Trois questions à Emmanuel Leprince, délégué général du Comité Richelieu, association qui défend les intérêts des PME.

Quelles PME sont concernées par le plan de financement mis en place par le gouvernement?

« Il n’ y a, à notre connaissance, pas de conditions d’éligibilité formelles. Le principe du plan est le suivant : intervenir au profit des entreprises structurellement saines, mais qui subissent le resserrement du crédit actuel. Or, on sait que les établissements bancaires vont orienter les soutiens dont ils bénéficient vers les PME les moins porteuses de risque: ce sont en général des entreprises traditionnelles, à faible potentiel de croissance. Ce que nous demandons, c’est que les PME innovantes ne soient pas oubliées.

L’une de vos revendications en matière de financement des PME concerne le crédit impôt recherche. Pourquoi?

Le crédit d’impôt recherche est à notre connaissance le seul crédit d’impôt dont le remboursement ne soit pas immédiat. Une PME doit ainsi attendre trois ans pour que sa créance lui soit versée. A l’heure actuelle, seules les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) ont droit au remboursement immédiat des créances du crédit impôt recherche. Nous avons formulé une demande à François Fillon : étendre à toutes les PME le bénéfice d’un tel remboursement.

L’impact serait évidemment important pour les PME innovantes, bénéficiaires naturelles de cette mesure. On parle de 300 millions €…

Autre mode de soutien, vous insistez sur l’accès à la commande. Pensez-vous que la crise va relancer l’idée d’un « small business act » en France?

Nous l’espérons. Rappelons que seuls 12 % des marchés publics de l’Etat sont attribués à des PME. A l’échelle européenne, les marchés publics représentent un montant de 1500 milliards d’euros annuels attribués aux entreprises, soit autant que le PIB de la France. Nous ne demandons pas de passe-droit mais des moyens de rééquilibrer la concurrence pour que les meilleurs gagnent. Qu’ils soient grands ou petits. »

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