Hier soir, j’ai regardé Au revoir les enfants de Louis Malle. Autant vous dire qu’à la fin ça chouinait dans les chaumières. Comme je n’arrivais pas à dormir, j’ai décidé unilatéralement que j’allais imposer à l’ensemble des habitants de mon appartement, peluches comprises, de regarder Peur bleue qui passait au même moment sur TF1.
Il faut savoir que j’ai horriblement peur des requins. On peut être biologiste et irrationnel. Donc normalement, je m’attends à regarder un truc ultra-flippant qui va me forcer à dormir pour ne pas continuer à regarder. Comprenne qui pourra. Mais au bout d’un quart d’heure de film, je n’avais -presque- plus peur. Par contre, j’étais en train de relever toutes les aberrations. Le naturel revient en crawl (ben oui, on est dans la flotte).
Un requin tigre un peu nul même pas transgénique. Crédit: Albert kok
Après de longues semaines de silence, THE blog is back avec toujours plus de délire biologique.
Cette nouvelle fun specie sera forcément moins funky que la précédente. Mais il faut bien reconnaître que le Gibbon est difficile à surpasser. Pour essayer de rester à la hauteur, je vais donc parler de sexe, et plus précisément de transexualité. Et même, de transexualité d’insectes. Read the rest of this entry »
Aujourd’hui, c’est la journée internationale contre le Sida, on quelque chose du genre. C’est cool, on se rappelle que ce virus existe, qu’il tue, que des chercheurs travaillent dessus (si,si). Demain, on aura oublié.
A cette occasion, sur France Inter, un invité répondait aux questions du journaliste (et aussi des auditeurs, mais là j’avais éteint ma radio d’énervement à coups de latte): Jean-François Delfraissy, président de l¿Agence Nationale de Recherche sur le Sida. Mais auparavant, une journaliste (dont j’ai oublié le nom) a fait pour l’auditeur inculte un petit briefing sur le Sida, et sur sa prévention. J’ai cru que je dormais encore. Car elle a dit (ce ne sont pas les mots exactes, mais l’idée est là): “il faut faire de la prévention dans les communautés homosexuelles, toxicomanes et dans les populations de migrants“.
Et là mesdames et messieurs, certains d’entre vous sont soulagés: vous êtes français depuis 78 générations, peut-être même vendéen, vous fumez un occasionnel joint mais à part ça le truc le plus chaud que vous ayez fait est sniffer votre bâton de colle Uhu à l’école primaire, et vous êtes hétéro. Vous êtes tranquille! Le Sida ce n’est pas pour vous. Vous allez dire que je suis mauvaise, qu’elle voulait probablement dire “surtout dans les communautés blabla“. Mais elle n’a pas dit dit, et la banalisation, c’est la pire chose qui puisse arriver. Car si on commence à croire que dans notre communauté de blancs hétérosexuels du 5e arrondissement on est tranquille, on ne fait plus attention. Et le Sida, ça s’attrape comme ça.
Petit rajout: à un autre moment entre 8h et 8h30, le monsieur qui répondait aux questions a dit que maintenant, avec le traitement, il n’y avait plus de risque de contaminer le partenaire. Ah bon? La trithérapie protège mieux que la capote? J’attends les explications de quelqu’un qui s’y connaît en virologie, mais cela me semble terriblement inexact et dangereux, comme remarque.
Aujourd’hui, je vous présente la meilleure espèce. Celle qui contrôle tout. Les évolutionnistes pénibles vous diront qu’il n’y a pas d’échelle des espèces, que toutes les espèces sont sur le même plan. Ils vous mentent. Car la reine -espèce, la voici: le Gibbon. J’espère que vous avez noté la majuscule, en symbole de révérence.
Gibbons à main blanche
Le Gibbon est un animal absolument charmant. C’est bien sûr un primate, de la famille des Hylobatidés. Il en existe 15 espèces, par exemple le Gibbon à mains blanches, le Gibbon argenté et le siamang. Mais ils sont tous très beaux, dans leur genre. Comme tous les grands singes, ils n’ont pas de queue.
Un arbre phylogénétique des Primates (D. Goldman, P. R. Giri and S. J. O'Brien in Proc Natl Acad Sci U S A (1987) )
Comme vous pouvez le voir, le Gibbon a de très grands bras. Il se déplace assez peu sur ses pattes, mais il se déplace de branches en branches avec ses bras: c’est la brachiation. D’ailleurs si vous faites attention, ils ont des bras super musclés, par rapport à la taille de leur corps. Ils ont un sens de l’équilibre tout à fait remarquable, que vous pourrez apprécier dans la vidéo. Ils dorment dans des arbres mais ne font pas de nid.
