Rome | Villa Medici
Jeudi, novembre 5th, 2009
Septembre 2009 | Un déménagement à Ville Medici.
(photo Giulio Zucchini)

Septembre 2009 | Un déménagement à Ville Medici.
(photo Giulio Zucchini)
TOURISME. Du sommet du campanile de Saint Marc on observe Venise. 8 euros pour monter en ascenseur la tour en briques de 97 mètres de haut. Audio-tourisme et paysages à la carte. Il y a de téléphones factices qui font audio-guides, d’autres pour passer des appels internationales. Le monsieur de l’ascenseur bouge les touristes comme des vaches. Toutes les 3 minutes il monte avec 14 touristes et il descend avec autant de personnes.
Les touristes se prennent en photo avec la lagune en arrière-plan. Mais il est difficile derégler la lumière. Les photos sont toutes en contre-jour. (photos Giulio Zucchini)
MUSIQUE. Rio de Janeiro, une rivière de janvier. Cette ville brésilienne compte 6 millions d’habitants seulement dans le centre urbain. Elle s’étale entre les montagnes sauvages – dominées par le Cristo redentor – et ses longues plages. Dans le sud de la ville, à coté de Capocabana, on trouve Ipanema, 2 kilomètres de plage de sable blanc. Aujourd’hui envahie par les touristes, Ipanema est un lieu qui a construit l’identité même de la ville. Une plage où la musique et l’imaginaire se mêlent indissolublement.

Histoire et légende urbaine. La nostalgie du passé se promène sur la plage d’Ipanema en suivant des notes de bossa-nova. En 1962, au café Veloso, dans la Rua Montenegro, le chanteur Antonio Carlos Jobim et le poète Vinicius de Moraes avaient l’habitude de se rencontrer pour discuter. Cet hiver, une jeune fille de 16 ans, qui habitait pas loin du café, passait souvent au Veloso pou acheter des cigarettes pour sa mère. Elle s’appelait Heloísa Eneida Menezes Paes Pinto. Bientôt tout le monde connaîtrait sous le nom de Garota de Ipanema.

