanda pour une visite historique, puisque c’était la première d’un chef d’Etat français depuis celle de Mitterrand en 1984, et surtout depuis le génocide de 1994. Sans présenter d’excuses, Nicolas Sarkozy a reconnu les « graves erreurs » de la France au Rwanda. Au cœur du contentieux diplomatique entre les deux pays figure l’attentat du 6 avril 1994 qui avait tué le président rwandais Juvénal Habyarimana.


Avant de se rendre au Rwanda, Nicolas Sarkozy a fait une escale au Mali où l’otage français Pierre Camatte retenu depuis le 26 novembre 2009 par Al-Qaida a été libéré mardi. Il a décrit son « épouvantable » détention et ses ravisseurs comme des « fanatiques ». Cette libération aurait été permise par le relâchement de quatre prisonniers islamistes. Et il semblerait que Pierre Camatte n’ait pas été un otage comme les autres, puisqu’il serait, selon Bakchich, un agent du renseignement français.


Otage du tabac, esclave sexuel, même combat ? La campagne de communication de l’association « Droits des non-fumeurs » (DNF) a réussi son objectif : elle a fait parler d’elle. En cause, les affiches qui font un parallèle direct entre dépendance du tabac et esclavage du sexe. La polémique a été telle que DNF a stoppé sa communication. Comme le dit France Info, « La campagne contre la clope casse sa pipe ». Le spot vidéo réalisé par Yvan Attal est, lui, nettement plus percutant :


Yvan Attal pour DNF et BDDP & Fils
envoyé par BDDPetFils. – L’info video en direct.

Le « Chatroulette », lui, ne fait pas un tabac auprès de tout le monde non plus. L’association e-Enfance a mis en garde contre les dérives pornographiques de ce site où les utilisateurs se retrouvent connectés en « face à face » via leur webcam avec quelqu’un dans le monde, choisi de manière aléatoire. Nadine Morano en a profité pour demander à l’ONU de « réguler Internet ».


Alors que les Etats-Unis viennent de perdre leur 1 000ème soldat en Afghanistan, les forces de l’Otan en bavent face aux talibans… et commettent des bavures. Dernière en date : un raid aérien destiné à « éliminer » des insurgés qui a finalement tué 27 civils.


Côté sports, si le ski alpin et le patinage artistique ne réussissent pas aux Français lors des JO de Vancouver, heureusement que le biathlon est là, avec 6 médailles sur 10 ! Cette semaine, la discipline a apporté deux nouvelles médailles d’argent grâce à Martin Fourcade et au relais 4×6 km femmes. La délégation française a d’ores-et-déjà dépassé sa performance de Turin (9 médailles), et est proche d’égaler le record de Salt Lake City (11 médailles) !


Canada_hockey

Le Canada, pays organisateur, est lui à fond derrière son équipe de hockey sur glace (le sport national là-bas), alors que l’objectif initial d’être 1ers au tableau des médailles a d’ores-et-déjà été abandonné. L’équipe à la feuille d’érable affrontera les Etats-Unis en finale du tournoi.


Le XV de France est en marche vers le Grand Chelem dans le Tournoi des 6 Nations de rugby. Les Tricolores ont battu hier le Pays de Galles (26-20) au Millenium Stadium de Cardiff. Ils rencontreront l’Italie dimanche 14 mars au Stade de France.

Les Coupes d’Europe de football ont encore réussi aux clubs français cette semaine. En Ligue des Champions, les Girondins de Bordeaux se sont imposés (1-0) chez le club grec Olympiakos, en huitième de finale aller. En Ligue Europa, l’Olympique de Marseille et Lille se sont qualifiés pour les huitièmes de finale aux dépens respectivement de Copenhague (3-1) et Fenerbahçe (1-1). Les Lillois iront défier Liverpool, alors que les Marseillais affronteront les Portugais de Benfica.




EN BREF


En France…

- Plus de peur que de mal pour les automobilistes français : ils peuvent finalement faire le plein de carburant sans craintes. Certains s’étaient rués sur les stations-services (parfois en pénurie) alors que la grève dans les raffineries Total continuait. Nicolas Sarkozy s’est mêlé du conflit en recevant mardi à l’Elysée Christophe de Margerie, le patron du groupe. Peu à peu, les raffineries ont repris la production.




Dans le monde…

- Deux puissants séismes ont eu lieu dans le Pacifique dans la nuit de vendredi à samedi, au Japon d’abord, au Chili quelques heures plus tard (faisant au moins 78 morts). Ce dernier aurait déclenché un tsunami, le Pacifique est actuellement en état d’alerte.


- Des pluies diluviennes ont entraîné de graves inondations le week-end dernier à Madère (île portugaise dans l’Océan atlantique). La catastrophe a fait au moins 43 morts et une centaine de blessés. Le bétonnage de l’île pour accueillir les touristes aurait favorisé l’inondation.


- Un acte de malveillance serait à l’origine de la marée noire sur le fleuve Pô, en Italie. Les quelque 5 000 tonnes de pétrole déversés ont entraîné une catastrophe écologique sans précédent. Des vannes d’un dépôt d’hydrocarbures près de Monza auraient été ouvertes intentionnellement.


- L’Ours d’or de la 60ème Berlinale a récompensé le film turc « Miel », de Semih Kaplanoglu. Roman Polanski, absent lors de la remise des prix, a reçu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur pour « Ghost Writer ».




