Archive for février, 2009

Le rouge de Bologna

Vendredi, février 27th, 2009

Les géométries de Milano l

Mercredi, février 25th, 2009

photos Giulio Zucchini

Milano

Mercredi, février 25th, 2009

Scarlett Johansson dans les affiches de la Rinascente, place Duomo

Photo Giulio Zucchini

La ville vodorosli

Mardi, février 24th, 2009

LITTERATURE . Il vient d’arriver à Venise, à la gare Santa Lucia. Il fait nuit. Le poète russe Joseph Brodsky touche pour la première fois les cigarettes italienne MS – “Mort Sûre” ou messis summa ? - en observant les bateaux défiler lentement face à la gare grise, souvenir fasciste en béton. Assis sur les gradins de cette ville inconnue, il respire l’odeur du bonheur: «  les algues marines en-dessous de zéro ». Le monde végétal et l’univers aquatique se rencontrent dans le même élément, vodorosli.

Venise, moitié ville moitié île, a été racontée et photographiée d’innombrables fois. Brodsky, qui repose dans l’île-cimetière de San Michele, arrive à dominer cette monstre marin en arrachant l’essence même de Venise, un endroit où la métaphysique s’approche inexplicablement à la réalité.

« Il lento procedere del vaporetto attraverso la notte era come il passaggio di un pensiero coerente attraverso il subconscio. (…) Poi, per un momento, il cielo fu oscurato dalla vasta parentesi marmorea di un ponte, e di un colpo tutto fu inondato di luce » Joseph Brodsky, Fondamenta degli Incurabili, 1989

Les interstices urbains II

Mardi, février 17th, 2009

The Butterfat Gang

The Butterfat Gang

CONFLIT URBAIN. A propos des jeunes des cités, certains blogs “Skyrock” sont souvent plus exhaustifs que les reportages télé. Cachés dans la toile, dans les commentaires d’un vieux blog, les jeunes nous entrainent dans l’univers linguistique et géographique d’un Paris inconnu. La guerre entre bandes d’ados – parisiennes ou de banlieue, virtuelles ou réels – sont très construites. Un langage qui est fils de l’argot des SMS, d’Internet et de la banlieue. Un univers codifié qui s’alimente de la culture hip-hop et de sa musique. A Courbevoie, c’est le rap de Fossoyeur ou Nino qui racontent la vie dans la cité. C’est L’école de la street, Ghetto et Guerrillapocalypse.

PANAME VS 93.Ya des coins chaud bouillant ds la capital et qui sont bien plus chaud que nimporte kel banlieu” écrit Alfa dans le blog Les pires quartiers d’IDF. Crée par un étudiant de vingt-six ans, il s’agit d’un vrai manuel sociologique de la lutte entre cités en Ile-de-France, sourcé par l’Insee, L’Express et Le Monde Diplomatique. Comme d’habitude, le dernier post date du 2007, mais les commentaires sont nombreux et très récents.

Un jeune du 95 réplique à un autre keum de Nantes “Le mek de te-nan c un gro rageu parlé ap avk lui c un pti boloss com jlui avé expliké ya lonten“. Les mots disparaissent en laissant place à une série de lettres isolées à décrypter.

photo: anyjazz65

Consommateur 2.0

Lundi, février 16th, 2009

Internaute, consommateur ou co-producteur?

INTERNET. Novembre 2008. ”Le consommateur est un travailleur qui s’ignore”, titrait Le Monde à propos du livre de Marie-Anne Dujarier Le Travail du consommateur, de McDo à eBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons. Une analyse très lucide d’un phénomène qui a redéfini le rôle du consommateur. Depuis trente ans, l’ordinateur et les machines ont remplacé les travailleurs, mais la révolution d’Internet a créé un nouveau ennemi menaçant les postes de travail: le consommateur.

« Customer empowerment ». L’acheteur a un rôle actif dans le processus de production. Un client d’eBay s’occupe de prendre en photo l’objet en vente en remplaçant le service de la communication. Il gère les contacts avec les acheteurs et il s’occupe de la livraison. Et des plaintes hypothétiques. Ainsi l’entreprise propose un service produit par les clients eux-mêmes.

Sur la toile, les sites se défient entre elles pour obtenir le plus de contenu qui, si possible, n’est pas produit par l’entreprise. Qui est donc gratuit. Par exemple l’avenir, déjà présent, de la géolocalisation – intégrée au portables – permettra d’avoir millions d’informations sur la zone où on se trouve. Le vrai pari reste d’obtenir des bases de données infinies .

