Paris Z

L’instant parisien de Z: la place Furstenberg, son musée Delacroix, son reverbère (et ses strings)

24 novembre 2009 · 2 commentaires

Souvent ignorée des passants, cette place,  considérée par les (vrais) amoureux de notre belle ville comme l’une des plus délicieuses de la capitales est mieux connue des touristes que des Parisiens, ce qui a le don de m’agacer.

P1010267

J’en parle parce qu’au détour d’une balade à Saint Germain, j’y ai passé un moment délicieux. Si  trainez vos guêtres rue Jacob un de ces jours, sortez de l’itinéraire classique Ladurée-Pré au Clercs-Rue Bonaparte et venez y faire une échappée, vous y trouverez au mieux quelques surprises comme moi hier, au pire une halte bucolique (mais oui mais oui).

Rotonde et harmonieuse, mystérieuse de nuit, tout à fait merveilleuse au printemps, et poétique à souhait en automne, ce génie d’architecture repose ce fameux  réverbère qui donne au lieu tout son équilibre. C’était l’ancienne cour du musée abbatial, construit au XVII ème siècle et qui n’a d’ailleurs d’intérêt que vu de là.

Martin Scorsese y a tourné la dernière scène de son film The Age of innocence (excellent film s’il en est, avec un excellent Daniel Day Lewis et une vibrante Michelle Pfeiffer, dans une splendide reconstitution de New York des années 1860,1870’s),  adaptation du roman d’Edith Warthon (grande romancière américaine s’il en est et c’est son chef d’œuvre, à lire en anglais si vous le pouvez) et en voici l’extrait, la place n’ a pas bougé depuis.

Et samedi, j’y ai découvert le Musée Delacroix, situé dans l’appartement et l’atelier ou Eugène Delacroix a peint et vécu les dernières années de sa vie avant d’y mourir de la tuberculose. Peu de belles toiles ( à part le portrait de sa fidèle Jenny et une sublime Madeleine au désert qui avait enchanté Baudelaire) mais beaucoup de beaux objets marocains rapportés de voyage en Orient (Delacroix c’est le peintre des Femmes turques au bain et autres Sultan du Maroc).

P1010261

Surtout l’appartement, l’atelier et le jardin offrent un petit voyage dans le temps, à l’époque pas si lointaine où la rive gauche était encore presque la campagne.Le monsieur qui surveille l’appartement est un bon gros bonhomme très engageant, qui connait la biographie de Delacroix par coeur, engagez donc la conversation avec lui.

P1010255

Quant au réverbère dont je vous parlais, eh bien des personnes d’un goût certain avaient jugé bon de l’orner de quelques strings, ce qui n’enlevait rien au charme puissant du lieu. Quand vous y passerez dites moi s’ils y sont encore…

P1010265

Anne Claire nous en a aussi parlé dans ses idées week end, preuve qu’elle a du nez

Dismoioù trouve que c’est la plus jolie place de Paris, voire du monde entier

Le site du Musée Delacroix

Et le bouquin d’une jeune demoiselle, Lorraine Fouchet, à qui le lieu a inspiré un roman, je ne me porte pas garante mais pourquoi pas ….

→ 2 CommentsCategories: 6 ème · l'instant parisien de Z
Tagged: , , , , , , , , , , , ,

Le guérisseur de poupées

23 novembre 2009 · 3 commentaires

Une fois n’est pas coutume, découverte d’un lieu “Unique à Paris” comme le dit la vitrine,  en forme de portrait. Henry Launay exerce dans sa boutique Repare Service un métier en voie de disparition : réparateur de poupées. J’ai rencontré ce monsieur jeudi matin, une véritable perle, qui m’ a offert un voyage dans le temps. Si vous voulez réjouir vos vieux parents et faire  réparer leur Marie Jeanne, allez voir ce virtuose, sinon arrêtez vous quand même, un petit monde s’ouvre à vous .

« Mon métier est  passionnant, je redonne vie, je guéris, je panse mes petites malades. » sourit ce vieil homme en blouse blanche. Sur sa devanture, vous lirez,  « Réparations de poupées anciennes, stock unique de pièces détachées : bras, jambes, têtes, yeux, perruques… »  Et sa boutique-atelier est un véritable petit hôpital, où s’entassent de grandes duchesses de porcelaines, de petits baigneurs nus et bronzés, des gros nounours à moitié pelés,  dont l’ossature en bois et le fourrage en paille se désintègrent peu à peu.

