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	<title>Roumanoscopie</title>
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	<description>De la rue du Louvre au boulevard Nicolae Balcescu</description>
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		<title>Procès de Ceausescu : «Il fallait sauver des vies&#8230;» (Itw vidéo)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 15:24:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Doriane ALLAIN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que reste-t-il de Ceaucescu?]]></category>
		<category><![CDATA[1989]]></category>
		<category><![CDATA[Caeusescu]]></category>
		<category><![CDATA[Clément Vogt]]></category>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution Roumanie]]></category>

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		<description><![CDATA[Gelu Voican Voiculescu est l'un des hommes qui organisa, il y a 21 ans, le procès de Nicolae et Elena Ceausescu. Il nous accueille à la grille de la villa qui abrite le « Centre d'Etudes sur la Révolution de 1989 », pour une interview étonnante... ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Gelu Voican Voiculescu est l&rsquo;un des hommes qui organisa, il y a 21 ans, le procès de Nicolae et Elena Ceausescu. Il nous accueille à la grille de la villa qui abrite le <em>« </em>Centre d&rsquo;Etudes sur la Révolution de 1989 », pour une interview étonnante&#8230; </strong></p>
<p>Dans cette bâtisse style XIXe, d&rsquo;un blanc aussi immaculé que la barbe de notre hôte, Gelu Voican Voiculescu a accepté de réouvrir une page tragique de l&rsquo;histoire roumaine. Cet homme est responsable de la mort de l&rsquo;un des plus célèbres tyrans de l&rsquo;ère communiste : Nicolae Ceausescu. En décembre 1989, il a co-organisé le procès &#8211; controversé &#8211; qui avait conduit à l&rsquo;exécution &#8211; dans des circonstances mystérieuses &#8211; du dictateur et de sa femme&#8230;</p>
<p>Il rechigne d&rsquo;abord à aborder le sujet de front. Pour lui, impossible de replonger directement dans l&rsquo;Histoire, cette histoire, cette plaie encore à vif. Il en parle pourtant comme si les 21 ans étaient passés en un éclair. Un procès expéditif ? Les temps exigeaient un jugement hâtif. Une exécution précipitée ? Il fallait sauver des vies. 1 042 insurgés sont tombés en quelques jours, sous les balles des zélotes terrifiés par le « Génie des Carpates ». Ceux-là mêmes qui, apprenant la mort de leur président, ont cessé de tuer dans l&rsquo;instant.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/xJ_AUCMQ4xk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/xJ_AUCMQ4xk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Les années et les déboires politiques n&rsquo;ont pas émoussé la verve de Gelu Voican Voiculescu, qui fut vice-premier ministre en 1991. Sa sévérité à l&rsquo;encontre du dictateur se porte désormais sur tous ceux qu&rsquo;il soupçonne de vouloir tenir trop de pouvoirs entre leurs mains. Comme l&rsquo;actuel président, Traian Basescu, dont l&rsquo;emprise sur l&rsquo;État a été renforcée par les élections présidentielles de décembre 2009, entachées d’accusations de fraudes.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/YdhuUXCUC68&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/YdhuUXCUC68&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Selon Gelu Voican Voiculescu, la situation politique roumaine est aggravée par la crise économique qui frappe le pays de plein fouet. Les mesures d&rsquo;austérité décidées par le gouvernement touchent durement la population et ravivent une certaine nostalgie du communisme, surtout auprès de ceux qui l&rsquo;assimilent à une douce époque où l&rsquo;État omnipotent fournissait au peuple les produits de première nécessité, et qui oublient les privations de droits.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/-Q-eyCuLri4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/-Q-eyCuLri4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>A l&rsquo;ombre du jardin arboré de l&rsquo;Institut, l&rsquo;homme est visiblement reposé, calme. Il a 69 ans et semble apprécier cette forme de retraite. Est-ce qu&rsquo;un retour en politique le tenterait ? Il balaye l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une tirade de grand sage : <em>« Le temps ne travaille pas pour une carrière politique tardive. L&rsquo;oubli joue contre moi. »</em> Mais un sourire se dessine alors sur son visage et, l&rsquo;espace d&rsquo;un instant, il se prend au jeu : <em>« Bien sûr, on ne sait jamais ce que l’avenir peut réserver&#8230; »</em></p>
<p>Reportage de Clément VOGT, Doriane ALLAIN et Maxime DARIDAN</p>
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		<title>Live to « Iarmaroc Fest » (vidéo + portfolio)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 14:26:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Doriane ALLAIN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Clément Vogt]]></category>
		<category><![CDATA[Doriane Allain]]></category>
		<category><![CDATA[East Roots]]></category>
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		<category><![CDATA[musique roumaine]]></category>
		<category><![CDATA[underground]]></category>
		<category><![CDATA[Vapor]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand rendez-vous musical qui lance la saison en Roumanie, le « Iarmaroc Fest » s'était donné pour pari de réunir, dans son cadre exceptionnel, ce qui se fait de mieux sur la scène roumaine. En reggae, hip hop et rock.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Grand rendez-vous musical qui lance la saison en Roumanie, le « Iarmaroc Fest » s&rsquo;était donné pour pari de réunir, dans son cadre exceptionnel, ce qui se fait de mieux sur la scène roumaine. En reggae, hip hop et rock.</strong></p>
<p>« <em>C&rsquo;est là où il faut être si vous voulez voir ce qu&rsquo;est la scène underground roumaine </em>», nous avait prévenu Bogdan, leader du collectif Reggae, East Roots. Dans cette forêt enchantée, où les murs taggés des blockhaus rappellent le terrain militaire d&rsquo;antan, une boîte musicale à ciel ouvert a réjoui nos oreilles grandes ouvertes. Elles se sont délectées de reggae, avec les Suisses qui font de la résistance en tentant d&rsquo;imposer ce genre musical encore peu connu en Roumanie (lire l&rsquo;article « Du reggae made in Bucarest ») et de hip hop, avec le rappeur Vapor et ses potes, qui luttent tous les jours pour que ce mouvement, né de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique, arrive enfin a braver les frontières de l&rsquo;Est de l&rsquo;Europe .</p>
<p> </p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/838IbDUEAOw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/838IbDUEAOw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"> Comme tout bon festival, une scène principale a laissé le champ libre aux grosses têtes d&rsquo;affiches. Tout d&rsquo;abord avec Luna Amara. Ce groupe de métal alternatif &#8211; même si on devrait plutôt le classer en style Emo -, fondé il y a onze ans dans la ville étudiante de Cluj, est une des causes de la prédominance de la musique rock en Roumanie. C&rsquo;est le groupe phare grâce à Mihnea Blidariu, l&rsquo;un de ses fondateurs, qui a su imposer le son clair de la trompette au milieu des riffs de guitares énervées. Un génie musical, qui passe du cuivre à la gratte électrique et au chant avec une aisance déconcertante. Même facilité quand il change de style, en moins d&rsquo;une heure, passant l&rsquo;air de rien des rythmes posés du funk à l&rsquo;énergique tempo rock.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Seconde tête d&rsquo;affiche ? El Negro, qui a pour slogan : « Le seul groupe reggae de Roumanie. » Cette formation de sept musiciens, née en 1999 mais connue seulement depuis 2004 et la fin de son contrat avec une filiale de Sony France, rencontre un beau succès auprès du grand public. Elle a pourtant de réelles difficultés, encore aujourd&rsquo;hui, à faire partie de la programmation des radios locales&#8230;</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="400" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=027f7527d6" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="400" src="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=027f7527d6" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong><em>Le « Iarmaroc Fest » a réussi son pari : montrer la vitalité et la modernité de la musique roumaine&#8230; à suivre de près.</em></strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"> Article de Doriane ALLAIN et Clément VOGT</p>
