C'est pas ma faute, je suis franco-américaine

I’m the Queen of Procrastination

25 novembre 2009 · 3 commentaires

Mon blog tourne au ralenti depuis quelques temps. Et quand j’accuse un retard, j’ai tendance à utiliser une expression très courante aux États-Unis: “Oh la la, j’ai encore procrastiné“.

“Ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour-même”: le conseil nous vient de Benjamin Franklin, l’une des plus grandes figures de l’histoire américaine. Le bougre doit se retourner dans sa tombe: la procrastination, ou la fâcheuse habitude de remettre une tâche à plus tard, affecterait 26% des adultes aux États-Unis, cinq fois plus qu’il y a trente ans.

D’après une étude approfondie du professeur canadien Piers Steel parue  en 2007, la procrastination coûte chaque année aux États-Unis près de 50 milliards de dollars en productivité perdue. En matière d’impôts, les retards de déclaration et de paiement coûtent en moyenne 400 dollars au contribuable américain.

Les plus touchés sont les jeunes: trois étudiants sur quatre se disent “procrastinateurs”. Le plus grand facteur de procrastination étant la tentation de faire autre chose, l’étendue du fléau pourrait s’expliquer par la multiplication des distractions que constituent Facebook, Twitter et autres applications pour iPhone. Et comme en France aussi on joue à Paf le Chien sur Facebook, Doctissimo a récemment consacré un article au syndrôme de Gaston Lagaffe, en donnant des conseils pour éviter de gaspiller son temps.

D’après Paul Spector, prof de psychologie organisationnelle à l’Université de Floride, la procrastination revêt trois formes principales:

  • Il y a les procrastinateurs classiques: ceux qui ont du mal à démarrer un projet ou une tâche, par flemme ou manque de confiance en soi
  • Il y a les perfectionnistes: ceux qui parviennent à démarrer une tâche, mais qui s’enlisent dans les détails et ont du mal à terminer
  • Enfin, il y a les distraits: par exemple les étudiants qui, au lieu de réviser, consultent des photos sur Facebook.

Coachs et enquiquineurs professionnels

Aux États-Unis, la procrastination est tellement à la mode que des “coachs anti-procrastination” arrondissent leurs fins de mois en aidant les plus désespérés à organiser efficacement leur journée, en faisant des listes réalistes de tâches à accomplir. A Orlando (Floride), Rachel Cornell se définit ainsi comme une “enquiquineuse professionnelle“: moyennant un abonnement mensuel de $90, elle appelle ses clients quotidiennement pour faire le point sur ce qu’ils se sont engagés à accomplir durant la journée. J’imagine une conversation du genre:

Hier, vous aviez dit que vous vous épileriez ce matin-même. Alors, vous en êtes-où? Au maillot? Ah, c’est bien. Bon, continuez comme ça. J’attends votre email de bilan ce soir!

N’empêche, personnellement, il me serait utile d’avoir quelqu’un qui me bouscule quand je procrastine. Par exemple, ça fait deux semaines que je me dis “il faut que je fasse le ménage”. Mais je sais d’expérience que le jour où je m’y mettrai réellement, ce sera le jour où j’aurai plein d’autres tâches à accomplir. Pour me justifier, mon excuse sera alors toute prête: “je ne peux pas travailler dans un désordre pareil”… Eh oui, je suis la reine de la procrastination.

Pour conclure sur une citation (anonyme) fort imagée:

“Procrastination is like masturbation. At first it feels good, but in the end you’re only screwing yourself.”

Catégories : Americana / Un goût d'Amérique · Pensée du jour · Quoi le Phoque - et autres bizarreries de langage
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3 responses so far ↓

  •   Lucie // nov 26th 2009 at 11:17

    Cet article me stress je m’y mets !
    Love ton website Nat, (même s’il me donne une excuse de plus pour procrastiner, la la la…Et que je fais partie des 3 catégories de procastineurs cités ! Au secours !)

    Des bises.

  •   Arnaud // nov 26th 2009 at 11:59

    Je suis là par hasard, mais je me souviens d’un puissant article d’économie d’Akerlof (Nobel d’Economie 2001) sur la procrastination. (Procrastination & Obedience American Economic Review 1991)

    C’est tout. Bon site par la même occasion

  •   Natalie // nov 27th 2009 at 0:39

    Merci Lulu! Si ça te rassure, moi aussi je me retrouve dans les trois catégories, avec un côté perfectionniste marqué, qui fait que je commence souvent quelque chose sans parvenir à le terminer à temps. et ce depuis l’école primaire… argh! Du coup, je veille dans ce blog à faire des posts courts: si je suis trop ambitieuse, tout de suite, ça me stresse…

    @Arnaud: merci du conseil, j’ai retrouvé l’article d’Akerlof… que je lirai plus tard ;)

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