03
mai

Life during Wartime : acide et vitriol pour une chronique amère et drolatique d’une Amérique un rien folle

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Il en est que ce cynisme sadique fait grincer des dents, que cet humour noir (mais noir…) énerve. Rien ne sert de le cacher, moi, je suis amateur que dis-je, friand de ce rire acide. J’ai ri -et de bon coeur- des dégueulasseries pédophiles. J’ai ri aussi -c’est mon côté salaud- de la névrose de Joy, le malheureux petit fantôme de femme qu’incarne Shirley Henderson. J’ai ri du malheur (le grand) et des malheurs (les petits). Et ça fait du bien.

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23
avr

Lignes de front : le journaliste et le génocide

Après une vacance pour cause de vacances, voilà le Fauteuil de nouveau occupé. Pour vous parler d’un film sur le génocide rwandais, Lignes de front.

Film qui n’est pas, et c’est déjà un bon point, la fresque larmoyante et voyeuriste que le cinéma se sent trop souvent obligé de produire sur ce genre de thématique.

Film qui n’est pas encore, et c’est un deuxième bon point, un prétexte à « « messages » » et leçons de morale, quels qu’ils soient.

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31
mar

The Ghost Writer : venez prendre une bonne leçon de cinéma

Thriller. Anglicisme : to thrill « faire frissonner ». Film policier ou fantastique qui procure des sensations fortes (…).

On peut se passer du Robert pour définir un thriller… The Ghost Writer, film magistral de Roman Polanski, est sur nos écrans depuis un mois (400 000 entrées). L’occasion pour nous de prendre une bonne leçon de cinéma.

Ce thriller n’est pas un film original. Toute la grammaire cinématographique du genre y est revisitée, point par point. Le scénario lui non plus ne recèle aucune surprise : isolement (une île), huis clos (une villa bunkerisée dans les dunes), atmosphère (deuil, tempête), quiproquo, enquête, course-poursuite, et retournement final de l’intrigue (on dit twist quand on se la ramène…). Tout y est. Le film de genre par excellence. Mais au lieu du didactique, du pompeux, du lourdingue que nous réservent souvent ces démonstrations cinématographiques, Roman Polanski nous gratifie d’un film brillant dont l’intelligence tient à la simplicité de sa mise en scène, proprement au service du suspense.

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27
mar

L’énergie du désespoir amoureux, en rires et en chansons

Desperate Housewives saison 8 à la Pépinière théâtre.

Quatre femmes. Du désespoir amoureux à revendre, des déceptions sentimentales à la pelle. Quatre maisons, quatre voisines.

Un faux-air de Wisteria Lane. Mais, pour le coup, pas de blonde pulpeuse ni de brunette aguicheuse, pas de coucherie ni de crimes passionnels. Juste de beaux récits de simples passions, de tristes histoires d’amour. Des jamais, des toujours, des encore.

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16
mar

Visite guidée sur Shutter Island

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“En 1954, l’US.Marshall Teddy Daniels (alias Leonardo DiCaprio) et son nouvel équipier Chuck Aule, sont envoyés sur l’île de Shutter Island, une prison-asile au large Boston, pour enquêter sur la disparition d’une dangereuse patiente. Leur travail ne sera pas facilité par les résidents, qu’ils soient réputés fous ou non.”

Avec un tel synopsis, le best-seller de Dennis Lehane commençait par annoncer pesamment un genre (le thriller d’investigation) et la ribambelle d’actants anxiogènes qui lui est inhérente, tels que l’hostilité des mâtons, la captivité sur l’île en l’absence de ferry, la dangerosité des fous… Autant d’indices sur les développements possibles d’une intrigue bien (comprendre : lourdement) balisée. Scorcese en remet une couche par sa mise en scène : contreplongées plus ou moins discrètes, crescendo sur des basses répétées (comme dans Les Dents de la mer), épais brouillard, insignes de cops fièrement brandies et longs imperméables sont de rigueur pour nous donner les repères d’une catégorie bien identifiée de fiction, et pour orienter nos attentes.

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14
mar

Tapis rouge pour La Reine des pommes

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Accueil critique triomphal. La Reine des pommes ? “A croquer” clament en choeur les journaleux français, qui se suivent et se ressemblent dans leur (bon) goût comme dans leurs (mauvais) jeux de mots. “Rohmerien”(L’Express) s’époumonent-ils, mobilisant encore “Varda” et “Demy”, la référence gage de l’érudition… ou de la bonne lecture du dossier de presse qui place le film sous le patronage des trois grands noms sus-mentionnés, cités dans la plupart des critiques ! Bravo la com’, merci les journaleux.