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		<title>La Baronne perchée de Soroca</title>
		<link>http://blog.pressebook.fr/roumanie/2010/06/08/la-baronne-perchee-de-soroca/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 16:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex et Etienne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe: frontières et minorités]]></category>
		<category><![CDATA[Alex]]></category>
		<category><![CDATA[Artur]]></category>
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		<category><![CDATA[tsiganes]]></category>

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		<description><![CDATA[C'est la capitale mondiale des gitans. Sur la colline moldave de Soroca, la communauté tsigane vit dans une relative aisance et d’incroyables palais sortis des fantasmes de leurs occupants. Un lieu surréaliste, où nous avons rencontré « Madame la Baronne », la femme du chef...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sous le fuseau moldave, le temps des gitans ne bat pas plus vite qu’en Roumanie. La trotteuse sociale est ici aussi à l’arrêt, pour une communauté qui inspire au mieux désintérêt, sinon méfiance. Les autorités de Chisinau, capitale de la Moldavie, jouent la montre pour ne pas se faire remonter la pendule en aiguillant les curieux vers la colline de Soroca&#8230; Où vit la communauté tsigane dans une relative aisance, sous la charpente d’incroyables palais sortis des fantasmes de leurs occupants. À la bonne heure, celle d’un thé-cognac sur une terrasse pluvieuse , en compagnie de <strong>« </strong>Madame la Baronne » des tsiganes.</strong></p>
<p><strong> </strong><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdlfh6" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdlfh6" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>« </strong><em>Une soupière. Elle faisait partie d’un service en porcelaine de Staline. Et vous avez vu les voitures dans la cour ? L’une d’elle appartenait à Iouri Andropov, l’apparatchik soviétique</em>. » Dans le tourbillon des présents protocolaires offerts à son baron et mari Artur, Layla Cerari soulève et désigne, ouvre les alcôves de son « palais » qu’elle présente, amusée, aux visiteurs. Le balcon du deuxième étage fait face à une dizaine de bâtisses qui se font la nique, se tutoient de briques et de brocarts fastueux, se toisent d’une audace architecturale ou deux, dardent leurs dômes ferrailleux. Fantasmées et fantasmagoriques, les mystérieuses villas de la colline gardent une frontière non moins baroque.</p>
<p>De l’autre côté du fleuve Dniestr, l’Ukraine se dessine quand la tumultueuse république autoproclamée de Transnistrie vous ferme les bras. « <em>Ne prenez pas de photos du fleuve ici, il y a un bac post-frontière en face</em> et les <em>Transnistriens ont la gâchette facile </em>», modère Ion. Le jeune photographe, à mi-chemin dans sa vingtaine, travaille pour une agence de presse à Chisinau. C’est son premier voyage à Soroca, en repérage pour un projet de reportage photo sur les exubérances du bâti de la ville. Il assiste également un Indien sexagénaire, Ashok &#8211; mari d’une employée suédoise de l’ONU à Chisinau -, dans la numérisation de sa gargantuesque collection de photos argentiques. Cet ancien diplomate, et pionnier de l’encadrement d’expéditions sur l’Himalaya, bringuebale à sept heures du matin un lourd 4X4, salutaire sur les voies rapides en gruyère de la sortie nord de la capitale. En bord de chaussée s&rsquo;affiche une publicité suggestive pour une eau pétillante, toutes bulles dehors sur le torse plantureux d’une jeune fille vraiment assoiffée. « <em>Ils veulent interdire la pub, trop de sorties de route, de conducteurs déconcentrés. Tu veux du thé ?</em> » Merci Ion. Les yeux mouillés à cause de mains ébouillantées par les éclaboussures d’un étroit godet trop secoué par des nids de poules mutantes, on distingue la rase campagne du Nord-Est de la Moldavie. 155 kilomètres de bitume tuméfié entre Chisinau et Soroca, digérés en trois heures à travers le vert soutenu de plaines griffées par le panache de fumée d’un train de marchandise toussant son diésel. Sur la route, les stations essences laissent passer baudets et petits attelages tirant des couples de paysans d’un village à l’autre, se protégeant comme ils peuvent d’un crachin installé.</p>
<p>Les hameaux qui émaillent les pâturages, entre deux usines de production de sucre dont on ne saurait dire de l’extérieur si elles ont survécu à l’Union Soviétique, témoignent de la diversité des peuples de Moldavie. Transnistrie et Gagaouzie incluses, le territoire moldave compte 75 % de Moldaves 10 % d’Ukrainiens, 8 % de Russes et près de 4 % de minorités diverses (Polonais, Tsiganes, Bulgares). Des casinos de Chisinau jusqu’à la gare d’Ungheni, la langue maternelle de l’interlocuteur peut être le moldave (très proche du roumain, 63 %) comme le russe ou l’ukrainien (27 % cumulés). Ashok décide de piler net dans un petit village aux maisons sans étage et façades parées d’un bleu-ciel nostalgique de jours moins pluvieux. Sous la bruine, il achète deux douzaines d’œufs à un couple d’Ukrainiennes au sourire métallique. « <em>Bien frais, ce sera parfait pour l’omelette de demain matin</em> », juge Ashok. À moins qu’on y ait droit tout de suite dans la voiture, au hasard d’une chausse-trappe dans le goudron.</p>
<p>Annoncée par un monument tout en lettres massives, voici « SOROCA ». Un lacet mal noué plonge la route dans une vallée étroite gorgée de brouillard, les palais sont pudiques et ne se montrent qu’à leur meilleur jour, une fois le visiteur descendu en contrebas. Une faible éclaircie fait scintiller les ubuesques toitures en pagode, chapeautant la « colline des tsiganes » et ses milliers de Roms. Soroca forte de ses 40 000 habitants n’est pas que la « capitale des Roms de Moldavie », en contrebas un autre monument joue la concurrence. La forteresse établie en 1489 par Étienne le Grand (rare sinon seule figure tutélaire de la nation Moldave) frissonne sa grise mine sous une pluie tiède. L’histoire veut qu’Etienne ait fait venir à Soroca les Tsiganes, experts en métallurgie, pour qu’ils forgent les armes de son armée alors en bisbille avec les Ottomans.</p>
<p>Ion part à la pêche aux infos entre les mares boueuses qui minent la route principale qui suit le cours du Dniestr. Ceux d’ici n’ont que peu de contacts avec ceux d’en haut. Cent mètres plus loin, le 4X4 entame l’ascension de la colline et avise une troupe d’une quinzaine de Tsiganes levant le coude en fin de matinée, les oreilles noyées par un standard chargé de Goran Bregovic. «  <em>Une occasion spéciale ? Bah non, on fait la fête comme ça tous les jours ! Vous voulez boire un verre ?</em> » Merci, mais non. Reportage. Interview. À jeun. Obligés. Le baron. Artur Cerari <em>« Sa maison est juste derrière vous, en briques rouges. Premier chemin à gauche.</em> » Mulțumesc, merci.</p>
<p>Presque un sentier, de terre grasse et humide, absurde car flanqué d’immenses palais, de part et d’autres d’une chaussée de deux mètres de large. Une lourde maison portée par des piliers simili-corinthiens avance fièrement un toit orné de trois chevaux plus proches d’une figure de proue à la <em>Pirate</em><em> des Caraïbes</em> que d’un classique fronton vénitien. Le syncrétisme tout azimut est de mise. La charpente est ourlée de bourrelets métalliques rappelant les pagodes chinoises. Des tours coiffent des croissants cerclés – « <em>rien de religieux, c’est simplement le symbole du jour et de la nuit </em>», souffle Layla -, soutenues par des arcs-boutants néo-gothiques encadrant des arcs plein-cintre ou brisés. Ces édifications débridées sont parfois heureuses, parfois d’un rococo riche jusqu’à l’écœurement. Un inventaire architectural à la Prévert dans lequel les bâtisseurs improvisés piochent : « <em>Rien n’a été construit sur plan, tout sort de l’imagination du maître d’œuvre. Voilà comment mon mari a construit notre maison, et son père avant lui</em> », résume Layla.</p>
