L’actualité de la crise économique par des étudiants du CFJ

28nov Plan de soutien aux PME : l’Etat va assurer un complément de garantie

Afin d’aider les PME françaises à surmonter la crise, l’Etat va assurer un complément de garantie sur les créances des entreprises dès le 8 décembre. Il se substitue ainsi aux assureurs-crédit, qui refusent dorénavant d’assumer les risques à 100%.

La ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Christine Lagarde, a réuni jeudi 27 novembre les principaux assureurs-crédit opérant en France, dans le cadre du plan de soutien aux PME lancé par le gouvernement en octobre.

L’assurance crédit, qualifiée par Christine Largarde de « maillon indispensable », concerne environ un quart des entreprises en France et a pour vocation d’assurer un fournisseur contre le non-remboursement de ses créances par ses entreprises clientes. (more…)

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28nov Pas de crise de foi à l’Eglise de la Défense

Dieu proche des préoccupations. Mais aussi des occupations quotidiennes : pour se rapprocher des cadres d’entreprise, l’Eglise catholique a ouvert, aux pieds des tours du quartier des affaires de la Défense, une « maison d’église ». Une alliée pour les cadres en temps de crise.

La salle est dépouillée, solennelle: béton, verre et acier qui la composent rivalisent de sobriété . A l’heure du déjeuner, patrons et employés y prient dans une lumière tamisée. « Ils se ressourcent », corrige le père Anglarès, qui officie depuis quatre ans à l’église de la Défense.

Car il n’est pas question de faire de Notre-Dame de Pentecôte un refuge pour des fidèles touchés par la crise financière ambiante. « L’église est un lieu de respiration. On y trouve le silence, le réflexion, le partage: tout pour repartir dans la vie quotidienne ». Pour faire une pause, et non pas une coupure avec le monde extérieur.

Pas de crise à l’église. « Nous abordons avec les fidèles tous les aspects de la vie. Et nous parlons évidemment des problèmes liés au travail, et pas seulement à la crise : stress, harcèlement, licenciement,… énumère le Père Anglarès. L’Eglise joue ici son rôle: donner de l’humanité. »

Pour symboliser ce rôle, l’architecture a été longuement pensée. De grandes baies vitrées courent le long des murs, des murs qui s’arrêtent tous à 1,5 m du sol. « Il fallait qu’on reste en connexion avec le monde extérieur. On se distingue de la banque voisine, mais on n’impose pas de barrière entre les deux sphères », assure le prêtre.

Une intégration réussie. Malgré la croix qui l’identifie, l’Eglise reste quasi invisible aux yeux des nombreux promeneurs et travailleurs de la Défense. Une situation qui ne déplaît pas au Père Anglarès. « Mon prédécesseur organisait des chemins de croix pour bien signifier notre présence. J’y suis opposé. Par contre, notre chorale de gospel se produit deux fois par an à la Défense. Le gospel est un chant religieux mais la chorale est formée de gens de tous horizons. Athées, chrétiens,… Un vrai symbole », s’enorgueillit le prêtre.

Groupes de réflexion. Une ouverture sur le monde, loin d’un prosélytisme revendiqué, qui séduit les habitués. « On se sent bien dans cette église, il s’en dégage une sorte d’harmonie, reconnait Nathalie Julien, la trentaine. J’ai la foi et la possibilité d’aller à la messe près de mon lieu de travail. Dieu fait vraiment bien les choses! », s’exclame-t-elle avant de regagner son poste dans un des imposantes tours environnantes.

En plus des activités cultuelles, l’église cultive son ouverture grâce à une vingtaine de groupes de réflexion qui se réunissent dans ses locaux. Notre-Dame de Pentecôte accueille également des forums. Dont les programmes rappellent aux fidèles que le monde réel n’est jamais loin. « Comprendre et juger la crise financière » était proposé jeudi 27 novembre aux fidèles. Et aux autres.

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28nov Des petits trous, toujours des petits trous…

Dessin de Delize - via Yahoo.fr

Dessin de Delize - via Yahoo.fr

Pour les PME, et pour sauver les banques, les milliards pleuvent… Mais jusqu’à quand ?

Dessin de Delize, via Yahoo.fr

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28nov Financement : les PME souffrent


Places boursières, banques, grands groupes. Aujourd’hui, la crise les affectent tous. Après la sphère financière, la crise contamine l’économie réelle et entraîne les PME dans la tourmente. En point d’orgue : des difficultés d’accès au crédit grandissante. Rencontre avec un chef d’entreprise dans le rouge.

David Cohen a 52 ans. Depuis 1983, il est à la tête de la société « CMD », une entreprise d’import et de transformation de textile domiciliée dans la rue des jeûneurs, à Paris. Après 25 ans d’activité, il a désormais du mal à faire face. La crise a entraîné une baisse drastique de son activité. Résultat : à la fin du mois de septembre, il s’est retrouvé contraint de licencier un de ses quatre employés. Comme pour beaucoup de dirigeants de PME, son principal problème réside aujourd’hui dans l’accès au crédit. Affaiblies et prudentes, les banques ne sont plus prêteuses et entravent le financement des petites structures.

