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Fredy dans le métro, ou comment sauver la planète

fredy dans le metroEn plein sommet de Copenhague, alors que le monde occidental tout entier vrombit de discours et d’initiatives pour sauver la planète en ne tirant plus la chasse et en pissant sous la douche, les deux porte-parole de l’UMP Dominique Paillé et Frédéric Lefebvre ont décidé de faire l’éloge du métro.
Car n’en doutons pas, le transport ferroviaire en milieu urbain et péri-urbain contient la
résolution dialectique du conflit entre  les mots ” écologique ” et ” populaire “, deux pôles souvent antithétiques, particulièrement difficiles à réconcilier… et vers lesquels, pourtant, l’homme politique doit s’efforcer simultanément de tendre.

Etre populaire et écolo à la fois, c’est une vraie gageure même pour un homme politique averti. Car l’homme du peuple, l’homme modeste, en plus de puer le chou et la soupe aux oignons, est un pollueur invétéré et foncièrement dégueulasse. Alors que le riche pollue de temps en temps par choix ou par snobisme, lorsqu’il conduit sa Bugatti Veyron, fait venir son steak de Kobé , ou part en week-end à Saint-Bart, le pauvre, lui,  pollue constamment par nécessité, dès qu’il conduit sa vieille twingo diesel pour aller à l’usine, qu’il se chauffe au fuel en décembre, ou qu’il bouffe des tomates arrivées d’Espagne par camion.

La frénésie funeste qui pousse le pauvre à polluer à tout prix dès qu’il consomme pour vivre est toutefois traversée, de part en part, de verts éclairs de lucidité eco-responsable. Car le pauvre prend le métro. Dans la poche de sa doudoune en polyamide fabriquée en Chine, repose son permis de compensation carbone : sa carte orange 5 zones.

Les hommes politiques ont bien compris l’intérêt qu’il y avait à faire l’éloge du mode de transport favori des pauvres. Eux qui depuis longtemps déjà, vantent les valeurs de proximité fraternelle des migrations pendulaires biquotidiennes en wagons surpeuplés (ah, ces doux moments de franche camaraderie, où l’on sent son coeur battre au rythme de ceux de ses voisins, le nez coincé dans l’aisselle d’un plus grand, les pieds broyés par les pompes d’un plus lourd, et ces rangées irréelles de sourires anonymes). Eux qui, lorsqu’ils sont en campagne, donnent de leur personne et, malgré le danger, vont jusqu’à prendre eux mêmes les transports en commun ( on se souvient peut-être de l’improbable voyage en métro d’Edouard Balladur en 1993, à l’aise comme un poisson dans l’eau oxygénée. On se souvient aussi des promesses plus récentes de Christine Lagarde, qui avait assuré qu’elle était ” prête à donner l’exemple ” en se mettant elle aussi au métro. Au final quelques chanceux auront vu Bibi, mais on attend toujours Marie-Chantal).

Voilà pourquoi Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, rhétoriciens habiles, et fins stratèges, se sont sentis le devoir d’expliquer à l’oeil parfaitement subjectif des caméras de la page Dailymotion personnelle de l’UMP, que prendre le métro c’était faire un geste éco-citoyen majeur, et qu’ils le prenaient eux-mêmes de temps en temps pour sauver la planète du réchauffement climatique.

http://www.dailymotion.com/videoxbgwc4

J’ai pas de chance, en tout cas. Je ne croise jamais Frédéric. Il ne doit pas prendre la ligne 4.

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