« Ela foi e é para nós o paradigma do broto carioca; a moça dourada, misto de flor e sereia, cheia de luz e de graça mas cuja a visão é também triste, pois carrega consigo, a caminho do mar, o sentimento da mocidade que passa, da beleza que não é só nossa – é um dom da vida em seu lindo e melancólico fluir e refluir constante » a écrit Vinicius de Moraes dans Revelação: a verdadeira Garota de Ipanema, en 1965.
CINEMA. Ce n’est pas facile de raconter une histoire d’amour qui se déroule à Barcelone. Pour deux raisons. La première. Parler d’amour est toujours difficile parce qu’on le fait beaucoup trop. Souvent mal. Et bêtement. La deuxième. Parce qu’il n’est pas facile de raconter une ville comme Barcelone sans évoquer les endroits de la ville qu’on s’attend de voir. Le film Lo mejor de mi de la jeune réalisatrice catalane Roser Aguilar nous surprend justement pour ça. L’absence des Ramblas et des dialogues inutiles laissent la place à un scénario essentiel et une photographie intelligente.
Une partie importante du film se passe à l’Hôpital general de Catalunya, dans la commune de Sant Cugat, une banlieue bourgeoise à l’ouest de la ville. Une nuit se passe à la Plaça Cerdà. A coté de la Zona Franca, il s’agit d’un vieux quartier industriel de la zone portuaire. Entre l’aéroport El Prat et le centre ville, dans cet endroit il n’y a pas des bâtiments de Gaudi, ni une tour de Jean Nouvel. Pas intéressante pour les touristes, elle raconte la vie de la ville beaucoup mieux que la casa Batlló.
Au dernier étage d’un bâtiment anonyme, la protagoniste du film, Marian Alvarez, raconte son histoire d’amour. Dans une terrasse où on sèche les vêtements. Pour ce rôle, Marian Alvarez a gagné le prix de la meilleure actrice au Festival de Locarno 2007.
Raconter la vie des gens dans leur habitat, dans leur dimension urbaine, sans chercher les lieux des cartes postales est un premier pas pour s’approcher à la réalité. Pas celle des touristes. Une sensibilité que Woody Allen n’a pas eu dans Vicky Cristina Barcelona et que Roser Aguilar exprime dans ce film avec justesse.
PLUIE. Aujourd’hui il fait beau à Bergen. Mais il pleut quand même. Demain il fera 19 degrées avec quelques nuages. Il pleuvra. Le lendemain aussi. A Bergen, la deuxième ville de la Norvège, ce n’est pas une nouveauté. La pluie fait partie de la ville.
Elle s’étale sur l’extrémité d’une péninsule, dans le sud de la Norvège, au pied des montagnes et entourée d’îles. Les nuages, transportés par le courant de l’océan, se brisent contre ses collines. Le ciel devient noir très rapidement. Cela vaut la peine d’aller en Norvège juste pour regarder la pluie. Depuis le sommet de Fløyen, une des sept montagnes qui entourent Bergen, la nature montre sa puissance. L’eau se précipite sur les toits de la ville ou se renverse directement dans l’océan, où des taches de lumière s’élargissent selon le mouvement des nuages.
Les départements d’excellence de l’Université de Bergen sont : le centre de géobiologie, le centre Bjerknes pour la recherche climatique, le centre de la recherche pétrolière et le centre d’études médiéval. Voila Bergen.
ISLANDE. Appendice inattendu dans l’Atlantique, cette île à la silhouette d’un poisson gourmand a longtemps été une destination touristique trop chère. Sa capitale, Reykjavik, compte 120 000 habitants, plus ou moins deux fois la taille de Neuilly. Mais aujourd’hui la situation économique de ses citoyens n’est plus la même que celle de la commune sarkoziste.
La crise a aussi frappé de plein fouet le pays le plus riche d’Occident. “La dette brute devrait être équivalente à une année de produit intérieur brut, (…) cela signifie que la situation est à peine pire que celle de l’Italie ou de la Belgique avant la crise,” a relativisé Gilfy Magnusson, nouveau ministre islandais du Commerce.
Les rêves du Blue Lagoon, où Jurgen Teller photographiait Bjork en laissant imaginer un univers mythique de geysers et de technologie, de trekking entre volcans et paysages arctiques deviennent plus accessibles. Pour ceux qui n’ont pas encore été touchés par la crise, Reykjavik est devenue moins chère. La compagnie Iceland Air a baissé ses tarifs et les chanceux pourront enfin utiliser leurs guides monochromes de Phaidon, rangés discrètement dans les placards depuis longtemps.
NAUTIQUE. En 1932, le Normandie, un paquebot transatlantique construit par le Chantier de Penhoët à Saint-Nazaire, commence ses aller-retours entre l’Europe et les États-Unis. Un navire d’une longueur de 313 mètre et une capacité de 1355 personnes.
C’est l’architecte russe Vladimir Ivanovich Yourkevitch qui dessina la carène “caractérisée par une rentrée des parois de l’avant, là où les paquebots précédents étaient plutôt renflés. Ceci permettait une meilleure pénétration de la coque mais un léger déséquilibre qui fut compensé par un bulbe situé sous l’étrave” explique Wikipedia.fr. L’intérieur fut dessiné par Pierre Patout et Henri Pacon. La salle à manger des enfants était entièrement décoré par Jean de Brunhoff avec les dessins de l’éléphant Babar. On y trouvait encore des piscines couvertes et découvertes, un cinéma, une chapelle… Un tourisme de luxe sur les flots.
L’euphorie des voyages transatlantiques et la confiance dans le progrès séduisent les villes. L’architecture nautique s’invite dans les rue de Paris, New York et de Londres, où les architectes s’amusent à utiliser les formes et les proportions des grands navires. Le style paquebot – ou Patou – est caractérisé par une construction légère et des surfaces blanches. De longues lignes horizontales, des formes courbes et des fenêtres en bandeaux. Et, dernier détail, des hublots.
Plus de détails sur le Normandie. Et les membres de l’équipage.

TOURISME. Disneyworld – le parc thématique en Floride deux fois plus grand que l’île de Manhattan – accueille chaque année 30 millions de visiteurs. Alors que le Louvre, un des musées plus visités au monde, attire à peine à 9 millions.