Note : en raison d’un séjour à l’étranger la semaine prochaine, je ne serai pas en mesure de vous présenter les Rattrapages de l’actu du 6 mars. Merci de votre compréhension, rendez-vous le 13 mars !




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Le service de location de véhicules pour une courte durée connaît en France un retard important de développement face à certains pays voisins. La faute à l’Histoire, à la relation viscérale avec l’automobile ou encore à un manque de communication. Malgré tous ces freins, ce mode de déplacement écologique et économique pourrait prendre une place réelle dans les choix de transports urbains.

Un retard à l’allumage. Voilà ce que traîne comme un boulet l’autopartage français –un comble pour des acteurs du secteur automobile. Cela fait plus de vingt ans que l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas, souvent cités en modèle, ont lancé des services de location courte durée, alors que la France a connu son précurseur avec « Caisse commune » à Paris en 1999.

Aujourd’hui, nos voisins européens, Allemagne et Suisse en tête, ont dépassé les 70 000 utilisateurs chacun, quand la France atteint péniblement la barre des 15 000 pour dix-sept sociétés (voir carte ci-dessous). « L’autopartage reste complètement marginal, confirme Vincent Dupray, directeur développement du département Automobile à TNS Sofres. En 2008, seuls 0,14 % des Français y ont eu recours. »


Afficher 17 sociétés pour 15 000 “autopartageurs” en France sur une carte plus grande

Le système a pourtant beaucoup d’atouts à faire valoir auprès de ses utilisateurs. Si les non-clients évoquent souvent « le prix prohibitif » du service, c’est en raison de la « méconnaissance du coût de la voiture », selon Sébastien Rabuel, président de l’association La Voiture Autrement. L’aspect économique de l’autopartage est ainsi mis en avant par les différents acteurs. « Une voiture de type citadine coûte en moyenne 4 500 euros par an, en comptant le carburant, l’entretien, l’assurance, le parking et la dépréciation de son prix, explique Nicolas Guenro, directeur d’Autocool (Bordeaux). Avec l’automobile partagée, ce coût est divisé par deux ! » « En-dessous de 10 000 kilomètres par an, l’autopartage est nettement plus avantageux », assure François Gindre, directeur de Lyon Parc Auto, la société qui gère Autolib’ à Lyon. Un chiffre également cité par ses confrères.

Le côté pratique de l’autopartage joue également, les adhérents n’ayant pas à se soucier de l’entretien et du stationnement. Un  avantage certain pour les citadins, à qui le service est essentiellement destiné. En effet, les zones rurales et périurbaines sont trop peu denses et géographiquement éclatées pour que le service puisse s’installer.

Mais pourquoi l’autopartage ne décolle-t-il pas dans les grandes villes ? L’argument du retard au démarrage est valable, mais n’est pas l’unique raison. « On ne perd jamais une occasion de railler les Etats-Unis pour leur dépendance à la voiture, mais ils ont davantage développé l’autopartage », glisse Nicolas Guenro. Outre-Atlantique, la société d’autopartage Zipcar a été créée en 2000… et compte maintenant plus de 325 000 utilisateurs.


Communication

Un des critères de bon développement de l’autopartage est un réseau de transports publics dense et efficace. Et dans ce domaine, la France a longtemps eu un retard important. « Nous payons aujourd’hui les choix d’urbanisme d’avant : on reconstruit le tramway après l’avoir démoli dans les années 50, ce que n’ont pas fait l’Allemagne et la Suisse, constate Jean-Baptiste Schmider, directeur d’Auto’trement (Strasbourg) et gérant du réseau France AutoPartage, qui regroupe dix sociétés. Aujourd’hui en Suisse, 30 % des gens font leur trajet domicile-travail en transports en commun. Cela facilite le passage à l’autopartage. » Ce dernier « est complémentaire des autres modes de déplacement, explique Robert Clavel, chargé de projet sur les transports innovants au Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu). L’autopartage est un des modes de transport alternatifs qui vont jouer un rôle, avec le vélo et le covoiturage. »

L'Autopartage, vu par Cled'12

L'Autopartage, vu par Cled'12



Reste que malgré des efforts unanimement reconnus en matière de transports publics, le passage à l’automobile partagée est difficile en France. Les mentalités sont, entres autres, pointées du doigt. « Il faut changer les comportements, explique Olivier Debroissia, gérant de Modulauto (Montpellier et Nîmes). C’est un processus lent. » La faute à un attachement viscéral à la possession de « sa » voiture. Résultat : 83 % des foyers français ont au moins un véhicule, selon TNS Sofres. « Le rapport à l’automobile individuelle est encore très fort, souligne Robert Clavel. C’est la poursuite de l’espace personnel. »

Pour d’autres, la conversion à l’autopartage peut aussi être moins une question de culture de l’automobile qu’un problème de communication. « Le concept est encore trop mal connu, regrette François Gindre, de LPA à Lyon. Il y a encore une confusion avec le covoiturage (voir encadré ci-dessous). » Les structures proposant de l’autopartage en France sont encore trop petites pour déployer d’importants budgets de communication. « Nous comptons beaucoup sur le bouche à oreille, le web et les médias », témoigne Martin Lesage, directeur général d’Alpes Autopartage (Grenoble et Chambéry). Pour preuve l’explosion des visites sur les sites Internet des structures après la diffusion d’un reportage sur l’autopartage dans « Capital », le 17 janvier dernier sur M6.


