Jamais seuls

Samedi, juin 20th, 2009

Robert Rauschenberg Lucy’s Beach, 2005

TECH. Après Loopt, le widget pour iPhone qui montre la position des amis sur Google Latitude, la géolocalisation seduit les twitteurs. Avec TwitterLocal il est possible de suivre tous les fils Twitter des habitants d’une ville.

Pour les geo-curieux, suivez Wired.

contre la ville verticale

Mercredi, mai 13th, 2009

INTERVIEW(S). Les tours nous entourent. Elles font désormais partie de la silhouette naturelle de chaque ville : dans le monde les bâtiments de plus de 200 mètres de haut sont au nombre de 15 000. Mais dans le skyline de Paris, une vaste esplanade grise de toits de tôle, se distinguent seulement la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse. Depuis quelques années les projets de construction de tours et gratte-ciel se multiplient. La ville verticale s’impose dans l’avenir de la capitale parisienne en se proposant comme symbole de modernité et de progrès. Mais les avis sont partagés et les critiques multiples. La guerre aux tours est un combat qui dure depuis des années.

Comment le gratte-ciel est devenu un symbole de modernité ?

Bernard Huet. « Le gratte-ciel moderne est devenu un objet irrationnel anti-économique et absurde que la crise linguistique a totalement vidé de sa substance signifiante. D’abord, support du signe publicitaire, il s’est transformé en signe vide par excellence de l’espace moderne euclidien, isotrope, homogène. Sa mort est proche et il rejoint déjà au musée des grands mythes populaires les ‘villes flottantes et volantes’ chargées de toutes les potentialités catastrophiques et apocalyptiques d’une société agonisante et convulsionnaire. Le cinéma commercial ne s’y trompe pas qui associe le gratte-ciel, le Zeppelin et le paquebot aux terreurs primitives de l’humanité, l’incendie, l’inondation et le tremblement de terre ». Extrait de L’Architecture d’Aujourd’hui, 1975.

Au contraire des images cinématographiques, le gratte-ciel trouve sa place légitime dans la société individualiste et consumériste d’aujourd’hui.

Frank Lloyd Wright. « Les gratte-ciel n’ont pas de vie propre, pas de vie à donner, n’en recevant aucune de la nature de la construction. Aucune. Et ils n’ont pas de relations avec les alentours. Parfaitement barbares, ils se dressent sans égards particuliers pour ces alentours, ni les uns pour les autres ; ils n’ont d’autre objet que de gagner la course ou d’attirer le locataire. L’espace cet élément psychique plein de charme de la ville américaine a disparu. À la place de ce sentiment subtil s’est installé le resserrement haut et étroit. L’enveloppe des gratte-ciel est sans morale, sans beauté, sans permanence. C’est une prouesse commerciale ou un simple expédient. Les gratte-ciel n’ont pas d’idéal unitaire plus élevé que le succès commercial ». Extrait de La tyrannie du gratte-ciel, 1930.

Méga-chantiers et consumérisme sont donc inséparables. Aujourd’hui Dubai, avec les gratte-ciel Burj Dubai (800 m) et Al Burj (700m), en est l’exemple, et la dérive, le plus évident.

Mike Davis. « De fait, Dubai est l’incarnation du rêve des réactionnaires américaines – une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d’opposition (ni élections, d’ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale – non officielle -, qui définit aussi son image planétaire, est la fameux Festival du Shopping, parrainé par les vingt-cinq centres commerciaux de la ville. Ce grande moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme, provenant du Moyen-Orient et d’Asie du Sud ». Extrait de Le stade Dubai du capitalisme, 2007.

Quels sont les risques de la ville verticale ?

Paul Virilio. « Aujourd’hui, on vit la fin de la trame viaire, c’est-à-dire du contact avec le sol, la route, la rue, au profit d’une perception survolée et lointaine : celle des hélicoptères qui survolent la ville, ou des voitures qui passent à toute vitesse, sur une autoroute. On ne perçoit plus qu’à distance, c’est-à-dire de haut ou de loin. Les pouvoirs jouent la dissuasion pour que les gens restent chez eux. Chacun va se prémunir encore plus contre des agressions possibles. Les ghettos, qu’ils soient de pauvres ou de riches, ne cessent de se fortifier ». Extrait d’une interview parue dans Libération le 20 décembre 2005.

