En temps de crise, la manière de consommer les biens culturels change. Les achats de noël ne sont pas épargnés. Certains limitent leurs dépenses, préfèrent les supermarchés aux magasins de jouets, ou se tournent vers internet. Pour prendre le pouls de ces nouvelles tendances, une petite balade sonore dans les rayons d’une grande enseigne de jouets à Paris s’impose :
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Et pour se détendre un peu, voici la campagne de publicité pour ebay.be, caractéristique de ce déplacement des achats de noël sur le net.
Sur quoi débouchera la crise ? Certains économistes envisagent pour nous le bout du tunnel.
Scénario n°1 : sortir de la crise économique pour…tout recommencer comme avant
C’est le scénario le plus probable. Pour François Morin, ancien conseiller économique de Lionel Jospin et conseiller à la Banque de France, les décisions du G20 vont irrémédiablement nous conduire dans ce sens. Selon lui : « Ce scénario implique que l’on reprenne les mêmes et que l’on recommence ». Autrement dit, il s’agit d’un système de reconduction du capitalisme financier.
Avec quelques aménagements toutefois : plus de régulation et de nouvelles règles du jeu pour la stabilité du système financier mondial. « On assisterait à un assouplissement des normes comptables, une meilleure transparence des Hedges Funds et des paradis fiscaux. Une révision des règles sur les bonus, les parachutes dorés et les stocks options » ajoute François Morin.
Emergence de nouvelles bulles financières
Pour l’économiste, ce scénario est problématique puisqu’il ne touche pas aux logiques profondes du développement de la sphère financière. Les banques centrales ont déversé énormément de liquidités sur les marchés et tirent vers le bas les taux directeurs. « En continuant ainsi, on crée les conditions d’émergence de nouvelles bulles financières et rien n’empêchera la spéculation de recommencer » ajoute-t-il. En bref, on sortira de la crise pour entrer dans…une autre crise. Pour Nicolas Bouzou, du cabinet Asteres : « Ce scénario est le seul possible, les autres sont utopiques car ce qui est en cause dans cette crise c’est la régulation du capitalisme, pas sa refondation ».
Sur quoi débouchera la crise ? Certains économistes envisagent pour nous le bout du tunnel.
Scénario n°2 : sortir de la crise économique pour…entrer dans une crise sociale et politique
C’est la version dramatique, le scénario catastrophe. « Sa probabilité d’occurrence est très faible » explique François Morin. Mais elle augmente avec la poursuite de cycles de bulles et de leur éclatement. Il s’agit d’une rupture brutale entre pouvoir économique et pouvoir des citoyens. La crise économique devient sociale. Le chômage augmente, les citoyens sont touchés de plein fouet, le pouvoir d’achat ne cesse de baisser. Les faillites se multiplient, les mouvements sociaux aussi.
Confrontation entre zone dollar et euro
Pour François Morin, « les replis identitaires de certaines communautés pourraient se développer » et « des conflits armés pourraient même apparaître ». La crise financière porterait donc en elle les germes d’une crise sociale et politique plus profonde. Dans ce type de scénario, il ne faudra pas exclure une confrontation de type économique entre la zone dollar et la zone euro. Selon François Morin, l’euro ne serait pas dans une position favorable en raison de la fragilité de la gouvernance européenne.
Sur quoi débouchera la crise ? Certains économistes envisagent pour nous le bout du tunnel.
Scénario n°3 : sortir de la crise économique pour… entrer dans une ère plus équitable
C’est le scénario le moins probable selon les économistes. Le scénario « alternatif » qui illustre la théorie de certains comme Philippe Pouletty, le directeur de France Biotech, qui voudrait que la crise soit « une chance d’assainir l’économie ». Dans cette hypothèse, la crise devrait, selon François Morin, générer une « prise de conscience collective » : « Les prises de participation au capital et les nationalisations bancaires pourraient être consolidées grâce une action politique sur le long terme. Des pôles financiers publics pourraient émerger et fonctionner comme investisseurs de long terme dans les secteurs vitaux de l’économie ». Pour Nicolas Bouzou du cabinet Asteres, « toutes les crises assainissent l’économie, c’est leur rôle. Il faudrait maintenant que le gouvernement encourage le financement des entreprises, c’est le nerf de la guerre. »
Une monnaie mondiale
La finance solidaire, le développement durable, les énergies renouvelables et le commerce équitable seraient alors promus. On assisterait à une réduction des inégalités et des déséquilibres entre les grands pays et les pays du Sud. A en croire François Morin, le moyen le plus efficace pour dégonfler la sphère financière repose sur une « utopie », celle d’une « monnaie commune » à l’ensemble de la planète. Elle permettrait la fin des spéculations, notamment sur les prix alimentaires.