Panoramio.com. Créé en 2005 par deux jeunes espagnoles, Joaquín Cuenca Abela et Eduardo Manchón Aguilar, panoramio.com est un site de partage de photographies geopositionnées. Il a été acheté par Google en 2007. Les internautes chargent gratuitement leurs photos dans le site. Les meilleures sont intégrées à Google Earth, complémentaires aux images du satellite.

Google gagne de l’argent, les internautes s’amusent.

Je P S

Dimanche, février 15th, 2009

Federica, 25 ans

TÉMOIGNAGE. « En moyenne, je passe en voiture 4 heures par jour. Pendant la nuit je la dépose au niveau -5 d’un parking souterrain du quai de Valmy. C’est ma gardienne portugaise qui m’a trouvé le contact : 110 euros par mois. Pas facile de trouver une place dans le quartier.

Je partage mon bureau entre la maison dans le Xe, l’entreprise de papier pour la quelle je bosse à Ivry-sur-Seine. Et ma voiture.

Il m’évite de penser et de prendre des décisions. Sans mon TOM TOM, je ne pourrais pas travailler. Je bouge dans tout Paris et la proche banlieue pour visiter les agences de communication. Les noms et les rues se mélangent dans ma tête. Je serais perdue sans mon GPS, une voix qui ne me trahit jamais. Elle me rassure dans les zones industrielles et me suggère des raccourcis en ville ».

photos Giulio Zucchini

En forme

Dimanche, février 15th, 2009

GEOMETRIE. New York est un “graticule”, un quadrillage sans fautes. Ses rues préfèrent les chiffres aux noms. San Francisco, une tectonique des plaques. Barcelone est traversée par une ligne blanche, la rambla. Tandis que Rome suit un ordre compliqué, fils de sa longue histoire. Identité visuelle de la ville.

Imaginer la réalité

Vendredi, février 13th, 2009

CARTOGRAPHIE. La réalité est difficile à comprendre. La deviner en observant une carte l’est plus difficile encore. Alors essayer de la redéfinir parait impossible. « Un plan ne prédit pas les fissures qui apparaitront par la suite; il décrit un état idéal que l’on peut seulement tenter d’approcher »,  écrit l’architecte hollandais Rem Koolhaas dans Delirious New York, un manifeste rétroactif pour Manhattan, en 1978. Outil de repère pour créer un itinéraire, la carte nous vient en aide pour nous déplacer d’un point de départ à une destination bien précise. Mais ce qui nous attend n’est pas (pré)visible sur le papier ou sur l’écran d’un GPS.

1584. Jerusalem par Christiaan van Adrichem

La technologie permet de s’approcher de la réalité avec plus de précision. Mais peut-on faire pleine confiance à une carte? Rien d’autre qu’une abstraction des choses réels toujours  perçues différemment. Selon les engagements politiques, les croyances religieuses ou les techniques disponibles du moment. Pensez-vous que tout le monde dessinerait le plan de Jérusalem comme cela? Et y en a-t-il un qui montre vraiment la réalité?

1993, Jérusalem dans un document de la CIA

A Dubaï, les images des rendering – images en 3D réalisées à l’ordinateur – rapprochent les formes d’une identité visuelle idéale. Qui n’existent pas. Et qui, peut être, n’existera jamais.

 

Palm Jumeirah, Dubaï

Palm Jumeirah, Dubaï

En regardant cette image du Palm Jumeirah, à Dubaï, il n’est pas possible de savoir si la ville sera habitée, qui l’habitera ou si les gens seront contents d’y habiter. Dans L’ordre compliqué, l’architecte Yona Friedman note: “Les choses sont des abstractions crées par notre mémoire“. Ou par notre imagination.

Nuages de mots à Washington

Mardi, février 10th, 2009

LINGUISTIQUE. Il y a des entrepreneurs qui arrivent à conjuguer des univers apparemment très distants. C’est le cas des américains Micheal Freedman et Marc Tinkler – l’un mathématicien, l’autre architecte- , créateurs de Virtual Thesaurus. Ce site permet de visualiser des word clouds. Et propose un dictionnaire interactif qui construit des cartes à partir d’un mot. En se laissant emporter dans des dimensions de la langue complètement inattendues, il est possible d’explorer les sens figuratifs des mots. Le site, multilingue, réunit dans ses cartes le vocabulaire français, hollandais, espagnol, allemand et italien. Une fois inscrit – 20 dollars pour un an d’abonnement – on peut accéder à un réseau social  d’experts et de passionnés des langues. 

Ces cartes – comme les arbres du designer italien Bruno Munari – s’ouvrent vers des nouveaux mots structurés par ordre syntaxique – substantifs, adjectifs, verbes et adverbes – et figuratif. Une boussole indique la direction des termes les plus spécifiques. Pour s’amuser, tapez: get, office, man, Net.

