
RETROFUTURISME. En 1913, l’architecte italien Antonio Sant’Elia dessine la Città Nuova. Une idée pur l’avenir de Milan. En s’éloignant de l’éclectisme de son époque, dominée par l’ornement, Sant’Elia se concentre sur la fonctionnalité de ses projets. Formes, matériaux et structures à la recherche d’une dimension moderne. Le marbre est remplacé par le béton, symbole de l’industrie. Les façades sont nues. Sans déco ni sculptures. Le point de départ de ses réflexions est le vie urbaine dynamique, mobile, sans arrêt.
«On sent que nous ne sommes plus les hommes des cathédrales (…); mais des grands hôtels, des gares, des boulevards immenses, des ports colossaux, des marchés couverts, des galeries lumineuses, (…) des démolitions salutaires. On doit inventer et construire ex novo la ville moderne comme un immense chantier agité, agile et dynamique.
Et la maison moderne comme une machine gigantesque. Les ascenseurs ne doivent pas se tapir comme des vers solitaires dans les escaliers; au contraire il faut enlever les escaliers- devenus inutiles – et les ascenseurs doivent grimper le long des façades comme des serpents de fer et de verre. La maison en béton, en verre, en fer, sans sculpture, riche simplement de la beauté intrinsèque à ses lignes et ses reliefs;
Extraordinairement laide dans sa simple mécanique, grande et large comme nécessaire, et pas en suivant la loi municipale, la maison doit s’élever au bord d’un abysse: la rue, qui ne s’étalera plus (…) au niveau des loges des concierges, mais s’affaissera à plusieurs niveaux qui accueilleront le trafic métropolitain et seront reliés par (…) des passerelles métalliques et tapis roulants».
Extrait du Manifeste de l’architecture futuriste, Antonio Sant’Elia.