A l’heure où toutes les industries hurlent à la crise et réclament des aides au gouvernement, un secteur continue de surfer sur la vague : l’éco-écolo.
La filiale verte d’EDF, EDF-EN, vient par exemple de lever 500 millions d’euros pour augmenter son capital et développer l’énergie solaire. La baisse du pouvoir d’achat conduit les ménages à s’intéresser de plus en plus aux technologies qui réduisent leur facture énergétique : panneaux photovoltaïques, géothermie, isolation… La hausse du prix du pétrole est une aubaine pour attirer les consommateurs vers les énergies renouvelables.
Grâce à la crise, les entreprises du vert vendent plus, elles s’agrandissent, et créent davantage d’emplois. Bref, elles se portent bien et le green-business pourrait même devenir le principal outil de l’économie mondiale pour sortir de la crise.
Un filon que le nouveau président Américain, Barack Obama, ne manquera pas d’exploiter. Dans son plan pour relever l’économie américaine, il met le paquet sur l’écologie : 150 milliards d’investissements sur dix ans pour développer l’énergie renouvelable, création de cinq millions d’emplois “verts”… Baisse des émissions de CO2 et baisse de la facture énergétique pour les usagers. Du développement écologique, Barack Obama espère surtout tirer un développement économique pour remettre l’Amérique sur les bons rails.
Sources : Challenges, Rue89
Photo : Lesmotsontunsens.com
La crise économique et financière commence à faire ses premières victimes. Mais certains tirent leur épingle du jeu. Revue de presse des perdants et des gagnants de la crise.
Le Point.fr: tour d’horizon des vrais gagnants économiques, politiques et médiatiques de la crise
Trends : inventaire non exhaustif de ceux qui tirent profit de la crise et de ceux qui en souffrent
Le Post.fr: un article drôle et pédagogique sur ceux qui méritent un prix pour avoir su échapper à la crise
France 24 : et si le grand gagnant était Karl Marx… et la gauche ?
Easybourse.com : les gagnants de l’économie et de la finance
Le Monde.fr : les personnalités politiques européennes à leur avantage dans la gestion de la crise et ceux qui le sont moins
Aujourd’hui, c’est le Black Friday aux Etats-Unis, ce vendredi qui suit immédiatement Thanksgiving et lance traditionnellement les achats de Noël. En cette période de crise, il prend une résonance particulière.
Le Black Friday donne le coup d’envoi à trois jours de solde. Il permet aux commerçants de voir leurs comptes passer dans le noir ( i.e. de devenir bénéficiaires). D’où son nom. Cette année, il est d’autant plus crucial que la consommation a chuté de 1% en octobre, soit la plus forte baisse depuis 2001.
Difficile de savoir si le Black Friday cru 2008 confirmera cette chute et se transformera en “Red Friday” ou s’il sera, au contraire, l’occasion pour les ménages qui ont perdu beaucoup de leur pouvoir d’achat de se rattraper un peu en profitant des nombreuses offres promotionnelle. Une étude de l’ICSC et Goldman Sachs va dans le sens de cette deuxième hypothèse. Elle indique que 45% des consommateurs profiteront de ce week-end, contre 36% l’année dernière.
Economistes et politiques donnent leur pronostics de date de sortie de crise. Leurs avis divergent sur la date elle-même, mais tous sont d’accord sur un point : la crise est partie pour durer.
“Pas avant fin 2009″
Pour le directeur général du FMI et ancien ministre des Finances, “il n’y a pas assez de circulation du crédit pour que le système fonctionne bien“. La crise financière, loin d’être terminée, a maintenant fait place à la crise économique. Pour envisager une sortie de crise à la fin de l’année 2009, il préconise une baisse des taux de la Banque Centrale européenne, ainsi qu’une politique suffisamment forte pour empêcher l’inflation. Depuis le début de la crise, DSK appelle les Etats qui le peuvent à mettre en place des politiques de relance budgétaire, comme l’ont fait les Etats-Unis avec le plan Paulson.
François Morin :
“A priori 2011″
L’ancien conseiller en économie de Lionel Jospin table sur une crise de trois ans. Mais reste prudent : “Ca ne veut pas dire grand chose. Pourra-t-on vraiment parler de “sortie” de crise ? Il s’agira plutôt d’un répit avant la suivante”. Pour lui, toutes les tentatives de datation de la sortie de crise sont infondées : “ceux qui le font, cherchent seulement à rassurer les gens“.