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Les acteurs de l’automobile partagée fondent beaucoup d’espoir sur le soutien de leurs collectivités, avec des fortunes diverses. « Pour l’instant, nous sommes déçus car on nous promettait plus, déplore Céline Soulié, directrice de Mobilib’ (Toulouse). Il y a un manque de communication et de soutien financier, même si nous sommes conscients qu’il est difficile pour une structure publique de faire de la publicité pour une société privée. Il faut plutôt promouvoir l’autopartage sans citer de nom. »

Les villes auraient pourtant beaucoup à gagner au développement de l’autopartage : les études montrent qu’une voiture partagée remplace huit voitures en circulation et permet de gagner deux fois plus de places de stationnement. De plus, le service est rentable et s’autogère financièrement une fois lancé –hormis les frais de communication.

Malgré tous les freins, les acteurs du secteur de l’autopartage français sont optimistes pour l’avenir. « Nous sommes partis plus tard que nos voisins mais nous suivons la même courbe de progression, avec 10 ans de retard », explique Jean-Baptiste Schmider. Les mentalités françaises sur la possession automobile pourraient-elles être bouleversées ? Nous n’en sommes pas là, mais un changement est en train de s’opérer dans la vision du véhicule. « En France comme en Italie ou en Espagne, la voiture était vue comme l’affirmation de sa situation sociale,  affirme Sylvain Marty, directeur du syndicat mixte Autolib’ Paris. Mais elle est de plus en plus considérée comme un objet qui coûte cher, notamment en raison du prix du pétrole. »  Un espoir pour les opposants au « tout-voiture », dans un pays qui compte trois constructeurs automobiles.

Alexandre Pouchard




dessin_autopartage




Encadré 1 : L’autopartage, mode d’emploi

- L’autopartage est un service de location de véhicules pour une courte durée, d’une demi-heure à plusieurs jours, à l’image des locations de vélos comme Vélo’v, Vélib’. La plupart des sociétés demandent un abonnement mensuel, qui se situe généralement autour de 10 euros.

- Le principe phare de l’autopartage est que l’adhérent paye uniquement en fonction de son utilisation. La location est ainsi facturée à l’heure et au kilomètre (respectivement souvent autour de 2 et 0,30 euros). Le carburant, l’assurance et l’entretien sont à la charge de la société.

- L’utilisateur peut réserver une voiture à tout moment et accéder à toutes les stations du réseau. Grâce à un badge automatisé, il peut ouvrir et conduire le véhicule sans intermédiaires.

- Si la société d’autopartage est membre du réseau France AutoPartage*, l’adhérent peut librement réserver et utiliser un véhicule dans une autre ville du réseau.

*qui comprend les sociétés de Bordeaux, Grenoble/Chambéry, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier/Nîmes, Poitiers, Rennes, Strasbourg et Toulouse





Encadré 2 : Autolib’ Paris, ou comment le libre-service se démarque

Autolib' Paris

La mairie de Paris lancera en septembre 2011 Autolib’, son système de voitures en libre-service. Un  projet  énorme  qui  prévoit  3 000  voitures  électriques réparties dans plus de 1 000 stations dans Paris et sa proche banlieue, pour un budget initial de plus de 35 millions d’euros. A titre de comparaison, Caisse commune, aujourd’hui la première société d’autopartage de France, met à disposition 160 véhicules dans 54 stations… Mais Sylvain Marty, directeur du syndicat mixte d’Autolib’, admet qu’« Autolib’ n’est pas complètement de l’autopartage car l’utilisateur ne ramènera pas le véhicule au point de départ. »

Ce point fait l’unanimité… contre lui, chez les élus Verts de Paris comme dans le petit monde de l’autopartage. « Aller d’un point A à un point B, c’est le rôle des transports en commun, juge Muriel Lapeyronnie, responsable commerciale de Marguerite à Nantes. Et s’il faut payer des camions pour rapatrier les véhicules dans certaines zones, cela promet d’être un gouffre financier ! » Autolib’ « arrive peut-être trop tôt », avance quant à lui Jean-Baptiste Schmider, directeur d’Auto’trement (Strasbourg) et gérant du réseau France AutoPartage. « Ce sera peut-être intéressant dans 15 ou 20 ans », quand les villes auront engagé de fortes politiques restrictives envers les voitures.

Sylvain Marty réfute ces critiques et assure qu’Autolib’ permettra de « diminuer le nombre de véhicules en circulation. Prenons l’exemple d’une personne qui a un rendez-vous qui se termine tard, alors qu’il n’y a plus de transports. Avec de l’autopartage, elle devra faire l’aller et le retour en voiture. Avec Autolib’, elle fera l’aller en transports en commun et reviendra en voiture. » Rendez-vous en 2012 pour un premier bilan.

Education, social, polémiques… Sale temps pour le gouvernement cette semaine. Du côté des lycées, d’abord. Cette semaine était la 3ème semaine de droit de retrait des professeurs du lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), invoqué en raison des violences répétées dans l’établissement (dont une agression le 2 février) et de l’inaction de leur ministère de tutelle face à cette situation. Un droit de retrait également invoqué au lycée Guillaume-Apollinaire de Thiais (Val-de-Marne) après une agression au cutter mercredi. Face à cette situation en déliquescence, Luc Chatel, ministre de l’Education, a promis des « Etats généraux de la sécurité à l’école »… mais considère comme une grève le droit de retrait des profs.