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28nov Un plan de soutien au financement des PME… C’est quoi ?

On vous en parle et reparle, les PME ont des difficultés à se financer. Normal, les bourses ayant déchanté depuis l’été, les banques ne sont plus préteuses. Mais le gouvernement fait pression. Avec les mots : le gouvernement n’a pas injecté de l’argent pour rien. Mais aussi avec un plan concret de soutien au financement des PME. Retour sur les détails de ce plan.

Le 2 octobre dernier, Nicolas Sarkozy a tout d’abord annoncé un apport de 22 milliards d’euros, répartis ainsi :

  • 17 milliards d’euros de fonds supplémentaires octroyés aux banques, grâce aux excédents d’épargne des livrets de développement durable et d’épargne populaire,
  • 5 milliards d’euros de capacité d’intervention supplémentaire d’Oséo pour les PME. Oséo est une banque publique d’investissement qui soutient la croissance et l’innovation des PME.

Le but est simple : l’Etat facilite l’accès des banques aux liquidités… Les banques doivent ensuite faciliter le transfert de cet argent en crédits auprès d3es PME. L’Europe a également débloqué des fonds : 30 milliards d’euros en plus pour la Banque européenne d’investissement, d’ici 2011, avec déjà 15 milliards débloqués pour 2008/2009.

Fin octobre, Nicolas sarkozy en déplacement en Haute-savoie annonce une nouvelle mesure : la possibilité pour les PME de faire valoir leur droit au crédit devant un médiateur du crédit.

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Charge ensuite aux banques de justifier leur refus, et au médiateur d’aider les banques et les PME à trouver un accord.

Dernier effort en date du gouvernement, largement relayé dans les médias et via internet, la création d’un statut d’ « auto-entrepreneur », qui permet, par simple déclaration sur internet, d’être exonéré de taxes et de cotisations lorsque son entreprise a un chiffre d’affaires réduit.

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27nov Plan de soutien des PME: « Il va falloir procéder à des réajustements »

Dans le but de faciliter la mise en œuvre du plan de soutien au financement des PME, le gouvernement a décidé de faire appel à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE). Chaque région s’est ainsi vue dotée dans ce cadre d’un dispositif original baptisé « parrain PME ». Nous avons interrogé Pierre Charpentier, « parrain PME » d’Ile-de-France.

En quoi consiste votre mission ?

« Nous centralisons les demandes des entrepreneurs en difficulté et nous tentons de les informer au mieux. Notre rôle consiste ensuite à les orienter vers les interlocuteurs les plus aptes à prendre en charge leurs problèmes. Principalement, il y en a trois: Oséo, pour tout ce qui concerne les garanties d’emprunts, la commission des chefs des services financiers (CCSF) pour les problèmes de dette fiscale et enfin le médiateur du crédit.

En dernière instance, nous sommes chargés de donner au ministère de l’Economie des informations lui permettant de ce faire une idée de la température générale. Cela permet à Bercy d’affiner ses diagnostics et d’ajuster les outils que l’Etat utilise pour parer aux difficultés des entreprises. A titre d’exemple, c’est grâce au rapport que nous avons rendu sur les assureurs-crédits que le gouvernement a décidé d’organiser une réunion avec eux.

Les PME font-elles souvent appel à vos services ?

Pour le moment, nous sommes sur une base de 150 appels par mois. C’est peu, par rapport à une institution comme Oséo, qui doit en recevoir 150 par jour. Mais cela nous permet tout de même de se faire une idée assez précise du climat économique actuel. On sent bien, par exemple en ce moment, que le secteur automobile est très touché, particulièrement dans le domaine de la sous-traitance. En revanche, nous manquons encore de recul pour identifier les secteurs qui pourraient être fragilisés à l’avenir.

Quels sont les principaux problèmes dont les entreprises vous font part ?

Leurs difficultés sont globalement de trois ordres. Le problème numéro un reste lié à des difficultés de trésorerie. Vient ensuite s’ajouter celui du carnet de commandes des entreprises. Les difficultés d’accès au crédit constituent le troisième point noir qui affecte les PME. Mais on se rend compte que ce problème est en net augmentation ces derniers temps.

Je ne sais pas si le plan de soutien mis en place par le gouvernement suffira à redresser la barre. Le cas du secteur automobile est très significatif. Le premier plan de sauvetage n’a pas suffi, et Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà annoncé qu’un effort supplémentaire devait être fourni. Je pense que cet exemple n’est pas le dernier. Pour chaque secteur, il va falloir procéder à des réajustements. »

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27nov « Il y a de l’inquiétude mais pas de désespoir »

Religion et crise chez les cadres : quatrième acte. Le père Michel Anglarès, qui officie à la Maison d’Eglise de Notre-Dame de Pentecôte de la Défense, est formel : la crise inquiète les cadres catholiques mais ne cause pas encore de réactions excessives.

Les cadres en entreprise de la communauté catholique sont-ils inquiets?

