Collectivités. LES CITOYENS DEMANDENT DES COMPTES
Ils ne savent pas toujours ce que ça signifie, mais ils veulent savoir si leur ville en a contracté. Ces dernières semaines, les prêts toxiques ont préoccupé les habitants des communes de Seine-Saint-Denis, obligeant les maires à faire preuve de transparence dans leurs finances.
Claude Bartolone a réussi à inquiéter les citoyens. En octobre dernier, le président socialiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis reconnaît que 97 % des emprunts contractés par le département sont « toxiques » (lire notre papier). Alertés, de nombreux administrés du département veulent alors savoir si leurs communes sont elles aussi empoisonnées.
A Bondy, le collectif Bondy Autrement demande immédiatement au maire Gilbert Roger des éclaircissements sur la nature des prêts obtenus par la ville. Il saisit même la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs) pour mettre la pression sur l’édile. Celui-ci comprend qu’il a tout intérêt à jouer la transparence et brandit un rapport sur la dette de la commune, réalisé par le cabinet d’études Finance active. Qui conclut : « Bondy ne compte aucun produit de type structuré dans son encours de la dette ». La pression retombe.
Le même scénario s’est produit à Noisy-le-Grand. Il y a quinze jours, une association de citoyens interpelle le maire Michel Pajon. Elle l’accuse de faire des mystères autour des finances de la ville. « Nous n’avons eu aucun réponse de la mairie », déplore Alain Cassé, président de l’association. L’accusation prend alors un tour plus politique « Comme d’habitude avec ce maire, c’est opaque !».
Ces attaques, Michel Miersman ne les comprend pas. Le premier adjoint au maire critique la médiatisation des propos de Claude Bartolone. « Certains ont pu croire que toutes les collectivités étaient touchées par ce type de prêts, regrette-t-il. Mais c’est en réalité une minorité qui s’est laissée prendre ». Il reconnaît que des produits financiers toxiques lui ont été proposés. « Ils étaient alléchants à court terme mais nous les avons refusé », affirme-t-il.
Les uns après les autres, les maires du département rassurent donc leurs administrés sur la santé de leurs finances. Claude Bartolone doit se sentir encore plus seul dans sa galère.
Arnaud Bonnin
Comments(1)

c’est un très bon article