D’autres grèves ont également secoué le privé cette semaine. D’abord chez Ikea où les salariés demandent des augmentations de salaires. Chez Total également, où la raffinerie des Flandres à Dunkerque est menacée de fermeture. La mobilisation de ses employés fait véritablement tâche d’huile dans les autres raffineries, et la question des difficultés de réapprovisionnement du carburant commence à être posée. Chez Sanofi-Aventis, aussi, où l’on proteste contre la suppression de 3 000 postes. Il faut dire que ces deux dernières sociétés sont dans le besoin : elles sont les deux entreprises françaises qui ont fait les plus gros bénéfices en 2009


Total


Les bénéfices de son discours en Guadeloupe, eux, se font tarder pour Marie-Luce Penchard. La ministre de l’Outre-mer, en déplacement sur l’île où elle est candidate aux régionales, a déclaré ne servir « qu’une population, la guadeloupéenne ». Polémique énorme en métropole, où certains (à gauche comme à droite) réclament désormais sa démission même si elle est soutenue par l’exécutif.


L’exécutif, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, était mercredi à Haïti, un mois après le séisme du 12 janvier qui a fait au moins 200 000 morts. Il s’agissait de la toute première visite d’un chef d’Etat français dans l’ancienne colonie –une visite de 4 heures seulement. Le président de la République a annoncé un plan d’aide massif dont une enveloppe de 326 millions d’euros (comprenant l’annulation de la dette de 56 millions d’euros).


Le commandant militaire des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, a été arrêté lors d’une opération secrète des services de renseignement américains et pakistanais, a révélé mardi le New York Times. Cette « prise », considérée comme la plus importante depuis la chute du régime taliban en 2001, a été suivie par l’arrestation de deux autres chefs talibans au Pakistan, qui montre là sa volonté de coopération.


Toutankhamon


L’ADN de Toutankhamon a lui aussi coopéré : des chercheurs égyptiens ont étudié le patrimoine génétique du jeune pharaon, mort à 19 ans il y a plus de 3 000 ans. On a donc appris que son père était bien Akhenaton mais sa mère n’était pas la reine Néfertiti. Fils d’une relation incestueuse entre frère et sœur, il serait mort du paludisme et d’une maladie osseuse. Mais l’identité de sa mère est encore inconnue… quelques mystères demeurent !


Côté sports, la France a été en forme olympique à Vancouver les premiers jours… avant que cela ne retombe par la suite. Une semaine après l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, les Tricolores totalisent 7 médailles. Jason Lamy-Chappuis en combiné nordique et Vincent Jay en biathlon ont ouvert la voie dimanche dernier avec deux belles médailles d’or. Certains réussissent… d’autres pas, comme Brian Joubert qui est (encore) tombé lors du programme court de patinage artistique. Du coup, le président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet, en a profité pour glisser que Joubert « était un formidable compétiteur, il ne l’est plus ».


La « star » américaine de la descente, Lindsey Vonn, a vaincu la malédiction en s’imposant mercredi. En revanche, la discipline n’a pas réussi au ski féminin français, avec notamment une chute de Marion Rolland après… 3 mètres de course. Blessée, sa saison est terminée.



60" : Déchausser, Dézinguer, Dévier
envoyé par lemondefr. – L’info video en direct.



EN BREF


En France…


- Jean-Pierre Treiber s’est suicidé dans la nuit de vendredi à samedi. Unique accusé d’un double assassinat en 2004, il avait fait la Une des médias après son évasion en septembre dernier, avant d’être arrêté en novembre.


- Un rapport confidentiel, révélé par Le Parisien, explique comment l’armée française a utilisé ses soldats comme « cobayes » lors des premiers essais atomiques dans le Sahara au début des années 1960, en étant exposés aux radiations. Un scoop… qui n’en est en fait pas réellement un, explique Ouest-France.


- Carton plein pour les clubs français engagés dans les coupes d’Europe de football. L’Olympique lyonnais a réalisé l’exploit mardi soir en battant le Real Madrid en huitièmes de finale allers de la Ligue des champions (1-0). Le retour aura lieu le 10 mars prochain. L’Olympique de Marseille et Lille ont respectivement battu le FC Copenhague (1-3) et Fenerbahçe (2-1) en seizièmes de finale allers de la Ligue Europa.



Dans le monde…

- Deux trains de voyageurs sont entrés en collision lundi matin à Hal, près de Bruxelles. La catastrophe, une de plus meurtrières de Belgique, a fait 19 morts et 125 blessés. Peut-être causée par le non respect d’un feu rouge, elle relance le débat sur la sécurité des trains dans le « plat pays ».


- Benoît XVI a reçu en début de semaine les évêques irlandais après les scandales qui ont agité l’Irlande ces derniers mois. Le pape a condamné très clairement la pédophilie, dénonçant un « crime atroce ».


- Malgré les protestations de la Chine, Barack Obama a reçu jeudi le dalaï-lama à la Maison blanche et lui a exprimé son soutien.


- Coup d’Etat au Niger : les militaires ont arrêté jeudi le président Mamadou Tandja et suspendu la Constitution. Ils promettent de rétablir la démocratie prochainement


- Pas de coup d’Etat au Pays-Bas, mais une démission du gouvernement. Le Premier ministre et son vice-Premier ministre s’affrontaient sur la question de retirer ou non les troupes hollandaises d’Afghanistan.

- Au moins 40 personnes sont mortes vendredi dans l’effondrement d’un minaret au Maroc.


