Les dimanches de Jean Dézert
Vendredi, mars 27th, 2009LITTERATURE. « La pluie a commencé, pluie d’automne, sans sursis, définitive. Il pleut partout, sur Paris, sur la banlieue, sur la province. Il pleut dans les rues et dans les squares, sur les fiacres et sur les passants, sur la Seine qui n’en a pas besoin. Des trains quittent les gares et sifflent; d’autres les remplacent. Des gens partent, des gens reviennent, des gens naissent et des gens meurent. Le nombre d’âmes restera le même. Et voici l’heure de l’apéritif ». Les dimanches de Jean Dézert commence comme ça. Un regard qui cristallise l’essence de la ville au début de siècle.
1910. Maison Laurent au 198, Rue de Vaugirard, XVe arr.
Le pamphlet Les dimanches de Jean Dézert a été publié en 1914, écrit par Jean de La Ville de Mirmont. Ami de François Mauriac, cet écrivain bordelais est mort au front la même année de sa publication. A 22 ans il s’installe à Paris, où il habite avec un singe, Caliban, et sa maîtresse. Jean Dézert, antihéros et alter-ego de l’écrivain, est le protagoniste du livre. Un flâneur dans une ville où le hasard des prospectus publicitaires deviennent les traces d’un parcours absurde. Jean Dézert traverse ainsi un Paris proto-consumeriste fils des expositions Universelles du 1889 et du 1900. Il entre dans sa crémerie, rue de Bac. Il feuillette les bouquins du quai Voltaire. Il visite Les piscines d’Orient, rue Monge, et la lavatory rationnel de la rue du Faubourg-Montmartre. Un déjeuner au restaurant végétarien, antialcoolique, spécialités hygiéniques de la rue Vaugirard. Encore un cinéma, rue de la Gaité. Enfin le rencontre avec Elvire Barrochet au Jardin des Plantes, devant le bassin des otaries. Ensemble, ils poussent jusqu’aux alligators. Un livre qui parle de rien.