<p>On l’a croisée sur le parvis du palais du baron, fermé par trois voûtes en brique rouge. Le plus imposant des palais, avec sa large façade bardée de piliers sur deux étages. Le plus cohérent aussi (on hésite à dire « sobre »). « <em>Vous cherchez quelque chose ?</em> <em>Artur ? Il est en voyage à l’étranger, il ne revient que la semaine prochaine. Entrez, vous allez me raconter.</em> » Protégés de la pluie par la terrasse du premier étage, on s’attable. D’un geste discret, la petite femme intime l’ordre à un homme d’apporter des verres. L’œil du même brun sombre que ses cheveux rabattus par un délicat fichu aux imprimés oniriques, la femme sans âge, un peu ronde, dévisage le visiteur puis, d’un geste satisfait, saisit la carafe. Cognac.</p>
<p>« <em>Je suis la femme d’Artur Cerari, dont j’ai deux filles et un fils.</em> » Et Layla de nous raconter Artur. Mais avant : cognac. Fils polyglotte (il parle entre autres le français, l&rsquo;hébreu et le russe) d’un père non moins baron (Mircea Cerari, aujourd’hui décédé), Artur veille sur les intérêts des Roms du Caucase jusqu’à l’Allemagne. Si l’autorité du baron de Soroca sur les communautés Roms tient plus de la légende que de la réalité politique, la fable est encouragée par le gouvernement et les institutions locales qui y voient un interlocuteur privilégié. Dans ce dialogue, l’affable Artur Cerari tonne fort - sous son imposante barbe blanche - son envie de fixer la culture orale tsigane avec notamment le projet d’ouvrir une faculté de « tsiganologie » à  Soroca et de se faire porte parole des aspirations d’une population complètement délaissée. Sur les murs du salon d’apparat, on trouve des photos de l’époux serrant les mains des puissants Russes ou Ukrainiens. Et un médaillon de Lady Di, en bonne place. « <em>Oui. Diane. Nous nous connaissions très bien.</em> »</p>
<p>Là-dessus, on n&rsquo;en saura pas plus, si ce n’est qu’entre les murs hauts perchés des palais de Soroca, tout est plausible.</p>
<p><span id="_marker"> </span></p>
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		<title>Mon voisin l&#8217;ours</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 14:05:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurélien Chartendrault</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Brasov]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[ours]]></category>

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		<description><![CDATA[Brasov est la huitième ville de Roumanie mais la première à être citée lorsqu'il est question d'ours. Parmi ses 300 000 habitants, quelques milliers vivent au milieu des montages carpatiennes, sur le territoire de l'animal. Et parfois, d'inquiétantes rencontres se produisent...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Brasov est la huitième ville de Roumanie mais la première à être citée lorsqu&rsquo;il est question d&rsquo;ours. Parmi ses 300 000 habitants, quelques milliers vivent au milieu des montages carpatiennes, sur le territoire de l&rsquo;animal. Et parfois, d&rsquo;inquiétantes rencontres se produisent&#8230;</strong></h3>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="466" height="262" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250104&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="466" height="262" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250104&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"> </embed></object></p>
<p align="center"> </p>
<p><strong>Racadau, le quartier où hommes et ours cohabitent</strong></p>
<p>Une véritable langue de béton enclavée au beau milieu de la forêt. C&rsquo;est le quartier de Racadau. Situé au sud de Brasov, il symbolise à lui seul toute la problématique de cette cohabitation entre l&rsquo;homme et l&rsquo;ours.<br />
<small>
<p style=”text-align: center;”>
<p><iframe width="465" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=41+Rue+Proudhon,+18000+Bourges,+Cher,+Centre&amp;t=h&amp;ll=45.633066,25.603037&amp;spn=0.021006,0.039911&amp;z=14&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=41+Rue+Proudhon,+18000+Bourges,+Cher,+Centre&amp;t=h&amp;ll=45.633066,25.603037&amp;spn=0.021006,0.039911&amp;z=14&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></small><img class="aligncenter size-full wp-image-1921" title="jepilor" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/jepilor.jpg" alt="jepilor" width="455" height="152" /></p>
<p>Cet alignement de barres est né au milieu des années 1980, pendant l&rsquo;ère Ceausescu, lorsqu&rsquo;il fallait reloger les milliers de personnes expulsées de leurs maisons et quartiers rasés. 15 000 habitants vivent aujourd&rsquo;hui dans cette zone gagnée sur la nature. Mais à l&rsquo;époque, nul ne s&rsquo;était préoccupé de l&rsquo;ancien occupant de ces forêts expropriées. Dans un premier temps, l&rsquo;ours a fuit. Puis il s&rsquo;est habitué à ses nouveaux voisins.</p>
<p>En 1990, une quinzaine d&rsquo;ours descendait régulièrement dans le quartier pour faire les poubelles de la rue Jepilor. Seize dépôts d&rsquo;ordures collectifs sont en effet répartis tous les 50 mètres, le long de la voie en lisière de forêt. Ils constituaient un garde manger inépuisable pour les ours, opportunistes comme ils sont. Les habitants s&rsquo;étaient, eux aussi, habitués à ces nouveaux visiteurs du soir. En 2005, pas moins de vingt-cinq spécimens vivaient aux alentours du quartier. Chaque soir, près des containers, c&rsquo;était un spectacle garanti pour tous les résidents mais également les touristes venus du monde entier pour observer « les ours de Brasov ».</p>
<p align="center"> </p>
<p><strong>Organisation d&rsquo;excursions pour « voir les ours »</strong></p>
<p>Dans le hall d&rsquo;une pension en centre ville, « Watching bears » (« <em>Voir les ours »</em>) est inscrit en gras sur une feuille. Gabriel, le directeur de l&rsquo;établissement, organise des excursions depuis que l&rsquo;ours est sorti de la forêt. <em>« Pour aller voir l&rsquo;animal dans les rues, compter 15 euros de l&rsquo;heure et beaucoup de patience. Car maintenant, l&rsquo;ours ne se présente plus tous les soirs. »</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="466" height="262" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250356&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="466" height="262" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250356&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Quand on se promène à Racadau, on rencontre beaucoup de gens remontés contre les touristes. Certains évoquent les cars qui descendent les rues à la recherche de la bête sauvage, d&rsquo;autres le va-et-vient des taxis qui arrêtent leurs clients à quelques mètres des ours, prennent une photo puis repartent. Les habitants sont conscients du danger que représente l&rsquo;ours mais sont trop habitués à sa présence pour s&rsquo;en méfier.</p>
<p align="center"> </p>
<p><strong>Le prédateur oublié<br />
</strong><br />
L&rsquo;ours est un animal sauvage, certains l&rsquo;ont oublié. A force de jouer les éboueurs de la cité, il s&rsquo;est aperçu que l&rsquo;homme ne lui faisait pas de mal et a perdu certains de ses instincts. Pour le plus grand plaisir des spectateurs, l&rsquo;animal qui fouille les ordures ne fuit plus lorsqu&rsquo;on s&rsquo;en approche.</p>
<p>Mais, en 2005, deux personnes sont mortes dans un autre quartier et, en 2008, le corps d&rsquo;un jeune de Brasov a été retrouvé près des fortifications du centre historique. Les habitants ont ainsi découvert une autre facette de leur voisin : l&rsquo;ours peut tuer.</p>