“2011… peut-être plus pour la France”
La France est entrée dans la crise déjà affaiblie économiquement (balance commerciale dans le rouge, chômage, délocalisations, déficit public) ; elle aura donc d’autant plus de mal à sortir de la crise. L’ancien patron du Crédit Lyonnais, et vice-président du MoDem explique que “les déséquilibres vont se creuser, c’est une contrepartie inéluctable de la crise, et on va sortir de cette période dans une situation nettement plus difficile qu’à l’entrée“. S’il prévoit que la crise mondiale se résorbera en 2011, il craint que la France ne mette davantage de temps à s’en remettre définitivement.
“Convalescence en 2011, reprise en 2012″
Pour le directeur de la société de prévisions économiques Asterès, tout dépend de quelle crise on parle : si l’on parle de la crise bancaire, elle finira avant 2012 mais il faut rester prudent. Si l’on parle de la crise économique, elle ne fait que commencer. Il devrait y avoir une récession très forte en 2009, accompagnée d’une hausse du chômage et d’une baisse de la croissance. “Les gouvernements s’en sortent plutôt bien, mais à l’avenir, pour éviter ce genre de situation il faudra augmenter le financement aux entreprises“, explique-t-il. La France devrait vivre une convalescence pénible en 2010 et 2011. La reprise ne devrait arriver qu’en 2012. En tout cas, les crises ont ceci de positif qu’elles assainissent l’économie : elles sont l’occasion de repenser nos systèmes économiques.
Une sélection des meilleurs articles du jour :
Ce que la crise change pour certains super-riches : rien (Le Figaro) :
C’est le débat diffusé sur France Info. Les invités: Silvie Pierre-Brossolette du Point, Laurent Joffrin du Libération et Nicolas Beytout des Echos:
-La France peut-elle être en faillite? (Le duel Libé-Le Point
Les grandes entreprises américaines sont accusées de trop rémunérer leurs dirigeants. Au Japon, on constate le phénomène inverse…
-Japan wrestle with CEO pay as they go global (Wall Street Journal)
On reste au Japon, où 331 étudiants, qui devaient commencer à travailler en mars 2009, ont vu leur contrat d’embauche annulés.
-331 students had their job offers annulled (Asahi Shimbun)
Les entrepreneurs français s’inquiètent des tensions franco-chinoises sur le dossier tibétain. Ils craignent pour leurs intérêts en Chine.
-Businessfears over Chinese-French rift (Financial Times)
Les entreprises françaises seraient pour le moment épargnées par la pénurie du crédit :
-Les sociétés souffrent encore peu de la pénurie de crédit (Le Monde)
Le gouvernement américain veut obliger les établissements de crédit à aider davantage leurs clients criblés de dettes :
Certaines banques semblent épargnées par la crise. Parmi elles, les banques islamiques, dont les principes de fonctionnement diffèrent de ceux des banques occidentales. Présentent-elles pour autant une alternative crédible ?
Les banques islamiques fonctionnent selon les principes de la charia et attirent une clientèle désireuse de respecter les règles religieuses. Elles ne pratiquent pas l’usure (pas de taux d’intérêt donc !), ni la spéculation. Elles n’investissent pas dans des secteurs comme le jeu, l’alcool ou la pornographie. Dans un tel système, une crise des supprimes est donc exclue.
On trouve des banques islamiques dans les pays du Golf depuis 30 ans et même une à Londres depuis septembre 2004. La France en est dépourvue, mais selon Courrier International.com, la Société générale souhaite lancer des produits islamiques dès 2009,
Certains experts se méfient du développement de ces banques. L’ancien président de la banque de Japon, Toshihiko Fukui, a fait part de son scepticisme. Jean-Christophe Durand, le directeur régional de BNP-Paribas, rappel aussi les points faibles de ce nouveau type de banques : « Il existe des limites à leur développement, comme l’absence de standards communs, des réemplois encore limités, une gamme de produits d’investissement étroite et des ressources en grande majorité à court terme. Il risque donc d’être difficile pour les banques islamiques de devenir une véritable alternative au système actuel.
Miho Oyagi
http://www.easybourse.com/Website/interview/1030-anouar-hassoune-moodyLs.php
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-11-26/58251.html
http://www.senat.fr/international/collogolfe/collogolfe8.html
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=91109










