Archive for the 'AVENIRS' Category

une (v)î(l)le

Samedi, mai 23rd, 2009

An “affordable, worry-free gated community in Springtown, Texas”

SECURITE. En 2050, entre 8 et 9 milliards d’être humains habiteront dans un environnement urbain. L’incapacité de pourvoir eux-mêmes à leur besoins alimentaires, énergétiques et en eau potable les conduira à l’instabilité en termes de sécurité. Selon un étude publiée dans les “Cahiers de la sécurité,” ces mégapoles anarchiques seront victimes d’une prolifération de gangs, de criminalité et de bidonvilles. Les capitales du Sud – comme Lagos, Karachi et Rio de Janeiro – se révèlent donc comme le cauchemar de ce que les autres mégalopoles occidentales pourraient devenir.

Comment se défendre de l’insécurité urbaine? (ou comment se payer la prison) Aujourd’hui la recherche de protection et d’un environnement tranquille se traduit par la construction d’ensembles résidentiels fermés et sécurisés. Les gates communities se multiplient. En s’isolant du reste de la ville. “Les gated communities ne sont plus des villes emmurées par rapport à un ennemi extérieur – comme au Moyen Age – mais elles sont fortifiées à l’intérieur” explique le philosophe Thierry Paquot, “on assiste ainsi à une offensive anti-urbaine : le monde s’urbanise d’un côté mais de l’autre, on crée en ville des lieux de rassemblement qui sont anti-urbains, producteurs d’une urbanité sélective et discriminante“.

Un rapport de l’Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) – publié dans le Cahier de la Sécurité de avril-juin 2009 – souligne les éléments principaux de la construction des gated communities en France: la présence d’un gardien et d’une vidéo surveillance, la méfiance des résidants envers les jeunes et un “racisme latente”. Et si les ensembles résidentiels fermés se portent bien sur le marché français, à Tokyo c’est surtout le concept de Mega mansion, le gated community verticale, qui s’impose dans le marché de l’immobilier de luxe. Les parkings privés, la salle de gym, les cabinets des médecins et les salles de fête sont intégrés aux tours de la Mega Mansion pour souligner le sens d’exclusivité des habitants. Et pour les isoler du reste de la ville.

contre la ville verticale

Mercredi, mai 13th, 2009

INTERVIEW(S). Les tours nous entourent. Elles font désormais partie de la silhouette naturelle de chaque ville : dans le monde les bâtiments de plus de 200 mètres de haut sont au nombre de 15 000. Mais dans le skyline de Paris, une vaste esplanade grise de toits de tôle, se distinguent seulement la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse. Depuis quelques années les projets de construction de tours et gratte-ciel se multiplient. La ville verticale s’impose dans l’avenir de la capitale parisienne en se proposant comme symbole de modernité et de progrès. Mais les avis sont partagés et les critiques multiples. La guerre aux tours est un combat qui dure depuis des années.

Comment le gratte-ciel est devenu un symbole de modernité ?

Bernard Huet. « Le gratte-ciel moderne est devenu un objet irrationnel anti-économique et absurde que la crise linguistique a totalement vidé de sa substance signifiante. D’abord, support du signe publicitaire, il s’est transformé en signe vide par excellence de l’espace moderne euclidien, isotrope, homogène. Sa mort est proche et il rejoint déjà au musée des grands mythes populaires les ‘villes flottantes et volantes’ chargées de toutes les potentialités catastrophiques et apocalyptiques d’une société agonisante et convulsionnaire. Le cinéma commercial ne s’y trompe pas qui associe le gratte-ciel, le Zeppelin et le paquebot aux terreurs primitives de l’humanité, l’incendie, l’inondation et le tremblement de terre ». Extrait de L’Architecture d’Aujourd’hui, 1975.

Au contraire des images cinématographiques, le gratte-ciel trouve sa place légitime dans la société individualiste et consumériste d’aujourd’hui.

Frank Lloyd Wright. « Les gratte-ciel n’ont pas de vie propre, pas de vie à donner, n’en recevant aucune de la nature de la construction. Aucune. Et ils n’ont pas de relations avec les alentours. Parfaitement barbares, ils se dressent sans égards particuliers pour ces alentours, ni les uns pour les autres ; ils n’ont d’autre objet que de gagner la course ou d’attirer le locataire. L’espace cet élément psychique plein de charme de la ville américaine a disparu. À la place de ce sentiment subtil s’est installé le resserrement haut et étroit. L’enveloppe des gratte-ciel est sans morale, sans beauté, sans permanence. C’est une prouesse commerciale ou un simple expédient. Les gratte-ciel n’ont pas d’idéal unitaire plus élevé que le succès commercial ». Extrait de La tyrannie du gratte-ciel, 1930.