- Avis de tempête sur le Mossad : les services secrets israéliens sont fortement soupçonnés d’avoir assassiné un cadre du Hamas en janvier à Dubaï. Pour cela, ils auraient utilisé des faux passeports britanniques, français, irlandais et allemands de citoyens israéliens à double nationalité… Les différents pays concernés ont officiellement convoqué les ambassadeurs d’Israël pour des explications.






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Vous avez dit « débat sur l’identité nationale » ? François Fillon a convoqué lundi son gouvernement pour un « séminaire d’étape » censé faire émerger des idées concrètes sur ce sujet, débattu depuis trois mois. L’étape s’est muée en arrêt net du débat, le Premier ministre décidant la fin des réunions publiques qui avaient lieu dans les préfectures. Il a présenté 14 propositions (que beaucoup appellent des « mesurettes »), allant du « carnet du jeune citoyen » au drapeau tricolore sur chaque fronton d’école.

Une constante de cette « identité nationale française » pourrait être… la sécurité. Un sujet sur lequel les hommes et femmes politiques sont prolixes, car les électeurs y seraient très attentifs. Du coup, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a joué gros lorsqu’il présenté mardi son projet de loi sur la sécurité intérieure (la Loppsiun sigle que les députés eux-mêmes ont du mal à décrypter). Le texte prévoit notamment de renforcer les sanctions contre les mineurs délinquants, avec un couvre-feu qui pourra être imposé à tout jeune de moins de 13 ans (une mesure déjà testée par Christian Estrosi à Nice depuis le 4 décembre).

Quotas de garde à vue

En attendant la nouvelle loi sécuritaire, la police fait du zèle. En plein débat sur le nombre important de gardes à vue, trois adolescentes de 14 ans ont été emmenées, menottées et retenues pendant huit heures pour… une bagarre dans son collège. Une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale des services (IGS), la « police des polices ».

La Cour des Comptes, elle, fait office de police budgétaire de l’Etat. Et il y en a grand besoin… Dans son rapport annuel rendu public mardi, elle dénonce de nombreuses irrégularités dans le fonctionnement des services publics. Elle déplore ainsi des inégalités dans les contrôles fiscaux. Moins surprenant, l’institution que présidait Philippe Séguin avant sa mort s’inquiète également des proportions que prend la dette en France.

Les finances publiques de la Grèce, mal en point, inquiètent elles aussi toujours autant l’Union européenne. C’est pourquoi l’Europe a accepté jeudi la possibilité de lui venir en aide… mais seulement s’il fait davantage d’efforts au niveau budgétaire. Le Premier ministre grec a regretté le manque d’un engagement fort et les dissensions au sein de l’UE.

Crise financière en Grèce

Cette même UE peut voir l’élection de Victor Ianoukovitch comme président de l’Ukraine comme une perte d’influence. Ouvertement pro-russe, il a remporté dimanche l’élection présidentielle avec 48,35 % des voix, contre 46,02 % pour sa rivale Ioulia Timochenko. Les observateurs internationaux ont salué un scrutin « transparent et honnête », loin des fraudes qui avaient entraîné la « Révolution orange » en 2004.

La « Révolution verte », elle, n’a pas eu lieu en Iran. Alors que le pouvoir exécute les opposants politiques, le président Mahmoud Ahmadinejad s’est permis d’adresser un nouveau pied-de-nez aux Occidentaux dimanche dernier en ordonnant le démarrage de la production d’uranium enrichi, qui constitue une nouvelle étape vers la fabrication d’armes nucléaires. Cette décision a même été officialisée auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lundi. La France et les Etats-Unis ont annoncé travailler à de nouvelles sanctions contre l’Iran.

France et Etats-Unis collaborent également dans l’opération Mushtarak (« Ensemble »), une grande offensive lancée aujourd’hui contre les talibans dans le sud de l’Afghanistan. Mobilisant 15 000 soldats, l’opération est décrite comme la plus massive depuis le début de la guerre en 2001.

Bien que très montagneux, l’Afghanistan n’est pas représentée aux Jeux olympiques d’hiver, XXIe édition, qui se sont ouverts vendredi à Vancouver, au Canada. Les athlètes provenant de 82 pays vont s’affronter jusqu’au 28 février. Des JO déjà endeuillés en raison de la mort vendredi de Nodar Kumaritashvili, un lugeur géorgien de 21 ans, lors d’un entraînement.

Nodar Kumaritashvili, lugeur géorgien de 21 ans décédé à Vancouver

En rugby, le XV de France a bien commencé son Tournoi des 6 Nations dimanche dernier, en allant s’imposer en Ecosse sur le score de 18 à 9. Et les tricolores ont remis ça aujourd’hui en battant le tenant du titre irlandais au Stade de France (33-10).

L’équipe de France de football, elle, a été relativement épargnée par le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro, qui aura lieu en Ukraine et en Pologne en 2012. Les Bleus affronteront la Roumanie (qu’ils avaient déjà croisé pendant les qualifications pour le Mondial 2010), la Bosnie-Herzégovine, la Biélorussie, l’Albanie et le Luxembourg.

