Tabous du Monde

Pour répertorier, sans s’égarer, les nombreux tabous qui trainent sur nos chemins…

Otez de ma vue ces statistiques que je ne saurais voir !

Par M. Fred Says - à retrouver sur Zoon Politkon

 

Il est un tabou français dont l’existence scandalise encore les admirateurs des Etats-Unis : le comptage ethnique. Yazid Sabeg, le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, est chaud partisan de ce décompte de la population en fonction de son origine, de sa couleur de peau. Son argument ? Cela permettrait d’être plus efficace dans la lutte contre les discriminations. Pour combattre un phénomène, il faut le quantifier, nous dit-il.

 Or ce raisonnement est aussi fallacieux que le comptage ethnique est dangeureux :

-Tout d’abord parce que la statistique ethnique ouvrent la porte à la discrimination positive. Ou du moins elle permet aux apologètes de l’affirmative action de mettre un pied dans cette porte, porte ouverte à toutes les dérives. Et l’exemple vient d’en haut : Nicolas Sarkozy, en 2004, n’avait-il pas revendiqué la décision de nommer un « préfet musulman », Aïssa Dermouche ? Ca fait toujours plaisir d’être choisi pour ses qualités… A quand le constat que les nains, les gens du voyage, les homosexuels et les unijambistes sont sous-représentés dans le corps préfectoral ?

-Ensuite, cette lubie du comptage ethnique a le désagréable désavantage d’ignorer le racisme social, qui est sans doute plus souvent à l’œuvre qu’on ne le croît.

La candidature du jeune Khaled est-elle seulement rejetée parce que son prénom n’est pas dans le calendrier, ou parce que son adresse n’est pas à la bonne page du bottin ? Car il ne faut pas s’illusionner : à l’heure de la « diversitude » obligatoire, les grandes entreprises n’ont qu’un rêve : trouver le parfait candidat noir ou arabe qui leur permette de prouver au monde entier leur ouverture et leur modernité (type casting Chloé Mortaud) ; les fils d’ambassadeurs africains ont rarement du mal à trouver un travail.

On oublie souvent de dire que dans le monde professionnel, ce qui dessert les candidats venus « de l’autre côté du périph », ce n’est pas seulement la couleur de peau, mais aussi la maîtrise des codes sociaux, d’un langage spécifique, du « savoir-faire relationnel ».

-Enfin parce que le comptage ethnique s’inscrit à revers de la modernité (modernité dont s’auréolent d’ailleurs souvent les antiracistes de profession). Car en effet, en ces temps de métissage, de multiculturalisme, comment obliger une personne à se « caser » dans une catégorie : noir, blanc, marron ? Les recensements par « race », fussent-ils bordés des meilleures intentions, ne rappellent pas que des bons souvenirs… 

Ethniciser le phénomène des discriminations, c’est donc taper à côté du problème, stigmatiser ceux que l’on prétend aider, et surtout fissurer encore un peu plus la société française. Il n’est pas anodin, enfin, de constater que le comptage ethnique rassemble parmi ses supporters aussi bien les organisations communautaires – type CRAN- que les opposants psychorigides à l’immigration, comme Yvan Rioufol du Figaro.

Par M. Fred Says - à retrouver sur Zoon Politkon

 

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