Méga-chantiers et consumérisme sont donc inséparables. Aujourd’hui Dubai, avec les gratte-ciel Burj Dubai (800 m) et Al Burj (700m), en est l’exemple, et la dérive, le plus évident.

Mike Davis. « De fait, Dubai est l’incarnation du rêve des réactionnaires américaines – une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d’opposition (ni élections, d’ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale – non officielle -, qui définit aussi son image planétaire, est la fameux Festival du Shopping, parrainé par les vingt-cinq centres commerciaux de la ville. Ce grande moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme, provenant du Moyen-Orient et d’Asie du Sud ». Extrait de Le stade Dubai du capitalisme, 2007.

Quels sont les risques de la ville verticale ?

Paul Virilio. « Aujourd’hui, on vit la fin de la trame viaire, c’est-à-dire du contact avec le sol, la route, la rue, au profit d’une perception survolée et lointaine : celle des hélicoptères qui survolent la ville, ou des voitures qui passent à toute vitesse, sur une autoroute. On ne perçoit plus qu’à distance, c’est-à-dire de haut ou de loin. Les pouvoirs jouent la dissuasion pour que les gens restent chez eux. Chacun va se prémunir encore plus contre des agressions possibles. Les ghettos, qu’ils soient de pauvres ou de riches, ne cessent de se fortifier ». Extrait d’une interview parue dans Libération le 20 décembre 2005.

Comment les gates-communities s’intègrent-t-elles à l’identité de la ville verticale ?

Thierry Paquot. « La tour comme les gated communities vont contre une certaine conception de la ville : une ville du partage, accessible à tous, qui ne discrimine pas selon des critères de revenus ou socio-culturels comme la religion, l’âge ou la pratique sexuelle. Errer dans une ville comme bon me semble dans la plus grande sécurité possible me convient très bien. Qu’on me prive de pouvoir circuler, via des tours ou des rues résidentielles privées protégées par des vigiles, c’est une négation de l’idéal que j’aie de la ville. Je pense que la grande force de la ville que Beaudelaire a si bien poétisée, c’est précisément cette possibilité de s’y sentir chez soi, de pouvoir entrer dehors ». Extrait d’une interview du magazine mouvements.info.

Voici un article de La revue de l’Urbanisme pour plus d’informations sur les tours et la ville verticale.

Young urban professional

Samedi, avril 4th, 2009

YUPPIES. Je voulais écrire un papier sur les yuppies et les années 80. Reagan, Wall street et la cocaïne. En cherchant des infos sur le net, j’ai lu un article que l’écrivain américain Jay McInerney a écrit pour le magazine New York. Je vous laisse le plaisir de le lire.

« Like hippies, yuppies were baby-boomers rebelling against their parents. But the yuppies weren’t rejecting their parents’ politics so much as their parents’ taste and budgetary constraints. Yuppies seemed to be apolitical. Urbanity, one of their namesake characteristics, was a reaction to the suburbs, where many of them had grown up. Their epicureanism was presumably a reaction to the canned, frozen, and processed food that most of them had grown up on. As for their signature ambition, well, BMWs and 5,000-square-foot raw loft spaces didn’t come cheap, even in 1984. But of course there was more to it than that, even in the cartoon version, since the self-improvement ethic extended to the physical realm as well. It’s hard to believe now, but there weren’t all that many gyms in Manhattan in 1979 ». Extrait de l’article Yuppies in Eden.

En 1991, le magazine Time a décrété la mort des yuppies avec un nécrologie fausse et une chronologie du phénomène. A partir de l’apparition du mot, en 1983, quand c’était juste une façon nouvelle d’appeler les preppies, jusqu’à sa disparition tragique huit ans plus tard, suite à la récession économique des années 90.

« The causes of death were family, finances and fatigue. (…) Since early 1983, when the term first appeared in print, more than 22,000 magazine and newspaper articles have featured the word yuppie. (…)The yuppie mystique was built around a sense of generational entitlement that had its roots in the prosperity of the 1950s and ’60s. (…) 1991: Yuppies are once again pronounced dead on the arrival of the recession». Extrait de l’article The Birth and – Maybe – Death of Yuppiedom.