Toujours en football, les Girondins de Bordeaux ont attrapé un sérieux rhume. Bien qu’ils sont toujours leaders de la Ligue 1, les joueurs de Laurent Blanc ont nettement marqué le pas dernièrement. Largement battus à Rennes samedi dernier (4-2) après avoir été accrochés à domicile par… Boulogne-sur-mer (0-0) le 30 janvier, les Bordelais se sont faits enrhumer par l’AS Monaco (0-2) dès les huitièmes de finale de la Coupe de France, mercredi dans leur stade Chaban-Delmas. Avec le deuxième du classement (Montpellier) qui ne compte plus que trois points d’écart et la Ligue des Champions qui reprend la semaine prochaine, la pression monte du côté de la Gironde…




EN BREF


En France…

- La honte pour Bernard Henri-Lévy ! L’auteur français a publié mercredi son dernier livre, « De la guerre en philosophie ». Rien d’anormal jusque-là… Sauf qu’au détour d’une page, alors qu’il démonte Emmanuel Kant, « BHL » cite un certain Jean-Baptiste Botul. Sauf que ce dernier n’existe pas ! Il s’agit en réalité d’un écrivain fictif créé par Frédéric Pagès, un journaliste du Canard enchaîné. Bernard Henri-Lévy a reconnu son erreur et préfère en rire.

- Au Parti socialiste, le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, sonne la charge contre la hiérarchie du parti alors que tous les sondages le donnent gagnant avant les élections régionales de mars prochain. En « tournée » à Paris, il a taclé Martine Aubry, « l’élue de la fraude ».

- Le Téléthon a attaqué Pierre Bergé en justice jeudi pour diffamation. L’homme d’affaires avait déclaré en novembre 2009 que le Téléthon « parasite » la générosité des Français et qu’il spécule dans l’immobilier grâce aux fonds récoltés. Il a rajouté une couche en janvier dans L’Express en affirmant que « quelqu’un qui croit donner un euro au Téléthon donne, en réalité, un euro aux banques ! »


Dans le monde…

- Le médecin de Michael Jackson, Conrad Murray, a été inculpé lundi d’homicide involontaire. Le rapport d’autopsie, dévoilé mercredi, est accablant pour le praticien, qui aurait violé toutes les procédures médicales au cours des heures précédant la mort du « roi de la pop ».





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Je suis absolument certain qu’il y aura un accord solide sur le climat d’ici à deux ans“. Cette phrase est de Jacques Weber, anthropologue, économiste et directeur de recherche au Cirad. Il était reçu mercredi 10 février au CFJ dans le cadre du séminaire “Ecologie – Développement durable” que je suis cette semaine.


Changement climatique

Jacques Weber s’inscrit donc à rebrousse-poil de tous les discours que nous avons pu entendre après la conférence sur le climat de Copenhague, qui a eu lieu du 7 au 18 décembre 2009. Aux termes “échec” et “déception“, qui ont été les plus présents dans les médias à l’annonce de l’accord minimal trouvé entre tous les Etats participants (on aurait “perdu deux ans de négociations”, disait le 19 décembre l’envoyé spécial du Monde à Copenhague), l’anthropologue et économiste oppose celui d’ “optimisme“.


Plusieurs aspects positifs seraient selon lui à retenir de la conférence :


- le fait que tout le monde se soit mis autour d’une table pour discuter de ce sujet


- un objectif minimal commun a malgré tout été adopté (la hausse de température ne doit pas excéder +2 °C).

- surtout, les désaccords sont maintenant clairement cartographiés, ce qui est une pré-condition à un accord futur. Selon Jacques Weber, la principale opposition n’a pas eu lieu entre les Etats-Unis et la Chine, mais entre cette dernière et l’Union européenne. Les Européens seraient arrivés trop sûrs d’eux et de leurs mesures à Copenhague. Ils sont restés intangibles sur la question de la diminution des émissions de CO2 comme principe de base, alors que la Chine a mis sur la table la question de l’amélioration de l’efficacité énergétique du PIB comme fondement d’un éventuel accord.

Le chercheur du Cirad a semblé très enthousiasmé par cette nouveauté. L’amélioration de l’efficacité énergétique serait une question majeur dans les enjeux du changement climatique. Pour faire simple, la question n’est pas tant la quantité de CO2 rejetée que la quantité d’énergie nécessaire pour produire une marchandise (et de manière plus générale pour faire grimper le PIB).

L’idée est peut-être bonne, mais l’étendue des divergences étalées à Copenhague me rendent beaucoup moins optimiste que Jacques Werber. Un futur accord sur le climat oui, mais aussi rapidement que dans les deux ans à venir… J’espère qu’il a raison, pour le bien de tout le monde. Mais tant d’intérêts particuliers bloquent le processus, j’ai peur qu’on ne gravisse l’escalier que centimètre par centimètre… Si mes craintes se confirment, et qu’un accord solide n’est pas trouvé dans les deux ans, alors Jacques Weber s’est dit prêt à revenir au CFJ pour s’ “auto-flageller” en avouant qu’il avait tort en février 2010.

Et vous, êtes-vous optimiste pour la suite ? Avons-nous les conditions pour un accord solide sur le climat dans les deux ans à venir ?

Les Américains n’ont pas été à la fête cette semaine. D’abord à cause de la Chine, qui a grondé après une vente d’armes des Etats-Unis à Taïwan et qui a menacé pour la première fois de représailles commerciales. Un danger pour le pays de l’oncle Sam, dont beaucoup d’entreprises sont implantées en Chine.


A Haïti, ensuite, où dix Américains membres du « Refuge pour une nouvelle vie des enfants », une association caritative chrétienne, ont été inculpés d’« enlèvement de mineurs ». Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’enlever 33 enfants. Cette affaire rappelle celle de « L’Arche de Zoé », avec l’arrestation de six Français au Tchad.