P1010238

Ce matin Henri Launay travaille sur une poupée au corps disloqué en carton-pâte, dont il assemble avec patience et minutie, armé d’un petit tournevis, les bras, puis les jambes puis le tout ensemble. La main tremble un peu, le geste est lent mais sûr et précis, tendre même. Pas encore fixé au corps grossier, un charmant petit minois aux yeux bleus. Sur la nuque, la date de confection est peinte : 1902. « Celle ci, c’est une poupée à la tête en biscuit. Mais elle n’est pas comestible, s’amuse-t-il, bis-cuit, ça veut dire que la porcelaine a été cuite deux fois. » Elle a beaucoup souffert, ses propriétaires lui ont coupé les doigts et les cheveux lorsqu’ils étaient enfants « en pensant que ca repousserait, c’est un classique».

Et Henri  s’y connait, il a réparé plus de 30 000 poupées. « C’est ma quarante-sixième année, j’ai toujours à faire à des clients passionnés, se réjouit, en fredonnant Chopin, celui qui a commencé à la dure comme électricien à 13 ans. Longtemps sa spécialité fut la réparation des articles de voyages. Ceintures et serviettes en cuir jonchent encore les étagères du magasin. « Autrefois,  quand on achetait un parapluie, on aimait l’entretenir, on l’amenait chez le réparateur » se souvient-il. « Avec les nouveaux produits qui viennent d’ailleurs, on achète, on jette, c’est une autre mentalité » soupire ce vétéran.

A l’heure du Made in china, Henri fait un pied de nez à la société de consommation et assure une véritable mission. «Vous savez, avant, une poupée était un luxe, explique-t-il, on la gardait longtemps, on la transmettait sur plusieurs générations, et quand on la cassait c’était un vrai drame ». Comme celle-ci, qui attend son tour la bouche ouverte. « C’est une dame d’un certain âge qui me l’a apporté, raconte-t-il. Sa mère travaillait dur à l’usine et le weekend end, elle faisait des ménages. C’est avec l’argent des ménages qu’elle lui avait offert ce jouet et elle sera très émue de le retrouver. »

P1010235


En 1964, quand les derniers fabricants de poupées français disparaissent, et avec eux, les réparateurs, de plus en plus, on fait appel à Henri  pour rafistoler ces trésors d’enfance. Il rachète, avant la fermeture des usines, tous les stocks de ces fameux baigneurs en celluloïds qui ont accompagné à la toilette tous les petits enfants  de l’après guerre. Des pièces qui se retrouvent à l’atelier dans un vieux carton à chaussures, où l’on peut lire sur une étiquette usée « jambes années 50 ».

P1010233

Henry aime à dire qu’il a été  « à l’école autodidacte ». Il a appris au fil du temps  à différencier les anatomies  hétéroclites de ses amies inanimées. Elles peuvent avoir les yeux fixes, dormeurs ou encore riboulants, c’est à dire qui roulent au gré des mouvement des la poupée, grâce à un minutieux système de poids fixé à l’intérieur de sa tête. Ces trouvailles des artisans ne cessent, aujourd‘hui encore d’émerveiller Henri : «Rendez-vous  compte, c’est si ingénieux… Aujourd‘hui tout est électronique… » Henri revendique « ce savoir faire, ce doigté » qu’il a tenté de retrouver. « A mon niveau, je peux dire en toute modestie que je suis le seul »constate-t-il.

P1010245

Et c’est ainsi qu’il attire les collectionneurs, qui ne jurent que par lui et viennent même de Suisse ou d’Allemagne pour faire soigner leurs chères poupées par Henry. Une renommée telle que deux magasins de poupées anciennes ont ouvert à quelques mètres de chez lui, espérant hameçonner les amateurs, pour qui Repare Service est à un passage obligé à Paris.

Il a exercé ce métier, jusqu’à 12 heures par jour dans les années fastes,  avec beaucoup de bonheur et finalement assez de confort : « j’ai pu élever toute ma famille ». A 82 ans, il peut se permettre de ralentir le rythme, pour profiter de sa femme et de sa moto, qu’il enfourche encore pour faire quelques balades. Mais il ne songe pas encore à arrêter « Ma boutique, c’est mon univers, sans ma boutique, je suis comme mutilé, comme elle.. », et il désigne une petit blonde d’une cinquantaine de centimètre, qui sourit malgré son bras arraché.

