Eurodisney #2
16 février 2010WELCOME. Comment devenir une princesse en Seine-et-Marne.
Nous recherchons des filles et des garçons pour incarner des personnages mesurant entre 137cm et 194cm. Postes à pouvoir en CDD et CDI à temps plein (statut non-intermittent).
Vous désirez vivre une expérience originale et créer des souvenirs inoubliables pour nos visiteurs et pour vous-même, en entrant dans la peau des célèbres personnages des dessins animés de Disney®, incluant ceux des princes et princesses.
Une formation artistique n’est pas indispensable, seule une abondance d’énergie vous sera demandée.
Extrait d’une offre d’emploi pour les cast-members de Disneyland Paris.
(photo Giulio Zucchini)
Eurodisney #3
16 février 2010WELCOME. 40 minutes de RER. Le temps de sortir de la ville, oublier le périph et traverser une zone vague de chantiers et centres industriels. A 30 km à l’est de Paris, le vide de la banlieue et le silence de la campagne sont interrompus par la bande Disney. 15,3 millions de visites en 2008 et 13.000 employés toujours déguisés. Une série photo sur les traces du kitsch. Du tourisme en plastique. D’un monde artificiel trop coloré. Et trop labelisé.
Le fil twitter de Disneyland Paris.
Premium FASTPASS is a fee paying service: 80 euros per person/day.It will be presented via a dated ticket valid from 10:30 am for one person
La nature de Disneyland Paris par Pierre Alphandéry.
L’article publié dans le Time en occasion de l’ouverture du parc thématique.
20 avril 1992. Euro Disney is not a French adaptation of the company’s parks in California and Florida. The Gallic accent is muted. There is no Moliere’s Magic Theater, no Mad Marcel Proust’s teacup ride. Euro Disney is the familiar all-American park somehow landed on 5,000 acres of wheat fields and beet fields in Marne- la-Vallee, 20 miles east of Paris. The attractions do not presume to explain Europe to Europe; instead they celebrate America the bland and beautiful, and reinvent it, Disney-style. Hence the transcontinental, cross- cultural ruckus.
(photo Giulio Zucchini)
Rome | Villa Medici
5 novembre 2009
Septembre 2009 | Un déménagement à Ville Medici.
(photo Giulio Zucchini)
My lost city
6 août 2009
Self-Portrait in My Room, NYC, 1983 © Nan Goldin
Luc Sante est écrivain et critique littéraire, notamment au New Yorker et New York Review of Books. L’essai My lost city concernant les changements de New York vient d’etre publié par Editions Inculte. Un portrait de la ville des années 70. Extraits.
« En marge des lourds problèmes de violence, de drogue et d’insalubrité, il y avait le fait que, dans les années 1970, New York semblait ne pas faire partie des Etats-Unis. C’était une interzone offshore, sans centre commerciaux, avec peu de grandes enseignes, pas de terrains de golf ni de maisons avec dépendances, et les rares chrétiens qu’on y croisait ne fréquentaient l’endroit que par charité. Dans le centre-ville, nous étions bien sur fiers de cela. Nous considérions qu’il s’agissait d’une ville libre, comme l’un de ces nids d’intrigues et de licence de l’avant-guerre où les exilés, les fugitifs et les réfugiés trouvaient un abri dans un improbable melting-pot ».
Une interview de Luc Sante est publiée dans le magazine littéraire américain The Believer. Et sur son blog Pinakothek, où il se décrit comme ça : generally I favor humble over great, marginal over central, old over new–but not always, because like a four-sided porch I’m open to all winds.
Jamais seuls
20 juin 2009
Robert Rauschenberg Lucy’s Beach, 2005
TECH. Après Loopt, le widget pour iPhone qui montre la position des amis sur Google Latitude, la géolocalisation seduit les twitteurs. Avec TwitterLocal il est possible de suivre tous les fils Twitter des habitants d’une ville.
Pour les geo-curieux, suivez Wired.
une (v)î(l)le
23 mai 2009
An “affordable, worry-free gated community in Springtown, Texas”
SECURITE. En 2050, entre 8 et 9 milliards d’être humains habiteront dans un environnement urbain. L’incapacité de pourvoir eux-mêmes à leur besoins alimentaires, énergétiques et en eau potable les conduira à l’instabilité en termes de sécurité. Selon un étude publiée dans les “Cahiers de la sécurité,” ces mégapoles anarchiques seront victimes d’une prolifération de gangs, de criminalité et de bidonvilles. Les capitales du Sud – comme Lagos, Karachi et Rio de Janeiro – se révèlent donc comme le cauchemar de ce que les autres mégalopoles occidentales pourraient devenir.
Comment se défendre de l’insécurité urbaine? (ou comment se payer la prison) Aujourd’hui la recherche de protection et d’un environnement tranquille se traduit par la construction d’ensembles résidentiels fermés et sécurisés. Les gates communities se multiplient. En s’isolant du reste de la ville. “Les gated communities ne sont plus des villes emmurées par rapport à un ennemi extérieur – comme au Moyen Age – mais elles sont fortifiées à l’intérieur” explique le philosophe Thierry Paquot, “on assiste ainsi à une offensive anti-urbaine : le monde s’urbanise d’un côté mais de l’autre, on crée en ville des lieux de rassemblement qui sont anti-urbains, producteurs d’une urbanité sélective et discriminante“.