« Pour l’instant, il n’y a pas de panique. Je sens effectivement de l’inquiétude mais pas de désespoir. La crise est une préoccupation de plus sur un terrain déjà bien rempli. Mais même si on s’attend à un fort chômage, ça ne se traduit pas par la recherche d’un refuge magique par les fidèles.

S’ils ne s’ouvrent pas de leurs problèmes, les cadres catholiques sont-ils plus nombreux à assister aux offices?

Je n’ai pas vérifié une plus forte affluence ces derniers temps. Il y a toujours beaucoup de têtes nouvelles aux offices, la profession de cadre est très « mouvante », même si les mêmes personnes reviennent très régulièrement.

Votre église est spécifique, car implantée dans un quartier d’affaires. Les cadres vous parlent seulement de leurs difficultés professionnelles?

Nous abordons, avec l’autre prêtre qui est présent, tous les aspects de la vie. Et pas seulement ceux liés à la crise économique. Mais nous parlons souvent des problèmes liés au travail: stress, harcèlement, licenciement,… L’Eglise joue ici son rôle: donner de l’humanité. »

27nov Parcequ’ il n’ y a pas que la crise dans la vie…

…Il y a les dindes aussi. Les Etats-Unis s’apprêtent à fêter Thanksgiving.

Pour l’occasion, le dessinateur Cagle vous propose de composer vous même votre dessin de Thanksgiving : il suffit de choisir une vignette, et de la coller sur la magnifique dinde carbonisée du président Bush, comme un  cadeau empoisonné à son successeur Obama.

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27nov « Les PME innovantes ne doivent pas être oubliées »

Trois questions à Emmanuel Leprince, délégué général du Comité Richelieu, association qui défend les intérêts des PME.

Quelles PME sont concernées par le plan de financement mis en place par le gouvernement?

« Il n’ y a, à notre connaissance, pas de conditions d’éligibilité formelles. Le principe du plan est le suivant : intervenir au profit des entreprises structurellement saines, mais qui subissent le resserrement du crédit actuel. Or, on sait que les établissements bancaires vont orienter les soutiens dont ils bénéficient vers les PME les moins porteuses de risque: ce sont en général des entreprises traditionnelles, à faible potentiel de croissance. Ce que nous demandons, c’est que les PME innovantes ne soient pas oubliées.

L’une de vos revendications en matière de financement des PME concerne le crédit impôt recherche. Pourquoi?

Le crédit d’impôt recherche est à notre connaissance le seul crédit d’impôt dont le remboursement ne soit pas immédiat. Une PME doit ainsi attendre trois ans pour que sa créance lui soit versée. A l’heure actuelle, seules les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) ont droit au remboursement immédiat des créances du crédit impôt recherche. Nous avons formulé une demande à François Fillon : étendre à toutes les PME le bénéfice d’un tel remboursement.

L’impact serait évidemment important pour les PME innovantes, bénéficiaires naturelles de cette mesure. On parle de 300 millions €…

Autre mode de soutien, vous insistez sur l’accès à la commande. Pensez-vous que la crise va relancer l’idée d’un « small business act » en France?

Nous l’espérons. Rappelons que seuls 12 % des marchés publics de l’Etat sont attribués à des PME. A l’échelle européenne, les marchés publics représentent un montant de 1500 milliards d’euros annuels attribués aux entreprises, soit autant que le PIB de la France. Nous ne demandons pas de passe-droit mais des moyens de rééquilibrer la concurrence pour que les meilleurs gagnent. Qu’ils soient grands ou petits. »

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27nov « Les Musulmans craignent d’être les premières victimes »

Religion et crise chez les cadres : troisième acte. Slimane Nadour, de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris, ne perçoit pas de préoccupations particulières chez les Musulmans. Mais il insiste : la crise pourrait s’ajouter aux discriminations déjà subies par la communauté.

Les cadres en entreprise de la communauté musulmane sont-ils inquiets?

« Pour l’instant, rien de particulier n’est remonté à la Grande Mosquée de Paris. Bien sûr, il y a des inquiétudes, mais elles sont partagés par tous les croyants.

La crise pousse-t-elle les cadres à s’ouvrir de leurs problèmes quand ils se rendent à la mosquée?

Non. Les gens ne viennent pas à la mosquée pour parler de leurs difficultés. Ils se tournent directement vers Dieu quand ils doivent faire face à un moment difficile.

Il existe un service social au sein de la Mosquée, mais il s’adresse seulement au cas marginaux.

Les cadres musulmans restent donc assez sereins dans leur vie professionnelle?

Non, car, comme toujours, ils craignent d’être les premières victimes de la crise, vues les restrictions à l’emploi qui s’annoncent et qui s’ajoutent aux discriminations déjà subies.

Je connais un jeune trader, fraîchement diplômé d’une grande école. Mohamed vient de signer un contrat dans une grande entreprise. Tout devrait aller bien pour lui, il devrait faire la fête. Et pourtant il est soucieux: il a peur de faire partie des premiers licenciés en cas de difficultés. »

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