Disneycratie

Jeudi, mars 19th, 2009

VILLES PRIVEES. « Elle sera comme devrait être la ville de l’avenir : une ville au service des gens. Une communauté planifiée et contrôlée. Une vitrine de l’industrie et de la recherche, de l’éducation et des possibilités culturelles. Il n’y aura pas de bidonvilles, car on ne les laissera pas s’installer. Il n’y aura pas des propriétaires terriens et donc aucun contrôle électoral. Les gens loueront leurs maisons au lieu de les acheter et le loyers seront modestes. Pas de retraités non plus. Tous les citoyens seront des travailleurs ». En 1966, Walt Disney imaginait ainsi “Epcot”, Experimental Prototype Community of Tomorrow, une ville dont il serait propriétaire et qui suivait les règles de la disneycratie.

Walt Disney et sa femme Lillian à Rio de Janeiro

En 1964, le créateur de Mickey avait acheté à proximité d’Orlando un terrain de 11 000 hectares, c’est-à-dire la superficie de la municipalité de Paris. C’est ici qu’aurait dû naître Epcot. Walt Disney avait pu obtenir de l’Etat de la Floride une souveraineté fiscale, administrative et policière totale sur le terrain. Le projet original devait faire partie du développement de Walt Disney World, le parc thématique qui ouvrait ici en 1971. On devra attendre jusqu’au 1995 pour voir la naissance de Celebration, une ville inspirée par le projet Epcot dans les environs de Disney World.

Projet originale d’Epcot

Epcot aujourd’hui, un parc avec des attractions technologiques

A Celebration, la population est fixée à 20 000 habitants distribués dans 2 500 habitations. L’architecture des bâtiments s’inspire du style classique, victorien, colonial, méditerranéen ou encore français. Quintessence des valeurs bourgeoises et de l’American dream, Celebration impose des règles de vie très strictes. Il est interdit de faire sécher son linge dans le jardin, qui doit être attentivement soigné. Il est également interdit de s’absenter pendant plus de trois mois de sa maison.

Imaginer la réalité

Vendredi, février 13th, 2009

CARTOGRAPHIE. La réalité est difficile à comprendre. La deviner en observant une carte l’est plus difficile encore. Alors essayer de la redéfinir parait impossible. « Un plan ne prédit pas les fissures qui apparaitront par la suite; il décrit un état idéal que l’on peut seulement tenter d’approcher »,  écrit l’architecte hollandais Rem Koolhaas dans Delirious New York, un manifeste rétroactif pour Manhattan, en 1978. Outil de repère pour créer un itinéraire, la carte nous vient en aide pour nous déplacer d’un point de départ à une destination bien précise. Mais ce qui nous attend n’est pas (pré)visible sur le papier ou sur l’écran d’un GPS.

1584. Jerusalem par Christiaan van Adrichem

La technologie permet de s’approcher de la réalité avec plus de précision. Mais peut-on faire pleine confiance à une carte? Rien d’autre qu’une abstraction des choses réels toujours  perçues différemment. Selon les engagements politiques, les croyances religieuses ou les techniques disponibles du moment. Pensez-vous que tout le monde dessinerait le plan de Jérusalem comme cela? Et y en a-t-il un qui montre vraiment la réalité?

1993, Jérusalem dans un document de la CIA

A Dubaï, les images des rendering – images en 3D réalisées à l’ordinateur – rapprochent les formes d’une identité visuelle idéale. Qui n’existent pas. Et qui, peut être, n’existera jamais.

 

Palm Jumeirah, Dubaï

Palm Jumeirah, Dubaï

En regardant cette image du Palm Jumeirah, à Dubaï, il n’est pas possible de savoir si la ville sera habitée, qui l’habitera ou si les gens seront contents d’y habiter. Dans L’ordre compliqué, l’architecte Yona Friedman note: “Les choses sont des abstractions crées par notre mémoire“. Ou par notre imagination.

Les formes de l’utopie

Samedi, février 7th, 2009

RETROFUTURISME. Visionnaire. Utopiste. Libre. À 86 ans, l’architecte franco-hongrois Yona Friedman séduit urbanistes et intellectuels avec une alternative aux HLM de la banlieue et aux gratte-ciels intra-muros: Paris spatiale. Un projet dessiné en 1958 qui fait encore rêver les Français.

Après la faillite de la ville horizontale des années 70, dont les citoyens les plus défavorisés ont été et sont les premières victimes, Paris essaye de réfléchir à une nouvelle dimension : la ville verticale. Les gratte-ciels du quartier de Bercy, la relance de la Défense avec les tours du studio Morphosis et Jean Nouvel et la Pyramide Delanoë signée Herzog&de Meuron. Des tours pour oublier la “Sarcellite “donc. Mais cela n’est certainement pas un projet ambitieux comme il apparaît dans les renderings multicolores pour les magazines. Il s’agit plus simplement de créer de structures isolées pour fournir des espaces nouveaux aux entreprises qui veulent rester dans Paris intra-muros. Le Grand Paris reste le vrai défi auquel les institutions et les architectes doivent se confronter. Des solutions pour la ville, animal en devenir et terrain de jeu des acteurs politiques et intellectuels, qui puissent être valable à long terme.

