HK-Tokyo, l’aller-retour nocturne de Derek Yee

3 avril 2010

Shinjuku Incident-ouatia

L’auto-remake déguisé. Ou comment refaire le même film, sans en avoir l’air. Avec son dernier long-métrage, le plutôt bon Shinjuku Incident, le réalisateur hongkongais Derek Yee reprend les ingrédients du chef d’œuvre qui l’a fait connaître, One Night in Mongkok (2004).

Noir. L’urgence, la nuit : Derek Yee filme Tokyo comme Hong Kong, et retrouve dans le quartier de Shinjuku (Tokyo) les figures déjà aperçues sur les trottoirs bondés de Mongkok (Hong Kong). La caméra colle aux basques des putes, des flics, des immigrés, des marginaux. Le héros, incarné par Jackie Chan, est de nouveau un campagnard chinois, péquenaud débrouillard mais égaré dans les rues de la ville-labyrinthe.

Une des forces de One Night, l’unité temporelle, est abandonnée, mais puisque peu de choses se passent le jour, la nuit tokyoïte semble longue et unique. Le film confirme d’ailleurs, si besoin était, que les cinéastes hongkongais sont parmi les meilleurs pour magnifier les nuits urbaines et leurs lumières artificielles (The Longuest Nite, PTU…). Pour Derek Yee et ses collègues, c’est une fois le jour fini que tout s’anime et que les destins se télescopent, comme si les personnages n’avaient d’existence qu’à la nuit tombée.

Langue. D’un film à l’autre, les obsessions du réalisateur n’ont pas changé. On retrouve dans Shinjuku la drogue, le gangstérisme et ses trafics, et la violence froide, autant d’éléments déjà présents dans One Night et Protégé (2007). Le choc des cultures aussi, qui rend ses films passionnants. « Les Japonais ne volent pas alors ils croient que les autres non plus. Imbéciles ! », s’exclame un des personnages. Ces derniers parlent cantonais, mandarin, japonais, anglais. Les idiomes définissent les protagonistes et leur rapport aux autres, les langues s’entrechoquent sans traduction ni doublage.

La communication passe alors par les actes. Mais Derek Yee, qui n’est pas un action director comme Dante Lam ou John Woo, aime glorifier les exploits anonymes. Le réalisateur achève son film sur une fusillade minimaliste et confuse, où l’approximation des tirs devient une nouvelle forme d’incompréhension.

The Shinjuku Incident, Derek Yee, Hong Kong, 2008.


Shinjuku Incident Trailer 2
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One Night in Mongkok (2004)

Le nouveau film de Derek Yee, Triple Tap (2010)


Cinéma asiatique : la vidéo bilan de 2009 !

31 décembre 2009
En 2009, Eric Besson a fait du zèle et la planète s’est réchauffée un peu plus. Michael Jackson et Claude Lévi-Strauss sont morts. Sans parler de Twitter et ses 140 signes diaboliques, plus vivant que jamais.
 
Ponyo sur la falaise a été le film asiatique le plus vu dans les salles (820 000 entrées), même si Slumdog Millionaire (non, ce n’est pas un film indien) a été plébiscité (2 614 000 entrées).
 
Sur les écrans français, en 2009, une vingtaine de films asiatiques sortis. Du bon, du moins bon, mais jamais de daubes.
 
Le bilan (non exhaustif) en vidéo, en attendant le Top 10 !

2009 : un an de ciné asiatique en France
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J-2 : Tokyo Zombie

1 septembre 2009

Tentative nipponne à la Shaun of the Dead, Tokyo Zombie présente deux losers face à des zombies sortis du « Black Fuji », une décharge où les cadavres reviennent à la vie. L’humour est bas du front, le film bancal. A essayer.


J-17 : 252

17 août 2009

Toujours dans la peur du Big One, un tremblement de terre dévastateur, le Japon produit un lot conséquent de films catastrophes. 252 : Signal of Life en fait partie, décrivant le périple d’un groupe de survivants cherchant à signaler sa présence à la surface, après un séisme ET un typhon. Du dramatique, du lourd.

A noter à la fin de la bande-annonce une pub pour un sifflet, type gilet de sauvetage (!!). Au cas où le film est mauvais, c’est pour évacuer la salle ?