Enfin, Barack Obama n’a pas la cote en ce moment du côté des Européens, qui n’en reviennent toujours pas : le président américain a annoncé qu’il ne participera pas au traditionnel sommet Etats-Unis – Union européenne (UE) qui se tiendra à Madrid en mai. Une manière de taper du poing sur la table puisque le Traité de Lisbonne, ajoutant au président de la Commission européenne un Président et un haut-représentant international pour les affaires étrangères, a brouillé un peu plus la voix de l’UE. La phrase d’Henry Kissinger (ancien secrétaire d’Etat américain) prononcée dans les années 1970 « L’Europe, quel numéro ? » est toujours d’actualité…

Les bourses européennes ont chuté

Aucun lien a priori, mais la finance européenne a pris un coup sur la tête cette semaine. Les bourses du Vieux continent ont plongé, inquiètes de l’ampleur que prend la dette publique dans plusieurs Etats. La Grèce, qui inquiète tout le monde depuis début décembre avec ses 300 milliards d’euros de dette, a présenté un plan d’austérité à la Commission européenne. Le Portugal est également en mauvaise posture.

Tout ne roule donc pas en Europe… mais chez Toyota non plus en ce moment. Après avoir rappelé plus de 8 millions de véhicules pour un problème avec la pédale d’accélérateur (qui risque de rester enfoncée, plutôt gênant donc), le constructeur automobile japonais a enregistré plus d’une dizaine de plaintes concernant le frein de sa voiture hybride Prius.

Le Concorde, lui, ne roule et ne vole plus depuis le 25 juillet 2000, date de son crash sur un hôtel à Gonesse (Val d’Oise), faisant 113 victimes. Le procès de cette catastrophe s’est ouvert mardi devant le tribunal de Pontoise. Des responsables du Concorde et de Continental Airlines sont sur le banc des accusés. Un procès où règne un certain malaise, les victimes étant peu représentées. Bon nombre de familles ont déjà été indemnisées par Air France. La compagnie se défend d’avoir « acheté » leur silence.

Les fonctionnaires, eux, ont peur de ne plus être payés par l’Etat, car on assiste peut-être à la fin de l’emploi à vie pour les salariés de l’Etat… C’est en tout cas sur ce chemin que s’inscrit un décret qui devrait paraître le 11 février prochain. Il prévoit qu’un fonctionnaire refusant trois mutations pourra être « mis en disponibilité » et perdre ainsi son traitement. Cela pourra concerner plusieurs milliers (voire plusieurs dizaines de milliers, selon les syndicats) de personnes.

Burqa et nationalite francaise

Eric Besson a fait savoir mardi qu’il avait refusé par décret la nationalité française à un Marocain qui « imposait le port de la burqa à sa femme ». Une décision qui prend compte de la jurisprudence du Conseil d’Etat, qui avait refusé en 2008 de naturaliser une Marocaine portant la burqa.

Le voile, sujet en débat au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Le parti présente en effet une candidate voilée sur sa liste dans la région Provence Alpes Côtes d’Azur. Olivier Besancenot assure qu’une militante trotskiste peut être « féministe, laïque et voilée ».

Bisbilles entre Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie. Le ministre de l’Intérieur a d’abord annoncé vouloir aggraver les sanctions pénales contres les agresseurs de personnes âgées après le meurtre sanglant d’un couple de septuagénaires dans l’Oise. La ministre de la Justice lui a rappelé que les propositions en matière pénale sont le seul fait du ministère de la Justice ou des parlementaires. S’en est suivi un échange de courriers assez tendus qui ont rapidement « fuité » dans la presse, la bataille se déplaçant sur l’inaction à propos des hooligans dans les stades de foot.

Des supporters, notamment ceux de l’OGN Nice, sont dans le collimateur de la Ligue de football professionnel (LFP) et de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Sports. Samedi dernier à Monaco, ils s’en sont pris violemment aux supporters monégasques et aux forces de l’ordre.

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Loin de cette violence, dimanche 31 janvier a été le théâtre de trois victoires inédites, chacune en leur genre. L’équipe de France de handball a remporté le Championnat d’Europe face aux Croates (25-21) après sa victoire aux Jeux olympiques en 2008 et aux championnats du monde en 2009, un triplé qu’aucune Nation n’avait réussi auparavant. En tennis, le Suisse Roger Federer gagne son 16ème Grand Chelem, un record, de même que l’Egypte qui a remporté sa 3ème Coupe d’Afrique des Nations consécutive face au Ghana (1-0).

Toujours en football, le mercato d’hiver (période où les recrutements sont autorisés) de football, qui s’est terminé lundi soir, aura finalement été très calme en France. Le seul « gros » transfert est à mettre à l’actif de l’Olympique lyonnais, qui a enregistré la venue du défenseur croate Dejan Lovren pour 8 millions d’euros. L’international portugais Ricardo Costa a quant à lui été prêté à Lille.

Pendant ce temps-là, au Canada, Vancouver tremble… de peur. La ville, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’hiver du 12 au 28 février, enregistre des températures anormalement douces et manque donc de neige… Résultat : l’organisation a entamé un balai incessant de camions pour acheminer de la neige sur les stations les plus basses.




EN BREF


En France…

- L’Alsace est devenue mercredi la première région à basculer définitivement dans la télévision numérique. Les émetteurs analogiques ont été éteints.

