NYCrise

Mercredi, mars 4th, 2009

ECONOMIE. Il n’y a pas que Wall Street qui se trouve dans une profonde impasse. Selon l’enquête Freakoutnomics du New York magazine, toute la ville est confrontée à une crise économique qui oblige les magasins à fermer.

Une promenade entre Greenwich Village et Tribeca suffit pour comprendre la gravité de la situation. Le bagel shop Murray’s a augmenté les prix, le Jumba Juice est de plus en plus vide et la boutique de vêtements Kuhlman propose l’énième démarque pour vendre la saison automne/hiver. Si les petites boutiques n’arrivent plus à survivre, les grandes chaînes ne se portent pas beaucoup mieux. Starbucks fermera 11 cafés à New York avant l’été – qui s’ajoutent à la fermeture, déjà prévue en 2008, de 600 établissements dans le reste des Etats-Unis. En avril ce sera la tour du géant de la musique Virgin Megastore. L’établissement historique de Times Square est aussi destiné à disparaître. La direction de Circuit City annonce la fermeture de cinq énormes espaces de la Big Apple, qui vont s’ajouter aux autres 150 dans toute l’Amérique du Nord.

Dans l’Oscar Wilde Bookshop

Après 42 ans d’activité, la librairie Oscar Wilde Bookshop a annoncé sa fin pour le 8 mars 2009. Le propriétaire était l’ancien compagnon de Harvey Milk et c’est ici, dans le coeur de Manhattan, que la première Gay Pride de New York a été organisée en 1970.

Pour ceux qui ne sont pas (encore) touchés par la crise, le New York magazine propose la liste des meilleurs cafés ouverts en 2008. Mais dépêchez vous d’y aller avant qu’ils ferment. Car la vie est de plus en plus chère. Le think tank Center for an Urban Future a essayé d’établir le salaire annuel qu’il faut gagner pour appartenir à la middle class: 123.000 dollars pour vivre à Manhattan, 95.000 à San Francisco, 80.000 à Los Angeles. A Chicago, il ne vous faudra que 63 000 dollars par an pour y vivre. Encore moins cher: pour 53 000 dollars, vivez à Atlanta.

Consommateur 2.0

Lundi, février 16th, 2009

Internaute, consommateur ou co-producteur?

INTERNET. Novembre 2008. ”Le consommateur est un travailleur qui s’ignore”, titrait Le Monde à propos du livre de Marie-Anne Dujarier Le Travail du consommateur, de McDo à eBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons. Une analyse très lucide d’un phénomène qui a redéfini le rôle du consommateur. Depuis trente ans, l’ordinateur et les machines ont remplacé les travailleurs, mais la révolution d’Internet a créé un nouveau ennemi menaçant les postes de travail: le consommateur.

« Customer empowerment ». L’acheteur a un rôle actif dans le processus de production. Un client d’eBay s’occupe de prendre en photo l’objet en vente en remplaçant le service de la communication. Il gère les contacts avec les acheteurs et il s’occupe de la livraison. Et des plaintes hypothétiques. Ainsi l’entreprise propose un service produit par les clients eux-mêmes.

Sur la toile, les sites se défient entre elles pour obtenir le plus de contenu qui, si possible, n’est pas produit par l’entreprise. Qui est donc gratuit. Par exemple l’avenir, déjà présent, de la géolocalisation – intégrée au portables – permettra d’avoir millions d’informations sur la zone où on se trouve. Le vrai pari reste d’obtenir des bases de données infinies .

Panoramio.com. Créé en 2005 par deux jeunes espagnoles, Joaquín Cuenca Abela et Eduardo Manchón Aguilar, panoramio.com est un site de partage de photographies geopositionnées. Il a été acheté par Google en 2007. Les internautes chargent gratuitement leurs photos dans le site. Les meilleures sont intégrées à Google Earth, complémentaires aux images du satellite.

Google gagne de l’argent, les internautes s’amusent.

Tokyo à voir

Lundi, janvier 26th, 2009

« Emballage, fenêtre ou paroi, le verre fonde une transparence sans transition: on voit, mais on ne peut toucher. La communication est universelle et abstraite. Une vitrine, c’est féerie et frustration, mais aussi information, qui est la stratégie même de la publicité». Extrait de Le système des objets, Jean Baudrillard.

CONSOMMATION. On ne peut pas toucher donc, mais on peut regarder. On-line. Le web-magazine Japan Design Net recueille chaque semaine les images des vitrines de Tokyo. On peut se promener dans le rues d’Aoyama ou Ginza. “Keep your eyes on the windows, look inside, and you can see our lives there” écrit le site. Promenade d’un désir virtuel. 

« Le design est d’abord et avant tout affaire de désir, mais ce désir, étrangement, semble presque sans sujet ». Extrait de Design & crime par Hal Foster.