<p><strong>Dorin, qui vient de s&rsquo;installer à Racadau, ne s&rsquo;habituera jamais à ce voisin peu ordinaire :</strong></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="466" height="262" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12249550&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="466" height="262" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12249550&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Les médias roumains se sont vite emparés des trois agressions fatales, transformant Brasov en ville assiégée par les ours, mais sans en chercher les causes exactes. A la mairie, on se dit impuissants face au problème : <em>« Les gens payent leurs impôts pour qu&rsquo;on les protège mais nous ne savons pas comment faire »</em>, déplore Sorin Toarcea, porte-parole de la mairie de Brasov. La ville a pourtant essayé une panoplie de mesures. <em>« Après la mort de deux habitants, nous avons demandé un permis de chasse au ministère de l&rsquo;environnement mais les quotas étaient déjà atteints</em>, regrette M. Torcea. <em>C&rsquo;est l&rsquo;Europe qui gère le nombre d&rsquo;ours à abattre chaque année en Roumanie. »</em></p>
<p>Pour résoudre le problème, les autorités ont tenté de déplacer deux ours en 2006. <em>« Mais pas assez loin »,</em> constate le porte-parole. Au bout de quelques jours, les animaux sont revenus près de la ville. Des « spécialistes » ont par ailleurs imaginé une clôture électrique pour protéger les quartiers concernés. Mais comme 40 % de la ville est entourée de forêt, le projet a été abandonné.</p>
<p>En 2008, une nouvelle incursion de l&rsquo;ours en plein coeur du centre historique de Brasov a marqué les esprits. Flavius Barbulescu, responsable du service municipal de gestion animalière de Brasov, était en « première ligne » ce jour-là, et il a pris ce film :</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="466" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250806&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="466" height="350" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12250806&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object> </p>
<p><strong>600 euros d&rsquo;amende la photo </strong></p>
<p>Douze ours ont été capturés l&rsquo;année dernière par les équipes de M. Barbulescu. Les animaux ont cette fois été transportés à plus de 100 km de Brasov, dans d&rsquo;autres forêts, des parcs naturels, voire au zoo en attendant leur réhabilitation. En parallèle, la municipalité et la préfecture ont mis en place des mesures drastiques concernant les quartiers « dérangés ». <em>« Les poubelles sont vidées plusieurs fois par jour »</em>, explique Sorin Torcea, de la mairie de Brasov. Cette initiative a été prise pour qu&rsquo;à long terme, les ours comprennent qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien à manger en ville. La préfecture a décidé de réagir plus sévèrement en faisant voter une loi qui punit désormais le simple fait de prendre en photo ou de nourrir les ours d&rsquo;une amende de 600 euros !</p>
<p>Mais le week-end, il semble que rien ne soit appliqué. Un samedi entier passé à Racadau nous a suffi pour constater qu&rsquo;une seule voiture de police passe dans l&rsquo;après-midi et que les containers sont bien remplis lorsque la nuit arrive. Rien de bien intimidant, ni pour l&rsquo;ours ni pour le touriste de passage&#8230;</p>
<p>Une femelle adulte et ses trois petits descendent d&rsquo;ailleurst plusieurs nuits par semaine dans le quartier (voir vidéo d&rsquo;introduction).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1928" title="poubelles" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/poubelles1.jpg" alt="poubelles" width="455" height="172" /></p>
<p align="center"> </p>
<p><strong>Son avenir incertain</strong></p>
<p>George Predoiu a travaillé pendant deux ans sur les relations entre l&rsquo;ours et l&rsquo;homme dans la région de Brasov. Même si le plantigrade n&rsquo;est pas en voie de disparition et si sa population est stable en Roumanie depuis plusieurs années, le chercheur reste pessimiste sur l&rsquo;avenir lointain de l&rsquo;espèce dans son pays.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1946" title="predo" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/predo.jpg" alt="predo" width="455" height="172" /></p>
<p>Dans son étude, George Predoiu attire l&rsquo;attention sur la multiplication des conflits entre l&rsquo;homme et l&rsquo;animal. <em>« En moyenne cinq personnes sont blessées chaque année et les ours endommagent parfois les barrières et dépendances des maisons proches de la forêt »</em>, informe-t-il. De quoi susciter, petit à petit, une réticence de la population à cohabiter avec l&rsquo;animal.</p>
<p><em>« Avec la démocratie est apparu l&rsquo;envie, pour beaucoup de Roumains, de posséder une maison à la montagne,</em> constate le chercheur. <em>Et certaines petites villes des Carpates rêvent de se développer sur le modèle des grandes cités touristiques du pays. A ce rythme-là, on arrivera certainement à garder en Roumanie les 300 000 skieurs qui partent chaque année skier en Autriche. Mais quelle place laisserons-nous aux ours ?»</em></p>
<p><em>« Pour éviter d&rsquo;avoir à se débarrasser d&rsquo;eux, comme ont su si bien le faire la France ou l&rsquo;Allemagne »,</em> Georges Predoiu mise sur une surveillance accrue. Et insiste : <em>« Il faut prévenir les contacts entre l&rsquo;homme et l&rsquo;ours. Malheureusement, il n&rsquo;y a aucune coordination entre les différentes institutions et très peu de moyens pour organiser les opérations. »</em></p>
<p>Silviu est né à Brasov. Il n&rsquo;a jamais vu d&rsquo;ours, a entendu beaucoup d&rsquo;histoires sur l&rsquo;animal mais a un point de vue tranché sur la situation. Dans cette histoire, selon lui, l&rsquo;intrus n&rsquo;est certainement pas celui auquel on pense :</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="466" height="262" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12249869&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="466" height="262" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12249869&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
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		<title>Au Iarmaroc Festival, de la boue jusqu’aux genoux</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 20:11:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément VOGT</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Clément Vogt]]></category>
		<category><![CDATA[Doriane Allain]]></category>
		<category><![CDATA[East Roots]]></category>
		<category><![CDATA[Iarmaroc]]></category>
		<category><![CDATA[Iarmaroc Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Urziceni]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le déluge ? Le Iarmaroc festival ! A 45 km de Bucarest, sur la base aérienne désafectée d'Urziceni, plus de 200 artistes se sont succédés du 21 au 23 mai. Reportage - les pieds dans la boue - au cœur du plus grand festival roumain.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après le déluge ? Le Iarmaroc festival ! A 45 km de Bucarest, sur la base aérienne désafectée d&rsquo;Urziceni, plus de 200 artistes se sont succédés du 21 au 23 mai. Reportage &#8211; les pieds dans la boue - au cœur du plus grand festival roumain.</strong></p>
<div id="attachment_1866" class="wp-caption aligncenter" style="width: 465px"><img class="size-full wp-image-1866" title="(© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/DSC_0412-shop.jpg" alt="Mix hip-hip au Iarmaroc Fest 2010 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" width="455" height="680" /><p class="wp-caption-text">Mix hip-hip au Iarmaroc Fest 2010 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj Apprentissage)</p></div>
<p>Un site de 27 hectares en plein cœur de la forêt. 1 000 bénévoles, 16 bars et 90 serveurs, un restaurant et 20 cuisiniers en plus des traditionnelles baraques à frites. Des milliers de &laquo;&nbsp;torok&nbsp;&raquo;, la monnaie créée à l&rsquo;occasion pour payer boissons et victuailles. Un parking de 4 000 places et un camping pouvant accueillir 2 000 tentes. Les bus du Rapid Bucarest réquisitionnés pour le transfert des festivaliers depuis la capitale. Un budget de 250 000 euros. Décidément, les organisateurs du Iarmaroc festival avaient tout prévu. Tout, sauf la mini tempête qui s’est abattue sur Urziceni le vendredi, veille de l&rsquo;ouverture, et qui a transformé la base aérienne en véritable champ de boue.</p>