Une histoire. En janvier 2009, le professeur Frazier O’Leary du lycée Cardozo, dans la banlieue de Washington, a proposé à sa classe, constituée en majorité d’étudiants afro-américains, de lire A mercy, nouveau roman de l’écrivain Toni Morrison, prix Nobel pour la littérature en 1993 et prix Pulitzer en 1988. La lecture a été accompagnée d’une analyse du sens figuratif des mots grâce à la technologie de Virtual Thesaurus. Le cours à été filmé par la rédaction du WashingtonPost.com. Les détails du projet sont disponibles dans le blog Lesson plans.

Pour créer des cartes visuelles en dehors du contexte linguistique, essayez Text2mindmap. Choisissez police, couleur et dimension pour personnaliser votre carte heuristique. Le même concept est à la base des nuages des tags. Un exemple pratique – en oubliant celle de ce blog – ce sont les nuages développées par Brooklyn Artproject. La carte visuelle des mots les plus employés par Obama pendant la campagne présidentielle. Et celle de McCain.

web 2.0 + 3D isométrique

Samedi, février 7th, 2009

GEOGRAPHIE VIRTUELLE . Prenez Sim city. Utilisez des vrais villes et dessinez les bâtiments en 3D isométrique. Notez les noms des rues, des musées, des institutions, des restaurants, des hôtels… Utilisez un système de géolocalisation pour afficher les photos des hot spots. Faire ça pour les 33 villes les plus grandes du monde, c’est du boulot. Laissez-le aux autres donc : le principe du web 2.0,c’est un peu ça, non? Ajoutez un social network à coté pour que les internautes qui partagent un voyage, une ville, ou un resto se connaissent. Utilisez le Big Mac comme index pour comprendre le coût de la vie de la ville. Voici le projet coréen Onion Map.

du style

Samedi, février 7th, 2009

TYPOGRAPHIE. Il faut du style pour se faire comprendre. Et chaque message nécessite une police différente. Flypping typical est l’outil indispensable pour résoudre les malentendus entre forme et contenu.

Les familles des polices expriment des sensations distinctes. Pourriez-vous imaginer d’invertir la typo du Figaro et de Libération ? Et utiliser la police Synchro let pour les panneaux routiers ?

Les formes de l’utopie

Samedi, février 7th, 2009

RETROFUTURISME. Visionnaire. Utopiste. Libre. À 86 ans, l’architecte franco-hongrois Yona Friedman séduit urbanistes et intellectuels avec une alternative aux HLM de la banlieue et aux gratte-ciels intra-muros: Paris spatiale. Un projet dessiné en 1958 qui fait encore rêver les Français.

Après la faillite de la ville horizontale des années 70, dont les citoyens les plus défavorisés ont été et sont les premières victimes, Paris essaye de réfléchir à une nouvelle dimension : la ville verticale. Les gratte-ciels du quartier de Bercy, la relance de la Défense avec les tours du studio Morphosis et Jean Nouvel et la Pyramide Delanoë signée Herzog&de Meuron. Des tours pour oublier la “Sarcellite “donc. Mais cela n’est certainement pas un projet ambitieux comme il apparaît dans les renderings multicolores pour les magazines. Il s’agit plus simplement de créer de structures isolées pour fournir des espaces nouveaux aux entreprises qui veulent rester dans Paris intra-muros. Le Grand Paris reste le vrai défi auquel les institutions et les architectes doivent se confronter. Des solutions pour la ville, animal en devenir et terrain de jeu des acteurs politiques et intellectuels, qui puissent être valable à long terme.

Et c’est peut-être parce que sa pensée – tant sur le plan théorique que sur le plan esthétique – arrive à conjuguer la ville verticale avec une dimension intégrée, que le travail de Yona Friedman intéresse à nouveau les architectes.
Né à Budapest en 1923, il s’expatrie en Israël en 1946 où il fait l’expérience de la vie communautaire dans un kibboutz. Définitivement installé à Paris en 1957, il étudie l’habitat préfabriqué et l’esthétique de la simplicité, en prenant ses distances avec Le Corbusier et les grands ensembles en construction en banlieue. « Les villes-satellites les plus modernes ne sont que des villes-dortoirs: leurs habitants ne les ont pas choisies et elles ont été crées de toutes pièces uniquement pour alimenter les usines voisines en énergie humaine ; envahies par l’ennui et abandonnées par la jeunesse dès qu’elle en a la possibilité » explique Friedman.

