Jamais seuls

Samedi, juin 20th, 2009

Robert Rauschenberg Lucy’s Beach, 2005

TECH. Après Loopt, le widget pour iPhone qui montre la position des amis sur Google Latitude, la géolocalisation seduit les twitteurs. Avec TwitterLocal il est possible de suivre tous les fils Twitter des habitants d’une ville.

Pour les geo-curieux, suivez Wired.

Constructions digitales

Samedi, mars 14th, 2009

WEB. L’architecture du monde virtuel est fondée sur deux principes: reproduction et création. Dans le premier cas, on utilise la technologie pour reproduire le monde réel en ajoutant des informations et des bases de données faciles à consulter on-line. Par exemple Panoramio.com, Google Maps, Pagesjaunes.fr et tous ce qui concerne la géolocalisation. A l’inverse, dans le deuxième cas, on s’inspire des images qu’on a vues – de la réalité – pour essayer d’inventer un univers avec de nouvelles règles graphiques et esthétiques. La création utilise la réalité comme alibi pour inventer de nouvelles choses.

Prenez Yoowalk.com. Une ville, un blog, un jeu vidéo, un social network et un chat. L’idée c’est de pouvoir marcher sur Internet en 3D – pourquoi a-t-on surfé dans le passé ? – en visitant le sites des journaux, des services et des boutiques. CNN a sa maison. Time son carré rouge. The Weather Channel juste un gros soleil. Le building du New York Times est une machine à écrire avec une tasse de café à coté. Les marques de luxe sont déjà présentes. Gucci et Louis Vuitton ont construit deux box assez mystérieuses. On trouve aussi les maisons d’Orangina, Virgin, le magazine Voici et l’association Act Up Paris.

L’univers Yoowalk.com rappelle les plans de Super Mario Bros. Les univers thématiques – le monde souterrain, le monde sous-marin, le monde aérien… – n’avaient pas de sens, mais finalement ils nous amusaient bien et on suivait les règles sans trop discuter. Yoowalk propose une version d’Internet qui passe du web 2.0 au web 3D.

« YOOWALK is organized by villages, grouping websites and brands by areas of interest. When you walk down the streets in one of these villages, you thus see schematic buildings that represent the major websites on a particular subject. You walk around the web », extrait de Yoowalk.com. Le créateur du site est Xavier Marvaldi, ancien directeur du pôle développement du groupe Canal+.

Les interstices urbains II

Mardi, février 17th, 2009

The Butterfat Gang

The Butterfat Gang

CONFLIT URBAIN. A propos des jeunes des cités, certains blogs “Skyrock” sont souvent plus exhaustifs que les reportages télé. Cachés dans la toile, dans les commentaires d’un vieux blog, les jeunes nous entrainent dans l’univers linguistique et géographique d’un Paris inconnu. La guerre entre bandes d’ados – parisiennes ou de banlieue, virtuelles ou réels – sont très construites. Un langage qui est fils de l’argot des SMS, d’Internet et de la banlieue. Un univers codifié qui s’alimente de la culture hip-hop et de sa musique. A Courbevoie, c’est le rap de Fossoyeur ou Nino qui racontent la vie dans la cité. C’est L’école de la street, Ghetto et Guerrillapocalypse.

PANAME VS 93.Ya des coins chaud bouillant ds la capital et qui sont bien plus chaud que nimporte kel banlieu” écrit Alfa dans le blog Les pires quartiers d’IDF. Crée par un étudiant de vingt-six ans, il s’agit d’un vrai manuel sociologique de la lutte entre cités en Ile-de-France, sourcé par l’Insee, L’Express et Le Monde Diplomatique. Comme d’habitude, le dernier post date du 2007, mais les commentaires sont nombreux et très récents.

Un jeune du 95 réplique à un autre keum de Nantes “Le mek de te-nan c un gro rageu parlé ap avk lui c un pti boloss com jlui avé expliké ya lonten“. Les mots disparaissent en laissant place à une série de lettres isolées à décrypter.

photo: anyjazz65

Consommateur 2.0

Lundi, février 16th, 2009

Internaute, consommateur ou co-producteur?