Un rapport de l’Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) – publié dans le Cahier de la Sécurité de avril-juin 2009 – souligne les éléments principaux de la construction des gated communities en France: la présence d’un gardien et d’une vidéo surveillance, la méfiance des résidants envers les jeunes et un “racisme latente”. Et si les ensembles résidentiels fermés se portent bien sur le marché français, à Tokyo c’est surtout le concept de Mega mansion, le gated community verticale, qui s’impose dans le marché de l’immobilier de luxe. Les parkings privés, la salle de gym, les cabinets des médecins et les salles de fête sont intégrés aux tours de la Mega Mansion pour souligner le sens d’exclusivité des habitants. Et pour les isoler du reste de la ville.
contre la ville verticale
13 mai 2009
INTERVIEW(S). Les tours nous entourent. Elles font désormais partie de la silhouette naturelle de chaque ville : dans le monde les bâtiments de plus de 200 mètres de haut sont au nombre de 15 000. Mais dans le skyline de Paris, une vaste esplanade grise de toits de tôle, se distinguent seulement la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse. Depuis quelques années les projets de construction de tours et gratte-ciel se multiplient. La ville verticale s’impose dans l’avenir de la capitale parisienne en se proposant comme symbole de modernité et de progrès. Mais les avis sont partagés et les critiques multiples. La guerre aux tours est un combat qui dure depuis des années.
Comment le gratte-ciel est devenu un symbole de modernité ?
Bernard Huet. « Le gratte-ciel moderne est devenu un objet irrationnel anti-économique et absurde que la crise linguistique a totalement vidé de sa substance signifiante. D’abord, support du signe publicitaire, il s’est transformé en signe vide par excellence de l’espace moderne euclidien, isotrope, homogène. Sa mort est proche et il rejoint déjà au musée des grands mythes populaires les ‘villes flottantes et volantes’ chargées de toutes les potentialités catastrophiques et apocalyptiques d’une société agonisante et convulsionnaire. Le cinéma commercial ne s’y trompe pas qui associe le gratte-ciel, le Zeppelin et le paquebot aux terreurs primitives de l’humanité, l’incendie, l’inondation et le tremblement de terre ». Extrait de L’Architecture d’Aujourd’hui, 1975.
Au contraire des images cinématographiques, le gratte-ciel trouve sa place légitime dans la société individualiste et consumériste d’aujourd’hui.
Frank Lloyd Wright. « Les gratte-ciel n’ont pas de vie propre, pas de vie à donner, n’en recevant aucune de la nature de la construction. Aucune. Et ils n’ont pas de relations avec les alentours. Parfaitement barbares, ils se dressent sans égards particuliers pour ces alentours, ni les uns pour les autres ; ils n’ont d’autre objet que de gagner la course ou d’attirer le locataire. L’espace cet élément psychique plein de charme de la ville américaine a disparu. À la place de ce sentiment subtil s’est installé le resserrement haut et étroit. L’enveloppe des gratte-ciel est sans morale, sans beauté, sans permanence. C’est une prouesse commerciale ou un simple expédient. Les gratte-ciel n’ont pas d’idéal unitaire plus élevé que le succès commercial ». Extrait de La tyrannie du gratte-ciel, 1930.
Méga-chantiers et consumérisme sont donc inséparables. Aujourd’hui Dubai, avec les gratte-ciel Burj Dubai (800 m) et Al Burj (700m), en est l’exemple, et la dérive, le plus évident.
Mike Davis. « De fait, Dubai est l’incarnation du rêve des réactionnaires américaines – une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d’opposition (ni élections, d’ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale – non officielle -, qui définit aussi son image planétaire, est la fameux Festival du Shopping, parrainé par les vingt-cinq centres commerciaux de la ville. Ce grande moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme, provenant du Moyen-Orient et d’Asie du Sud ». Extrait de Le stade Dubai du capitalisme, 2007.
Quels sont les risques de la ville verticale ?
Paul Virilio. « Aujourd’hui, on vit la fin de la trame viaire, c’est-à-dire du contact avec le sol, la route, la rue, au profit d’une perception survolée et lointaine : celle des hélicoptères qui survolent la ville, ou des voitures qui passent à toute vitesse, sur une autoroute. On ne perçoit plus qu’à distance, c’est-à-dire de haut ou de loin. Les pouvoirs jouent la dissuasion pour que les gens restent chez eux. Chacun va se prémunir encore plus contre des agressions possibles. Les ghettos, qu’ils soient de pauvres ou de riches, ne cessent de se fortifier ». Extrait d’une interview parue dans Libération le 20 décembre 2005.
Comment les gates-communities s’intègrent-t-elles à l’identité de la ville verticale ?