<p>Le samedi matin, les traits sont tirés pour ceux qui viennent de passer une nuit plutôt humide. Certains avaient prévu de louer une tente sur place, comme cela était proposé sur le site internet de la manifestation. Mais l’orage a perturbé les plans initiaux. Essayez donc de planter des piquets dans la boue. Certains fournisseurs du camping ont d&rsquo;ailleurs préféré rebrousser chemin. Un chemin boueux, difficilement praticable, sur lequel des bus ont dû être remorqués par des tracteurs pour parcourir les 10 kilomètres à travers champs séparant la base aérienne de la dernière route goudronnée. Le festival de court-métrage a dû être annulé, le blocos accueillant le cinéma ayant littéralement pris l’eau. Des scènes ont dû être déplacées au dernier moment, étant devenues inaccessibles, pendant que d&rsquo;autres étaient recouvertes avec les moyens du bord.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="400" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=027e606c48" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="400" src="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=027e606c48" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>« <em>Tout s’est bien passé, les gens sont venus et tous avaient un bon esprit</em> », s’en réconforte George Munteanu, un des organisateurs du festival. Heureusement, le principal était là. Car pendant trois jours, les artistes se sont succédés à un rythme infernal. Deux grandes scènes et huit « sound-system » sauvés in extremis de l&rsquo;orage&#8230; Du reggae comme nous l&rsquo;avaient annoncé les membres <a href="http://blog.pressebook.fr/roumanie/2010/05/27/du-reggae-made-in-bucarest/">d&rsquo;East Roots</a>, mais aussi du rap, du rock, de la musique électro. Il y en avait pour tous les goûts. Tous les genres et sous-genres étaient représentés par 150 musiciens locaux et 50 artistes étrangers.</p>
<p>Impossible de tout voir tellement le site est gigantesque. Et la boue ne permet pas de se déplacer rapidement, sous risque de tester ses bienfaits pour la peau (ou plutôt pour ses vêtements&#8230;). Au premier rayon de soleil, le gens remisent leurs blousons et autres coupes-vent pour se masser devant les différentes scènes. Le public est assez diversifié : jeunes festivaliers, trentenaires avec leurs bébés, familles au complet, dans une ambiance vraiment très bon enfant.</p>
<p>Au final, le bilan est contrasté pour les organisateurs. Une semaine après, le staff s’en excuse encore. « <em>La pluie a retardé nos projets, nous avons perdu le contrôle de l’organisation. C’est une bonne leçon pour les prochaines éditions à venir », </em>assume sans complexe Alex Craciun, lors d’une interview sur le site roumain, <a href="http://www.modernism.ro/">modernism.ro</a>. Car si l&rsquo;esprit de la fête était au rendez-vous, la billetterie n&rsquo;a pas eu le succès escompté dans un pays où les gens achètent souvent leur billet au dernier moment. Et le temps du vendredi a dû en refroidir plus d&rsquo;un. Selon les dernières estimations, 7 000 personnes ont quand même bravé la pluie. Le Iarmaroc festival reviendra l&rsquo;année prochaine, en espérant un temps plus clément. Mais avec ce site immense et une telle convivialité, il a tout pour concurrencer les plus grands festivals européens. C&rsquo;est tout le mal qu&rsquo;on lui souhaite.</p>
<p><strong>Clément VOGT et Doriane ALLAIN</strong></p>
<div id="attachment_1875" class="wp-caption aligncenter" style="width: 465px"><img class="size-full wp-image-1875" title="(© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/DSC_0192-shop.jpg" alt="Lendemain de festival 1 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" width="455" height="305" /><p class="wp-caption-text">Lendemain de festival 1 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj Apprentissage)</p></div>
<div id="attachment_1867" class="wp-caption aligncenter" style="width: 465px"><img class="size-full wp-image-1867" title="(© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/06/P1030522-shop.jpg" alt="Lendemain de festival 2 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj apprentissage)" width="455" height="303" /><p class="wp-caption-text">Lendemain de festival 2 (© C. VOGT - D. ALLAIN / Cfj Apprentissage)</p></div>
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		<title>Baspinar, le village turc du fond des âges (sonore et vidéo)</title>
		<link>http://blog.pressebook.fr/roumanie/2010/06/01/baspinar-le-village-turc-du-fond-des-ages-sonore-et-video/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 06:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Burcu Ambre TOSUNOGLU</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe: frontières et minorités]]></category>
		<category><![CDATA[Baspinar]]></category>
		<category><![CDATA[Fantana Mare]]></category>
		<category><![CDATA[Minorité]]></category>
		<category><![CDATA[Roumanie]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
		<category><![CDATA[Turcs]]></category>

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		<description><![CDATA[Le village « Fantana Mare », rebaptisé par ses habitants « Baspinar », est une étonnante enclave turque en pleine campagne roumaine, où le temps est figé depuis 600 ans. « Nous sommes Turcs et musulmans », clament les villageois d'origine ottomane, comme si leur identité était remise en cause ou menacée. Reportage.
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>A quatre vingts kilomètres de la Mer Noire, en venant de Bucarest, le village « Fantana Mare », rebaptisé par ses habitants « Baspinar » (prononcez &laquo;&nbsp;Baspunar&nbsp;&raquo;), est une étonnante enclave turque en pleine campagne roumaine. Le temps y est figé depuis 600 ans, les coutumes et les traditions aussi. « <em>Nous sommes Turcs et musulmans </em>», clament ces villageois d&rsquo;origine ottomane, comme si leur identité était remise en cause ou menacée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: bold;"><span style="color: #000000;">On y accède en carriole, sur une route goudronnée mais rongée par les ornières. « Fantana Mare, Baspunar », annonce le discret panneau d&rsquo;entrée. Fantana comme fontaine. La source s’écoule paisiblement, imperturbable malgré les allées et venues des habitants qui s’approvisionnent à ce seul point d’eau du village. Dans la construction trapue, ornée d’une sourate du Coran, une date est gravée maladroitement : 1278. La fontaine est là depuis le XIII<sup>e</sup> siècle. Chaque vendredi, elle attire en nombre les fidèles des villages avoisinants. Le temps d&rsquo;une prière à la mosquée et d&rsquo;un après-midi, les vieillards se retrouvent au seul café de la bourgade, réservé à la gente masculine. Autour du chemin en terre battue qui traverse Baspinar, les maisonnettes sobres, en rang clairsemé, côtoient les poulaillers et, plus haut sur les collines, quelques champs cultivés. Les 400 habitants sont tous des descendants de Tatares et d’Ottomans, venus en envahisseurs au XIII<sup>e</sup> et XIV<sup>e</sup> siècle. Ils sont repartis en vaincus, quelques siècles plus tard, en laissant derrière eux les familles des guerriers. Des familles établies aux abords de la Mer Noire pour conquérir les terres par la pelle et la pioche. Et l’histoire de ce peuplement, brandie comme un étendard, se transmet de génération en génération, de bouche en oreille, puisant dans les sources d’un mythe originel.</span></span></p>
<p><span style="font-weight: bold;"><span style="color: #000000;">Cliquez sur &laquo;&nbsp;play&nbsp;&raquo; pour faire démarrer ce Vuvox :</span></span></p>