Gibbon en pleine brachiation. Crédit: Ltshears
Les Gibbons sont monogames. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais finalement y en a pas tant que ça, des espèces monogames. Ils se nettoient les uns les autres. Les femelles n’ont qu’un bébé à la fois (rarement deux) et s’en occupent jusqu’à sa maturité. Quand il commence à réclamer un scooter et à rentrer tard en sentant le tabac, ils le mettent dehors et il doit intégrer un nouveau groupe pour se reproduire. C’est souvent le cas dans les groupes sociaux, et cette particularité permet d’éviter la consanguinité.
Les gibbons sont omnivores et mangent des feuilles, des œufs, des insectes…Ils habitent en Asie du Sud Est, il n’y en a pas en France malheureusement. Sauf un, qui vit chez moi. Il écrit un roman. Lui, il mange surtout du saumon fumé, mais il faut reconnaître qu’il est un peu snob.
Les Gibbons vivent une quarantaine d’années. Ce sont des animaux qui communiquent en criant; chez certaines espèces il y a même présence de sacs vocaux (un peu comme chez le crapaud). C’est une manière de manifester leur présence sur leur territoire.
Certaines espèces, comme le Gibbon à mains blanches, sont aujourd’hui menacées, notamment par la déforestation, et aussi par le braconnage. D’ailleurs en début d’année, un bébé Gibbon a été volé dans un zoo. Comme c’est une espèce menacée, des gens sont prêts à payer très cher pour en avoir un.
Mais il y a des centres de protection des Gibbons: le Gibbon conservation center par exemple, et un centre de recherche sur le Gibbon, à Zurich. Sur ce site, vous pourrez trouver des photos, des sons de Gibbons, des publications sur le Gibbon. Comme quoi, ce n’est pas juste moi: le Gibbon, c’est tout simplement fantastique.
Un rapide petit bêtisier de trucs amusants que j’ai entendus ces derniers temps:
1) dimanche soir, pour les élections régionales, j’ai entendu de façon répétée des gens comparer des pourcentages. Je ne me souviens plus des chiffres exactes, mais cela donnait quelque chose comme “enfin voyons monsieur X, 21% c’est plus que 14%!”. Ben non, ça dépend 14% de quoi, et 21% de quoi. Et comme en l’occurrence pour les élections on parle en pourcentage de suffrages exprimés, si le nombre de votants est différent, on peut très bien avoir 14% des votants à l’élection A > 21% des votants à l’élection B. D’ailleurs, j’aimerai bien comprendre pourquoi on ne parle pas en pourcentage des suffrages exprimables (c’est à dire le nombre de gens inscrits sur les listes électorales). Ça aurait tout autant un sens, on pourrait comparer les élections entre elles, et cela montrerait par la même occasion la représentativité des élus.
2) Un débat avec Claude Allègre, à la télé la semaine dernière. Tout d’abord, il a dit qu’il ne voyait pas comment le climat se réchauffait puisque l’hiver avait été froid. Pour quelqu’un qui se prétend climatologue, confondre météo et climat, ça craint.Et puis, il a prononcé cette phrase magnifique, venant de quelqu’un qui se prétend scientifique : “Je ne me suis jamais trompé“. Et ça, pour un scientifique, c’est juste bluffant.
L'axolotl et ses branchies externes (Crédit: Henry Mühlpfordt)
Pour commencer en beauté ce week-end end, je vous propose de découvrir l’Axolotl. Notons tout d’abord qu’il a un nom sympathique. D’après wikipédia, son nom viendrait du nahuatl pour “chien d’eau”. Les Aztèques ne devaient pas avoir les yeux en face des trous parce que ca ne ressemble que moyennement à un chien. Pas un chien que j’aurai envie d’avoir dans ma cuisine en tout cas. Il vit en Californie et au Mexique.
