Main image
25th novembre
2008
written by simtoc

Renault, Peugeot Citroën, Ford… Le secteur automobile est touché de plein fouet par la crise. Pas un jour ne se passe sans l’annonce d’un plan social, de suppression de postes ou de chômage forcé. Emblématique de l’état de santé économique d’un pays, le secteur automobile est très interdépendant. Les constructeurs entraînent dans leur chute une myriade d’entreprises de sous-traitants. Les équipementiers, moins connus du grand public, doivent eux aussi faire face aux effets de la crise. Tour d’horizon des entreprises touchées en France depuis quelques semaines

  • Fabricants automobiles
  • Renault : Les salariés de l’usine de Batilly (Meurthe-et-Moselle) subissent plusieurs jours de repos forcé en décembre. A Dieppe (Seine-Maritime) plusieurs journées seront également chômées. Le site de Douai (Nord) tourne au ralenti jusqu’à début janvier. Le site de Flins (Yvelines) est quant à lui fermé temporairement. A Sandouville (Seine-Maritime), les salariés sont au chômage technique, 1 000 emplois sur 3 700 vont être supprimés.
    Du côté de Renault Trucks, la filiale de fabrication de camions de Renault, 700 intérimaires de l’usine de Blainville-sur-Orne (Calvados) ne verront pas leur mission renouvelée et le chômage partiel pourrait atteindre 90 jours. A Bourg en Bresse (Ain), 90 jours de chômage partiel sont également imposés, tout comme à Lyon (Rhône).

    PSA Peugeot Citroën : Le fabricant automobile a annoncé 3550 suppressions de postes en France la semaine dernière. Selon l’entreprise, il s’agira de départs volontaires. A Hordain Sevelnord (Nord), l’usine tourne au ralenti tout le mois de décembre. Plusieurs jours d’arrêt de travail sont imposés à Mulhouse (Haut-Rhin) et la production de l’usine cesse plus tôt que prévu à la fin de l’année. 700 postes d’intérimaires sont supprimés dans l’usine de Poissy (Yvelines), le site est fermé quatre semaines en décembre, deux fois plus que les autres années. A Rennes (Ile-et-Vilaine), 850 départs volontaires sont prévus, la production est stoppée pendant un mois en décembre. A Sochaux (Doubs), pas de travail du 8 décembre au 6 janvier pour les 13 500 salariés de l’usine.

    Toyota : Le fabricant japonais fait lui aussi face à la crise. A Onnaing (Nord), les salariés sont au chômage forcé deux semaines en décembre et une semaine en mars. La production de l’usine sera réduite de 20% à partir de février. Ces congés forcés concernent 4 000 salariés. Le sort des intérimaires est encore inconnu.

    Ford : les 1 600 salariés de l’usine de Blanquefort (Gironde) sont au chômage technique jusqu’à début janvier.

    • Equipementiers

    Goodyear : le fabricant de pneus prévoit de supprimer 460 postes dans son usine d’Amiens (Somme). Toutefois, la procédure est suspendue pour le moment par le tribunal de Nanterre qui a pointé le non-respect des procédures légales.
    Continental : A Rambouillet (Yvelines), le fabricant de pneus veut supprimer 182 emplois
    Faurecia : l’équipementier automobile fermera son usine de Saint-Nicolas-de-Reudon (Loire-Atlantique) en 2011. 400 emplois sont menacés, la production est actuellement réduite de moitié.
    Fruehauf : le fabricant de semi remorques compte supprimer 104 postes sur les 387 de son usine d’Auxerre (Yonne).
    Johnson Control : l’équipementier américain va fermer son usine de fabrication de batteries qui emploie 280 salariés à Grand-Quévilly (Seine-Maritime).
    Henkel : le fabricant de pièces détachées va fermer son usine de Châlons-en-Champagne (Marne) l’année prochaine : 62 emplois sont menacés. L’usine de Cosne sur Loire (Nièvres) va subir le même sort, 166 emplois sont menacés.
    Harman Becker : le fabricant d’enceintes audio pour automobiles supprime 135 postes dans l’usine de Château du Loir (Sarthe), les salariés en grève.
    JT Ket Europe : l’équipementier automobile japonais a lancé un plan de restructuration qui prévoit 200 suppressions de postes à Dijon et Saint Etienne.
    Key Plastics : le fabricant de pièces détachées supprime 300 emplois en France dont 139 sur 197 sur le site de Rochefort (Charente-Maritime). L’usine de Voujeaucourt (Doubs) sera fermée et 114 emplois y seront supprimés.
    Klarius : l’usine de Dreux (Eure-et-Loir) a été mise en liquidation judiciaire. 248 salariés sont au chômage.
    Lear : l’usine d’Offranville (Seine-Maritime) a fermé ses portes en octobre. 150 salariés sont au chômage.
    Michelin : une grande partie des 1600 salariés de l’usine de Blanzy (Saône-et-Loire) vont être mis au chômage partiel dès la fin du mois de décembre. L’usine de Roanne (Rhône-Alpes) prolonge sa fermeture à trois semaines en décembre.

    Pourquoi le secteur automobile est en panne

    « L’économie réelle, notamment celle des pays industrialisés, a été percutée par la crise financière. C’est le secteur automobile qui a été le plus durement touché » , Mitsuo Kinoshita, vice-président de Toyota

    En France, le secteur automobile représente directement ou indirectement environ 10% de la population active française. Une crise qui commence à faire sentir ses effets. Les raisons de la panne.

    La crise du crédit plombe les achats

    La voiture est un bien de consommation que l’on achète à crédit la plupart du temps. En période de crise, les banques accordent moins de prêts. L’impact sur les ventes est donc très rapide. En octobre, les ventes de voitures particulières neuves ont baissé de 7,3% par rapport au même mois de l’année précédente.

    Le secteur subit les variations de consommation

    L’achat d’une voiture est un acte qui peut être facilement différé ou reporté lorsque les ménages n’ont pas les moyens de s’offrir un véhicule. En octobre, les ventes de PSA Peugeot Citroën ont baissé de 4,7% et celles de Renault de 9,8%. Cette chute « reflète un mois de crise » selon François Roudier, le porte-parole du Comité des constructeurs.

    L’organisation du secteur influe sur la baisse des ventes

    Il suffit qu’un concessionnaire enregistre une baisse de fréquentation pour que cette baisse soit immédiatement répercutée sur les commandes qu’il passe aux usines. Les salariés des fabricants se retrouvent alors au chômage forcé total ou partiel pour que l’entreprise puisse ajuster sa production. Actuellement, selon François Fillon, il y aurait 1 million de véhicules neufs en stock.

    Leave a Reply