Polémique. LA TVA EMBARRASSE BERCY

Cafouillage à Bercy. Eric Woerth et Christine Lagarde ne sont pas d’accord quant à une éventuelle baisse de la TVA. Woerth la rejette en bloc alors que sa ministre de tutelle envisage des baisses ciblées,  notamment dans le domaine très sinistré de l’automobile.

La Voix du Nord

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Qui, de Christine Lagarde ou d’Eric Woerth, aura le dernier mot ? La ministre de l’Economie ne souhaite pas de baisse généralisée de la TVA. En revanche, elle a affirmé que le gouvernement « regardait des baisses sectorielles de TVA éventuelles (…) en particulier dans des secteurs comme l’automobile ». Le secteur automobile, qui emploie un actif sur dix en France, est en effet l’un des plus durement touchés par la crise économique.

De son côté, le ministre du Budget a déclaré qu’il n’était pas « favorable à une diminution de la TVA ».

Il estime qu’une telle mesure n’aurait pas de répercussion directe sur la croissance car elle favoriserait surtout les importations.

D’ici une dizaine de jours, on devrait être fixé avec la présentation du plan de relance pour l’économie française. Tout porte à croire qu’il n’y aura pas de baisse de la TVA. Christine Lagarde s’est toutefois déjà dégagée de toute responsabilité, en rappelant que cette décision « appartient au Premier ministre et au président de la République. »

Ailleurs en Europe, la Grande-Bretagne a déjà opté pour une la réduction générale de TVA dans son plan de relance économique. L’Italie y pense également. Bruxelles préconise une telle mesure pour doper la consommation en temps de crise.

europe. 200 MILLIARDS D’EUROS D’AIDES

L’Union européenne a présenté mercredi son plan pour relancer l’économie réelle. Il s’élève à 200 milliards d’euros, soit 1,5 % du produit intérieur brut de l’Union.

Eric Feferberg AFP

© Eric Feferberg AFP

Sauver l’emploi. Le premier plan de relance avait été très critiqué pour n’agir que sur la sphère financière. Celui présenté mercredi par la Commission européenne s’attaque à l’économie dite « réelle ». Avec une équation:

170 + 30 = 200 milliards.

Le calcul intègre les différents plans de relance nationaux européens, qui s’élèvent à 170 milliards de dollars au total. 30 milliards d’euros seront par ailleurs directement débloqués par l’Union, à travers deux fonds d’aides européens.

Le premier, le « fonds d’ajustement à la mondialisation », va être renforcé. Il sera notamment réaffecté, à hauteur de plus de 6 milliards d’euros, à un secteur particulièrement touché par la crise : l’automobile. Le deuxième à être renfloué est le fonds social européen chargé d’aider les initiatives des Etats membres sur la formation des salariés et leur reclassement.

Baisse de la TVA. La Commission appelle également les Etats membres à réduire la TVA dans les services à forte main-d’œuvre. Ce sera justement le cas pour l’automobile, et aussi le textile. Certains Etats, comme la France et l’Allemagne, avaient déjà annoncé qu’ils envisageaient de telles mesures.

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automobile. SARKOZY ANNONCE UN PLAN DANS LES DIX JOURS

Nicolas Sarkozy a indiqué ce mardi à Valenciennes qu’il présenterait d’ici dix jours les mesures du plan de relance de l’activité économique qu’il avait évoqué la semaine dernière.

«D’ici moins de dix jours, on annoncera un plan de relance assez massif pour faire face aux difficultés de l’automobile (…) notamment les sous-traitants, pour renforcer l’activité du bâtiment (…), j’aurais l’occasion de m’exprimer sur le sujet», a déclaré M. Sarkozy lors d’une table ronde sans donner plus de précisions.

(avec AFP)

automobile. CA NE ROULE PLUS

Fermetures temporaires, licenciements, vacances forcées, les usines automobiles françaises plongent dans la crise. Et quand l’ « économie réelle » est touchée, les salariés trinquent.

Fermetures en série. Les dominos continuent de tomber, dans le secteur de l’industrie automobile. Après Renault et PSA Peugeot Citroën, c’est au tour de Toyota d’annoncer la fermeture de son usine d’Onnaing (Nord). Résultat, trois semaines de congés forcés pour les ouvriers de la chaine de montage de la Yaris. Cette nouvelle intervient le même jour que les dernières annonces de l’usine Peugeot de Poissy (Yvelines). La direction avait déjà prévu une série de journées chômées, elle décrète cette fois quatre semaines de fermeture en décembre.

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automobile. LES SOUS-TRAITANTS A LA PEINE

Valeo est l'un des principaux équipementiers du secteur

Valeo est l'un des principaux équipementiers du secteur

Derrière Renault, Peugeot ou Nissan, des centaines de sous-traitants sont touchés par la crise. Gros groupes comme Valeo ou PME locales, ils attendent aussi beaucoup d’un futur plan de relance européen.

Les usines des grands groupes automobiles ne sont pas les seules à devoir mettre la clef sous la porte, au moins temporairement. Valéo, un des premiers équipementiers du secteur, a récemment augmenté de deux semaines la durée des vacances des la plupart de ses salariés d’usine. En Bretagne, ce sont les usines Faurecia qui ont recours au chômage technique. Même la chimie subit le contrecoup des difficultés actuelles.

En fait de contrecoup, il s’agit plutôt d’une crise qui dure depuis des mois. Contrairement à ce qu’on croit, « les équipementiers sous-traitant sont ceux qui ressentent en premier les difficultés, explique Jean-Yves Sabot, secrétaire fédéral du syndicat FO métallurgie. Avant les annonces récentes, la situation était déjà tendue depuis plusieurs mois, avec des congés imposées et du chômage technique. »

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