- La France a annoncé mercredi soutenir l’interdiction du commercial international de thon rouge, une espèce menacée. La position française pourrait faire basculer l’Europe, qui fera entendre sa voix lors de la prochaine Convention sur les espèces menacées (Cites) en mars prochain à Doha. Les pêcheurs ont protesté contre cette décision.

- Plus de peur que de mal, pour le moment, à Tahiti où le cyclone Oli est passé jeudi. Plus de 4 000 personnes avaient été évacuées pour éviter des vents atteignant jusqu’à 260 km/h. Les conditions difficiles ont tout de même entraîné la mort d’au moins une personne.

- 5 journalistes se sont enfermés cette semaine dans un gîte du Périgord, pour un « Huis clos sur le net ». Leur mission : utiliser exclusivement Facebook et Twitter pour s’informer, et rien d’autre. Une expérience qui fait beaucoup parler sur le net, et notamment sur Twitter…

- La France en réussite aux Grammy Awards : le DJ David Guetta et le groupe versaillais Phoenix ont respectivement remporté le prix du meilleur remix de l’année (pour le tube « When love takes over ») et celui du meilleur album de musique alternative (pour « Wolfgang Amadeus Phoenix »).

- Mort de Pierre Vaneck, comédien popularisé par la série « Les Cœurs brûlés » et la pièce de théâtre « Art ».




Dans le monde…

- Angela Merkel a autorisé son gouvernement à se procurer une liste de 1 500 noms de fraudeurs fiscaux réfugiés en Suisse, que propose un mystérieux informateur pour la coquette somme de 2,5 millions d’euros. L’annonce a provoqué un effet de panique chez des ressortissants allemands, certains se dénonçant spontanément dans l’espoir d’alléger leurs pénalités.

- La fusion nucléaire se rapproche. L’inconvénient majeur de cette source d’énergie propre et presqu’illimitée est qu’elle nécessite des températures supérieures à 100 millions de degrés Celsius. Une équipe américaine a annoncé avoir franchi la barre record de 111 millions de degrés Celsius.

- Le Monde a publié, dans son édition du 4 février 2010, des témoignages sur les méthodes de l’armée israélienne lors de l’offensive à Gaza, en janvier 2009. Rien de bien neuf après les différents rapports (de l’ONU, d’Amnesty international) mais une nouvelle accablant pour « Tsahal ».





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En quatre jours, le 25 et le 29 janvier, le Conseil d’Etat et la Commission européenne ont tous deux infligé une claque au gouvernement français à propos de la réforme de France Télévisions. Le premier a dénoncé “l’ingérence” du pouvoir dans le travail du législateur pendant le processus de suppression de la publicité sur les chaînes publiques. La seconde a retoqué la taxe de 0,9 % du chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications qui devait compenser le manque à gagner de France Télévisions…

Rapide rappel : le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy formule le vœu de supprimer la publicité sur France Télévisions (d’abord après 20h, ensuite totalement). Un projet de loi est présenté à l’Assemblé en novembre de la même année avec l’objectif avoué d’avoir terminé le débat avant le 1er janvier 2009, date à laquelle la suppression de la pub doit être effective. Sauf que l’opposition a le malheur de jouer son rôle et ralentit considérablement le processus.

Sarkozy supprime la pub

La ministre de la Culture, Christine Albanel, écrit alors au président de France Télévisions (Patrick de Carolis) pour lui demander de supprimer lui-même la publicité sur les chaînes de son groupe, “conformément à l’esprit et à la lettre de la réforme législative en cours”. Ce dernier accepte, et la publicité est supprimée après 20h dès le 1er janvier 2009… alors que la loi n’a pas encore été discutée au Sénat. Elle sera finalement promulguée le 5 mars 2009.

C’est suite à l’ingérence d’Albanel, faisant fi du travail parlementaire, que les sénateurs communistes ont déposé un recours devant le Conseil d’État. Le rapporteur de ce dernier vient de leur donner raison et laisse entendre que la demande d’annulation de la suppression de la pub sur France Télévisions pourrait être acceptée !

Ajoutons à cela la décision de la Commission européenne du jeudi 29 janvier refusant la taxe sur les opérateurs de télécommunications car elle serait “incompatible avec les règles européennes” et qu’elle viendrait “frapper un secteur qui est aujourd’hui un des principaux moteurs de la croissance économique”. Alors que cela devait compenser le manque à gagner de France Télévisions, ce dernier ainsi que le ministère des Finances doivent à l’heure actuelle s’arracher les cheveux. Pour bien enfoncer le clou, la Commission va ouvrir une procédure officielle d’infraction contre la France, qui pourrait conduire celle-ci devant la Cour européenne de justice.

La télé publique manipulée

Si cela n’était pas aussi sérieux car de nombreux emplois sont en jeu (et accessoirement, une certaine idée de la démocratie), on rigolerait de tout ça. Mais cette affaire est selon moi un nouvel exemple des ratages du rythme législatif effréné imposé par Nicolas Sarkozy. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent aujourd’hui pour appeler à ralentir ce rythme car les textes votés au Parlement sont de plus en plus bâclés, inapplicables… et s’exposent à des sanctions comme celles de l’affaire France Télévisions. La précipitation voulue par le président de la République pousse ses propres ministres à s’affranchir des règles démocratiques tant que la volonté du chef de l’État est respectée. Heureusement qu’il y a encore des institutions indépendantes en France…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Le gouvernement a-t-il eu raison de précéder le vote de la loi, qui allait de toute façon très probablement conduire au même résultat ?