P1010234

Repare Service

114 av Parmentier

75011 Paris

Tel: 01 43 57 09 02

Epik’art aussi est allé voir Henri

Et pour s’y rendre

Agrandir le plan

→ 3 CommentsCategories: 11ème · Magasins
Tagged: , , , , , , , , , , , , ,

L’instant parisien: envolée (lyrique) à la porte Saint Denis

8 novembre 2009 · Pas de commentaire

De temps en temps, un clin d’oeil en un cliché à un bout de Paris et de sa couronne qui nous rappelle que cette ville chronophage et survoltée vaut le coup d’être contemplée sous toutes ses coutures….

Et aujourd’hui un tête à tête avec les pigeons de la porte Saint Denis, nourris par la population interlope qui squatte ce carrefour autrefois glorieux…Une reminiscence de la place Saint Marc à Venise .

→ No CommentsCategories: l'instant parisien de Z

Un petit tour à la petite fripe

7 novembre 2009 · 7 commentaires

n76147026200_4309

Bottes seventies, robes à épaulettes, mocassins en daim italien, ceinture de taille fifties à boucle dorée… Qu’ on soit branchouilles, collectionneurs de bizarreries ou amateurs de bons vieux pulls marins on trouve  toujours son bonheur à la petite fripe, ce qui est rare disons-le.

P1010160

Trois raisons pour y aller, même si comme moi, vous n’êtes pas un fripeur/fripeuse inconditionnel/le:

-Elle est extrêmement bien triée et, comme son nom l’indique, toute petite. Je fais partie des gens qui ont un haut le coeur après avoir fouillé pendant dix minutes  sans relâche les cartons poussiéreux des friperies bon marché. Ici, quasiment tout est joli, en bon état, original et dans l’air du temps. La spécialité c’est la chaussure, le stock est en constant renouvellement, on a donc droit à des soldes de temps en temps.

P1010170

Ne vous énervez pas si vous ne trouvez une pointure qui siée ( eh oui c’est ça l’orthographe de seoir au subjonctif présent) à votre peton, les femmes d’autrefois avait vraiment des pieds d’enfants, demandez plutôt à l’un ou l’une  des acolytes du propriétaire du lieu qui vous éclaireront.

P1010167

-A la petite fripe rien n’est hors de prix, plusieurs beaux articles sont même carrément bon marché ( comme cette sublime veste à épaulettes à 19 euros qui me donne un air de Lauren Bacall) et  ça c’est assez exceptionnel. Oubliez donc ces voleurs de Kiliwatch, ici la belle botte en cuir est à 40 euros, les mocassins entre 10 et 30 euros maxi.

P1010158

-Enfin, oserais-je dire surtout, il y a Hassan, le propriétaire au  bonnet et à la doudoune rouge, enfant du quartier(je vous fais une photo bientôt, promis) . La petite fripe c’est son magasin et son salon de réception, ne vous étonnez donc pas, si au bout de votre deuxième visite il vous offre un café sur la petite table en face du magasin. Il écume les stocks le matin et vous les sert bien disposés parmi des E.T. en noeud-papillon…

P1010162

un téléphone sans âge …

P1010173

et une Vierge Marie bien entourée

Quand on est gentil et bon client il sait aussi faire des prix.

Bref, que vous cherchiez des hardes chics,  un costume d’apparat pour aller à une soirée déguisée, ou que vous ayez simplement envie de saisir au vol un instant oberkampfien par essence, venez faire un tour.

P1010176

La petite fripe, 118 rue oberkampf

75011 Paris

Des horaires aussi originaux que le boss et son bonnet:

Mardi-Jeudi:13h00 – 21h00

Vendredi-Samedi:13h00-22h00

Dimanche: 15h00-21h00 (enfin.. certains dimanches il sèche..)

Carte et infos pour vous y rendre

Afficher La petite fripe sur une carte plus grande

La page de la petite fripe sur Facebook

FraiseCitron  vous fait une liste des meilleures friperies parisiennes

→ 7 CommentsCategories: 11ème · Magasins
Tagged: , , , , , , ,

Première gourmandise: la Pâtisserie viennoise

16 octobre 2009 · 3 commentaires

J’ai été bien longue à me décider à pondre un premier billet, mais…. J’ai promis de la cantine et du bon plan de première qualité en voilà donc. C’est authentique, absolument délicieux au goûter comme au déjeuner et surtout c’est pas cher du tout.