L’absence de vie, l’isolement, la pratique tayloriste dans l’architecture et la méthode coercitive qu’emprisonne l’habitant dans l’habitat, se confrontent avec la Ville Spatiale de Friedman. Une structure surélevée de 35 mètres au-dessus du sol par un système de pylônes où une nouvelle ville suspendue prendrait place. Paris devient ainsi un vaste damier aérien, comportant toujours le même nombre de cases vides, pour que le citoyen puisse changer la position de son habitat selon ses envies. Une ville mobile, dynamique, constituée par des formes libres et erratiques. Et surtout au service des citoyens. « L’architecte n’est plus le concepteur-organisateur, mais il est un consultant fournissant des connaissances en écologie » souligne-t-il.

Inspiré et inspirateur du courant des architectes métabolistes japonais – Kenzo Tange, Kisho Kurokawa et Kiyonori Kikutake – et du mouvement anglais Archigram, Yona Friedman a été l’un des plus importants représentants de l’architecture utopiste en Europe en marquant le signe d’une époque, les années 60, et en créant un nouveau langage. Peut-être pas trop bien compris dans le passé. L’architecte italien Matteo Costanzo a travaillé avec lui: « Aujourd’hui on retient le courage de ses raisonnements très simples, infantiles même, qui donnent vie à un espace urbain différent, où les citoyens peuvent transformer leur habitat ». Jusqu’à présent ses projets n’ont jamais été réalisés, mais «son message politique a été fondamental pour des architectes comme Bernard Tschumi ou Rem Koolhaas, qui ont réussi a  mieux se positionner dans le marché», insiste Costanzo.

Aujourd’hui, la galerie Kamel Mennour à Paris expose ses maquettes, ses vieux collages d’un Paris jamais vu. Prélevées dans son appartement – récemment devenu patrimoine artistique de la Ville -, les maquettes racontent l’univers que Friedman a construit au fil de toutes ces années. Les merzstructures confectionnées à partir d’emballages pharmaceutiques, les griboullis et les macaronis réalisés avec des câbles électriques et les froissés en suspension comme des nuages. « Voir les oeuvres de Yona Friedman dans une galerie est signe d’une vraie acceptation de l’architecture comme discipline artistique – un peu comme la photographie à partir des années 70. Et aussi une prise de conscience de l’ampleur de son travail, trop longtemps négligé », explique Femke Van Heste, chercheuse de sociologie de l’art à l’Université de Rotterdam.

Pour l’avenir de l’Europe, ce futurologue visionnaire, avait proposé la Continent City. Un projet pour éviter l’explosion de la mégalopole, réalité urbaine très polluante et insoutenable, grâce à un réseau de transports entre plusieurs villes. Et la réalité semble rassembler de plus en plus à ça. « Aujourd’hui, qu’est-ce que l’Europe sinon un réseau de 150 villes ? ». L’utopie donc, c’est possible.

Galerie Kamel Mennour, 47 rue saint André de arts 75006 Paris | Yona Friedman. Part 2: Maquettes d’études 06/02 – 07/03

streamline mOderne

Vendredi, février 6th, 2009

Maurice Chevalier au bord de le Normandie

NAUTIQUE. En 1932, le Normandie, un paquebot transatlantique construit par le Chantier de Penhoët à Saint-Nazaire, commence ses aller-retours entre l’Europe et les États-Unis. Un navire d’une longueur de 313 mètre et une capacité de 1355 personnes.

C’est l’architecte russe Vladimir Ivanovich Yourkevitch qui dessina la carène “caractérisée par une rentrée des parois de l’avant, là où les paquebots précédents étaient plutôt renflés. Ceci permettait une meilleure pénétration de la coque mais un léger déséquilibre qui fut compensé par un bulbe situé sous l’étrave” explique Wikipedia.fr. L’intérieur fut dessiné par Pierre Patout et Henri Pacon. La salle à manger des enfants était entièrement décoré par Jean de Brunhoff avec les dessins de l’éléphant Babar. On y trouvait encore des piscines couvertes et découvertes, un cinéma, une chapelle… Un tourisme de luxe sur les flots.

L’euphorie des voyages transatlantiques et la confiance dans le progrès séduisent les villes. L’architecture nautique s’invite dans les rue de Paris, New York et de Londres, où les architectes s’amusent à utiliser les formes et les proportions des grands navires. Le style paquebot – ou Patou – est caractérisé par une construction légère et des surfaces blanches. De longues lignes horizontales, des formes courbes et des fenêtres en bandeaux. Et, dernier détail, des hublots.

Plus de détails sur le Normandie. Et les membres de l’équipage.

style paquebot II

Vendredi, février 6th, 2009

ARCHITECTURE. Essoldo Theatre, Manchester. Bâtiment abandonné – connu sous le nom de Longford Cinema -, il a été conçu par Henry F. Elder en 1936. Dans les années 70, il a été converti en salle bingo. Il reste aujourd’hui inutilisé.