Comment les gates-communities s’intègrent-t-elles à l’identité de la ville verticale ?

Thierry Paquot. « La tour comme les gated communities vont contre une certaine conception de la ville : une ville du partage, accessible à tous, qui ne discrimine pas selon des critères de revenus ou socio-culturels comme la religion, l’âge ou la pratique sexuelle. Errer dans une ville comme bon me semble dans la plus grande sécurité possible me convient très bien. Qu’on me prive de pouvoir circuler, via des tours ou des rues résidentielles privées protégées par des vigiles, c’est une négation de l’idéal que j’aie de la ville. Je pense que la grande force de la ville que Beaudelaire a si bien poétisée, c’est précisément cette possibilité de s’y sentir chez soi, de pouvoir entrer dehors ». Extrait d’une interview du magazine mouvements.info.

Voici un article de La revue de l’Urbanisme pour plus d’informations sur les tours et la ville verticale.

Shapeville

Mardi, mai 5th, 2009

ZONE MILITAIRE. Une caserne de pompiers, une école internationale, un club pour femmes de militaires et une agence de voyage. Les 1100 haut-dirigeants du centre de commandement militaire des forces (SHAPE) de l’OTAN en Europe habitent dans la campagne belge. Pas loin de la frontière française et à 50 kilomètres au sud de Bruxelles. Derrière les barbelés, une vrai ville militaire. (photos Giulio Zucchini)

Young urban professional

Samedi, avril 4th, 2009

YUPPIES. Je voulais écrire un papier sur les yuppies et les années 80. Reagan, Wall street et la cocaïne. En cherchant des infos sur le net, j’ai lu un article que l’écrivain américain Jay McInerney a écrit pour le magazine New York. Je vous laisse le plaisir de le lire.

« Like hippies, yuppies were baby-boomers rebelling against their parents. But the yuppies weren’t rejecting their parents’ politics so much as their parents’ taste and budgetary constraints. Yuppies seemed to be apolitical. Urbanity, one of their namesake characteristics, was a reaction to the suburbs, where many of them had grown up. Their epicureanism was presumably a reaction to the canned, frozen, and processed food that most of them had grown up on. As for their signature ambition, well, BMWs and 5,000-square-foot raw loft spaces didn’t come cheap, even in 1984. But of course there was more to it than that, even in the cartoon version, since the self-improvement ethic extended to the physical realm as well. It’s hard to believe now, but there weren’t all that many gyms in Manhattan in 1979 ». Extrait de l’article Yuppies in Eden.

En 1991, le magazine Time a décrété la mort des yuppies avec un nécrologie fausse et une chronologie du phénomène. A partir de l’apparition du mot, en 1983, quand c’était juste une façon nouvelle d’appeler les preppies, jusqu’à sa disparition tragique huit ans plus tard, suite à la récession économique des années 90.

« The causes of death were family, finances and fatigue. (…) Since early 1983, when the term first appeared in print, more than 22,000 magazine and newspaper articles have featured the word yuppie. (…)The yuppie mystique was built around a sense of generational entitlement that had its roots in the prosperity of the 1950s and ’60s. (…) 1991: Yuppies are once again pronounced dead on the arrival of the recession». Extrait de l’article The Birth and – Maybe – Death of Yuppiedom.

En guerre

Mardi, mars 24th, 2009

PHOTOGRAPHIE. Les archives photographiques du magazine américain Life sont en ligne depuis novembre 2008. 10 millions de photos, dont 98% jamais publiées, sont disponibles sur la toile. Des documents précieux qui racontent l’histoire du monde de 1860 à aujourd’hui. En fouillant dans les archives, j’ai trouvé des images de plusieurs villes européennes pendant la guerre. L’image des capitales d’aujourd’hui – envahies par la riche modernité du consumérisme – est troublée par un passé oublié. Qu’on n’arrive pas à visualiser. J’explique comme ça le succès de l’exposition de l’été passé du photographe André Zucca “Paris sous le nazisme”.