La principale caractéristique de cette bestiole, qui fait partie du groupe des Lissamphibiens (grenouilles et autres salamandres), c’est de ne pas faire de métamorphose et de conserver toute sa vie un état larvaire. En fait, il ressemble à une larve de salamandre qui n’aurait pas fait de métamorphose. Sous l’action des hormones thyroïdiennes (synthétisées par la glande thyroïdienne), la salamandre subitbune métamorphose qui la fait passer d’un état larvaire, aquatique, à un état adulte. Chez la grenouille (amphibien aussi, mais anoure et non pas urodèle: c’est à dire “sans queue”), c’est la transition entre un têtard herbivore, microphage, aquatique à respiration branchiale et un adulte terrestre, carnivore, à respiration bucco-pulmonaire, mature sexuellement.
Sauf que ce petit Axolotl a un déficit en hormones thyroïdiennes. Du coup, il conserve toute sa vie des caractères larvaires, comme les branchies externes: c’est ce qu’on appelle la néoténie. Si on lui injecte des hormones, il devient une salamandre (Ambystoma)!
Une autre caractéristique des axolotl est sa capacité de régénération, comme chez la salamandre. On peut lui enlever parfois des organes presque entiers et il peut les régénérer. Il supporte très bien les greffes.
Et surtout, il a des branchies externes. Et ça, c’est une qualité en soi.
Pour information, le texte Axolotl de Julio Cortazar, qui raconte l’histoire d’un type qui devient un axolotl. Je ne sais pas quoi en penser. Et vous?
Le tardigrade est un animal fantastique, pour tout un tas de raisons:
1) Il est super mignon. Il ressemble à un petit ourson, avec plein de bras. D’ailleurs on l’appelle parfois ourson d’eau. Par contre, il est tout petit, un millimètre. Actuellement, on le place dans la classification proche des Arthropodes (le groupe qui contient les araignées, les crustacés et les insectes), mais sa position n’est toujours pas certaine.
2) Il est excessivement résistant. On le trouve dans tous les milieux, dans les montagnes, dans l’eau. Ils peuvent survivre dans l’espace, ils résistent au vide et aux rayons ultraviolets. Ils peuvent survivre à des températures très hautes, et très basses. Ils peuvent survivre à une déshydratation de 99%, ce qui leur permet de rentrer dans une vie ralentie (la cryptobiose) dans laquelle ils peuvent passer quelques années, avant de repartir comme avant.
3) Les scientifiques les adorent tellement qu’un d’entre eux en a fait un clip. Avec un solo de guitare électrique. Si, si.
Music by Ekoostik Hookah , video by Steven J Myers
Hier matin, comme d’habitude, j’avais un du mal à me réveiller. Du coup j’ai quelque peu raté les informations. Mais dans la journée, quelqu’un qui a le mauvais goût de faire de la biologie, et de la philosophie des sciences dans son temps libre, ce qui le rend plutôt pragmatique et quelque peu agaçant, m’a dit quelque chose comme “dis donc, cette histoire de pomme de terre transgénique, c’est marrant, on en parle partout, mais est-ce que toi tu as entendu quelque part pourquoi elle a été génétiquement modifiée? Quel gène on a introduit?”
Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle catégorie: les fun species. Cette catégorie recouvrera les espèces marrantes, sympas, originales, moches, ayant des capacités hors du commun, que je trouverai un peu partout.
Et pour commencer, voici: le Blob-fish. Le blob-fish a plusieurs avantages:
1) Il a un nom super marrant; répétez le vite plusieurs fois: blob fish blob fish blob fish. Avouez que c’est une qualité en soi. C’est beaucoup plus classe que “lieu” ou “sole”. (en fait son vrai nom c’est Psychrolutes phrictus, mais je préfère blob fish)
2) Il a une tête vraiment sympa.
Le blob fish
3) Il est totalement gélatineux. Cela lui permet de résister à des pressions très élevées (les structures gélifiées résistent bien à la pression, essayez d’écraser une méduse par exemple), et on le trouve d’ailleurs à des très grandes profondeurs, dans les abysses.
Pour voir une joli photo de ce poisson menacé par la pêche, c’est ici, sur le site de Maxisciences.
Le 1 Mars, l’article avait déjà plus de 200 commentaires en ligne. C’est assez rare pour être mentionné. lemonde.fr est un site finalement assez peu visité, ou plutôt relativement peu commenté, par rapport à d’autres sites de journaux en ligne. Mais le sujet fâche. Car voilà encore un article qui réveille la polémique réchauffistes/sceptiques. On va me dire que je parle tout le temps de ça. Mais justement cet article est intéressant, car il souligne le profond débat qui divise encore en ce moment l’opinion.
La science et l'art, batailles et changement de paradigme