dans Barcelone

Vendredi, mars 13th, 2009

CINEMA. Ce n’est pas facile de raconter une histoire d’amour qui se déroule à Barcelone. Pour deux raisons. La première. Parler d’amour est toujours difficile parce qu’on le fait beaucoup trop. Souvent mal. Et bêtement. La deuxième. Parce qu’il n’est pas facile de raconter une ville comme Barcelone sans évoquer les endroits de la ville qu’on s’attend de voir. Le film Lo mejor de mi de la jeune réalisatrice catalane Roser Aguilar nous surprend justement pour ça. L’absence des Ramblas et des dialogues inutiles laissent la place à un scénario essentiel et une photographie intelligente.

Une partie importante du film se passe à l’Hôpital general de Catalunya, dans la commune de Sant Cugat, une banlieue bourgeoise à l’ouest de la ville. Une nuit se passe à la Plaça Cerdà. A coté de la Zona Franca, il s’agit d’un vieux quartier industriel de la zone portuaire. Entre l’aéroport El Prat et le centre ville, dans cet endroit il n’y a pas des bâtiments de Gaudi, ni une tour de Jean Nouvel. Pas intéressante pour les touristes, elle raconte la vie de la ville beaucoup mieux que la casa Batlló.

Au dernier étage d’un bâtiment anonyme, la protagoniste du film, Marian Alvarez, raconte son histoire d’amour. Dans une terrasse où on sèche les vêtements. Pour ce rôle, Marian Alvarez a gagné le prix de la meilleure actrice au Festival de Locarno 2007.

Raconter la vie des gens dans leur habitat, dans leur dimension urbaine, sans chercher les lieux des cartes postales est un premier pas pour s’approcher à la réalité. Pas celle des touristes. Une sensibilité que Woody Allen n’a pas eu dans Vicky Cristina Barcelona et que Roser Aguilar exprime dans ce film avec justesse.