Et c’est peut-être parce que sa pensée – tant sur le plan théorique que sur le plan esthétique – arrive à conjuguer la ville verticale avec une dimension intégrée, que le travail de Yona Friedman intéresse à nouveau les architectes.
Né à Budapest en 1923, il s’expatrie en Israël en 1946 où il fait l’expérience de la vie communautaire dans un kibboutz. Définitivement installé à Paris en 1957, il étudie l’habitat préfabriqué et l’esthétique de la simplicité, en prenant ses distances avec Le Corbusier et les grands ensembles en construction en banlieue. « Les villes-satellites les plus modernes ne sont que des villes-dortoirs: leurs habitants ne les ont pas choisies et elles ont été crées de toutes pièces uniquement pour alimenter les usines voisines en énergie humaine ; envahies par l’ennui et abandonnées par la jeunesse dès qu’elle en a la possibilité » explique Friedman.

L’absence de vie, l’isolement, la pratique tayloriste dans l’architecture et la méthode coercitive qu’emprisonne l’habitant dans l’habitat, se confrontent avec la Ville Spatiale de Friedman. Une structure surélevée de 35 mètres au-dessus du sol par un système de pylônes où une nouvelle ville suspendue prendrait place. Paris devient ainsi un vaste damier aérien, comportant toujours le même nombre de cases vides, pour que le citoyen puisse changer la position de son habitat selon ses envies. Une ville mobile, dynamique, constituée par des formes libres et erratiques. Et surtout au service des citoyens. « L’architecte n’est plus le concepteur-organisateur, mais il est un consultant fournissant des connaissances en écologie » souligne-t-il.

Inspiré et inspirateur du courant des architectes métabolistes japonais – Kenzo Tange, Kisho Kurokawa et Kiyonori Kikutake – et du mouvement anglais Archigram, Yona Friedman a été l’un des plus importants représentants de l’architecture utopiste en Europe en marquant le signe d’une époque, les années 60, et en créant un nouveau langage. Peut-être pas trop bien compris dans le passé. L’architecte italien Matteo Costanzo a travaillé avec lui: « Aujourd’hui on retient le courage de ses raisonnements très simples, infantiles même, qui donnent vie à un espace urbain différent, où les citoyens peuvent transformer leur habitat ». Jusqu’à présent ses projets n’ont jamais été réalisés, mais «son message politique a été fondamental pour des architectes comme Bernard Tschumi ou Rem Koolhaas, qui ont réussi a  mieux se positionner dans le marché», insiste Costanzo.

Aujourd’hui, la galerie Kamel Mennour à Paris expose ses maquettes, ses vieux collages d’un Paris jamais vu. Prélevées dans son appartement – récemment devenu patrimoine artistique de la Ville -, les maquettes racontent l’univers que Friedman a construit au fil de toutes ces années. Les merzstructures confectionnées à partir d’emballages pharmaceutiques, les griboullis et les macaronis réalisés avec des câbles électriques et les froissés en suspension comme des nuages. « Voir les oeuvres de Yona Friedman dans une galerie est signe d’une vraie acceptation de l’architecture comme discipline artistique – un peu comme la photographie à partir des années 70. Et aussi une prise de conscience de l’ampleur de son travail, trop longtemps négligé », explique Femke Van Heste, chercheuse de sociologie de l’art à l’Université de Rotterdam.

Pour l’avenir de l’Europe, ce futurologue visionnaire, avait proposé la Continent City. Un projet pour éviter l’explosion de la mégalopole, réalité urbaine très polluante et insoutenable, grâce à un réseau de transports entre plusieurs villes. Et la réalité semble rassembler de plus en plus à ça. « Aujourd’hui, qu’est-ce que l’Europe sinon un réseau de 150 villes ? ». L’utopie donc, c’est possible.

Galerie Kamel Mennour, 47 rue saint André de arts 75006 Paris | Yona Friedman. Part 2: Maquettes d’études 06/02 – 07/03

megaMILANO

Dimanche, février 1st, 2009

RETROFUTURISME. En 1913, l’architecte italien Antonio Sant’Elia dessine la Città Nuova. Une idée pur l’avenir de Milan. En s’éloignant de l’éclectisme de son époque, dominée par l’ornement, Sant’Elia se concentre sur la fonctionnalité de ses projets. Formes, matériaux et structures à la recherche d’une dimension moderne. Le marbre est remplacé par le béton, symbole de l’industrie. Les façades sont nues. Sans déco ni sculptures. Le point de départ de ses réflexions est le vie urbaine dynamique, mobile, sans arrêt.