Un lieu de gourmandise confidentiel. Ceux à qui j’ai vendu de l’insolite vont me rire au nez, car pour qui fut, est ou sera étudiant au quartier latin, la Pâtisserie viennoise est une véritable institution, dont on garde pourtant  jalousement le secret.Et ceux qui ne connaissent pas son existence ne s’y arrêtent jamais.

Pour dénicher cette perle parisienne, tournez dans la charmante petite rue de l’École de  médecine et vous apercevrez sa sobre enseigne blanche et bordeaux. Par une triste et froide après-midi d’hiver où vous bougonnez que le quartier latin est rempli d’attrapes-touriste, vous serez absolument ravis de venir vous réchauffer avec un chocolat viennois épais et recouvert d’un légère crème faite maison. La vitrine déjà vous allèche.

Une vitrine discrète et si appétissante ...
Une vitrine discrète et si appétissante …

La pâtisserie, tenue d’une main de fer par une sémillante équipe de dames en tablier nourrit les étudiants affamés et fauchés depuis 1928  et me régalent, moi, Z depuis 2004. La règle ici c’est de faire la queue aux heures de pointes, c’est à dire 12h00-15h00  pour le déjeuner,  puis entre 16h30 et 18h00 pour  le goûter.

Quand on est chanceux, on arrive à se trouver une place entre deux chercheurs sur une banquettes en cuir et à la même table ce qui est d’ailleurs, messieurs, un excellent moyen de draguer la jolie liseuse en Fac de Lettres. Sinon, on mange sur le minuscule comptoir de l’entrée.

En heure creuse bien entendu
En heure creuse bien entendu

Le décor est tout à fait charmant dans le style bonne maman, sauf que c’est pas du chiqué puisque ça n’a pas beaucoup changé depuis le temps où ma propre mère, MC  y allait.

A noter: le charmant mot adressé aux messieurs dans les toilettes.

P1010068

Détaillons le menu. Tous les jours une tarte ou un feuilleté à découvrir : tourte aux légumes et au cantal, tarte végétarienne, forme de légumes, quiche lorraine ou feuilleté tomate aubergine… Le tout pour la modique somme de 4,50 euros.

Sinon on a les pâtes, qui ne se valent pas toutes, les tagliatelles maison au saumon sont un must, et celles au roquefort aussi pour qui aime.

Ma grande joie à moi ce sont les salades. Il paraitrait que certains les commandent du fin fond du 16°,  je n’hésite parfois pas à faire  un détour d’une petite heure pour les manger. Elles n’ont pas l’air énorme mais l’apparence est trompeuse car elles sont en réalité copieuses. Les légumes sont frais, nombreux, croquants et uniquement de saison. Italienne au jambon cru ( ma préférée, je ne la commande plus, on me la sert en automatique)  norvégiennes au pomme de terre et au saumon … La merveille c’est que pâtes et salades sont à 7 euros, ce qui permettra aux fauchés de manger sain pour rien.

Et le goûter… La pâtisserie viennoise a hérité, comme son nom l’indique, d’une longue tradition autrichienne. On y trouve donc toutes sortes de strudels, et un choix de roulés inégalé à Paris: aux cerises, au chocolat ou  pommes cannelle (voir photo) .

Le délicieux roulé de mon voisin
Le délicieux roulé de mon voisin

Et aussi, de délicieuses pâtisseries au pavot, toute une gamme de recettes plus au moins originales au chocolat, notamment une assez bonne forêt noire. Ses viennois (café ou chocolat) sont copieux et son choix de thé Mariage illimité.

Le fondant et sa délicieuse crème maison
Le fondant et sa délicieuse crème maison

L’idéal pour moi : une tarte aux noix et un thé Morphée ou encore chocolat viennois et tarte orange cannelle amandes (voir photo) ou aussi le craquant, un gâteau au chocolat absolument divin.

Ma formule d'hiver
Ma formule d’hiver

La pâtisserie viennoise, 8 rue de l’école de Médecine, 75006 Paris

01 43 26 60 48

Ouvert de 9h00 à 19h00 du lundi au vendredi… Eh oui malheureusement fermée le week-end !

Ils en parlent: Cityvox.fr, Cuisine en WG , qui est fan comme moi, Crazy Violette, qui a fait de belles photos du craquant…hmmmm

Et voici la carte

Agrandir le plan

→ 3 CommentsCategories: 6 ème · Resto/Bar
Tagged: , , , , , , , , ,