Thierry Paquot. « La tour comme les gated communities vont contre une certaine conception de la ville : une ville du partage, accessible à tous, qui ne discrimine pas selon des critères de revenus ou socio-culturels comme la religion, l’âge ou la pratique sexuelle. Errer dans une ville comme bon me semble dans la plus grande sécurité possible me convient très bien. Qu’on me prive de pouvoir circuler, via des tours ou des rues résidentielles privées protégées par des vigiles, c’est une négation de l’idéal que j’aie de la ville. Je pense que la grande force de la ville que Beaudelaire a si bien poétisée, c’est précisément cette possibilité de s’y sentir chez soi, de pouvoir entrer dehors ». Extrait d’une interview du magazine mouvements.info.
Voici un article de La revue de l’Urbanisme pour plus d’informations sur les tours et la ville verticale.
Shapeville
5 mai 2009ZONE MILITAIRE. Une caserne de pompiers, une école internationale, un club pour femmes de militaires et une agence de voyage. Les 1100 haut-dirigeants du centre de commandement militaire des forces (SHAPE) de l’OTAN en Europe habitent dans la campagne belge. Pas loin de la frontière française et à 50 kilomètres au sud de Bruxelles. Derrière les barbelés, une vrai ville militaire. (photos Giulio Zucchini)




En photo
27 avril 2009
PHOTOGRAPHIE. David J. Crandall et les chercheurs en informatique de la Cornell University de Ithaca, New York, ont recueilli toutes les photographies – 35 millions – du site Flickr.com. En utilisant les tags et la géo-localisation, ils ont créé la liste des villes les plus photographiés dans le monde.
1 New York City
2 Londres
3 San Francisco
4 Paris
5 Los Angeles
6 Chicago
7 Washington, DC
8 Seattle
9 Rome
10 Amsterdam
Et voici la liste des monuments, Paris en première place.
1 Tour Eiffel - Paris
2 Trafalgar Square – London
3 Tate Modern museum – London
4 Big Ben – London
5 Notre Dame – Paris
6 The Eye – London
7 Empire State Building – New York City
Plus d’infos sur le site du magazine New Scientist.
salone internazionale del mobile
25 avril 2009MILANO. Depuis 1961 le COSMIT organise le Salone Internazionale del Mobile pour promouvoir l’exportation du design italien. Chaque année 1300 entreprises et 345.000 visiteurs spécialisés sont présents dans la Fiera di Milano. Mais c’est dans le quartier Tortona que le Salone OFF ouvre ses portes aux showrooms et designers. En photo l’espace Foscarini, Richard Ginori et Cassina. (photos Giulio Zucchini)



voir Venise
20 avril 2009TOURISME. Du sommet du campanile de Saint Marc on observe Venise. 8 euros pour monter en ascenseur la tour en briques de 97 mètres de haut. Audio-tourisme et paysages à la carte. Il y a de téléphones factices qui font audio-guides, d’autres pour passer des appels internationales. Le monsieur de l’ascenseur bouge les touristes comme des vaches. Toutes les 3 minutes il monte avec 14 touristes et il descend avec autant de personnes.
Les touristes se prennent en photo avec la lagune en arrière-plan. Mais il est difficile derégler la lumière. Les photos sont toutes en contre-jour. (photos Giulio Zucchini)
Young urban professional
4 avril 2009
YUPPIES. Je voulais écrire un papier sur les yuppies et les années 80. Reagan, Wall street et la cocaïne. En cherchant des infos sur le net, j’ai lu un article que l’écrivain américain Jay McInerney a écrit pour le magazine New York. Je vous laisse le plaisir de le lire.
« Like hippies, yuppies were baby-boomers rebelling against their parents. But the yuppies weren’t rejecting their parents’ politics so much as their parents’ taste and budgetary constraints. Yuppies seemed to be apolitical. Urbanity, one of their namesake characteristics, was a reaction to the suburbs, where many of them had grown up. Their epicureanism was presumably a reaction to the canned, frozen, and processed food that most of them had grown up on. As for their signature ambition, well, BMWs and 5,000-square-foot raw loft spaces didn’t come cheap, even in 1984. But of course there was more to it than that, even in the cartoon version, since the self-improvement ethic extended to the physical realm as well. It’s hard to believe now, but there weren’t all that many gyms in Manhattan in 1979 ». Extrait de l’article Yuppies in Eden.
En 1991, le magazine Time a décrété la mort des yuppies avec un nécrologie fausse et une chronologie du phénomène. A partir de l’apparition du mot, en 1983, quand c’était juste une façon nouvelle d’appeler les preppies, jusqu’à sa disparition tragique huit ans plus tard, suite à la récession économique des années 90.
« The causes of death were family, finances and fatigue. (…) Since early 1983, when the term first appeared in print, more than 22,000 magazine and newspaper articles have featured the word yuppie. (…)The yuppie mystique was built around a sense of generational entitlement that had its roots in the prosperity of the 1950s and ’60s. (…) 1991: Yuppies are once again pronounced dead on the arrival of the recession». Extrait de l’article The Birth and – Maybe – Death of Yuppiedom.