«On sent que nous ne sommes plus les hommes des cathédrales (…); mais des grands hôtels, des gares, des boulevards immenses, des ports colossaux, des marchés couverts, des galeries lumineuses, (…) des démolitions salutaires. On doit inventer et construire ex novo la ville moderne comme un immense chantier agité, agile et dynamique.

Et la maison moderne comme une machine gigantesque. Les ascenseurs ne doivent pas se tapir comme des vers solitaires dans les escaliers; au contraire il faut enlever les escaliers- devenus inutiles – et les ascenseurs doivent grimper le long des façades comme des serpents de fer et de verre. La maison en béton, en verre, en fer, sans sculpture, riche simplement de la beauté intrinsèque à ses lignes et ses reliefs;

Extraordinairement laide dans sa simple mécanique, grande et large comme nécessaire, et pas en suivant la loi municipale, la maison doit s’élever au bord d’un abysse: la rue, qui ne s’étalera plus (…) au niveau des loges des concierges, mais s’affaissera à plusieurs niveaux qui accueilleront le trafic métropolitain et seront reliés par (…) des passerelles métalliques et tapis roulants».

Extrait du Manifeste de l’architecture futuriste, Antonio Sant’Elia.

Métabolisme / rétro-futurisme

Samedi, janvier 24th, 2009

ARCHITECTURE. “Dans les années 1950, la rénovation de la ville historique s’engage, parfois avec un violence irrémédiable pour certains sites comme Ménilmontant ou Les Halles. Des quartiers entièrement neufs sont ainsi aménagés, sans lien avec leur environnement et en reniement de leur passé”. Extrait de Paris visite guidée par Philippe Simon.

Esquisse de Yona Friedman

Sous l’impulsion de la croissance économique et de l’envie de reconstruire une société nouvelle, les années 60 sont marquées par des expériences utopistes – heureusement jamais réalisées.

Le Team X - Louis Kahn, Kenzo Tange, Kiyonori Kikutake, Kisho Kurokawa et Fumihiko Maki entre autres – concevait “la société humaine comme un processus dans le développement cosmique de l’atome à la nébuleuse“, comme explique le manifesto du métabolisme, le Taisha Kenchiku Ron. Plus simplement il s’agissait de la recherche d’un idéal pour la ville du future. Une grande machine qui aurait pu fonctionner pour toujours. Sans limites. Des megastructures qui bougent dans le ciel, ou des villes cachées sous la terre.

” Unlike the architecture of the past, contemporary architecture must be changeable, moveable and capable of meeting the changing requirements of the contemporary age. In order to reflect dynamic reality, what is needed is not a fixed, static function, but rather one which is capable of undergoing metabolic changes ” explique l’architect japonais Kiyonori Kikutake.

Place de la Bastille, Collage de Yona Friedman

Paris n’échappe pas à la tentation de rêver son futur. Après la révolution haussmanienne du XIX siècle, pendant les années 60 un certain nombre d’architectes proposent un nouveau modèle de développement. Jamais réalisés, les projets des architectes Yona Friedmann et Paul Maymont montrent, aujourd’hui, Paris sous un filtre rétro-futuriste, en posant une question vitale. Qu’est-ce qu’on attend de l’avenir ? Comment peut-on imaginer Paris dans le 2050 ?

Biggest cities (in milions)

Vendredi, janvier 23rd, 2009
  1. Tokyo, Japan 35,2
  2. Mexico City, Mexico 19,2
  3. New York, US 18,7
  4. Sao Paolo, Brazil 18,3
  5. Mumbai, India 18,2
  6. Delhi, India 15,0
  7. Shangai, China 14,5
  8. Kolkata, India 14,3
  9. Jakarta, Indonesia 14,3
  10. Buenos Aires, Argentina 12,6

Extrait de Pocket workd in figures, The Economist 2008.

CHIFFRES. Dans le top 30 il y a seulement trois villes européennes. Paris est à la 21e place avec 9,8 millions d’habitants. Istanbul, 9,7 m. Londres, 8,5 m. Parmi les dix premières villes les plus peuplées, plus de la moitié sont en Asie. La seule Tokyo compte le double d’habitants de toute l’Australie (20,2 m).