INTERNET. Novembre 2008. ”Le consommateur est un travailleur qui s’ignore”, titrait Le Monde à propos du livre de Marie-Anne Dujarier Le Travail du consommateur, de McDo à eBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons. Une analyse très lucide d’un phénomène qui a redéfini le rôle du consommateur. Depuis trente ans, l’ordinateur et les machines ont remplacé les travailleurs, mais la révolution d’Internet a créé un nouveau ennemi menaçant les postes de travail: le consommateur.

« Customer empowerment ». L’acheteur a un rôle actif dans le processus de production. Un client d’eBay s’occupe de prendre en photo l’objet en vente en remplaçant le service de la communication. Il gère les contacts avec les acheteurs et il s’occupe de la livraison. Et des plaintes hypothétiques. Ainsi l’entreprise propose un service produit par les clients eux-mêmes.

Sur la toile, les sites se défient entre elles pour obtenir le plus de contenu qui, si possible, n’est pas produit par l’entreprise. Qui est donc gratuit. Par exemple l’avenir, déjà présent, de la géolocalisation – intégrée au portables – permettra d’avoir millions d’informations sur la zone où on se trouve. Le vrai pari reste d’obtenir des bases de données infinies .

Panoramio.com. Créé en 2005 par deux jeunes espagnoles, Joaquín Cuenca Abela et Eduardo Manchón Aguilar, panoramio.com est un site de partage de photographies geopositionnées. Il a été acheté par Google en 2007. Les internautes chargent gratuitement leurs photos dans le site. Les meilleures sont intégrées à Google Earth, complémentaires aux images du satellite.

Google gagne de l’argent, les internautes s’amusent.

Nuages de mots à Washington

Mardi, février 10th, 2009

LINGUISTIQUE. Il y a des entrepreneurs qui arrivent à conjuguer des univers apparemment très distants. C’est le cas des américains Micheal Freedman et Marc Tinkler – l’un mathématicien, l’autre architecte- , créateurs de Virtual Thesaurus. Ce site permet de visualiser des word clouds. Et propose un dictionnaire interactif qui construit des cartes à partir d’un mot. En se laissant emporter dans des dimensions de la langue complètement inattendues, il est possible d’explorer les sens figuratifs des mots. Le site, multilingue, réunit dans ses cartes le vocabulaire français, hollandais, espagnol, allemand et italien. Une fois inscrit – 20 dollars pour un an d’abonnement – on peut accéder à un réseau social  d’experts et de passionnés des langues. 

Ces cartes – comme les arbres du designer italien Bruno Munari – s’ouvrent vers des nouveaux mots structurés par ordre syntaxique – substantifs, adjectifs, verbes et adverbes – et figuratif. Une boussole indique la direction des termes les plus spécifiques. Pour s’amuser, tapez: get, office, man, Net.

Une histoire. En janvier 2009, le professeur Frazier O’Leary du lycée Cardozo, dans la banlieue de Washington, a proposé à sa classe, constituée en majorité d’étudiants afro-américains, de lire A mercy, nouveau roman de l’écrivain Toni Morrison, prix Nobel pour la littérature en 1993 et prix Pulitzer en 1988. La lecture a été accompagnée d’une analyse du sens figuratif des mots grâce à la technologie de Virtual Thesaurus. Le cours à été filmé par la rédaction du WashingtonPost.com. Les détails du projet sont disponibles dans le blog Lesson plans.

Pour créer des cartes visuelles en dehors du contexte linguistique, essayez Text2mindmap. Choisissez police, couleur et dimension pour personnaliser votre carte heuristique. Le même concept est à la base des nuages des tags. Un exemple pratique – en oubliant celle de ce blog – ce sont les nuages développées par Brooklyn Artproject. La carte visuelle des mots les plus employés par Obama pendant la campagne présidentielle. Et celle de McCain.