<p><span style="font-weight: bold;"><span style="color: #000000;"> </span></span></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="400" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=0274a35a84" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="400" src="http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=0274a35a84" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">La télévision turque résonne en écho dans la bourgade. Reliés au lointain pays d’origine par les paraboles qui fleurissent sur<strong> </strong>les bicoques, les habitants ont pu enrichir et actualiser leur culture turque, conservée au formol pendant des siècles. Les soap opéras, les vieux films des années 1960 et les chansons pop sont venus compléter le terreau des chants traditionnels, des contes et des dictons, autant de vecteurs qui ont transmis la langue et les coutumes « <em>Avant, on communiquait par lettre avec la famille installée en Turquie pour se tenir au courant</em> », explique Nazile d’une voix stridente. La quinquagénaire aux joues rebondies et aux yeux scintillants assure regarder à la fois les nouvelles de Turquie et de Roumanie. Baspinar est un monde à part et compte le rester.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pas un seul Roumain</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas un seul Roumain ne peuple le village « <em>Il y avait une famille, à l&rsquo;époque</em>, conte Hassan, à la moustache fournie et à la voix chevrotante, <em>mais elle n&rsquo;est pas restée longtemps. » </em>Isolée, elle a fini par quitter ce village turc : les autres enfants n&rsquo;allaient pas sonner chez elle pour les fêtes musulmanes et recevoir des bonbons, explique l&rsquo;ancien ouvrier agricole de 80 ans, devenu propriétaire et exploitant de ses terres. Sa casquette de paysan turc, fièrement fixé sur son crâne, est le symbole de son passé plus modeste. Hassan, pourtant, ne décolère pas : secouées par la crise, les familles les plus pauvres du village ont vendu leurs terres à des Roumains l&rsquo;an passé. « <em>Eh bien voilà, ils étaient pauvres, ils sont devenus plus pauvres que pauvres.</em> <em>Et</em> <em>maintenant, on ne sait pas vraiment ce qu&rsquo;ils (</em>les Roumains<em>) vont en faire.</em>»</p>
<p style="text-align: justify;">La  présence roumaine, peu souhaitée et peu appréciée, est pourtant parfois inévitable. C&rsquo;est le cas de la belle-fille roumaine de Fatma : « <em>On l’a convertie, elle et ses quatre enfants, et on l’a renommée avec un prénom turc </em>», dit-elle avant de préciser, résignée, que son fils ne lui rend plus visite. En règle générale, un homme turc peut épouser une femme roumaine, qui sera automatiquement convertie pour entrer dans la communauté, mais l’inverse est problématique selon les personnes âgées du village, qui veillent jalousement sur les coutumes et les traditions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les mariages mixtes impossibles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque les jeunes tombent amoureux ? Alors les vieux se chargent de les séparer. Regard candide, corps frêle mais cheveux coquettement coiffés au gel, Enghin, 21 ans, a vécu une histoire d’un an et demi avec une jeune fille roumaine. Il l’a présentée à sa famille&#8230; avant de la quitter : « <em>Ma tante et ma grand-mère m&rsquo;ont expliqué qu&rsquo;elles ne viendraient pas à mon mariage si je n&rsquo;épousais pas quelqu&rsquo;un de &laquo;&nbsp;chez nous&nbsp;&raquo;.</em> » Il s’est depuis marié religieusement avec une adolescente de 17 ans, rencontrée à l&rsquo;école coranique d&rsquo;un village voisin.</p>
<p style="text-align: justify;">Inscrits dans les écoles roumaines des environs, les enfants et adolescents de Baspinar bénéficient d’un régime particulier. Ils apprennent le turc et l’islam avec des professeurs venus d’Anatolie. Et les élèves les plus brillants peuvent même partir de l’autre côté de la Mer Noire, pour y étudier le Coran avec  l’aide d’une bourse allouée par le gouvernement turc. Nazile a refusé que sa fille choisisse cette voie : « <em>Qui va-t-elle convertir ici ? Qui va la payer pour cela ? Ce n&rsquo;est pas un métier que d&rsquo;être religieux de nos jours </em>», s&rsquo;époumone-t-elle. Elle, moderne, rêve au contraire d’un avenir de chanteuse pour sa fille, entre la Roumanie et la Turquie. «<em> Ils (</em>les Turcs<em>) nous envoient un professeur dont l&rsquo;épouse porte le voile très serré autour du cou (</em>signe d&rsquo;une pratique religieuse rigoureuse<em>). Elle refuse de saluer les hommes pour ne pas souiller son honneur : c&rsquo;est du jamais vu!</em> », se récrie cette femme de 50 ans qui a couvert ses cheveux uniquement lorsqu’ils sont devenus poivrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelques années, Baspinar est devenu le centre d’attentions toutes particulières de la communauté turque roumaine et de la Turquie. Même si les villageois n&rsquo;ont pas la nationalité turque, l&rsquo;état laïque investit avec l’aide du Tiad, une association qui regroupe d’anciens et nouveaux migrants turcs, tous des hommes d’affaires. Ils apportent des livres dans les écoles de la nourriture pour les familles lors des fêtes nationales et religieuses. Des rassemblements réguliers et expéditifs, qui brisent pour un moment la torpeur du village. Ils arrivent sans prévenir, à 50, « <em>dans de grandes voitures noires, très noires </em>», murmure Salihe, d’un air amusé. L’imam appelle la population du haut de son minaret, les habitants se passent le mot et se regroupent sur la place du village. Puis les hommes d’affaires turcs replient bagage sans aucun échange ou presque  : « <em>On connaît leur visage mais pas leur nom, on ne connaît pas leur vie et ils ne connaissent pas la nôtre</em> », soupire-t-elle en désignant l’intérieur coquet mais pauvre de sa maison de dix mètres carrés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bientôt un musée vivant</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe la raison pour laquelle ils viennent, les villageois de la bourgade apprécient. Et le projet de transformer le village en musée vivant, dans les cartons de l’association Tiad depuis 2007, a de quoi les faire sourire. Teyze est, elle, ravie, même si rien n’a pu aboutir pour le moment, faute de moyens : « <em>Ils doivent d&rsquo;abord mettre en place l&rsquo;eau courante pour que nous puissions recevoir les touristes</em> », explique-t-elle enjouée, débitant joyeusement ses mots dans un flot permanent. Baspinar pourrait être à l’avenir un musée à l’air libre dont les habitants seraient les vestiges d’une culture passée et vivante. Les touristes turcs et roumains arriveront en car de Constanta pour y rester plusieurs jours. L&rsquo;occasion pour ces 150 familles de partager leurs couverts et, sans doute, de gagner un peu d&rsquo;argent en retour. Les familles en sont-elles flattées ? « <em>Nous sommes là depuis 600 ans et nous sommes parvenus à rester Turcs et musulmans </em>», répète Hassan, avec un brin d&rsquo;orgueil dans le regard.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet exploit s&rsquo;explique aussi bien par leur attachement à la terre, que par la grande pauvreté qui touche une partie des habitants, contraints de rester malgré tout : « <em>On n’a pas d’issue de secours, on est là et on reste là, c’est tout</em> », dit Enghin, dont le beau-père s’est vu obligé de vendre ses 5 hectares de terre l’année dernière pour nourrir ses cinq enfants. Quelques mois après il ne reste plus rien à cette famille, sinon une dette de 200 lei (<em>50 euros</em>) à la seule épicerie du village. Les hommes migrent quelques mois par an en Roumanie, en Allemagne ou en Turquie, le temps de gagner un peu d&rsquo;argent et de rentrer car, à Baspinar et dans les environs, le travail est une denrée rare. Les femmes, elles, restent ici : « <em>Je me perdrai dans une grande ville comme Istanbul ou Bucarest </em>», croit savoir Salihe qui ajoute : « <em>Et puis, que vous voulez-vous que j&rsquo;y fasse, moi, dans ces grandes villes ? </em>»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes rêvent d&rsquo;autres espaces&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La jeunesse est-elle condamnée à émigrer si elle veut trouver un emploi ? « <em>C’est beau ici mais il n’y a plus personne</em> », sourit Aigiun, qui rompt avec la tradition en s’habillant comme un rappeur. Aux rênes de sa carriole, il montre la vaste étendue de champs inexploités, des kilomètres à perte de vue d’herbes folles balayées par le vent. Si la survie du village ne tient depuis toujours qu’à sa langue et à sa culture, la jeunesse, elle, rêve à d’autres espaces.</p>
