Live to « Iarmaroc Fest » (vidéo + portfolio)

Grand rendez-vous musical qui lance la saison en Roumanie, le « Iarmaroc Fest » s’était donné pour pari de réunir, dans son cadre exceptionnel, ce qui se fait de mieux sur la scène roumaine. En reggae, hip hop et rock.

« C’est là où il faut être si vous voulez voir ce qu’est la scène underground roumaine », nous avait prévenu Bogdan, leader du collectif Reggae, East Roots. Dans cette forêt enchantée, où les murs taggés des blockhaus rappellent le terrain militaire d’antan, une boîte musicale à ciel ouvert a réjoui nos oreilles grandes ouvertes. Elles se sont délectées de reggae, avec les Suisses qui font de la résistance en tentant d’imposer ce genre musical encore peu connu en Roumanie (lire l’article « Du reggae made in Bucarest ») et de hip hop, avec le rappeur Vapor et ses potes, qui luttent tous les jours pour que ce mouvement, né de l’autre côté de l’Atlantique, arrive enfin a braver les frontières de l’Est de l’Europe .

 

 Comme tout bon festival, une scène principale a laissé le champ libre aux grosses têtes d’affiches. Tout d’abord avec Luna Amara. Ce groupe de métal alternatif – même si on devrait plutôt le classer en style Emo -, fondé il y a onze ans dans la ville étudiante de Cluj, est une des causes de la prédominance de la musique rock en Roumanie. C’est le groupe phare grâce à Mihnea Blidariu, l’un de ses fondateurs, qui a su imposer le son clair de la trompette au milieu des riffs de guitares énervées. Un génie musical, qui passe du cuivre à la gratte électrique et au chant avec une aisance déconcertante. Même facilité quand il change de style, en moins d’une heure, passant l’air de rien des rythmes posés du funk à l’énergique tempo rock.

Seconde tête d’affiche ? El Negro, qui a pour slogan : « Le seul groupe reggae de Roumanie. » Cette formation de sept musiciens, née en 1999 mais connue seulement depuis 2004 et la fin de son contrat avec une filiale de Sony France, rencontre un beau succès auprès du grand public. Elle a pourtant de réelles difficultés, encore aujourd’hui, à faire partie de la programmation des radios locales…

Le « Iarmaroc Fest » a réussi son pari : montrer la vitalité et la modernité de la musique roumaine… à suivre de près.

 Article de Doriane ALLAIN et Clément VOGT

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