Septembre 1944. L’arrivée des Alliés à Paris

1916. Les soldats italiens arrivent à Reims pendant la Première Guerre mondiale

1943. Aldgate, Londres. Des enfants utilisent les ruines d’un bâtiment comme scène pour un spectacle de vaudeville

1945, Berlin. Ce qui reste du Reichstag après les bombardements des Alliés

 

Disneycratie

Jeudi, mars 19th, 2009

VILLES PRIVEES. « Elle sera comme devrait être la ville de l’avenir : une ville au service des gens. Une communauté planifiée et contrôlée. Une vitrine de l’industrie et de la recherche, de l’éducation et des possibilités culturelles. Il n’y aura pas de bidonvilles, car on ne les laissera pas s’installer. Il n’y aura pas des propriétaires terriens et donc aucun contrôle électoral. Les gens loueront leurs maisons au lieu de les acheter et le loyers seront modestes. Pas de retraités non plus. Tous les citoyens seront des travailleurs ». En 1966, Walt Disney imaginait ainsi “Epcot”, Experimental Prototype Community of Tomorrow, une ville dont il serait propriétaire et qui suivait les règles de la disneycratie.

Walt Disney et sa femme Lillian à Rio de Janeiro

En 1964, le créateur de Mickey avait acheté à proximité d’Orlando un terrain de 11 000 hectares, c’est-à-dire la superficie de la municipalité de Paris. C’est ici qu’aurait dû naître Epcot. Walt Disney avait pu obtenir de l’Etat de la Floride une souveraineté fiscale, administrative et policière totale sur le terrain. Le projet original devait faire partie du développement de Walt Disney World, le parc thématique qui ouvrait ici en 1971. On devra attendre jusqu’au 1995 pour voir la naissance de Celebration, une ville inspirée par le projet Epcot dans les environs de Disney World.

Projet originale d’Epcot

Epcot aujourd’hui, un parc avec des attractions technologiques

A Celebration, la population est fixée à 20 000 habitants distribués dans 2 500 habitations. L’architecture des bâtiments s’inspire du style classique, victorien, colonial, méditerranéen ou encore français. Quintessence des valeurs bourgeoises et de l’American dream, Celebration impose des règles de vie très strictes. Il est interdit de faire sécher son linge dans le jardin, qui doit être attentivement soigné. Il est également interdit de s’absenter pendant plus de trois mois de sa maison.

web 2.0 + 3D isométrique

Samedi, février 7th, 2009

GEOGRAPHIE VIRTUELLE . Prenez Sim city. Utilisez des vrais villes et dessinez les bâtiments en 3D isométrique. Notez les noms des rues, des musées, des institutions, des restaurants, des hôtels… Utilisez un système de géolocalisation pour afficher les photos des hot spots. Faire ça pour les 33 villes les plus grandes du monde, c’est du boulot. Laissez-le aux autres donc : le principe du web 2.0,c’est un peu ça, non? Ajoutez un social network à coté pour que les internautes qui partagent un voyage, une ville, ou un resto se connaissent. Utilisez le Big Mac comme index pour comprendre le coût de la vie de la ville. Voici le projet coréen Onion Map.

Photocatalyse du ciment

Lundi, février 2nd, 2009
POLLUTION. L’avenir d’une ville pourrait dépendre du ciment utilisé pour sa construction. Italcementi, une entreprise italienne crée en 1864, est le cinquième producteur de ciment au monde, avec un chiffre d’affaires de 6001 millions d’euros. La holding de la famille Pesenti, installée à Bergame – à coté de Milan – a produit un nouveau genre de ciment dépolluant et auto-nettoyant: le TX Active. Le taux de gaz polluants dans l’air est réduit de 20 % à 80 % par rapport à une rue bordée de bâtiments en béton classique. C’est le dioxide de titanium – le catalyseur – qui est capables de décomposer par oxydo-réduction certaines substances organiques et inorganiques présentes dans l’atmosphère.

Le ciment Portland est fabriqué à partir d’un mélange d’argile et de calcaire broyé que l’on chauffe pour former un clinker avant d’être réduit en une poudre fine. Cette poudre doit présenter des proportions fixées à l’avance en calcium, en aluminium, en silicium et en fer. L’addition d’eau produit alors une pâte qui prend en durcissant. On mélange ce ciment Portland à du sable et à des cailloux afin d’obtenir divers types de béton. Extrait de l’Encyclopédie Encarta.

