Orthodoxie : ce fou de Dieu est un bon vivant

Ioan Nicolau

Ioan Nicolau (R. Benbourek / © Cfj apprentissage)

Sur le perron de la faculté de théologie orthodoxe de Bucarest, les étudiants se pressent pour ne pas rater leur cours. Certains professeurs, également prêtres, sont vêtus de robes noires. Quelques étudiants de cinquième et dernière année, arborent eux aussi l’habit sombre et se mêlent aux plus jeunes, jeans et baskets aux pieds. Parmi eux, Ioan Nicolau, 23 ans, en troisième année. Ce jeune Roumain plein d’enthousiasme nous parle de ses études très spirituelles.

« Ioan, en quoi consiste votre formation ?

- Il ne s’agit pas seulement de l’étude de la théologie au sens strict du terme. Nous apprenons à venir en aide aux gens, à apporter de l’espoir à ceux qui n’en n’ont pas. De cette manière, nous essayons de les aider à résoudre leurs problèmes professionnels ou sentimentaux. Nous étudions ainsi des sujets différents qui vont de la philanthropie jusqu’au social, en passant par la psychologie. Le parcours est calqué sur celui de n’importe quelle université : une licence, puis un master. Les examens sont assez difficiles. Il faut connaître le Nouveau Testament quasiment par cœur, maîtriser une langue étrangère et le dogme d’une autre Eglise…

La faculté de Théologie orthodoxe de Bucarest

La faculté de théologie orthodoxe de Bucarest (R. Benbourek / © Cfj apprentissage)

- Pourquoi vous être orienté vers ces études ?

- Il y a plusieurs raisons. D’abord l’idée d’apporter du soutien aux gens me plaît beaucoup. Dans notre pays, il y a énormément de personnes qui ont besoin de Dieu car les salaires sont bas et la crise économique n’arrange rien. Evidemment, je crois en Dieu. Pour comprendre le monde dans lequel je vis, il m’aide énormément. Il y a beaucoup de gens comme moi qui s’intéressent à la religion, même des scientifiques convaincus. Et puis c’est aussi une sorte de fierté pour ma famille. Mon frère n’a pas fait d’études, alors pour ma mère il était très important que j’aille à l’université et encore plus que je m’intéresse à la théologie.

- Que comptez-vous faire après ces études ?

- Je dois avouer que la robe noire représente une sorte de mystère pour l’instant. Mais si Dieu m’appelle, je suivrai bien sûr la voie de la prêtrise. La médecine m’attire beaucoup également. C’est la même idée : soigner les gens, leur redonner du courage…

A l'intérieur de la Faculté

A l'intérieur de la faculté (R. Benbourek / © Cfj apprentissage)

Pour l’heure, j’apprends, j’étudie, je rencontre des gens… Il me plaît de suivre la devise latine du carpe diem. Nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait, même si je sais que Dieu veille sur nous, c’est lui qui décidera ce que je deviendrai… »

Propos recueillis par Rébecca BENBOUREK et Claire GAILLARD

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