voir Venise

Lundi, avril 20th, 2009

TOURISME. Du sommet du campanile de Saint Marc on observe Venise. 8 euros pour monter en ascenseur la tour en briques de 97 mètres de haut. Audio-tourisme et paysages à la carte. Il y a de téléphones factices qui font audio-guides, d’autres pour passer des appels internationales. Le monsieur de l’ascenseur bouge les touristes comme des vaches. Toutes les 3 minutes il monte avec 14 touristes et il descend avec autant de personnes.

Les touristes se prennent en photo avec la lagune en arrière-plan. Mais il est difficile derégler la lumière. Les photos sont toutes en contre-jour. (photos Giulio Zucchini)

 

La ville vodorosli

Mardi, février 24th, 2009

LITTERATURE . Il vient d’arriver à Venise, à la gare Santa Lucia. Il fait nuit. Le poète russe Joseph Brodsky touche pour la première fois les cigarettes italienne MS – “Mort Sûre” ou messis summa ? - en observant les bateaux défiler lentement face à la gare grise, souvenir fasciste en béton. Assis sur les gradins de cette ville inconnue, il respire l’odeur du bonheur: «  les algues marines en-dessous de zéro ». Le monde végétal et l’univers aquatique se rencontrent dans le même élément, vodorosli.

Venise, moitié ville moitié île, a été racontée et photographiée d’innombrables fois. Brodsky, qui repose dans l’île-cimetière de San Michele, arrive à dominer cette monstre marin en arrachant l’essence même de Venise, un endroit où la métaphysique s’approche inexplicablement à la réalité.

« Il lento procedere del vaporetto attraverso la notte era come il passaggio di un pensiero coerente attraverso il subconscio. (…) Poi, per un momento, il cielo fu oscurato dalla vasta parentesi marmorea di un ponte, e di un colpo tutto fu inondato di luce » Joseph Brodsky, Fondamenta degli Incurabili, 1989