MEDIAS+. Un article concernant TX Aria est sorti ce mois dans Chronicart. Une belle nouvelle pour l’environnement et l’avenir de la ville. Tellement belle que j’ai décidé d’écrire un post, meme si ça date de 2006.

Les interstices d’aujourd’hui

Vendredi, janvier 30th, 2009


CONFLIT URBAIN. Ils se donnent rendez-vous sur un vieux blog Skyrock, karim750101. Le dernier post remonte au 27 août 2005. Mais les derniers commentaires, bien cachés derrière l’apparence d’un site abandonné, sont au nombre de 2024. Les appartenants aux bandes de Paris se mettent en avant, s’insultent, se provoquent. Comme s’il s’agissait d’un groupe de gangsters qui se passent des messages secrets dans une zone industriel.

Le commentaire le plus récent a été posté il y a 40 minutes. “MAIS PUT1 ARETEZ LES FRERES YA DES COINS CHAUDS DANS TOUT LES ARRONDISSEMENTS DE PANAME ET SES LES CITES QUI COMPTE PAS LES ARRONDISSEMENTS ET TOUT LES ARRONDISSEMENTS A PARTIR DU 10 ONT DES CITES CHAUDE” a posté hier PANAME UNITED. Paris Nord Sale insulte Panam Sud: “GARDEZ LA PECHE LES PUTES DU SUD VOUS NOUS FEREZ TJ AUTANT MARREZ LES AMATEURS LOL“. Morsay vient de la banlieue: “moi jdi les kartiers 2 panam kon respecte en banlieue c barbes, riket, cambrai, pdf, clicli ca c la mif, pdv, gab, danube, belleville, la brilla, srelpa, la banane,la tourj“.

Parce que c’est ça finalement. Classement et respect. Chaque personne qui poste un commentaire récrit le classement des quartiers chauds. Des quartiers – des tieks – qu’on respecte. Après, c’est la confrontation. Chaque bande, HLM, cité, rue ou quartier, est en guerre contre un autre. La Grange Aux Belles contre Rebeval. Place de Fêtes contre Danube. Glacière contre Alésia. Et chaque arrondissement a son rap. Le XVIIIe, c’est le rap militant. Les “mecs de Jaurès” écoutent RDG.

Comme les bandes de Chicago des années 20, les bandes parisiennes d’aujourd’hui communiquent dans les interstices virtuels de la société contemporaine: les commentaires d’un blog abandonné il y quatre ans.

Les interstices urbains

Jeudi, janvier 29th, 2009

CRIMINALITE. Chicago, années 20. La ville était le terrain de jeu de 1313 bandes, selon le sociologue américain Frederic Milton Thrasher. Des adolescents et des jeunes appartenants au Baquet de sang ou aux Aubépines durs. Les bandes constituait la gangland, une zone interstitielle, dans la complexe structure de la ville. L’antropologue Ulf Hannerz voit dans ces interstices urbains, “la frontière morale et culturelle qui permettait à la nature humaine de s’exprimer dans toute sa brutalité“. C’était donc la désorganisation politique et sociale qui permettait la création des bandes dans ces lieus. Les gangs étaient “un effort spontané des jeunes pour créer une société” là où les institutions les abandonnaient.

La carte dessinée par Thrasher est disponible on-line sur le site de l’Université de Chicago.

Tout bien rangé

Jeudi, janvier 29th, 2009

ART. Publié dans les pages du spectaculaire magazine Le Tigre, on découvre le travail d’une artiste française, Armelle Caron. Elle a rangé cinq villes. Paris – dans l’image -, New York, Berlin, Istanbul et Tamarac.

Le Tigre, curieux magazine curieux. 104 pages | 6,80 euros

VILLE + MULTICULTI + WIKI

Mercredi, janvier 28th, 2009

LINGUISTIQUE. Le vieux dictionnaire d’étymologie n’est plus suffisant. La globalisation, internet, les sub-cultures qui deviennent main stream, l’immigration culturelle de masse. Beaucoup trop de nouveaux mots pour tous les connaître. Au moins le slang anglais et américain a été mis on-line grâce au projet wiki Urban Dictionary. Pour un seul mot, plusieurs définitions et des exemples postés par différents internautes.