<p><strong>Burcu Ambre TOSUNOGLU et Marine VLAHOVIC</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><strong>Video-reportage sur Baspinar :</strong></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/eFQvxc1cPFQ&amp;hl=fr&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/eFQvxc1cPFQ&amp;hl=fr&amp;fs=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
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		<title>Filantropia, le paradis des tombes perdues</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 15:26:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marine Vlahovic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Bucarest]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Filantropia]]></category>
		<category><![CDATA[Juifs]]></category>

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		<description><![CDATA[En plein cœur de la  bruyante Bucarest se cache une vaste enclave silencieuse et abandonnée. C'est le cimetière juif de Filantropia (280 000 sépultures mais seulement 7 à 8 visiteurs par semaine...), symbole de l’histoire de la communauté juive de Roumanie : décimée et exilée.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En plein cœur de la  bruyante Bucarest se cache une vaste enclave silencieuse et abandonnée. C&rsquo;est le cimetière juif de Filantropia, symbole de l’histoire de la communauté juive de Roumanie : décimée et exilée.</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>Le mur lisse et froid s’étend, interminable et compact, sur l’avenue bucarestoise grouillante et vibrante. L’enceinte d’un vert délavé pourrait abriter sans distinction une prison ou une base militaire. Seule une  étoile de David, sculptée au frontispice, trahit la nature du cimetière juif de Filantropia.</p>
<p>En un crissement, la lourde porte s’entrebâille et laisse apparaître un visage rougeaud au nez vérolé, petit corps ramassé devant une monumentale synagogue. Les petits yeux enfoncés du gardien du cimetière s’illuminent devant le billet tendu par le visiteur, droit de passage obligé pour pénétrer dans le saint des saints. Après avoir tenté sans succès de garder pour lui le dû, Eugène Zilverman, &laquo;&nbsp;<em>l’homme d’argent&nbsp;&raquo; </em>en allemand, qui semble porter sa seule richesse sur son dos, s’avance, titubant, dans le paradis des tombes perdues. « <em>Grand, grand</em> », mime-t-il en écartant les bras.</p>
<p>Sur un kilomètre de long et 150 m de large s’étalent 280 000 sépultures offertes à la nature. De part et d’autre de l’unique sentier, quelques herbes folles se transforment vite en broussailles puis en forêt. La jungle de ronces  dissimule l’agencement des allées, entretenues en des temps immémoriaux. Dans le chaos le plus total gisent les tombes, éventrées, victimes des tremblements de terre successifs qui ont secoué la capitale. Quelques bouquets sont pourtant discrètement posés sur les tombes les plus récentes et dans l’allée des artistes. Dernière demeure pour les gens célèbres, Filantropia accueillent en silence leurs notes finales.</p>
<p>Les défunts sont seulement dérangés, de temps à autre, par les pétarades du gardien qui conduit fièrement un scooter rutilant, son chien à ses côtés, unique instant de jeu. Eugène, plus préoccupé par la bouteille d’alcool jaune qu’il vient d’acheter, règne en seigneur placide sur ces stèles où les inscriptions en hébreu et en roumain louent la mémoire des disparus. Avalées par le temps, les épitaphes ne sont plus que des signes en braille adressés aux vivants. Des vivants absents pourtant de cette cité des morts tombée dans l’oubli.</p>
<div id="attachment_1753" class="wp-caption alignleft" style="width: 342px"><img class="size-full wp-image-1753" title="TOMBES IMMEUBLES" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/TOMBES-IMMEUBLES.JPG" alt="Cimetière de Filantropia. (Marine Vlahovic/CFJapprentissage)" width="332" height="316" /><p class="wp-caption-text"> Cimetière de Filantropia.   (Photo Marine Vlahovic / Cfj Apprentissage)</p></div>
<div class="mceTemp">
<div id="attachment_1754" class="wp-caption alignleft" style="width: 465px"><img class="size-full wp-image-1754" title="TOMBES EVENTREES" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/TOMBES-EVENTREES.JPG" alt="Cimetière de Filantropia (Marine Vlahovic/CFJapprentissage)" width="455" height="305" /><p class="wp-caption-text">Le cimetière juif de Filantropia compte 280 000 sépultures, pour la plupart en ruine, en plein coeur de la capitale de la Roumanie (Marine Vlahovic / Cfj Apprentissage)</p></div>
</div>
<p>La</p>
<p>Roumanie était l’un des plus gros foyer juif d’Europe de l’Est. Une communauté décimée par la déportation orchestrée avec zèle sous le régime pro nazi d’Antonescu pendant la Seconde Guerre Mondiale. De 280 000 à 380 000 personnes ont péri dans les massacres et les camps de Transnistrie. Puis dans l’après-guerre, il y eut l’émigration massive vers Israël, une <em>alya</em> qui a repris de plus bel à la chute du régime de Ceaucescu, en 1989. Des 800 000 juifs qui vivaient dans la grande Roumanie pendant l’entre-deux guerres, il n’en reste plus que 8 000 aujourd’hui, c&rsquo;est peu pour pouvoir entretenir et honorer tant de sépultures. De l’autre côté de la Méditerranée, on compte bien 500 000 Israéliens d&rsquo;origine roumaine. Mais, en plein cœur de Bucarest, le cimetière Filantropia, lui, n’en finit pas de tomber en ruines.</p>
<p>« <em>Personne ne s’en occupe</em> », peste Gabriela Vasili, historienne qui mène ses recherches sur l’art funéraire juif en Roumanie. La cause principale n’est pas le manque d’argent, selon elle, mais une guerre entre mémoire et patrimoine. La Fédération des juifs de Roumanie, responsable de la nécropole, préfère utiliser les fonds reçus de l’étranger pour mettre en place des manifestations ou des programmes autour de l’Holocauste en Roumanie, reconnu officiellement par le gouvernement au début des années 2000. Mais le patrimoine, seule preuve matérielle d’une ancienne présence juive, se délabre :  « <em>Il n’y a déjà plus de juifs ici, le patrimoine va-t-il lui aussi disparaître si l’on continue comme ça ?</em> », tance la jeune femme. En attendant, bien peu de personnes foulent le sol du cimetière : « <em>Il doit y avoir 7 ou 8 visiteurs par semaine</em> », concède Eugène qui, penché sur le registre alphabétique, déchiffre avec peine le nom commençant par la lettre A du dernier mort, enterré en 2008.</p>
<div id="attachment_1755" class="wp-caption aligncenter" style="width: 465px"><img class="size-full wp-image-1755" title="EUGENE" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/EUGENE.JPG" alt="Eugène Zilverman, gardien des tombes perdues" width="455" height="305" /><p class="wp-caption-text">Eugène Zilverman, gardien des tombes perdues (Marine Vlahovic / Cfj Apprentissage)</p></div>
<p>Enchanté  de briser sa solitude, et profitant du soleil qui illumine la demeure éternelle, le cerbère qui veille sur ces défunts oubliés ne peut s’empêcher de s’amuser entre deux crachats: « <em>Si les morts sortaient de leurs tombes, moi je boirais bien une bière <em>avec eux </em>en jouant aux échecs </em>», badine-t-il de sa voix enrouée. Puis il referme sur lui la porte blindée du cimetière de Filantropia, muraille du temps qui recèle encore bien des secrets.</p>
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		<title>Alexandro, une vie de kiosque</title>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 16:30:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Doriane ALLAIN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Bucarest]]></category>
		<category><![CDATA[Doriane]]></category>
		<category><![CDATA[kiosque]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>

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		<description><![CDATA[Un petit creux, besoin d'une cigarette, ou d'un mouchoir pour calmer votre rhume des foins ? Alors bienvenue chez Alex, commerçant bucarestois de 38 ans...