Après seulement trois semaines d’exploitation, le premier long-métrage de Valérie Donzelli est projeté dans 34 salles en France… là où ça bouge, du genre à Brétigny-sur-Orge…

La Reine des pommes ; un machin un peu indéfinissable, un truc sympa à regarder, une douceur amère qui fait sourire. Prétexte à bavardages et paroles en l’air pour Le Fauteuil : sur les tics et travers des critiques cinés (suivisme et gobage de promo), sur ces films que la presse encense mais que personne ne va voir, sur cette industrie culturelle qui va te faire bouffer de La Rafle parce que c’est Bien (alors que c’est nul) et du navet amerloque (même pas français, oui ma p’tite dame, même pas français, le navet).

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06
mar

Fantastique Fantastic Mr Fox

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Attention, chef-d’oeuvre.

L’histoire : Mr Fox est un ancien voleur de poule reconverti dans le journalisme de pacotille. Femme aimante, enfant et petit T3 (terrier trois pièces, bien sûr). Une vie rangée de renard rentré dans le rang. Besoin de reconnaissance, instinct poussant vers l’exaltation du danger : Mr Fox veut retourner à sa “condition d’animal sauvage” dit-il. La rapine maligne, le vol osé, ce monsieur renard, un rien vantard, voit les choses en grand. Il installe sa petite famille dans un somptueux tronc d’arbre (”marre de vivre sous terre, il me faut la lumière”). Avec vue sur les trois grosses fermes de la région. Jumelles, plan d’accès et recrutement du compère idoine. Mr Fox est paré pour son grand coup. Il va devenir le Lupin du vol de poule. Et…

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27
fév

Drôle et difficile, vaudeville de haut vol

Voilà un titre pour le moins alambiqué.

Celui de la pièce en question (jouée au Théâtre du Vieux Colombier jusqu’à… demain – oui, je sais, comme actualité, on fait mieux !) ne l’est pas moins : Paroles, pas de rôles/vaudeville. Titre-fleuve et sophistiqué qui résume à la fois la nature et l’objectif du spectacle : une déconstruction du métier d’acteur sur un mode comique, de verbe comme de situation.

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22
fév

Trois films à ne pas aller voir cette semaine

(ça tombe bien, ils ne sont plus à l’affiche !)

I-     Sherlock Holmes : bim bam boum plop

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Sur les conseils du Lecteur Aigri, référence blogosphérique au sens critique particulièrement aiguisé, j’avais surmonté les préjugés, prénotions, a priori et autres réticences qui d’habitude règlent ma conduite.

La bande-annonce qui laisse présager du pire, le réalisateur (associé à une somptueuse série de navets), les acteurs (Jude Law m’énerve), les critiques (Télérama adore…), etc. Cela n’a pas été suffisant. J’étais prévenu, j’ai vu et, dès les cinq premières minutes, je n’eus qu’une envie : quitter la salle.

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11
fév

Mr Nobody : personne pour le voir, qui pour le lire ?

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« C’est un film sur le doute. Mais je peux me tromper… » Le doute est fécond, dit-on, conscience douloureuse mais entraînante, indispensable compagnon de la création. Chez Jaco Van Dormael, c’en est presque caricatural. Le doute, pris comme thématique, est exploré dans toute sa filmographie, de sa première bobine, le court-métrage È pericoloso sporgersi (1982), à son dernier film, Mr Nobody, en passant par le long-métrage qui l’a révélé, Toto le héros (1991). Il fonde également sa démarche artistique. Une indécision maladive conduit ainsi le scénariste et réalisateur de Mr Nobody à faire précéder la sortie de son film de la publication de son scénario. Comme s’il craignait que l’image ne vampirise son idée, ne la fige, ne la dénature. Dans la très belle préface qu’il donne au script de son dernier film, Jaco Van Dormael écrit : « Je vous donne le scénario de Mr Nobody à rêver. Avant qu’il ne s’enrichisse de réalité, d’êtres humains, de vrais visages […] Ce jour-là, il n’est plus rêvable. » Il fait là le procès d’un cinéma désenchanteur.

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