Exemple d’une définition. France:

 
1. A Western European nation. Located slightly beneath Britain, in most or all senses.
2. Produces nice wine.
3. Produces nice cheese.
4. Produces shedloads of nuclear weapons, which are happily tested on small Pacific atolls home to endangered species of fish and pygmies.
5. The number one source of irritation for the rest of Europe. This manages to go unnoticed by many Americans, who assume the continent is a single amorphous blob.
6. Also the number one source of contention for the United States, having replaced the Soviet Union.
7. Has an annoying accent.
8. Dislikes British beef. This, as theory and experiment have shown, is due to France’s argumentative and overly vegetarian wussiness and has nothing whatsoever to do with life-threatening brain disease.
9. Dislikes Germany, for invading it repeatedly and being German.
10. Dislikes Britain for constant warfare, political disagreement and out of habit.
11. Dislikes the United States for its competition in the ‘irritating accents’ league table and also for having more nuclear weapons and cheese than France.
12. Dislikes…. well, most things, actually.
13. Is a thoroughly splendid country.
14. Is filled with thoroughly un-splendid French people.

Paris, géographie de la violence

Mardi, janvier 27th, 2009

Le criminel, Gianluigi Toccafondo

CRIMINALITE. J’habite dans le 10e mais je ne vois rien de ce qui se passe pendant la journée. Ou la nuit. Agressions, drogues, braquages, incendies, accidents… Risk in Paris enregistre toutes ces informations. Un blog citoyen qui utilise la géolocalisation pour connaître “les faits divers autour d’une adresse dans la région parisienne pour pouvoir mesurer sa sécurité“. En signalant les accidents grâce à la technologie Google Maps on découvre l’historique de la violence urbaine dans notre quartier.

En suivant la meme logique du site parisien, Spot Crime, montre la vie criminelle de New York. A Londres c’est sur le site officiel de la police, Met’s Crime Mapping, qu’on peut visualiser les crimes, quartier par quartier.

Contre l’architecture

Vendredi, janvier 23rd, 2009

LIVRES. Le dernier essai de l’architecte italien Franco La Cecla, Contre l’architecture, est le genre de livre que j’adore. 115 pages, couverture monochrome et des histoires inédites.

1. La Courneuve 4000 SUD | En mars 1956, dans la banlieue nord de Paris, commence la construction d’une cité de 4000 logements. Les architectes Clément Tambuté et Henri Delacroix sont chargés du projet.

L'unité d'habitation développé par Le Corbusier

Les 4000 de La Courneuve sont construits en béton et selon les techniques les plus performantes de l’époque, à savoir le béton coulé sur place, l’utilisation du chemin de grue et les coffrages en tunnel. Le principe de la technique dite « du chemin de grue », permettant de réaliser de façon rationnelle de longues barres ponctuées de quelques tours, consiste à utiliser une voie ferrée sur laquelle roule la grue qui élève les composants et disposant ainsi, de part et d’autre de son « chemin », plusieurs immeubles rectilignes. La logique industrielle de la réalisation des 4000 est typique du taylorisme appliqué au secteur du bâtiment : répétition du travail et spécialisation des tâches organisées selon un planning très strict. Les façades des barres des 4000 illustrent parfaitement ce principe. Chaque façade est constituée de panneaux, toujours le même, dans lequel est insérée, à chaque fois, la même fenêtre coulissante. L’apparente variation de couleur consiste à inverser les panneaux, la couleur une fois à gauche, une fois à droite. Extrait de tourisme93.com

Depuis des années cette cité est victime de la criminalité, de l’isolement et de l’indifférence des institutions. L’anthropologue Alessia De Biase recueille les histoires des gens que habitent la cité. Pour comprendre comment sortir de l’anonymat – de la faillite ? – des formes architecturales et s’approprier, et domestiquer, les espaces. laacourneuve.wordpress.com

2. Le quartier dortoir . La laideur de la banlieue est liée au confinement dans l’espace domestique de la famille ouvrière, de la réduction de la vie à un théâtre d’ombres privées.

3. Renzo Piano, Columbia University et Harlem. Ou comment un architecte n’arrive pas à s’imposer face à un client trop puissant.

Contro l’architettura, Franco La Cecla | Bollati Boringhieri, 2008