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="font-weight: bold;">Un petit creux, besoin d&rsquo;une cigarette, ou d&rsquo;un mouchoir pour calmer votre rhume des foins ? Alors bienvenue chez Alex, commerçant bucarestois de 38 ans&#8230;.</strong></p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1763" title="Alexandro (© Doriane ALLAIN/ cfj apprentissages) " src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/alex-465x311.jpg" alt="Alexandro (© Doriane ALLAIN/ cfj apprentissages) " width="465" height="311" /></p>
<p>De son vrai nom, Alexandro, ce Bucarestois de 38 ans travaille 7 j./7 dans 5 m² et comble le moindre petit désir des passants de la halle commerçante de Piata Romana. « <em>Ce sont tous des fous ici, ils ne s&rsquo;arrêtent jamais </em>», ironise Alex, lui qui a changé une fois de kiosque en trois ans, mais toujours au centre de Bucarest.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Dans ce fourre-tout du prêt à emporter, où les barres chocolatées aux emballages flashy côtoient les couleurs ambrés des centilitres de whisky, Alex ne chôme pas, de 6h à 20h. « <em>Je te présente ma sœur, Cristina </em>», précise-t-il  à mon interrogation devant cette femme, bébé dans les bras, accolée à la vitre du comptoir où est perché son frère. « <em>Ce qui est bien dans mon travail, c&rsquo;est que tout le monde sait où me trouver  pour bavarder, dire bonjour. </em>» Parmi la centaine de clients qui passe ce midi à son kiosque, anonymes et proches défilent. A cette heure de grosse affluence, une voisine de palier aux cheveux grisonnant profite de sa balade pour recharger le crédit de son portable. Vite rejointe par une amie, l&rsquo;ambiance joyeuse, amuse tout autant qu&rsquo;exaspère Alex, qui jongle avec les Pim&rsquo;s locaux et les expressos à servir.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Entre deux fous rires, l&rsquo;arrivée de Patricia, sa femme, et de  Dounia, la livreuse de colis, la douce cacophonie s&rsquo;amplifie, rythmée par les allées et venues de la clientèle. « <em>Je ne peux pas trop quitter mon poste&#8230; sauf quand j&rsquo;ai besoin d&rsquo;aller aux toilettes, alors là je fais appel à un commerçant du coin</em> », s&rsquo;amuse Alex, qui a enfin trouvé un équilibre. « <em>Je n&rsquo;ai pas fait beaucoup d&rsquo;études, je travaille depuis mes 16 ans. Ici je suis bien, même si ce n&rsquo;est pas simple tous les jours </em>», admet-t-il devant sa faible paie, 200 euros, avec laquelle il doit faire vivre sa femme et son fils, Claudiu, 9 ans.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">« <em>Toujours en train de parler </em>», l&rsquo;interpelle son patron Mahamed, propriétaire d&rsquo;un autre kiosque à 500 mètres de là. Il n&rsquo;a que deux kiosques sur les près de mille qui ceinturent la ville. Une franchise qui ne connaît pas la crise. &laquo;&nbsp;<em>On a toujours besoin de quelque chose et, ici où les gens n&rsquo;ont pas le temps de s&rsquo;arrêter, c&rsquo;est une bonne affaire </em>&laquo;&nbsp;, affirme Mahamed, qui pense  ouvrir un troisième &laquo;&nbsp;magasin&nbsp;&raquo;.  Au bout d&rsquo;une heure, Alex a un moment de répit. L&rsquo;ancien caissier de supermarché ne regrette pas son choix de vie. &nbsp;&raquo; <em>Je travaille une semaine sur deux, je gère seul mon temps et, même si je suis employé, au moins ici j&rsquo;ai mon indépendance.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<div><span style="font-family: 'Lucida Grande', Verdana, Arial, 'Bitstream Vera Sans', sans-serif;"><span style="line-height: 18px; white-space: pre-wrap;"></p>
<div id="attachment_1763" class="wp-caption aligncenter" style="width: 475px"><img class="size-medium wp-image-1763" title="alex " src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/alex-465x311.jpg" alt="(© Doriane ALLAIN/ cfj apprentissages)" width="465" height="311" /><p class="wp-caption-text">(© Doriane ALLAIN/ cfj apprentissages)</p></div>
<p></span></span></div>
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		<title>Sur les traces de Stefan Kovacs à Cluj</title>
		<link>http://blog.pressebook.fr/roumanie/2010/05/29/sur-les-traces-de-stefan-kovacs-a-cluj/</link>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 16:22:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MOLLARET</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[football]]></category>
		<category><![CDATA[Kovacs]]></category>
		<category><![CDATA[Roumanie]]></category>

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		<description><![CDATA[A quelques jours de la Coupe du monde sud-africaine, Roumanoscopie a tenté de revenir sur les pas du seul prédécesseur étranger de Raymond Domenech au poste de sélectionneur unique de l'équipe de France. Stefan Kovacs, qui a dirigé les Bleus de 1973 à 1975, a passé une grande partie de sa vie à Cluj.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A quelques jours de la Coupe du monde sud-africaine, Roumanoscopie a tenté de revenir sur les pas du seul prédécesseur étranger de Raymond Domenech au poste de sélectionneur unique de l&rsquo;équipe de France. Stefan Kovacs, qui a dirigé les Bleus de 1973 à 1975, a passé une grande partie de sa vie à Cluj.</strong></p>
<p>Quinze années ont passé depuis son décès. Stefan Kovacs est enterré à Cluj, dans le nord de la Roumanie, là où il est mort. Là, où il a terminé sa carrière de joueur et débuté celle d&rsquo;entraîneur. Cette ville de 310 000 habitants à qui il a tant donné à la fin de sa vie, après avoir entraîné plusieurs clubs de l&rsquo;Ouest, à commencer par l&rsquo;Ajax de la belle époque (1971-73), menée par Johan Cruyff, avec qui il a remporté deux Coupes d&rsquo;Europe. Pourtant, difficile de trouver trace à Cluj du co-inventeur du football total.</p>
<div id="attachment_1791" class="wp-caption alignleft" style="width: 230px"><img class="size-full wp-image-1791 " style="margin: 5px;" title="4_stefan_kovacs-877805612" src="http://blog.pressebook.fr/roumanie/files/2010/05/4_stefan_kovacs-877805612.jpg" alt="Stefan Kovacs" width="220" height="275" /><p class="wp-caption-text">Stefan Kovacs (photo DR)</p></div>
<p>Direction la faculté des sports de la ville. De discussion en discussion, on me présente à l&rsquo;un des hommes qui l&rsquo;a le mieux connu. Son nom : Szoboszlay Miklos. Il a côtoyé Stefan Kovacs à l&rsquo;Universitatea Cluj. D&rsquo;abord en jouant avec lui, puis en étant son adjoint. A 85 ans, la mémoire est encore vive pour cet autre Hongro-roumain. &nbsp;&raquo; Il était un très bon joueur. Et avait surtout un très bon esprit qu&rsquo;il a transmis aux équipes qu&rsquo;il a coaché. Très consciencieux dans son travail, il était un amoureux du beau jeu et du plaisir de jouer &laquo;&nbsp;, décrit l&rsquo;ancien gardien de but.</p>
<p>Devenus amis, les deux ne se sont plus perdus de vue jusqu&rsquo;en 1995. Même si Stefan Kovacs a voyagé. C&rsquo;est tout auréolé de ses succès avec l&rsquo;Ajax que l&rsquo;ex-milieu de terrain rejoint les Bleus, entre 1973 et 1975. Il instaure un jeu porté vers l&rsquo;offensive et gagne sa place parmi les sélectionneurs qui ont marqué l&rsquo;histoire de l&rsquo;équipe de France, non pas par le palmarès puisqu&rsquo;il n&rsquo;a remporté que deux matches en deux ans, mais par l&rsquo;impact aux sortir des tristes et défensives années Georges Boulogne. &nbsp;&raquo; Il a découvert certains jeunes joueurs, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs lui qui a lancé Dominique Rocheteau alors qu&rsquo;il était presque inconnu, et il a préparé l&rsquo;équipe de France qui a été bonne ensuite avec la génération Platini &nbsp;&raquo;, résume Szoboszlay Miklos.</p>
<p>Le chemin vers Kovacs dans la ville se perd vers l&rsquo;Ouest. Un site internet indique que l&rsquo;enfant de Cluj aurait une association sportive à son nom. Direction la rue Nicolae Pascaly. Le bâtiment qui porte le numéro 9 est difficile à trouver. Et une fois repéré, rien ne fait référence à cette association. Peine perdue d&rsquo;autant que l&rsquo;ancien sélectionneur, devenu entraîneur des Grecs du Panathinaïkos et de l&rsquo;AS Monaco, n&rsquo;a finalement pas laissé une trace impérissable dans cette cité. Rares et plus très jeunes sont ceux qui se souviennent de lui, ou plutôt qui savent qui il est. &nbsp;&raquo; Je sais qu&rsquo;il a joué à Cluj et qu&rsquo;il a entraîné l&rsquo;Universitatea. Mais je ne sais pas grand chose de plus. Je ne l&rsquo;ai jamais rencontré &laquo;&nbsp;, témoigne cet homme d&rsquo;une soixantaine d&rsquo;années, installé à l&rsquo;un des ordinateurs de l&rsquo;office du tourisme.</p>
<p>Le constat est clair. Stefan Kovacs, dont le fils, introuvable, vit à Cluj, n&rsquo;a pas marqué les esprits. Seuls certains qui l&rsquo;ont connu tentent de véhiculer son image, comme le fait Szoboszlay Miklos auprès des jeunes du club de leur coeur. Parce qu&rsquo;il reste la légende. Celle d&rsquo;un homme qui aimait passionnément le jeu et voulait voir ses joueurs prendre du plaisir. Dommage que cette passation de témoin ne se fasse dans l&rsquo;indifférence pour ce Monsieur du foot français, salué par son pays d&rsquo;adoption à l&rsquo;occasion de son enterrement.</p>
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		<title>Les plages de Mamaïa menacées par l&#8217;érosion</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 13:04:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Katia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les côtes touristiques de la Mer Noire sont menacées par l'érosion. La célèbre station balnéaire Mamaïa, qui attire chaque été des milliers de vacanciers, risque de disparaître d'ici vingt ans.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="384" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdfamy" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="384" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdfamy" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Katia Kerbous et Samira El Gadir</p>
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